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Un parcours hors norme

Pour comprendre pourquoi Greg Craig est l’homme de la situation, il faut remonter le fil de sa carrière. Né le 4 mars 1945 à Norfolk, en Virginie, Craig grandit dans une famille où le service public est une valeur cardinale. Son père, officier de la Navy pendant la Seconde Guerre mondiale, devient chancelier du système des collèges d’État du Vermont. Le jeune Greg étudie à Harvard, où il obtient son diplôme en 1967, puis à Yale Law School, où il rencontre Bill et Hillary Clinton. En 1972, Craig rejoint le cabinet Williams & Connolly, l’un des plus prestigieux de Washington.

Sa carrière décolle rapidement. En 1981, Craig fait partie de l’équipe qui défend John Hinckley Jr., accusé d’avoir tenté d’assassiner Ronald Reagan. Hinckley est déclaré non coupable pour cause de démence. Craig enchaîne les dossiers de haut vol : il défend Richard Helms, ancien directeur de la CIA, et représente le dissident soviétique Alexandre Soljenitsyne. Il travaille pour le sénateur Edward Kennedy de 1984 à 1988. En 1997, la secrétaire d’État Madeleine Albright le nomme directeur de la planification politique. Mais c’est en 1998 que Craig entre dans l’histoire. Bill Clinton, empêtré dans le scandale Monica Lewinsky, fait face à une procédure de destitution. Craig coordonne la défense du président. Clinton le surnomme le « quarterback ». Craig réussit : Clinton est acquitté par le Sénat.

Il y a quelque chose de fascinant dans la trajectoire de Craig. Cet homme a défendu des présidents, des dictateurs, des assassins, des espions. Il a navigué dans les zones grises de la morale et de la légalité avec une aisance déconcertante. Et pourtant, aujourd’hui, il se bat pour quelque chose d’aussi simple, d’aussi fondamental que la préservation d’un bâtiment. Comme si, après toutes ces années passées à défendre des individus, il avait compris que certaines choses transcendent les personnes. Que la Maison-Blanche n’est pas un bien privé, mais un patrimoine collectif. Et que la détruire, même partiellement, c’est détruire un morceau de l’identité américaine.

De la Maison-Blanche d’Obama à celle de Trump

En 2008, Craig fait un choix qui surprend Washington. Malgré ses liens avec les Clinton, il soutient Barack Obama lors de la primaire démocrate. Après la victoire d’Obama, Craig est nommé conseiller juridique de la Maison-Blanche. Il rédige le décret interdisant la torture et ordonnant la fermeture de Guantanamo Bay. Il supervise la confirmation de Sonia Sotomayor à la Cour suprême. Mais son passage est tumultueux. Des tensions émergent avec le chef de cabinet Rahm Emanuel. En novembre 2009, la Maison-Blanche annonce son départ. Craig est remplacé par Robert Bauer.

Après son départ, Craig rejoint le cabinet Skadden, Arps. Il représente des clients prestigieux, dont Goldman Sachs et l’ancien sénateur John Edwards. Mais c’est un dossier ukrainien qui va le rattraper. En 2012, Craig examine le procès de l’ancienne Première ministre ukrainienne Yulia Tymoshenko. Le rapport est controversé. En 2019, Craig est inculpé pour avoir menti aux procureurs fédéraux sur son travail en Ukraine. Après un procès, Craig est acquitté en moins de cinq heures. L’ancien procureur fédéral Geoffrey Berman révélera que l’administration Trump avait fait pression pour inculper Craig avant les élections de 2018. Berman avait refusé, estimant le dossier trop faible.

L’acquittement de Craig en 2019 n’était pas seulement une victoire juridique. C’était une réhabilitation. Après des mois de spéculations, d’accusations, de fuites orchestrées, Craig avait prouvé son innocence. Mais à quel prix ? Sa réputation avait été écornée, son nom traîné dans la boue. Et pourtant, il n’a pas abandonné. Il a continué à exercer, à défendre, à se battre. Et aujourd’hui, en 2025, à 80 ans, il est de retour sur le devant de la scène. Pas pour défendre un président, mais pour l’attaquer. Pas pour protéger un individu, mais pour protéger un symbole. C’est peut-être là sa plus grande bataille. Et peut-être aussi sa plus importante.

Sources primaires

Washington Examiner, « Former Obama and Clinton lawyer representing lawsuit over Trump’s ballroom », 12 décembre 2025. CBS News, « Historic preservation group sues Trump over White House ballroom project », 12 décembre 2025. PBS NewsHour, « The East Wing of the White House has been demolished. Here’s a look at its history », 24 octobre 2025. National Trust for Historic Preservation, plainte déposée devant le tribunal fédéral du district de Columbia, 12 décembre 2025.

Sources secondaires

Wikipedia, « Gregory B. Craig », consulté le 12 décembre 2025. Al Jazeera, « Preservationists sue to halt Trump’s White House ballroom construction », 12 décembre 2025. The Guardian, « Trump sued by preservation group over 300m dollar White House ballroom », 12 décembre 2025. Reuters, « Trump sued by preservation group to halt White House ballroom », 12 décembre 2025. CNN Politics, « Trump sued over East Wing demolition », 12 décembre 2025. The New York Times, « Trump Live Updates: White House Ballroom Lawsuit », 12 décembre 2025.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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