Quand un personnage pour enfants devient une arme de propagande
Si les rires du cabinet Trump ont choqué, ce qui a suivi a achevé de sidérer l’opinion publique. Le 1er décembre 2025, soit quelques heures avant la réunion du cabinet, Pete Hegseth a publié sur ses réseaux sociaux un mème détournant Franklin la tortue, personnage emblématique de la littérature jeunesse canadienne. Sur l’image, on voit Franklin, vêtu d’un équipement tactique, debout sur un hélicoptère, pointant un lance-roquettes vers des bateaux dans l’eau. Le titre parodique ? « Franklin cible les narco-terroristes ». Et la légende ? « Pour votre liste de Noël… ». Un message qui se voulait sans doute humoristique, provocateur, dans la lignée de la communication agressive et décomplexée de l’administration Trump. Mais qui a provoqué une vague d’indignation sans précédent. Car utiliser un personnage destiné aux enfants — un personnage qui incarne la gentillesse, l’empathie, l’inclusion — pour glorifier la violence militaire, c’est franchir une ligne rouge. C’est instrumentaliser l’innocence pour légitimer la brutalité. C’est pervertir les symboles de l’enfance pour servir une propagande guerrière.
La réaction de l’éditeur de Franklin, Kids Can Press, ne s’est pas fait attendre. Dans un communiqué publié le 2 décembre, la maison d’édition torontoise a fermement condamné cette utilisation « dégradante, violente et non autorisée » du personnage. « Franklin est une icône canadienne bien-aimée qui a inspiré des générations d’enfants et qui représente la gentillesse, l’empathie et l’inclusion », peut-on lire dans le communiqué. « Nous condamnons fermement toute utilisation dégradante, violente ou non autorisée du nom ou de l’image de Franklin, qui contredit directement ces valeurs. » Un message clair, sans ambiguïté, qui rappelle que certains symboles ne peuvent pas être détournés impunément. Mais pour Hegseth et ses soutiens, cette indignation n’est qu’une preuve supplémentaire de la « bien-pensance » et du « politiquement correct » qui gangrèneraient la société. Le porte-parole du Pentagone, Sean Parnell, a même répondu avec cynisme : « Nous doutons que Franklin la tortue veuille être inclusif envers les cartels de la drogue… ou louer la gentillesse et l’empathie des narco-terroristes. » Une réponse qui illustre parfaitement la rhétorique binaire de cette administration : soit vous êtes avec nous, soit vous êtes avec les criminels. Pas de nuance, pas de questionnement, pas de place pour le doute.
Ce mème, je l’ai regardé longtemps. Trop longtemps, peut-être. Et à chaque fois, je ressens la même nausée. Parce que ce n’est pas drôle. Ce n’est pas provocateur. C’est juste… triste. Triste de voir à quel point on peut banaliser la violence. Triste de voir à quel point on peut instrumentaliser l’enfance. Triste de voir à quel point on peut perdre tout sens de la mesure, de la décence, de l’humanité. Et ce qui me terrifie, c’est que ça marche. Que des milliers de personnes ont partagé ce mème en riant, en applaudissant, en trouvant ça « génial ». Comme si tuer des êtres humains était devenu un jeu vidéo, une blague, un divertissement. Nous sommes en train de perdre notre âme. Et personne ne semble s’en rendre compte.
Les réactions politiques : entre indignation et complaisance
Sur le plan politique, les réactions ont été aussi polarisées que prévisibles. Du côté démocrate, l’indignation a été unanime. Le sénateur Mark Kelly de l’Arizona, ancien astronaute et critique virulent de Hegseth, a déclaré aux journalistes que le mème n’était qu’une raison supplémentaire pour laquelle le secrétaire à la Défense devrait être limogé. « Ce n’est pas une personne sérieuse », a-t-il affirmé. « Il fait partie de l’autorité de commandement national pour les armes nucléaires et il publie… des tortues avec des lance-roquettes. » Le chef de la majorité démocrate au Sénat, Chuck Schumer, a été encore plus virulent, qualifiant Hegseth d' »embarras national » et décrivant le mème de Franklin comme une « parodie malsaine ». « Tweeter des mèmes au milieu d’un conflit armé potentiel est quelque chose qu’aucun leader militaire sérieux ne penserait même à faire », a-t-il déclaré lors d’une intervention au Sénat. « La seule chose que ce tweet accomplit, c’est de rappeler au monde entier que Pete Hegseth n’est pas à la hauteur de la tâche. »
Mais du côté républicain, les réactions ont été beaucoup plus mesurées, voire complaisantes. Certes, certains élus ont exprimé des réserves sur la légalité des frappes, notamment le représentant Mike Turner de l’Ohio et le représentant Don Bacon du Nebraska, tous deux membres de la commission des forces armées. « Si cela s’est produit, ce serait très grave, et je suis d’accord que ce serait un acte illégal », a déclaré Turner. Mais ces critiques sont restées prudentes, conditionnelles, comme si personne n’osait vraiment défier l’administration Trump. Car la loyauté, dans ce gouvernement, est la valeur suprême. Plus importante que la loi, plus importante que la morale, plus importante que la vérité. Et ceux qui osent la remettre en question sont immédiatement marginalisés, attaqués, diabolisés. C’est ce qui est arrivé aux six législateurs démocrates qui avaient publié une vidéo rappelant aux militaires leur obligation de désobéir aux ordres illégaux. Trump a appelé à leur arrestation et à leur procès pour « comportement séditieux, punissable de MORT ». Une menace qui, même si elle n’a pas été suivie d’effet, en dit long sur le climat de peur et d’intimidation qui règne dans ce pays.
Je regarde ces réactions politiques et je me sens… impuissant. Parce que je sais que rien ne changera. Que Hegseth ne sera pas limogé. Que Trump ne sera pas inquiété. Que les responsables de ces frappes ne seront jamais jugés. Parce que dans ce système, la loyauté prime sur tout. Et que ceux qui osent dire la vérité sont immédiatement réduits au silence. Mais moi, je refuse de me taire. Je refuse d’accepter cette normalisation de la violence. Je refuse de croire que nous sommes condamnés à cette dérive. Parce que si nous acceptons ça, alors nous acceptons tout. Et là, nous sommes vraiment perdus.
Section 3 : les accusations de crimes de guerre
Que dit le droit international ?
Pour comprendre la gravité des accusations portées contre Pete Hegseth, il faut se pencher sur le droit international humanitaire, et plus précisément sur les Conventions de Genève et leurs protocoles additionnels. Ces textes, ratifiés par les États-Unis, établissent des règles strictes concernant la conduite des hostilités. L’une de ces règles fondamentales est l’interdiction d’attaquer des personnes hors de combat. Selon le manuel du droit de la guerre du Pentagone, publié en 2015 et mis à jour en 2023, « les personnes blessées, malades ou naufragées ne doivent pas être attaquées ». Cette règle s’applique même aux combattants ennemis, et à plus forte raison aux personnes dont le statut de combattant n’a pas été établi. Or, dans le cas de la frappe du 2 septembre 2025, les survivants du premier missile étaient précisément dans cette situation : blessés, naufragés, accrochés à des débris, incapables de se défendre. Les attaquer constituait donc, en théorie, une violation flagrante du droit de la guerre.
Mais la réalité juridique est plus complexe. Car pour qu’il y ait crime de guerre, il faut prouver l’intentionnalité. Il faut démontrer que l’ordre d’attaquer les survivants a été donné en connaissance de cause, avec l’intention de les tuer. Et c’est précisément sur ce point que les versions divergent. Selon le Washington Post, Hegseth aurait donné une « directive verbale » de « ne laisser aucun survivant ». Mais Hegseth nie catégoriquement, affirmant qu’il n’a jamais prononcé ces mots. La Maison-Blanche, de son côté, affirme que c’est l’amiral Bradley qui a pris la décision de frapper une seconde fois, dans le cadre de ses prérogatives opérationnelles. Mais un officiel américain contredit cette version, affirmant que Hegseth a bel et bien ordonné « deux frappes pour tuer » et deux frappes supplémentaires pour « couler le bateau ». Dans ce brouillard de contradictions et de démentis, une chose est sûre : il sera extrêmement difficile d’établir la vérité. D’autant plus que les images de la frappe, si elles existent, n’ont pas été rendues publiques. Et que les témoignages des survivants — s’il y en a — ne seront probablement jamais entendus.
Le droit international, c’est censé être notre garde-fou. Notre dernière ligne de défense contre la barbarie. Mais que vaut le droit quand personne ne le respecte ? Que vaut la loi quand les plus puissants peuvent l’ignorer impunément ? Je sais que je suis naïf. Je sais que le monde ne fonctionne pas comme ça. Mais je refuse de renoncer à cette idée que la justice doit s’appliquer à tous, sans exception. Parce que si on abandonne ça, alors on abandonne tout. Et là, on est vraiment foutus.
Les enquêtes du Congrès : un espoir de vérité ?
Face à la gravité des accusations, le Congrès américain a décidé d’ouvrir des enquêtes. Les commissions des forces armées de la Chambre et du Sénat ont annoncé qu’elles allaient mener une « surveillance rigoureuse pour déterminer les faits liés à ces circonstances ». Les sénateurs Roger Wicker (républicain du Mississippi) et Jack Reed (démocrate du Rhode Island), respectivement président et membre de rang de la commission sénatoriale des forces armées, ont promis de faire toute la lumière sur cette affaire. L’amiral Mitch Bradley, qui a été promu commandant du Commandement des opérations spéciales des États-Unis un mois après l’incident, doit fournir un briefing classifié aux législateurs le 5 décembre 2025. Ce briefing sera crucial pour comprendre ce qui s’est réellement passé ce jour-là. Mais il se déroulera à huis clos, loin des caméras et du public. Et il y a fort à parier que les conclusions de ces enquêtes resteront, elles aussi, largement confidentielles.
Car c’est là tout le problème. Dans un système où la classification et le secret sont la norme, comment peut-on espérer une véritable transparence ? Comment peut-on espérer que les responsables seront tenus pour responsables ? L’histoire récente nous a montré que les enquêtes du Congrès, aussi bien intentionnées soient-elles, aboutissent rarement à des sanctions concrètes. On se souvient des enquêtes sur les tortures de la CIA après le 11 septembre, qui ont révélé des pratiques abominables mais n’ont conduit à aucune poursuite pénale. On se souvient des enquêtes sur les frappes de drones sous l’administration Obama, qui ont documenté des centaines de victimes civiles mais n’ont entraîné aucun changement de politique. Et on peut craindre que cette nouvelle enquête ne suive le même chemin : beaucoup de bruit, beaucoup de déclarations indignées, mais au final, aucune conséquence réelle. Parce que dans ce système, les puissants sont protégés. Et les victimes, elles, sont oubliées.
Je veux croire que cette enquête aboutira à quelque chose. Je veux croire que la vérité finira par éclater. Je veux croire que les responsables seront tenus pour responsables. Mais au fond de moi, je sais que c’est peu probable. Parce que le système est fait pour protéger les puissants. Parce que la raison d’État prime toujours sur la justice. Parce que les victimes de ces frappes n’ont ni visage ni voix. Elles sont juste des « narco-terroristes », des « menaces pour la sécurité nationale », des statistiques dans un rapport classifié. Et ça, ça me révolte. Parce que chaque vie compte. Chaque vie mérite d’être pleurée, d’être respectée, d’être défendue. Même celle d’un présumé criminel. Parce que c’est ça, l’humanité. C’est ça, la civilisation. Et si on perd ça, on perd tout.
Section 4 : la rhétorique du "brouillard de la guerre"
Un concept détourné pour justifier l’injustifiable
Lors de la réunion du cabinet du 2 décembre 2025, Pete Hegseth a invoqué le concept de « brouillard de la guerre » pour justifier les décisions prises lors de la frappe du 2 septembre. « Je n’ai pas personnellement vu de survivants, mais je soutiens — parce que la chose était en feu. Elle avait explosé, et le feu et la fumée, on ne peut rien voir, on a du numérique — c’est ce qu’on appelle le brouillard de la guerre », a-t-il déclaré. « C’est ce que vous, dans la presse, ne comprenez pas. Vous êtes assis dans vos bureaux climatisés ou sur Capitol Hill, vous chicanez et vous plantez de fausses histoires dans le Washington Post sur ‘tuer tout le monde’ — des phrases basées sur des sources anonymes qui ne reposent sur rien. Sur aucune vérité du tout. » Une défense qui, à première vue, peut sembler légitime. Après tout, le « brouillard de la guerre » est un concept bien établi dans la théorie militaire, popularisé par le stratège prussien Carl von Clausewitz au XIXe siècle. Il désigne l’incertitude inhérente à toute situation de combat, où les informations sont incomplètes, contradictoires, et où les décisions doivent être prises dans l’urgence, sous la pression, avec des conséquences potentiellement mortelles.
Mais utiliser ce concept pour justifier une frappe de suivi sur des survivants naufragés, c’est en détourner le sens. Car le « brouillard de la guerre » ne peut pas servir d’excuse pour violer les lois de la guerre. Il ne peut pas justifier l’exécution sommaire de personnes hors de combat. Et surtout, il ne peut pas être invoqué rétroactivement pour couvrir des décisions qui, au moment où elles ont été prises, étaient clairement illégales. Comme l’a souligné le New York Times dans un article publié le 3 décembre 2025, « le brouillard de la guerre est une réalité, mais il ne peut pas être utilisé comme un bouclier pour échapper à la responsabilité ». L’article cite plusieurs experts en droit militaire qui affirment que, même dans le chaos d’une opération, les commandants ont l’obligation de respecter les règles d’engagement et de s’assurer que leurs ordres sont conformes au droit international. Or, dans le cas de la frappe du 2 septembre, il semble que ces règles aient été ignorées. Que la priorité ait été donnée à l’élimination de la « menace » plutôt qu’au respect des droits fondamentaux des personnes visées.
Le « brouillard de la guerre ». Quelle expression commode. Quelle excuse parfaite pour justifier l’injustifiable. Parce que oui, la guerre est chaotique. Oui, les décisions doivent être prises rapidement. Oui, les erreurs sont inévitables. Mais il y a une différence entre une erreur et un crime. Il y a une différence entre une décision prise dans l’urgence et un ordre délibéré de tuer des survivants. Et cette différence, on ne peut pas l’effacer en invoquant le « brouillard de la guerre ». Parce que si on accepte ça, alors on accepte que tout est permis. Que dans le feu de l’action, on peut faire n’importe quoi. Et ça, c’est la porte ouverte à tous les abus, à toutes les dérives, à toutes les horreurs.
La déshumanisation des « narco-terroristes »
Un autre élément clé de la rhétorique de l’administration Trump est la déshumanisation des cibles. En les qualifiant systématiquement de « narco-terroristes », en les présentant comme des membres de gangs violents, en insistant sur le fait qu’ils « empoisonnent le peuple américain », l’administration crée une distance morale qui rend leur élimination acceptable, voire souhaitable. C’est une stratégie classique de propagande de guerre : transformer l’ennemi en monstre, en menace existentielle, en être indigne de compassion. Et ça marche. Parce que personne ne pleure la mort d’un « narco-terroriste ». Personne ne s’interroge sur ses droits, sur son histoire, sur sa famille. Il est juste une cible, un objectif, un problème à éliminer. Mais cette déshumanisation a un coût. Elle érode notre capacité à ressentir de l’empathie. Elle nous habitue à la violence. Elle nous fait accepter l’inacceptable.
Car qui sont vraiment ces « narco-terroristes » ? Nous ne le savons pas. L’administration Trump n’a fourni aucune preuve de leur implication dans le trafic de drogue. Aucune preuve de leur appartenance à des organisations terroristes. Aucune information sur leur identité, leur âge, leur nationalité. Tout ce que nous savons, c’est qu’ils étaient sur un bateau dans les eaux internationales des Caraïbes. Et qu’ils ont été tués sans procès, sans défense, sans la moindre garantie de leurs droits fondamentaux. Peut-être étaient-ils effectivement des criminels. Peut-être méritaient-ils d’être arrêtés, jugés, condamnés. Mais peut-être aussi étaient-ils de simples pêcheurs, des migrants, des innocents au mauvais endroit au mauvais moment. Nous ne le saurons jamais. Parce que les morts ne parlent pas. Et que les vivants, eux, préfèrent se taire.
Cette déshumanisation, elle me terrifie. Parce que je sais où elle mène. Je sais que quand on commence à voir l’autre comme un monstre, comme une menace, comme un être inférieur, alors tout devient possible. Les pires atrocités de l’histoire ont toujours commencé par là. Par cette négation de l’humanité de l’autre. Par cette conviction que certaines vies valent moins que d’autres. Et c’est exactement ce qui se passe ici. On nous dit que ces hommes étaient des « narco-terroristes ». Mais on ne nous montre aucune preuve. On nous demande juste de faire confiance. De croire que le gouvernement sait ce qu’il fait. Que les frappes sont justifiées. Que les morts sont nécessaires. Mais moi, je refuse de croire ça. Je refuse de renoncer à mon humanité. Je refuse de devenir complice de cette barbarie.
Section 5 : l'extension des frappes sur terre ferme
Une escalade militaire inquiétante
Lors de la réunion du cabinet du 2 décembre 2025, Donald Trump a annoncé que les États-Unis allaient bientôt étendre leurs frappes contre les présumés trafiquants de drogue sur terre ferme. « Nous allons commencer à faire ces frappes sur terre aussi », a-t-il déclaré. « Vous savez, la terre est beaucoup plus facile. Et nous connaissons les routes qu’ils empruntent, nous savons tout d’eux. Nous savons où ils vivent, nous savons où vivent les mauvais. Et nous allons commencer ça très bientôt aussi. » Une déclaration qui a immédiatement suscité l’inquiétude des observateurs et des experts en droit international. Car si les frappes en mer, aussi controversées soient-elles, peuvent encore être justifiées par le droit de poursuite ou la légitime défense, les frappes sur terre ferme soulèvent des questions juridiques bien plus complexes. Elles impliquent une violation de la souveraineté des États concernés. Elles risquent de provoquer des victimes civiles. Et elles peuvent être interprétées comme des actes de guerre.
Trump a laissé entendre que le Venezuela serait la première cible de ces frappes terrestres, mais il a également mentionné la Colombie, affirmant que le pays « fabrique de la cocaïne ». « Quiconque fait ça et le vend dans notre pays est sujet à une attaque », a-t-il déclaré. Une menace qui, si elle était mise à exécution, pourrait avoir des conséquences géopolitiques majeures. Car ni le Venezuela ni la Colombie ne sont des États en guerre avec les États-Unis. Frapper leur territoire sans leur consentement serait une violation flagrante du droit international, et pourrait être considéré comme un acte d’agression. Mais pour Trump et son administration, ces considérations juridiques semblent secondaires. Ce qui compte, c’est l’efficacité. Ce qui compte, c’est de montrer la force. Ce qui compte, c’est de « prendre les gants », comme l’a dit Hegseth. Et tant pis si cela signifie piétiner les règles, ignorer les traités, et risquer une escalade militaire incontrôlable.
Cette annonce, elle me glace le sang. Parce que je sais ce que ça signifie. Ça signifie plus de morts. Plus de violence. Plus de chaos. Ça signifie que les États-Unis sont en train de se transformer en une puissance impériale qui impose sa loi par la force, sans se soucier des conséquences. Et ça, c’est terrifiant. Parce que l’histoire nous a montré où mène ce genre de politique. Ça mène à des guerres interminables, à des milliers de victimes civiles, à une instabilité régionale qui perdure pendant des décennies. Et tout ça pour quoi ? Pour lutter contre le trafic de drogue ? Mais on sait que ça ne marche pas. On sait que la « guerre contre la drogue » est un échec monumental. On sait que la seule façon de résoudre ce problème, c’est de s’attaquer aux causes profondes : la pauvreté, l’inégalité, la corruption. Mais ça, c’est trop compliqué. Ça demande trop d’efforts. Alors on préfère la solution facile : bombarder. Tuer. Détruire. Et tant pis si ça ne résout rien.
Les réactions internationales : entre silence et condamnation
Sur le plan international, les réactions à cette annonce ont été mitigées. Certains pays, notamment les alliés traditionnels des États-Unis en Amérique latine, ont gardé le silence, préférant ne pas s’aliéner Washington. D’autres, comme le Venezuela, ont condamné fermement ce qu’ils considèrent comme une menace d’agression. Le gouvernement vénézuélien a dénoncé une « politique impérialiste » et a appelé la communauté internationale à condamner ces « actes de piraterie ». Mais ces protestations sont restées largement symboliques. Car face à la puissance militaire américaine, que peuvent faire ces pays ? Ils n’ont ni les moyens ni la volonté de s’opposer frontalement aux États-Unis. Alors ils protestent, ils dénoncent, ils appellent à la retenue. Mais au final, ils ne peuvent rien faire d’autre que subir.
Du côté des organisations internationales, les réactions ont été tout aussi timides. L’ONU a appelé à la « retenue » et au « respect du droit international », mais sans aller plus loin. L’Organisation des États américains (OEA) a exprimé sa « préoccupation », mais sans condamner explicitement les frappes. Et la Cour pénale internationale (CPI), qui pourrait théoriquement enquêter sur d’éventuels crimes de guerre, reste silencieuse. Car les États-Unis ne reconnaissent pas la juridiction de la CPI. Et même si une enquête était ouverte, elle n’aurait aucune chance d’aboutir. Parce que dans ce monde, la justice internationale est à géométrie variable. Elle s’applique aux faibles, aux vaincus, aux États sans défense. Mais jamais aux puissants. Jamais à ceux qui ont les moyens de se protéger. Et c’est ça, le vrai scandale. C’est ça, la vraie injustice.
Je regarde ces réactions internationales et je me sens… désespéré. Parce que je réalise que personne ne fera rien. Que personne ne peut rien faire. Que les États-Unis sont trop puissants, trop influents, trop indispensables pour être tenus pour responsables. Et que les victimes de ces frappes, elles, resteront dans l’ombre. Oubliées. Ignorées. Réduites au silence. Parce que c’est ça, le monde dans lequel nous vivons. Un monde où la force prime sur le droit. Où la puissance efface la justice. Où les vies des uns valent plus que les vies des autres. Et ça, ça me révolte. Parce que je refuse de croire que c’est inévitable. Je refuse de croire que nous sommes condamnés à cette injustice. Je refuse de renoncer à l’idée qu’un autre monde est possible.
Section 6 : le rôle des médias dans la normalisation de la violence
Entre complaisance et résistance
Dans cette affaire, le rôle des médias a été crucial. C’est le Washington Post qui a révélé l’existence de la seconde frappe et les ordres présumés de Hegseth. C’est grâce à ce travail d’investigation que l’opinion publique a pu prendre conscience de la gravité de la situation. Mais dans le même temps, de nombreux médias ont contribué à normaliser cette violence. En reprenant sans recul les éléments de langage de l’administration Trump. En qualifiant systématiquement les victimes de « narco-terroristes » sans s’interroger sur la véracité de cette qualification. En présentant les frappes comme une simple opération de lutte contre le trafic de drogue, sans questionner leur légalité. Cette complaisance médiatique n’est pas nouvelle. Elle s’inscrit dans une longue tradition de journalisme embarqué, où les médias se font les relais de la propagande gouvernementale plutôt que des contre-pouvoirs critiques.
Mais heureusement, il existe aussi des médias qui résistent. Des journalistes qui posent les bonnes questions. Qui creusent, qui enquêtent, qui refusent de se contenter des versions officielles. Et c’est grâce à eux que la vérité finit par émerger. Lentement, difficilement, mais sûrement. Le problème, c’est que ces médias sont de plus en plus marginalisés. Attaqués par l’administration Trump, qui les qualifie de « fake news » et d' »ennemis du peuple ». Boycottés par une partie du public, qui préfère se réfugier dans des bulles informationnelles où ses convictions sont confortées plutôt que remises en question. Et fragilisés économiquement, dans un contexte où le modèle économique de la presse est en crise. Résultat : la désinformation prospère. Les théories du complot se multiplient. Et la vérité devient de plus en plus difficile à établir.
Je suis journaliste. Enfin, chroniqueur. Et je me sens parfois tellement impuissant. Parce que j’ai l’impression de crier dans le vide. De parler à des gens qui ne veulent pas entendre. Qui ont déjà décidé de ce qu’ils croient. Qui préfèrent les mensonges rassurants aux vérités dérangeantes. Et ça, ça me désespère. Parce que je crois au pouvoir des mots. Je crois que l’information peut changer les choses. Que la vérité peut faire la différence. Mais de plus en plus, j’ai l’impression que c’est une illusion. Que nous vivons dans un monde où les faits ne comptent plus. Où seules les émotions, les croyances, les convictions importent. Et dans ce monde-là, comment peut-on espérer faire avancer les choses ?
Les réseaux sociaux : amplificateurs de la violence
Les réseaux sociaux ont joué un rôle majeur dans cette affaire. C’est sur Twitter (désormais X) que Hegseth a publié son mème de Franklin la tortue. C’est sur ces plateformes que les images des frappes ont été diffusées, commentées, partagées. Et c’est là aussi que la polarisation s’est cristallisée. D’un côté, des milliers de personnes applaudissant les frappes, célébrant Hegseth comme un héros, réclamant encore plus de violence. De l’autre, des voix indignées, dénonçant des crimes de guerre, appelant à la justice. Mais entre ces deux extrêmes, peu de place pour la nuance, pour le débat, pour la réflexion. Les réseaux sociaux, par leur nature même, favorisent les réactions épidermiques, les jugements hâtifs, les positions tranchées. Ils récompensent l’outrance, la provocation, la simplification. Et ils punissent la complexité, la mesure, la prudence.
Cette dynamique a des conséquences dramatiques. Elle contribue à la radicalisation des opinions. Elle alimente la haine et la violence. Elle rend le dialogue impossible. Et elle transforme chaque événement en une bataille idéologique, où l’objectif n’est plus de comprendre la vérité, mais de gagner le combat médiatique. Dans ce contexte, les faits deviennent secondaires. Ce qui compte, c’est le récit. Ce qui compte, c’est de convaincre, de mobiliser, de galvaniser. Et peu importe si ce récit est basé sur des mensonges, des approximations, des manipulations. Parce que dans la guerre de l’information, tous les coups sont permis. Et la vérité, elle, est la première victime.
Je déteste les réseaux sociaux. Enfin, non, ce n’est pas vrai. Je les utilise. J’y passe trop de temps. Mais je déteste ce qu’ils font de nous. Cette façon qu’ils ont de nous enfermer dans nos certitudes. De nous couper des autres. De nous transformer en soldats d’une guerre idéologique dont nous ne comprenons même plus les enjeux. Et dans cette affaire, c’est encore pire. Parce que les réseaux sociaux ont transformé des morts en spectacle. En divertissement. En matière à débat. Et ça, c’est insupportable. Parce que derrière ces images, il y a des vies. Des familles. Des êtres humains qui méritent mieux que d’être réduits à des pixels sur un écran.
Section 7 : les précédents historiques
La guerre contre la drogue : un échec monumental
Pour comprendre la politique actuelle de l’administration Trump, il faut la replacer dans le contexte plus large de la guerre contre la drogue, lancée par le président Richard Nixon en 1971. Depuis plus de cinquante ans, les États-Unis ont investi des centaines de milliards de dollars dans cette guerre. Ils ont militarisé la lutte contre le trafic de drogue. Ils ont soutenu des régimes autoritaires en Amérique latine. Ils ont mené des opérations militaires en Colombie, au Mexique, en Afghanistan. Et quel est le résultat ? Un échec total. Le trafic de drogue n’a jamais été aussi florissant. Les cartels n’ont jamais été aussi puissants. Et les États-Unis n’ont jamais consommé autant de drogues. Selon les dernières statistiques, plus de 100 000 Américains meurent chaque année d’overdoses, principalement liées aux opioïdes et au fentanyl. Un chiffre en constante augmentation, malgré tous les efforts déployés.
Pourquoi cet échec ? Parce que la guerre contre la drogue s’attaque aux symptômes plutôt qu’aux causes. Elle cible les trafiquants, les producteurs, les transporteurs. Mais elle ignore les facteurs structurels qui alimentent le trafic : la pauvreté, l’inégalité, la corruption, le manque d’opportunités économiques. Elle ignore aussi la demande. Car tant qu’il y aura des consommateurs prêts à payer pour de la drogue, il y aura des trafiquants prêts à la leur fournir. C’est une loi économique de base. Et aucune frappe militaire, aussi précise soit-elle, ne pourra changer ça. Au contraire, la militarisation de la lutte contre la drogue a des effets pervers. Elle renforce les cartels, qui deviennent de plus en plus violents pour protéger leurs intérêts. Elle déstabilise les États, qui perdent le contrôle de pans entiers de leur territoire. Et elle alimente un cycle de violence qui ne profite à personne, sauf aux marchands d’armes et aux politiciens qui en tirent un capital électoral.
La guerre contre la drogue. Quelle farce. Quelle tragédie. Cinquante ans de violence, de morts, de souffrances. Et pour quoi ? Pour rien. Absolument rien. Parce que le problème est toujours là. Pire qu’avant, même. Et pourtant, on continue. On s’entête. On refuse de voir l’évidence. On refuse d’admettre que cette approche ne fonctionne pas. Parce que ce serait reconnaître qu’on s’est trompé. Que toutes ces vies sacrifiées l’ont été en vain. Et ça, c’est trop dur à accepter. Alors on continue. On double la mise. On frappe plus fort. On tue plus. Et on espère que, cette fois, ça marchera. Mais ça ne marchera pas. Ça ne marchera jamais. Parce que la violence ne résout rien. Elle ne fait qu’engendrer plus de violence.
Les drones et les frappes ciblées : un précédent inquiétant
Les frappes de bateaux menées par l’administration Trump s’inscrivent dans la continuité d’une autre politique controversée : celle des frappes de drones, largement utilisées sous les administrations Bush et Obama. Ces frappes, présentées comme des opérations chirurgicales permettant d’éliminer des terroristes sans mettre en danger des soldats américains, ont en réalité causé des milliers de victimes civiles. Selon le Bureau of Investigative Journalism, entre 2004 et 2020, les frappes de drones américaines au Pakistan, au Yémen, en Somalie et en Afghanistan ont tué entre 8 000 et 17 000 personnes, dont au moins 900 civils. Des chiffres probablement sous-estimés, car de nombreuses frappes n’ont jamais été reconnues officiellement. Et parmi ces victimes, combien étaient réellement des terroristes ? Combien étaient de simples civils, au mauvais endroit au mauvais moment ? Nous ne le saurons jamais.
Ce qui est frappant, c’est la similitude entre la rhétorique utilisée pour justifier les frappes de drones et celle utilisée aujourd’hui pour justifier les frappes de bateaux. Dans les deux cas, on nous parle de « menaces pour la sécurité nationale ». Dans les deux cas, on nous assure que les cibles sont des « terroristes » ou des « criminels ». Dans les deux cas, on nous demande de faire confiance, de croire que le gouvernement sait ce qu’il fait. Et dans les deux cas, on refuse de fournir des preuves, de rendre des comptes, de permettre un contrôle démocratique. Cette opacité est dangereuse. Elle ouvre la porte à tous les abus. Elle permet au pouvoir exécutif de s’affranchir des règles, de contourner le Congrès, de violer le droit international. Et elle crée un précédent qui peut être utilisé par d’autres pays. Car si les États-Unis peuvent frapper des cibles à l’étranger sans déclaration de guerre, sans mandat judiciaire, sans contrôle parlementaire, pourquoi d’autres pays ne pourraient-ils pas faire de même ?
Les drones. Les frappes ciblées. Les exécutions extrajudiciaires. Tout ça, c’est la même chose. C’est la même logique. La même arrogance. La même conviction que la fin justifie les moyens. Et ça me terrifie. Parce que je vois où ça nous mène. Vers un monde où la violence est banalisée. Où la mort est industrialisée. Où tuer devient aussi simple que d’appuyer sur un bouton. Et dans ce monde-là, qu’est-ce qui nous reste ? Qu’est-ce qui nous distingue encore de ceux que nous prétendons combattre ? Rien. Absolument rien. Parce que nous sommes devenus ce que nous détestons. Des machines à tuer. Des monstres. Et ça, c’est la vraie tragédie.
Section 8 : les conséquences géopolitiques
Une déstabilisation de l’Amérique latine
Les frappes menées par l’administration Trump dans les Caraïbes et leur extension annoncée sur terre ferme risquent d’avoir des conséquences géopolitiques majeures en Amérique latine. Car ces opérations ne se déroulent pas dans un vide. Elles s’inscrivent dans un contexte régional déjà extrêmement tendu, marqué par des crises politiques, économiques et sociales. Le Venezuela, principal pays visé par ces frappes, est en pleine crise depuis des années. Le régime de Nicolás Maduro est contesté, isolé sur le plan international, et confronté à une opposition de plus en plus radicale. Dans ce contexte, les frappes américaines ne font qu’aggraver la situation. Elles renforcent le discours anti-impérialiste de Maduro, qui peut se présenter comme la victime d’une agression étrangère. Elles alimentent le nationalisme vénézuélien. Et elles risquent de pousser le régime à des mesures de rétorsion, qui pourraient prendre la forme de cyberattaques, de soutien à des groupes armés, ou même d’actions militaires.
Mais le Venezuela n’est pas le seul pays concerné. La Colombie, mentionnée par Trump comme une cible potentielle, est un allié traditionnel des États-Unis. Le pays a reçu des milliards de dollars d’aide américaine dans le cadre du Plan Colombie, lancé en 2000 pour lutter contre le trafic de drogue et les groupes armés. Mais cette aide a eu des effets mitigés. Si elle a permis de réduire la production de cocaïne dans certaines régions, elle a aussi contribué à la militarisation du pays, à la violation des droits humains, et à la déstabilisation de zones entières. Aujourd’hui, la Colombie est dirigée par un gouvernement de gauche, celui de Gustavo Petro, qui a pris ses distances avec Washington et qui prône une approche plus sociale de la lutte contre la drogue. Dans ce contexte, des frappes américaines sur le territoire colombien seraient perçues comme une ingérence inacceptable, et pourraient provoquer une crise diplomatique majeure.
L’Amérique latine. Cette région que les États-Unis considèrent comme leur « arrière-cour ». Cette région qu’ils ont envahie, bombardée, déstabilisée pendant des décennies. Et maintenant, ils recommencent. Ils frappent. Ils tuent. Ils imposent leur loi. Sans se soucier des conséquences. Sans se soucier des vies brisées, des familles détruites, des pays déchirés. Parce que pour eux, l’Amérique latine n’est qu’un terrain de jeu. Un endroit où ils peuvent faire ce qu’ils veulent, sans rendre de comptes. Et ça, ça me révolte. Parce que les peuples d’Amérique latine méritent mieux. Ils méritent le respect. Ils méritent la dignité. Ils méritent de vivre en paix, sans la menace constante d’une intervention américaine.
Un affaiblissement du droit international
Au-delà des conséquences régionales, les frappes de l’administration Trump ont un impact plus large sur le droit international. Car en agissant de manière unilatérale, sans mandat de l’ONU, sans déclaration de guerre, sans respect des règles établies, les États-Unis affaiblissent l’ensemble du système juridique international. Ils créent un précédent dangereux, qui peut être invoqué par d’autres pays pour justifier leurs propres violations du droit. Si les États-Unis peuvent frapper des bateaux dans les eaux internationales, pourquoi la Chine ne pourrait-elle pas faire de même en mer de Chine méridionale ? Si les États-Unis peuvent mener des frappes sur le territoire d’un pays souverain sans son consentement, pourquoi la Russie ne pourrait-elle pas faire de même en Ukraine ou ailleurs ? Cette logique de la force, cette loi du plus fort, c’est exactement ce que le droit international était censé empêcher. C’est exactement ce que les Nations Unies ont été créées pour prévenir, après les horreurs de la Seconde Guerre mondiale.
Mais aujourd’hui, ce système est en crise. Les grandes puissances l’ignorent quand il les arrange. Les institutions internationales sont paralysées par les rivalités géopolitiques. Et le droit international est de plus en plus perçu comme un outil au service des puissants plutôt que comme un rempart contre l’arbitraire. Cette crise du multilatéralisme est profonde. Elle ne date pas d’hier. Mais elle s’accélère. Et les frappes de l’administration Trump en sont un symptôme supplémentaire. Car elles montrent que, pour les États-Unis, le droit international n’est qu’une contrainte dont on peut s’affranchir quand on le juge nécessaire. Une règle qui s’applique aux autres, mais pas à soi-même. Et cette hypocrisie, cette double morale, elle mine la crédibilité de tout le système. Elle rend impossible toute coopération internationale. Elle ouvre la voie à un monde où chacun fait ce qu’il veut, sans se soucier des conséquences. Un monde de chaos, de violence, de guerre permanente.
Le droit international. Cette belle idée. Cette utopie. Cette promesse d’un monde où les conflits se règlent par le dialogue plutôt que par la force. Où les faibles sont protégés. Où les puissants sont tenus pour responsables. Mais aujourd’hui, cette promesse est brisée. Le droit international n’est plus qu’une coquille vide. Un ensemble de règles que personne ne respecte. Et ça, ça me désespère. Parce que je croyais en cette idée. Je croyais qu’un autre monde était possible. Un monde de justice, de paix, de coopération. Mais de plus en plus, j’ai l’impression que c’était une illusion. Que nous sommes condamnés à répéter les mêmes erreurs, les mêmes horreurs, les mêmes tragédies. Et ça, c’est insupportable.
Section 9 : la loyauté comme valeur suprême
Le culte de la personnalité trumpiste
L’un des aspects les plus frappants de cette affaire est la loyauté absolue dont font preuve les membres du cabinet Trump envers leur président et envers Pete Hegseth. Lors de la réunion du 2 décembre, chaque membre du cabinet a eu droit à deux minutes pour vanter les « réalisations » de l’administration. Et tous, sans exception, ont commencé par remercier Trump, par le féliciter, par l’encenser. Hegseth lui-même a passé une bonne partie de son intervention à louer le président, affirmant que la guerre en Ukraine « n’aurait jamais commencé sous le président Trump », que Biden était « le pire président de l’histoire », et que Trump avait « éliminé la diversité et le politiquement correct » du Pentagone. Un discours qui ressemble plus à de la propagande qu’à une analyse objective. Mais dans l’univers trumpiste, la loyauté prime sur tout. Sur la vérité, sur la compétence, sur l’éthique. Ceux qui sont loyaux sont récompensés, promus, protégés. Ceux qui osent critiquer sont marginalisés, attaqués, éliminés.
Ce culte de la personnalité n’est pas nouveau. Il caractérise l’ensemble de la présidence Trump, depuis son premier mandat. Mais il atteint aujourd’hui des sommets. Car Trump ne se contente plus de demander la loyauté. Il l’exige. Il la teste. Il la mesure. Et ceux qui ne passent pas le test sont impitoyablement écartés. On l’a vu avec les nombreux limogeages qui ont marqué son administration. On l’a vu avec les attaques contre les juges, les procureurs, les journalistes qui osent le critiquer. Et on le voit aujourd’hui avec cette affaire des frappes de bateaux. Car Trump a clairement indiqué qu’il soutenait Hegseth, quoi qu’il arrive. Peu importe les accusations. Peu importe les preuves. Peu importe les conséquences. Ce qui compte, c’est la loyauté. Et tant que Hegseth reste loyal, il sera protégé.
Cette loyauté, elle me fait peur. Parce que c’est une loyauté aveugle. Une loyauté qui ne se pose pas de questions. Une loyauté qui accepte tout, qui justifie tout, qui excuse tout. Et dans un système démocratique, c’est dangereux. Parce que la démocratie repose sur le contre-pouvoir. Sur la capacité de dire non. Sur le courage de s’opposer quand c’est nécessaire. Mais dans l’univers trumpiste, il n’y a pas de place pour le contre-pouvoir. Il n’y a que la soumission ou l’exclusion. Et ça, c’est terrifiant. Parce que ça ressemble de plus en plus à un régime autoritaire. À une dictature. Où le chef a tous les pouvoirs. Où personne n’ose le contredire. Où la vérité n’a plus d’importance.
Les rires comme marqueur de complicité
Revenons à ces rires. Ces rires qui ont fusé dans la salle du cabinet quand Hegseth a fait sa blague sur la difficulté de trouver des bateaux à frapper. Ces rires ne sont pas anodins. Ils ne sont pas innocents. Ils sont un marqueur de complicité. Ils signifient : « Nous sommes ensemble. Nous partageons les mêmes valeurs. Nous approuvons ce qui se passe. » Et c’est ça qui est glaçant. Car ces rires normalisent la violence. Ils la banalisent. Ils la transforment en quelque chose d’acceptable, voire de désirable. Et ils créent une dynamique de groupe où personne n’ose s’opposer, de peur d’être exclu, de peur d’être perçu comme un traître. C’est un mécanisme psychologique bien connu, étudié par les spécialistes du conformisme et de la soumission à l’autorité. Quand tout le monde rit, il est difficile de ne pas rire. Quand tout le monde approuve, il est difficile de désapprouver. Et c’est ainsi que les pires atrocités peuvent être commises, avec la complicité passive de ceux qui savent, mais qui préfèrent se taire.
Ces rires révèlent aussi quelque chose de plus profond : une désensibilisation à la violence. Car pour rire de la mort, il faut avoir perdu toute empathie. Il faut avoir cessé de voir les victimes comme des êtres humains. Il faut les avoir réduites à des abstractions, à des statistiques, à des « narco-terroristes » sans visage ni histoire. Et c’est exactement ce qui se passe ici. Les membres du cabinet Trump ne rient pas de la mort de personnes réelles. Ils rient de la mort de « méchants », d' »ennemis », de « menaces ». Ils rient parce qu’ils ont intériorisé le discours de déshumanisation de l’administration. Parce qu’ils ont accepté l’idée que certaines vies valent moins que d’autres. Et parce qu’ils ont renoncé à leur humanité pour servir un pouvoir qui les dépasse.
Ces rires, je ne peux pas les oublier. Ils me hantent. Parce qu’ils me rappellent que le mal n’est pas toujours spectaculaire. Qu’il n’est pas toujours incarné par des monstres. Qu’il peut être banal, ordinaire, presque invisible. Qu’il peut prendre la forme de rires dans une salle de réunion. De blagues entre collègues. De complicités silencieuses. Et c’est ça, le plus terrifiant. Parce que ça signifie que nous sommes tous capables du pire. Que nous sommes tous susceptibles de devenir complices. Si nous ne restons pas vigilants. Si nous ne résistons pas. Si nous ne disons pas non.
Section 10 : les victimes oubliées
Qui étaient les hommes sur ce bateau ?
Dans toute cette affaire, une question reste sans réponse : qui étaient les hommes sur ce bateau ? Nous ne connaissons ni leurs noms, ni leurs âges, ni leurs nationalités. Nous ne savons pas s’ils étaient effectivement des membres du gang Tren de Aragua, comme l’affirme l’administration Trump. Nous ne savons pas s’ils transportaient de la drogue, des armes, ou simplement du poisson. Nous ne savons rien d’eux, si ce n’est qu’ils sont morts. Tués par des missiles américains, sans procès, sans défense, sans la moindre garantie de leurs droits fondamentaux. Et cette ignorance n’est pas accidentelle. Elle est voulue. Elle fait partie de la stratégie de déshumanisation mise en œuvre par l’administration Trump. Car si nous ne connaissons pas les victimes, si nous ne pouvons pas les identifier, les imaginer, les pleurer, alors il est plus facile de les oublier. Il est plus facile d’accepter leur mort. Il est plus facile de passer à autre chose.
Mais ces hommes avaient une vie. Ils avaient une famille. Ils avaient des rêves, des espoirs, des peurs. Peut-être étaient-ils des criminels. Peut-être méritaient-ils d’être arrêtés, jugés, condamnés. Mais peut-être aussi étaient-ils de simples pêcheurs, des migrants, des innocents au mauvais endroit au mauvais moment. Nous ne le saurons jamais. Parce que les morts ne parlent pas. Et que les vivants, eux, préfèrent se taire. Mais leur silence ne doit pas être le nôtre. Nous avons le devoir de nous souvenir. De ne pas oublier. De ne pas laisser ces vies être effacées, comme si elles n’avaient jamais existé. Parce que chaque vie compte. Chaque vie mérite d’être pleurée, d’être respectée, d’être défendue. Même celle d’un présumé criminel. Parce que c’est ça, l’humanité. C’est ça, la civilisation. Et si on perd ça, on perd tout.
Je pense à ces hommes. À ces inconnus. À ces fantômes. Et je me demande : qui pleure pour eux ? Qui se souvient d’eux ? Qui se bat pour eux ? Personne. Absolument personne. Parce qu’ils n’ont pas de voix. Parce qu’ils n’ont pas de visage. Parce qu’ils ont été réduits à des « narco-terroristes », à des ennemis, à des cibles. Et ça, ça me brise le cœur. Parce que je sais que ça aurait pu être moi. Ça aurait pu être vous. Ça aurait pu être n’importe qui. Parce que dans ce monde, la vie humaine n’a plus de valeur. Parce que dans ce monde, on peut tuer sans conséquence. Parce que dans ce monde, les victimes sont oubliées avant même d’avoir été pleurées.
Les familles dans l’ombre
Derrière chaque victime, il y a une famille. Des parents, des enfants, des frères, des sœurs. Des gens qui attendent, qui espèrent, qui prient. Et qui, un jour, apprennent la nouvelle. Leur fils, leur père, leur frère est mort. Tué par une frappe américaine. Sans explication, sans excuses, sans compensation. Juste un corps, si tant est qu’il soit retrouvé. Ou peut-être même pas. Juste un nom sur une liste. Ou peut-être même pas ça. Juste un disparu de plus, dans une région où les disparitions sont monnaie courante. Et ces familles, que peuvent-elles faire ? Porter plainte ? Devant quelle juridiction ? Demander justice ? À qui ? Réclamer des comptes ? À un gouvernement qui nie toute responsabilité ? Elles ne peuvent rien faire. Si ce n’est pleurer. Et essayer de survivre. Dans un monde qui se fiche éperdument de leur douleur.
Le 3 décembre 2025, la famille d’un homme tué lors d’une frappe américaine dans les Caraïbes a déposé une plainte auprès de la Commission interaméricaine des droits de l’homme. Selon leur avocat, cet homme n’était pas un criminel. C’était un pêcheur, qui gagnait sa vie en mer. Il était au mauvais endroit au mauvais moment. Et il a été tué sans raison. Cette plainte a peu de chances d’aboutir. La Commission interaméricaine n’a aucun pouvoir contraignant. Elle ne peut que formuler des recommandations, que les États sont libres d’ignorer. Mais au moins, cette famille aura essayé. Au moins, elle aura refusé de se taire. Au moins, elle aura tenté de donner un visage, une histoire, une dignité à cet homme que l’administration Trump a réduit à un « narco-terroriste ». Et c’est déjà beaucoup. C’est déjà un acte de résistance. Un acte d’humanité. Un acte de courage.
Je pense à ces familles. À leur douleur. À leur impuissance. Et je me sens tellement coupable. Coupable de vivre dans un pays qui fait ça. Coupable de ne rien pouvoir faire. Coupable de continuer ma vie, comme si de rien n’était, alors que d’autres pleurent leurs morts. Et je me demande : comment peut-on vivre avec ça ? Comment peut-on accepter ça ? Comment peut-on continuer à se regarder dans le miroir, en sachant que notre gouvernement tue des innocents ? Je n’ai pas de réponse. Je n’ai que cette douleur. Cette colère. Cette révolte. Et cette conviction que nous devons faire mieux. Que nous devons être meilleurs. Que nous devons nous battre pour un monde où chaque vie compte. Où chaque mort est pleurée. Où chaque victime est respectée.
Section 11 : la question de la responsabilité
Qui est responsable ?
Dans cette affaire, la question de la responsabilité est centrale. Qui a donné l’ordre de frapper une seconde fois ? Qui a décidé de tuer les survivants ? Qui doit rendre des comptes ? Les versions divergent. Selon le Washington Post, c’est Pete Hegseth qui aurait donné l’ordre verbal de « ne laisser aucun survivant ». Mais Hegseth nie catégoriquement. La Maison-Blanche affirme que c’est l’amiral Mitch Bradley qui a pris la décision, dans le cadre de ses prérogatives opérationnelles. Mais un officiel américain contredit cette version, affirmant que Hegseth a bel et bien ordonné « deux frappes pour tuer ». Et Trump, lui, affirme qu’il n’était pas au courant de la seconde frappe. Qu’il ne savait rien. Qu’il fait confiance à Hegseth. Bref, personne ne veut assumer la responsabilité. Chacun rejette la faute sur l’autre. Et pendant ce temps, les victimes, elles, restent sans justice.
Mais au-delà de la question de savoir qui a donné l’ordre, il y a une question plus large : qui est moralement responsable ? Car dans un système hiérarchique comme l’armée, la responsabilité ne se limite pas à celui qui appuie sur le bouton. Elle remonte toute la chaîne de commandement. Elle inclut ceux qui ont créé les conditions permettant de telles frappes. Ceux qui ont établi les règles d’engagement. Ceux qui ont choisi de militariser la lutte contre le trafic de drogue. Ceux qui ont décidé que les présumés trafiquants pouvaient être tués sans procès. Et au sommet de cette chaîne, il y a le président. Donald Trump. Celui qui a lancé cette politique. Celui qui l’a défendue. Celui qui a protégé ceux qui l’ont mise en œuvre. Et celui qui, aujourd’hui encore, refuse d’admettre que quelque chose a pu mal tourner.
La responsabilité. Ce mot qui fait peur. Ce mot qu’on évite. Ce mot qu’on rejette. Parce qu’assumer la responsabilité, c’est accepter qu’on a fait une erreur. C’est reconnaître qu’on a causé du tort. C’est admettre qu’on doit réparer. Et ça, personne ne veut le faire. Surtout pas les puissants. Surtout pas ceux qui ont le pouvoir. Parce que pour eux, la responsabilité est une faiblesse. Un aveu de vulnérabilité. Alors ils nient. Ils mentent. Ils accusent les autres. Et ils espèrent que, avec le temps, tout sera oublié. Mais moi, je refuse d’oublier. Je refuse de laisser passer. Je refuse de croire que les puissants peuvent agir en toute impunité. Parce que si on accepte ça, alors on accepte tout. Et là, on est vraiment perdus.
La culture de l’impunité
Cette affaire illustre parfaitement la culture de l’impunité qui règne dans les hautes sphères du pouvoir américain. Car même si les accusations de crimes de guerre sont avérées, même si les preuves sont accablantes, il est peu probable que quiconque soit poursuivi. Pourquoi ? Parce que le système est fait pour protéger les puissants. Parce que les lois sont écrites de manière à leur offrir des échappatoires. Parce que les institutions censées les contrôler sont affaiblies, marginalisées, ou tout simplement ignorées. On l’a vu avec les tortures de la CIA après le 11 septembre. Malgré les révélations accablantes du rapport du Sénat, aucun responsable n’a été poursuivi. On l’a vu avec les frappes de drones sous Obama. Malgré les milliers de victimes civiles, aucune enquête sérieuse n’a été menée. Et on le verra probablement avec cette affaire des frappes de bateaux. Malgré les accusations, malgré les enquêtes du Congrès, malgré l’indignation internationale, il est fort probable que tout finisse par être enterré.
Cette impunité a des conséquences dramatiques. Elle envoie un message clair : vous pouvez faire ce que vous voulez, tant que vous êtes assez puissant. Vous pouvez violer la loi, bafouer les droits humains, tuer des innocents. Personne ne vous demandera de rendre des comptes. Personne ne vous punira. Et ce message, il est entendu. Par les militaires, qui se sentent autorisés à prendre des décisions extrêmes. Par les politiciens, qui se croient au-dessus des lois. Par les citoyens, qui perdent confiance dans les institutions. Et par les ennemis des États-Unis, qui peuvent pointer du doigt cette hypocrisie pour justifier leurs propres violations du droit international. Car comment les États-Unis peuvent-ils prétendre défendre les droits humains, la démocratie, l’État de droit, quand ils sont les premiers à les violer ?
L’impunité. C’est le cancer de la démocratie. C’est ce qui la ronge de l’intérieur. C’est ce qui la détruit. Parce qu’une démocratie sans justice, ce n’est plus une démocratie. C’est une oligarchie. Un régime où les puissants font ce qu’ils veulent, et où les faibles subissent. Et nous sommes en train de glisser vers ça. Lentement, mais sûrement. Et personne ne semble s’en rendre compte. Ou plutôt, ceux qui s’en rendent compte sont impuissants. Parce que le système est verrouillé. Parce que les contre-pouvoirs sont affaiblis. Parce que la résistance est criminalisée. Et dans ce contexte, que peut-on faire ? Je ne sais pas. Vraiment, je ne sais pas. Mais je refuse de baisser les bras. Je refuse de renoncer. Je refuse de croire que tout est perdu.
Section 12 : les alternatives possibles
Une autre approche de la lutte contre le trafic de drogue
Face à l’échec manifeste de la guerre contre la drogue, de nombreux experts plaident pour une approche radicalement différente. Une approche qui s’attaquerait aux causes profondes du trafic plutôt qu’à ses symptômes. Une approche qui privilégierait la prévention, l’éducation, le traitement des addictions, plutôt que la répression. Une approche qui reconnaîtrait que le trafic de drogue est avant tout un problème de santé publique, et non un problème de sécurité nationale. Cette approche existe. Elle a été testée dans plusieurs pays, avec des résultats encourageants. Le Portugal, par exemple, a dépénalisé la consommation de toutes les drogues en 2001. Résultat ? Une baisse spectaculaire des overdoses, des infections au VIH, et de la criminalité liée à la drogue. La Suisse a mis en place des programmes de distribution contrôlée d’héroïne pour les toxicomanes. Résultat ? Une amélioration de leur santé, une réduction de la délinquance, et une réinsertion sociale réussie pour beaucoup d’entre eux.
Mais aux États-Unis, cette approche reste marginale. Elle est combattue par les conservateurs, qui y voient une capitulation face aux trafiquants. Elle est ignorée par les politiciens, qui préfèrent les solutions simples et spectaculaires. Et elle est sous-financée, car les budgets sont massivement orientés vers la répression plutôt que vers la prévention. Pourtant, les chiffres parlent d’eux-mêmes. Selon une étude de la RAND Corporation, chaque dollar investi dans le traitement des addictions permet d’économiser sept dollars en coûts sociaux (criminalité, santé, justice). À l’inverse, chaque dollar investi dans la répression ne permet d’économiser que quinze cents. Autrement dit, la prévention est quinze fois plus efficace que la répression. Mais cette réalité est ignorée. Parce qu’elle ne correspond pas au récit dominant. Parce qu’elle ne permet pas de montrer sa force. Parce qu’elle ne génère pas de gros titres dans les médias.
Je rêve d’un monde où on traiterait les toxicomanes comme des malades, et non comme des criminels. Où on investirait dans l’éducation, dans la prévention, dans le traitement. Où on s’attaquerait aux causes profondes de la toxicomanie : la pauvreté, l’exclusion, le désespoir. Mais ce monde, il semble si loin. Si inaccessible. Parce que pour y arriver, il faudrait changer de paradigme. Il faudrait admettre que la guerre contre la drogue est un échec. Il faudrait renoncer à la logique de la force. Et ça, personne ne semble prêt à le faire. Alors on continue. On s’entête. On répète les mêmes erreurs. Et on espère que, cette fois, ça marchera. Mais ça ne marchera pas. Ça ne marchera jamais.
Le rôle de la société civile
Face à l’inaction des gouvernements, la société civile a un rôle crucial à jouer. Ce sont les ONG, les associations, les militants qui, sur le terrain, tentent de limiter les dégâts. Qui distribuent des seringues propres pour éviter les infections. Qui offrent des traitements de substitution pour réduire les overdoses. Qui accompagnent les toxicomanes dans leur parcours de réinsertion. Et qui, surtout, donnent une voix à ceux qui n’en ont pas. Aux victimes de la guerre contre la drogue. Aux familles détruites. Aux communautés déchirées. Ces acteurs de la société civile sont souvent les seuls à se soucier vraiment des personnes, plutôt que des statistiques. Les seuls à voir les toxicomanes comme des êtres humains, plutôt que comme des criminels. Les seuls à croire qu’un autre monde est possible.
Mais leur travail est difficile. Ils manquent de moyens. Ils sont souvent attaqués par les autorités, qui les accusent de « faciliter » la consommation de drogue. Ils sont marginalisés dans le débat public, où les voix dominantes sont celles des politiciens et des forces de l’ordre. Et ils sont épuisés, car le problème est immense, et les ressources sont limitées. Pourtant, ils continuent. Parce qu’ils croient en ce qu’ils font. Parce qu’ils savent que chaque vie sauvée compte. Parce qu’ils refusent de baisser les bras. Et c’est grâce à eux que, malgré tout, il y a encore de l’espoir. Que, malgré tout, il y a encore de l’humanité. Que, malgré tout, il y a encore des gens qui se battent pour un monde meilleur.
Je salue ces militants. Ces héros anonymes. Ces gens qui, chaque jour, se battent pour sauver des vies. Sans reconnaissance. Sans gloire. Sans récompense. Juste parce qu’ils croient que c’est la bonne chose à faire. Et je me demande : pourquoi ne sont-ils pas plus nombreux ? Pourquoi ne sommes-nous pas tous comme eux ? Pourquoi acceptons-nous cette injustice, cette violence, cette souffrance ? Je n’ai pas de réponse. Mais je sais une chose : nous devons faire mieux. Nous devons être meilleurs. Nous devons nous engager. Parce que si nous ne le faisons pas, qui le fera ?
Section 13 : l'avenir de la démocratie américaine
Un système en crise
Cette affaire des frappes de bateaux n’est pas un incident isolé. Elle s’inscrit dans une crise plus large de la démocratie américaine. Une crise qui se manifeste par l’affaiblissement des contre-pouvoirs, la polarisation extrême de la société, la désinformation généralisée, et la montée de l’autoritarisme. Le Congrès, censé contrôler l’exécutif, est paralysé par les divisions partisanes. La justice, censée garantir l’État de droit, est de plus en plus politisée. Les médias, censés informer le public, sont accusés de partialité et perdent leur crédibilité. Et les citoyens, censés être les gardiens de la démocratie, sont de plus en plus désengagés, cyniques, ou radicalisés. Dans ce contexte, comment peut-on espérer que les responsables de ces frappes seront tenus pour responsables ? Comment peut-on espérer que la vérité finira par éclater ? Comment peut-on espérer que la justice sera rendue ?
La réponse est simple : on ne peut pas. Pas dans l’état actuel des choses. Pas tant que le système restera verrouillé. Pas tant que les puissants continueront à agir en toute impunité. Pas tant que les citoyens resteront passifs. Car la démocratie n’est pas un acquis. C’est un combat permanent. Un combat qui exige de la vigilance, de l’engagement, du courage. Et aujourd’hui, ce combat est en train d’être perdu. Lentement, mais sûrement. Parce que trop de gens ont renoncé. Parce que trop de gens ont baissé les bras. Parce que trop de gens ont accepté l’inacceptable. Et si nous ne réagissons pas, si nous ne nous mobilisons pas, si nous ne résistons pas, alors la démocratie américaine continuera à se déliter. Jusqu’à ce qu’il ne reste plus rien. Jusqu’à ce qu’elle ne soit plus qu’un souvenir. Une promesse non tenue. Une illusion perdue.
Je suis terrifié. Vraiment terrifié. Parce que je vois ce qui se passe. Je vois la démocratie s’effondrer sous mes yeux. Je vois les valeurs que je croyais universelles être piétinées. Je vois l’humanité reculer. Et je me sens impuissant. Parce que je ne sais pas comment arrêter ça. Je ne sais pas comment inverser la tendance. Je ne sais pas comment convaincre les gens que nous sommes en train de perdre quelque chose de précieux. Quelque chose d’irremplaçable. Mais je refuse de renoncer. Je refuse de me taire. Je refuse de devenir complice. Parce que si je le fais, alors j’ai perdu. Nous avons tous perdu. Et là, c’est vraiment fini.
Un appel à la résistance
Mais il n’est pas trop tard. Il n’est jamais trop tard. Tant qu’il y a des gens qui résistent, qui se battent, qui refusent de se soumettre, il y a de l’espoir. Et c’est à nous, citoyens, de prendre nos responsabilités. De nous informer. De nous engager. De nous mobiliser. De dire non. Non à la violence. Non à l’impunité. Non à la déshumanisation. Non à l’autoritarisme. Et oui à la justice. Oui à la vérité. Oui à l’humanité. Oui à la démocratie. Cela peut sembler naïf. Cela peut sembler utopique. Mais c’est la seule voie possible. Car si nous renonçons à nos valeurs, si nous acceptons que la force prime sur le droit, si nous laissons les puissants agir en toute impunité, alors nous avons déjà perdu. Nous sommes déjà vaincus. Et nous méritons le monde que nous aurons créé.
Alors que faire ? D’abord, s’informer. Lire. Écouter. Comprendre. Ne pas se contenter des versions officielles. Chercher les sources alternatives. Croiser les informations. Développer son esprit critique. Ensuite, s’engager. Rejoindre des associations. Participer à des manifestations. Signer des pétitions. Écrire à ses élus. Utiliser sa voix, son vote, son influence, aussi modeste soit-elle. Et enfin, résister. Refuser de se taire. Refuser de se soumettre. Refuser d’accepter l’inacceptable. Parce que c’est ça, la démocratie. Ce n’est pas un système parfait. Ce n’est pas une garantie de justice. C’est juste une possibilité. Une possibilité de dire non. Une possibilité de se battre. Une possibilité de changer les choses. Et cette possibilité, nous devons la saisir. Avant qu’il ne soit trop tard.
Je ne sais pas si ce que j’écris servira à quelque chose. Je ne sais pas si quelqu’un me lira. Je ne sais pas si mes mots auront le moindre impact. Mais je les écris quand même. Parce que je refuse de me taire. Parce que je refuse de devenir complice par mon silence. Parce que je crois encore au pouvoir des mots. Au pouvoir de la vérité. Au pouvoir de la résistance. Et si mes mots peuvent toucher ne serait-ce qu’une personne, si ils peuvent éveiller ne serait-ce qu’une conscience, si ils peuvent inspirer ne serait-ce qu’un acte de résistance, alors j’aurai réussi. Alors je n’aurai pas écrit en vain. Alors il y aura encore de l’espoir.
Conclusion : le rire qui résonne encore
Un moment qui définit une époque
Le 2 décembre 2025 restera dans l’histoire comme un moment charnière. Un moment où le masque est tombé. Où la vérité a éclaté au grand jour. Où nous avons pu voir, sans filtre, sans artifice, ce qu’est devenue l’administration Trump. Ces rires dans la salle du cabinet. Ces blagues sur des morts. Cette banalisation de la violence. Cette déshumanisation systématique. Tout cela n’est pas un accident. Ce n’est pas un dérapage. C’est une stratégie. Une stratégie de brutalisation de l’opinion publique. Une stratégie de normalisation de l’inacceptable. Une stratégie qui vise à nous habituer à la violence, à nous désensibiliser, à nous faire accepter que certaines vies valent moins que d’autres. Et cette stratégie, elle fonctionne. Parce que nous sommes fatigués. Parce que nous sommes submergés. Parce que nous avons l’impression que rien ne peut changer. Alors nous baissons les bras. Nous nous résignons. Nous acceptons.
Mais nous ne devons pas accepter. Nous ne pouvons pas accepter. Parce que si nous acceptons ça, alors nous acceptons tout. Et là, nous sommes vraiment perdus. Ces rires, ils doivent résonner dans nos têtes. Ils doivent nous hanter. Ils doivent nous rappeler ce qui est en jeu. Pas seulement la vie de quelques présumés trafiquants dans les Caraïbes. Mais notre humanité. Notre capacité à ressentir de l’empathie. Notre refus de la barbarie. Notre attachement à la justice, à la vérité, à la dignité humaine. Tout cela est menacé. Tout cela est en train de disparaître. Et si nous ne réagissons pas, si nous ne résistons pas, si nous ne nous battons pas, alors nous serons complices. Complices de cette dérive. Complices de cette violence. Complices de cette déshumanisation.
Ces rires, je les entends encore. Ils résonnent dans ma tête. Ils me poursuivent. Ils me hantent. Parce qu’ils représentent tout ce que je déteste. Tout ce contre quoi je me bats. Tout ce que je refuse d’accepter. Et je me demande : comment en sommes-nous arrivés là ? Comment avons-nous pu laisser les choses dégénérer à ce point ? Comment avons-nous pu accepter que des êtres humains soient tués sans procès, et que leurs bourreaux en rient ? Je n’ai pas de réponse. Mais je sais une chose : nous devons faire mieux. Nous devons être meilleurs. Nous devons nous battre. Parce que si nous ne le faisons pas, alors nous avons déjà perdu. Et là, c’est vraiment fini.
Un choix à faire
Nous sommes à un tournant. Un moment où nous devons choisir. Choisir entre la résignation et la résistance. Entre l’acceptation et la révolte. Entre le silence et la parole. Ce choix, il est individuel. Chacun doit le faire pour soi-même. Mais il est aussi collectif. Car c’est ensemble que nous pourrons changer les choses. C’est ensemble que nous pourrons résister. C’est ensemble que nous pourrons construire un monde meilleur. Un monde où la vie humaine a de la valeur. Où la justice n’est pas un vain mot. Où la vérité compte encore. Un monde où on ne rit pas de la mort. Où on ne banalise pas la violence. Où on ne déshumanise pas l’autre. Ce monde, il est possible. Il est à notre portée. Mais il ne se construira pas tout seul. Il exige de nous du courage, de l’engagement, de la détermination. Il exige que nous sortions de notre zone de confort. Que nous prenions des risques. Que nous nous exposions.
Alors je vous pose la question : que allez-vous faire ? Allez-vous vous taire ? Allez-vous accepter ? Allez-vous devenir complice ? Ou allez-vous résister ? Allez-vous vous battre ? Allez-vous dire non ? Le choix vous appartient. Mais sachez que ce choix aura des conséquences. Pas seulement pour vous. Mais pour tous. Pour vos enfants. Pour les générations futures. Pour l’avenir de l’humanité. Car ce qui se joue aujourd’hui, ce n’est pas seulement la légalité d’une frappe militaire. C’est notre capacité à rester humains. À préserver notre humanité. À ne pas sombrer dans la barbarie. Et ça, c’est l’enjeu le plus important de tous. C’est l’enjeu de notre temps. C’est l’enjeu de notre vie.
Je termine cet article avec un sentiment de tristesse. Mais aussi d’espoir. Tristesse, parce que je sais que rien ne changera du jour au lendemain. Que les responsables ne seront probablement jamais punis. Que les victimes resteront oubliées. Que la violence continuera. Mais espoir, parce que je crois encore en l’humanité. Je crois encore que nous sommes capables du meilleur. Je crois encore que nous pouvons changer les choses. Si nous le voulons vraiment. Si nous nous en donnons les moyens. Si nous refusons de renoncer. Alors je vous en supplie : ne renoncez pas. Ne vous taisez pas. Ne devenez pas complices. Résistez. Battez-vous. Croyez. Parce que c’est la seule façon de préserver notre humanité. C’est la seule façon de construire un monde meilleur. C’est la seule façon de donner un sens à tout ça. Et si nous y arrivons, alors ces rires, ces rires qui me hantent, ces rires qui me révoltent, ces rires qui me brisent le cœur, auront au moins servi à quelque chose. Ils auront été le déclic. Le signal d’alarme. L’appel à la résistance. Et nous aurons gagné.
Sources
Sources primaires
Raw Story, « Trump’s Cabinet laughs as Hegseth cracks boat bombing jokes », 2 décembre 2025. The Independent, « ‘Taking the gloves off’: Trump just held the Cabinet meeting from Hell », 2 décembre 2025. Politico, « Lawmakers warn Hegseth may have committed war crimes following second-strike report », 30 novembre 2025. CBS News, « Trump and Hegseth provide new details on controversial strikes on alleged drug boat », 2 décembre 2025. NPR, « ‘Franklin’ publisher slams Hegseth for his post of the turtle firing on drug boats », 2 décembre 2025. The Washington Post, rapport sur les ordres de Hegseth concernant la seconde frappe, 28 novembre 2025.
Sources secondaires
Al Jazeera, « Hegseth or Admiral Bradley: Who approved the second Venezuela boat strike », 2 décembre 2025. BBC News, « Hegseth says he did not see survivors before second drug boat strike », décembre 2025. The New York Times, « Hegseth Invoked the ‘Fog of War’ in a Boat Strike. What Does That Mean? », 3 décembre 2025. The Guardian, « Pete Hegseth denies he gave orders to ‘kill everybody’ on boat », 29 novembre 2025. Axios, « Hegseth says U.S. has ‘only just begun’ sinking alleged drug vessels », 2 décembre 2025. The Hill, « Hegseth jokes about boat strikes as Congress ramps up scrutiny », décembre 2025.
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