Il est facile de croire que l’on connaît Vincent Van Gogh lorsqu’on a vu les mêmes tableaux à plusieurs reprises. Mais sa carrière est en réalité pleine de surprises. Certaines toiles sont rarement évoquées, tandis que d’autres sont devenues des symboles de l’art lui-même. Voici un aperçu des oubliés et des inoubliables. Pour commencer, jetons un coup d’œil sur quelques-uns des chefs-d’œuvre de Van Gogh, souvent méconnus, qui mériteraient bien plus de reconnaissance qu’ils n’en ont.
1. Paysage d'automne (1885)

Avant que Van Gogh ne devienne le maître des jaunes tourbillonnants et des bleus électriques, il a délibérément choisi l’obscurité. Ce paysage obsédant de ses derniers jours troublés à Neuen, aux Pays-Bas, représente un artiste totalement différent, qui a rejeté les couleurs vives au profit des noirs, des gris et des bruns.
2. Vue des toits et de l'arrière des maisons (1886)

Le créateur néerlandais a peint cette vue depuis la fenêtre de son appartement de Montmartre, alors qu’il vivait avec son frère Theo. Bien qu’exposé aux influences impressionnistes à Paris, il a continué à utiliser des bruns et des gris discrets. Cette création à l’huile sur toile mesure 30,0 par 41,0 cm.
3. Vase avec œillets rouges et blancs (1886)

Les difficultés financières ont contraint Gogh à adopter une approche pratique des sujets pendant son séjour à Paris. Lorsqu’il n’avait pas les moyens de s’offrir des modèles convenables, il se tournait vers la peinture de natures mortes. Les tons terreux prédominent dans cette œuvre, les œillets rouges offrant le premier indice de son changement de couleur à venir.
4. La récolte à La Crau (1888)

La Moisson à La Crau est une œuvre célèbre créée en juin 1888 pendant le séjour de l’icône à Arles, en France. Elle fait partie de la série de van Gogh consacrée aux saisons et aux paysages agricoles. La composition comprend des éléments tels que des meules de foin et des bâtiments agricoles.
5. La cour de l'hôpital d'Arles (1889)

L’effondrement mental n’a pas réussi à faire taire la voix artistique de Gogh. Après s’être coupé l’oreille à la suite d’une querelle dévastatrice avec Paul Gauguin en décembre 1888, il s’est retrouvé interné tout en continuant à créer. Les médecins de l’hôpital l’ont miséricordieusement autorisé à peindre à l’intérieur et autour de l’établissement pendant sa convalescence.
6. Vue d'Arles avec des iris (1888)

Le sud de la France a tout changé pour cet homme qui a fui Paris à la recherche d’une beauté rurale. L’œuvre d’art marque son passage officiel des tons sombres de la terre à des teintes plus ensoleillées qui rayonnent pratiquement de la toile. Ces couleurs reflètent l’ensoleillement réel du jour où l’œuvre a été peinte.
7. Le jardin de l'hôpital Saint-Paul (1889)

Le séjour d’un an de Gogh à l’asile privé de Saint-Remy devient très productif. Les médecins pensent que les séances de peinture en plein air sont thérapeutiques pour sa santé mentale. Pendant qu’il peignait, il utilisait un point de vue élevé pour couper les troncs des arbres sur la toile.
8. Premiers pas (1890)

L’original de 1858 de Jean-François Millet a servi de base, mais l’interprétation de l’artiste le modifie complètement. Lors de ses rechutes à l’asile Saint-Paul, ne pouvant s’aventurer à l’extérieur pour trouver des œuvres originales, il se tourne vers la recréation de chefs-d’œuvre. Cette reproduction est le reflet de son interprétation des compositions classiques.
9. Sous-bois avec deux personnages (1890)

Les derniers mois de Van Gogh se sont déroulés à Auvers-sur-Oise sous les soins bienveillants du Dr Paul Gachet. Situé à seulement trente minutes de Paris, ce cadre pittoresque a inspiré à Van Gogh sa dernière série de décors ruraux avant sa mort. Les troncs des peupliers violets se dressent perpendiculairement comme des colonnes.
10. Le Mûrier (1889)

L’automne dans la cour de l’asile Saint-Paul a révélé une muse inattendue. Gogh est totalement fasciné par les branches noueuses et les feuilles dorées de cet arbre. Ses coups de pinceau sculpturaux ont créé des textures tridimensionnelles qui ont donné l’impression que les branches tordues s’étendaient au-delà de la toile elle-même.
Passons maintenant aux tableaux que tout le monde connaît par cœur.
1. La nuit étoilée (1889)

Onze étoiles tourbillonnantes et un croissant de lune lumineux dansent sur cette beauté. Bien qu’il soit devenu son œuvre la plus célèbre, Van Gogh n’était en fait pas satisfait de ce tableau et le mentionnait rarement dans ses lettres ou ses conversations. Il l’a créée en combinant l’observation directe et la mémoire.
2. Tournesols (1888)

La visite prévue de Paul Gauguin à la Maison Jaune a suscité l’obsession de Van Gogh de décorer parfaitement la chambre de son ami. Il peint de multiples versions de tournesols dans des vases spécialement conçus à cet effet, en utilisant abondamment le jaune de chrome, un pigment courant à la fin du XIXe siècle.
3. Iris (1889)

La première semaine de cet individu à l’asile Saint-Paul a produit ce qu’il considérait comme une simple « étude » plutôt qu’un tableau achevé. C’est le temps lui-même qui est devenu l’artiste. En effet, les teintes violettes d’origine ont viré au bleu à mesure que le pigment rouge s’est estompé au fil des décennies.
4. Portrait du Dr Gachet (1890)

« Plus malade que moi », déclarait Vincent à propos de son dernier médecin, le Dr Gachet, quelques semaines avant sa propre mort. Ce portrait obsédant traduit la mélancolie que les deux hommes ont partagée pendant ces derniers jours à Auvers-sur-Oise. Il a été vendu pour 82,5 millions de dollars.
5. Autoportrait à l'oreille bandée (1889)

Un manteau d’hiver et un bonnet de fourrure à l’intérieur racontent l’histoire d’un homme confronté à son moment le plus sombre. Van Gogh a peint cet examen de conscience brut après s’être coupé une partie de l’oreille gauche. L’estampe japonaise accrochée à l’arrière-plan révèle son amour durable pour l’art oriental.
6. Terrasse du café la nuit (1888)

Des bougies fixées à son chapeau et à son chevalet ont éclairé la séance de peinture nocturne révolutionnaire de Gogh en plein air. Cette œuvre révolutionnaire est sa première création à présenter le ciel étoilé caractéristique qui définira son héritage. Le café jaune existe encore aujourd’hui à Arles.
7. Champ de blé avec corbeaux (1890)

Des corbeaux inquiétants volant vers le spectateur créent une atmosphère troublée et inquiétante dans ce paysage puissant. Souvent considéré à tort comme le dernier tableau de Van Gogh, il a en fait été peint au cours des dernières semaines qu’il a passées à Auvers-sur-Oise aux côtés du docteur Gachet.
8. La maison jaune (1888)

La Maison jaune représente l’aile droite du 2, place Lamartine à Arles, en France, où l’artiste avait loué quatre chambres à partir du 1er mai 1888. Elle capture la façade jaune vif de la maison à la lumière du soleil, avec des volets verts contrastés.
9. Autoportrait (1889)

Des tourbillons bleus et verts intenses sont devenus sa signature dans cet autoportrait emblématique réalisé pendant une période de psychose à l’asile Saint-Paul. La technique de l’arrière-plan tourbillonnant représente son état psychologique. Cette œuvre figure d’ailleurs parmi les autoportraits les plus reproduits de la star.
10. Le vignoble rouge (1888)

Anna Boch, sœur d’Eugène Boch, un ami de Gogh, est entrée dans l’histoire en achetant ce tableau. Il s’agit apparemment de la seule œuvre que Gogh est certain d’avoir vendue pour de l’argent au cours de sa vie. La scène des vendanges d’Arles se caractérise par une température de couleur chaude.