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Les nationalisations qui ont tout changé

Il faut remonter aux années 2000 pour comprendre pourquoi les pétroliers américains se montrent si réticents. Hugo Chávez, alors au pouvoir, avait entrepris de reprendre le contrôle des richesses pétrolières du pays en forçant les compagnies étrangères à céder des parts majoritaires de leurs projets à l’entreprise d’État Petróleos de Venezuela (PDVSA). Celles qui résistèrent virent leurs actifs purement et simplement confisqués par le gouvernement vénézuélien. Chevron, Exxon, ConocoPhillips, Halliburton, Schlumberger, Weatherford International et Baker Hughes — tous ces géants ont subi les foudres du nationalisme pétrolier chaviste. Cette expérience traumatisante a laissé des cicatrices profondes dans les mémoires des dirigeants du secteur, qui se rappellent encore avec amertume les milliards perdus dans cette nationalisation forcée.

Richard Goldberg, ancien responsable de la Maison Blanche qui a contribué à concevoir le Conseil national de la domination énergétique de Trump, reconnaît que cette approche « aurait du sens » dans le contexte actuel. « Avec le blocus naval, le président étouffe le sang vital du régime », explique-t-il. « Et si les exportations pétrolières vénézuéliennes sont exemptées de sanctions et reviennent à leurs niveaux d’avant Chávez, je pense qu’on peut voir des opportunités incroyables pour les compagnies pétrolières de revenir. Beaucoup d’entre elles, comme Chevron, ont déjà des infrastructures sur place, il s’agirait donc simplement de remettre les choses en marche. » Mais cet optimisme volontariste ne prend pas en compte la méfiance légitime des entreprises qui ont déjà été « brûlées » une fois et ne comptent pas répéter la même erreur.

Les fantômes du passé

L’amertume des compagnies pétrolières face à ces nationalisations forcées reste palpable aujourd’hui. Des années d’investissements, d’expertise technique et de transferts de technologie ont été anéantis en quelques mois par un décret gouvernemental. Les pertes financières se chiffrent en dizaines de milliards de dollars, sans parler du capital humain et des savoir-faire perdus. Cette expérience a profondément marqué la culture d’investissement du secteur pétrolier américain, qui désormais exige des garanties juridiques quasi-infaillibles avant de s’engager dans des pays à risque politique élevé. Le Venezuela, avec son histoire tumultueuse et ses institutions fragiles, apparaît aujourd’hui comme le paradigme du pays à éviter malgré ses réserves colossales — les plus grandes au monde selon les estimations les plus optimistes.

Les dirigeants d’Exxon et de ConocoPhillips, lors de leur réunion avec l’administration Trump en novembre dernier, n’ont pas manqué d’évoquer ces dettes impayées datant de leurs opérations vénézuéliennes passées. Ils ont insisté sur la nécessité de régler ces contentieux avant d’envisager le moindre retour sur le territoire vénézuélien. Cette position est parfaitement compréhensible : comment convaincre des actionnaires d’investir à nouveau des milliards dans un pays où vous avez déjà perdu des sommes colossales sans aucun recours juridique effectif ? La confiance, une fois brisée, met des décennies à se reconstruire — et dans le cas du Venezuela, elle est en miettes.

Ce qui me frappe le plus dans cette histoire, c’est l’incroyable court-circuit mémoriel du côté de Trump. Il semble avoir oublié que ces mêmes compagnies qu’il courtise aujourd’hui ont été spoliées par le Venezuela il y a à peine une décennie. C’est comme si un cambrioleur venait demander à ses anciennes victimes de revenir investir dans sa maison sous prétexte qu’il a changé de serrures ! La confiance des entreprises ne s’achète pas avec des déclarations grandiloquentes ou des promesses électorales. Elle se mérite avec des institutions solides, des contrats respectés et une stabilité prévisible. Tout ce qui manque cruellement au Venezuela actuel.

Sources

Sources primaires

Politico, « Trump administration asking US oil industry to return to Venezuela — but getting no takers », 17 décembre 2025. Déclarations de Donald Trump sur Truth Social, 16 décembre 2025. Déclarations de Nicolás Maduro, télévision d’État vénézuélienne, décembre 2025. Déclaration de Bill Turenne, porte-parole de Chevron, décembre 2025.

Sources secondaires

Reuters, « Oil rises as Trump’s Venezuela blockade takes edge off global crude », 17 décembre 2025. ABC News, « Venezuela to continue oil trade, Maduro says, after Trump announces blockade », 17 décembre 2025. Al Jazeera, « Does the US have any real claim on Venezuelan oil as Stephen Miller says? », 18 décembre 2025. The Guardian, « Maduro says the real reason for Trump’s Venezuela fixation is oil », 6 décembre 2025. Congressional Research Service, « Venezuela: Overview of U.S. Sanctions Policy », 2025. Rapidan Energy Group, analyse des risques géopolitiques, décembre 2025.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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