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Le retour du fantôme

Il l’a fait. Kim Jong-un sortira de son bunker hermétique pour fouler le macadam de Tian’anmen le 3 septembre 2025, premier voyage en Chine depuis 2019. Pas pour du tourisme, pas pour signer des contrats commerciaux — non. Pour un défilé militaire aux côtés de Xi Jinping et Vladimir Poutine, dans une mise en scène géopolitique qui va enflammer les écrans et glacer le sang des chancelleries occidentales. Ce n’est plus de la diplomatie. C’est du théâtre de guerre en haute définition.

Quatre-vingts ans après la capitulation japonaise, cette commémoration devient le prétexte parfait pour exhiber une trinité autoritaire qui défie ouvertement l’ordre international. Vingt-six dirigeants étrangers confirment leur présence, mais seuls trois noms importent vraiment : les maîtres de Pékin, Moscou et Pyongyang, réunis pour la première fois sur la plus grande scène militaire au monde. L’Occident a décliné l’invitation ? Parfait. Cela rend le spectacle encore plus pur, plus assumé, plus… dangereux.

Une première historique qui change tout

Cette apparition marque la première participation de Kim à un événement multilatéral de cette envergure. Une immersion totale dans l’art chinois de la démonstration de puissance, où chaque pas cadencé, chaque survol d’avion, chaque rangée de missiles raconte une histoire — celle d’un monde qui bascule sous nos yeux aveugles. Des dizaines de milliers de soldats, des centaines de systèmes d’armes ultramodernes, une chorégraphie millimétrée pour impressionner autant que pour menacer.

Mais au-delà du spectacle, c’est la normalisation progressive de Kim sur la scène internationale qui frappe. Fini le paria isolé qui menace depuis son laboratoire nucléaire. Place au dirigeant qui s’affiche aux côtés des grands de ce monde, qui négocie sa stature, qui diversifie ses alliances. Cette parade n’est pas qu’un défilé : c’est un baptême géopolitique pour un régime qui sort de l’ombre pour rejoindre l’axe du défi assumé.

Le signal que personne ne voulait voir

Alors que Washington espérait maintenir Pyongyang dans sa cage diplomatique, voici que Kim s’évade — non pas par la provocation balistique habituelle, mais par l’élégance protocol aire. Plus besoin de faire exploser des ogives pour faire parler de soi quand on peut simplement s’asseoir à la table des puissants. Cette stratégie révèle une maturité politique inattendue du jeune dictateur, qui comprend que l’image vaut parfois plus que les missiles.

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