Une héritière politique en position de force
Delcy Rodriguez, âgée de 56 ans, n’est pas une novice en politique. Fille de Jorge Antonio Rodriguez, guérillero de gauche et fondateur du parti révolutionnaire Liga Socialista dans les années 1970, elle a baigné depuis l’enfance dans l’idéologie socialiste bolivarienne. Elle a occupé successivement les postes de ministre des Communications, ministre des Affaires étrangères et vice-présidente depuis 2018, s’imposant comme l’une des figures les plus puissantes et influentes du régime Maduro. Nicolas Maduro lui-même l’a décrite comme « une jeune femme courageuse, expérimentée, fille d’un martyr, révolutionnaire et éprouvée dans mille batailles », témoignant de la confiance absolue qu’il plaçait en elle. En plus de la vice-présidence, elle occupe les fonctions cruciales de ministre des Finances et ministre du Pétrole, ce qui lui donne un contrôle direct sur l’économie et la principale ressource du pays.
La nomination de Rodriguez à la présidence par intérim par la Cour suprême du Venezuela, le 4 janvier 2026, a été perçue par beaucoup comme une tentative de maintenir la continuité du régime chaviste face à l’agression américaine. Certains rapports indiquent que Rodriguez se trouvait en Russie au moment de l’opération américaine, ce qui pourrait expliquer pourquoi elle a échappé à la capture. Son frère, Jorge Rodriguez, président de l’Assemblée nationale, était quant à lui présent à Caracas lors des événements. La famille Rodriguez constitue désormais le noyau dur de la résistance vénézuélienne face à la pression américaine. Delcy Rodriguez a hérité d’un pays en ruine, avec une inflation dépassant les 3000%, des pénuries alimentaires chroniques et une infrastructure pétrolière délabrée. Pourtant, sa détermination à défendre la souveraineté nationale semble inébranlable, comme en témoigne sa première allocution publique après la capture de Maduro.
Il y a quelque chose de fascinant chez Delcy Rodriguez. Cette femme qui a grandi avec les récits de la lutte révolutionnaire de son père, qui a consacré sa vie entière à un idéal politique, et qui se retrouve aujourd’hui à diriger un pays sous le feu de critiques internationales… c’est le genre de destin qui inspire les romans, pas les rapports géopolitiques. Je ne partage pas son idéologie, loin de là, mais je ne peux nier la force de caractère qu’il faut pour tenir tête à l’administration Trump depuis une capitale assiégée. C’est une position intenable, désespérée même, et pourtant elle s’accroche. Comme un animal blessé qui refuse de céder le passage. J’ai ce mélange d’admiration et d’inquiétude en l’observant. Admiration pour sa résilience. Inquiétude pour ce que ce genre de confrontation brutale peut engendrer.
Une rhétorique de défiance absolue
Dans son allocution télévisée du 3 janvier 2026, Delcy Rodriguez a adopté une rhétorique particulièrement virulente contre les États-Unis et l’administration Trump. Elle a qualifié la capture de Maduro d' »acte barbare » et d' »enlèvement illégitime », affirmant que le peuple vénézuélien ne serait jamais « esclave » de puissances étrangères. « S’il y a une chose dont le peuple vénézuélien et ce pays sont absolument certains, c’est que nous ne serons plus jamais esclaves », a-t-elle déclaré avec force, soulignant que tout le pays était mobilisé. Elle a insisté sur le fait qu’il n’y avait « qu’un seul président dans ce pays, et son nom est Nicolás Maduro Moros », contestant ainsi la légitimité de toute tentative américaine d’imposer un nouveau dirigeant. Cette posture de fermeté contraste avec les expectations américaines, qui s’attendaient à une capitulation rapide après la capture de Maduro.
Rodriguez a également appelé la communauté internationale à condamner ce qu’elle a qualifié d' »acte honteux », appelant les gouvernements du monde entier à exprimer leur solidarité avec le Venezuela. Elle a demandé des preuves de vie de Maduro et de son épouse, exprimant des inquiétudes quant à leur traitement en détention américaine. Cette demande de preuves de vie, alors que Maduro avait déjà été photographié menotté lors de son arrivée à New York, s’inscrit dans une stratégie de communication visant à maintenir le doute et la mobilisation de la base chaviste. La vice-présidente a également souligné que le Venezuela continuait de fonctionner normalement malgré l’absence de Maduro, affirmant que les institutions de l’État opéraient conformément à la Constitution. Cette déclaration, alors que la capitale restait inhabituellement calme et de nombreuses entreprises fermaient, visait à projeter une image de continuité et de stabilité face à l’agression américaine.
Ce que je trouve troublant, c’est l’écho historique de cette rhétorique. Les mots « jamais esclaves », la défense de la souveraineté nationale face à l’impérialisme américain… c’est un discours que nous avons déjà entendu maintes et maintes fois en Amérique latine, depuis le XIXe siècle jusqu’à nos jours. Fidel Castro, Hugo Chávez, Evo Morales… tous ont utilisé ce langage pour mobiliser leurs populations contre ce qu’ils présentaient comme une menace étrangère. Et ça fonctionne toujours. Parce que l’histoire de l’Amérique latine est marquée par l’interventionnisme américain, par les coups d’État soutenus par Washington, par les dictatures imposées de l’extérieur. Delcy Rodriguez joue sur cette mémoire collective profonde. Elle sait que même ceux qui détestent le régime chaviste peuvent être réticents à accepter une intervention américaine brutale. C’est une stratégie politique cynique mais efficace.
Section 3 : Les exigences américaines et la stratégie de Marco Rubio
Le virage diplomatique de Rubio
Marco Rubio, Secrétaire d’État américain, a adopté une position nuancée qui contraste avec les déclarations plus agressives du président Trump. Lors d’une interview sur l’émission « Face the Nation » de CBS le 4 janvier 2026, Rubio a précisé que les États-Unis n’avaient pas l’intention de gouverner directement le Venezuela, mais plutôt de maintenir une « quarantaine pétrolière » sur le pays. Cette déclaration marque un recul notable par rapport aux affirmations précédentes de Trump, qui avait déclaré à plusieurs reprises que les États-Unis « feraient marcher » le Venezuela jusqu’à ce qu’une transition appropriée puisse être organisée. La stratégie de Rubio consiste à utiliser le blocus pétrolier existant comme levier pour imposer des changements de politique à Caracas sans recourir à une occupation militaire directe qui pourrait s’avérer coûteuse et impopulaire.
Rubio a expliqué que la quarantaine sur les pétroliers sanctionnés, dont certains ont déjà été saisis par les États-Unis, « reste en place et représente une quantité considérable de levier qui continuera d’être en place jusqu’à ce que nous voyions des changements ». Ces changements, selon Rubio, doivent inclure non seulement une réforme de l’industrie pétrolière pour le bénéfice du peuple vénézuélien, mais aussi l’arrêt du trafic de drogue. Le Secrétaire d’État a souligné que cet objectif servait d’abord l’intérêt national américain, tout en promettant qu’il mènerait à un avenir meilleur pour les Vénézuéliens. Cette approche plus modérée vise à apaiser les craintes tant au sein de la coalition démocrate que parmi les partisans d’une politique « America First » qui s’opposent traditionnellement aux interventions étrangères coûteuses. Rubio a tenté de distinguer clairement cette opération des précédents américains en Irak et en Afghanistan, affirmant que « ce n’est pas le Moyen-Orient. Et notre mission ici est très différente. C’est l’hémisphère occidental. »
Marco Rubio m’intrigue. Ce conservateur cubano-américain qui a construit sa carrière politique en opposition à Cuba et au socialisme, qui se retrouve maintenant à devoir gérer une intervention militaire directe dans un pays socialiste… il y a une ironie qui ne m’échappe pas. Sa tentative de présenter cette opération comme fondamentalement différente de l’Irak ou de l’Afghanistan me laisse sceptique. L’histoire nous enseigne que les interventions étrangères ont leur propre logique, leur propre dynamique qui échappe souvent au contrôle de ceux qui les initient. Rubio peut bien dire que ce n’est pas le Moyen-Orient, mais les mécanismes de l’occupation, de la résistance locale et de l’escalade militaire sont universels. Et puis il y a cette dimension personnelle. Rubio connaît l’histoire de l’Amérique latine, il connaît les cicatrices laissées par l’interventionnisme américain. Je me demande ce qu’il ressent vraiment face à cette situation.
La pression économique comme outil principal
La stratégie américaine repose essentiellement sur l’arme économique, en particulier le contrôle du pétrole vénézuélien. Les États-Unis maintiennent des sanctions sévères sur l’industrie pétrolière vénézuélienne depuis plusieurs années, mais ces mesures ont été considérablement renforcées suite à la capture de Maduro. La « quarantaine pétrolière » évoquée par Rubio implique l’interception de tout navire transportant du pétrole vénézuélien suspecté de violer les sanctions américaines. Cette approche vise à stranguler l’économie vénézuélienne en coupant sa principale source de revenus, espérant ainsi forcer le gouvernement de Rodriguez à accepter les exigences américaines. Les experts économiques s’inquiètent cependant des conséquences humanitaires potentielles d’une telle stratégie, alors que le pays fait déjà face à une crise alimentaire et médicale dramatique.
Les exigences américaines, bien qu’encore partiellement formulées, incluent probablement la fin du contrôle du secteur pétrolier par les éléments proches du régime Maduro, l’arrêt de la coopération avec les cartels de drogue, et l’organisation d’élections libres sous supervision internationale. Trump a laissé entendre que les compagnies pétrolières américaines joueraient un rôle clé dans la reconstruction de l’industrie énergétique vénézuélienne, déclarant que « nous avons construit l’industrie pétrolière du Venezuela » et que les États-Unis y retourneraient. Cette perspective inquiète de nombreux observateurs qui craignent que les ressources naturelles du Venezuela ne soient pillées par des intérêts étrangers plutôt que mises au service du développement du pays. L’approche américaine repose sur l’hypothèse que la pression économique forcera le gouvernement Rodriguez à capituler ou à s’effondrer, permettant aux États-Unis d’imposer une transition politique favorable à leurs intérêts.
Cette stratégie de strangulation économique me laisse profondément mal à l’aise. Je comprends la logique politique: utiliser les sanctions comme alternative à l’occupation militaire directe, éviter les pertes américaines, forcer le changement par la misère plutôt que par la force brute. Mais les conséquences humaines sont dévastatrices. Les gens ordinaires, ceux qui souffrent déjà de la crise économique, seront les premières victimes de cette quarantaine pétrolière. Les enfants qui ne mangent pas à leur faim, les malades qui ne trouvent pas de médicaments… ce sont eux qui paieront le prix de cette guerre économique. C’est une forme de violence tout aussi destructrice que les bombardements, mais moins visible, moins médiatisée. Et puis il y a cette dimension morale qui me trouble. Punir un peuple entier pour les crimes de son gouvernement… est-ce vraiment juste? Est-ce vraiment compatible avec les valeurs que nous prétendons défendre?
Section 4 : Le pétrole vénézuélien au cœur de la stratégie américaine
Les réserves les plus importantes au monde
Le Venezuela possède officiellement les plus grandes réserves pétrolières prouvées au monde, dépassant même celles de l’Arabie saoudite. Selon l’Organisation des Pays Exportateurs de Pétrole (OPEP), le Venezuela détient plus de 300 milliards de barils de pétrole, principalement sous forme de pétrole extra-lourd dans le bassin de l’Orénoque. Ces réserves représentent une richesse potentielle colossale pour le pays, mais leur exploitation pose des défis techniques et économiques considérables. Le pétrole vénézuélien est particulièrement difficile à extraire et à raffiner, nécessitant des investissements massifs en infrastructure et en technologie que le pays n’a pas été en mesure de fournir ces dernières années. L’entreprise d’État PDVSA, autrefois un fleuron industriel, a souffert de décennies de sous-investissement, de mauvaise gestion et de corruption, réduisant considérablement sa capacité de production.
Avant l’arrivée au pouvoir d’Hugo Chávez en 1999, l’industrie pétrolière vénézuélienne produisait plus de trois millions de barils par jour. Aujourd’hui, cette production a chuté à moins de 500 000 barils par jour, selon certaines estimations. Cette baisse dramatique est due à une combinaison de facteurs: l’expropriation des compagnies pétrolières étrangères par Chávez, le départ des techniciens expérimentés, le manque d’investissements de maintenance, et les sanctions américaines croissantes. Les sanctions américaines, imposées à partir de 2019, ont coupé le Venezuela des marchés financiers occidentaux et interdit aux compagnies pétrolières américaines de faire affaire avec PDVSA. Ces mesures ont exacerbé la crise économique du pays, le pétrole représentant traditionnellement plus de 90% des recettes d’exportation du Venezuela. L’industrie pétrolière vénézuélienne se trouve aujourd’hui dans un état de délabrement avancé, avec de nombreuses infrastructures nécessitant une reconstruction complète.
Quand je regarde les chiffres de la production pétrolière vénézuélienne, je ressens une forme de tristesse profonde. C’est l’histoire d’un gâchis monumental, d’un potentiel gaspillé par l’idéologie, la corruption et l’incompétence. Le Venezuela aurait pu être un pays prospère, l’un des plus riches d’Amérique latine grâce à ses ressources naturelles. Au lieu de cela, ses citoyens font la queue pendant des heures pour obtenir du pain et des médicaments de base. Comment en est-on arrivé là? Comment un pays avec autant de richesses potentielles a-t-il pu sombrer dans une telle misère? C’est une question qui me hante. Et maintenant, les États-Unis voient dans ces réserves une opportunité pour sécuriser leur propre indépendance énergétique. Il y a quelque chose de cynique dans cette approche, comme si le Venezuela n’était qu’un gisement de ressources à exploiter plutôt qu’un pays avec des gens, une histoire, une culture.
Les ambitions énergétiques de Trump
Donald Trump a explicitement lié l’intervention militaire au Venezuela aux intérêts énergétiques américains. Lors d’une conférence de presse à Mar-a-Lago le 3 janvier 2026, il a déclaré que les États-Unis « avaient construit l’industrie pétrolière du Venezuela » et qu’ils « y retourneraient ». Il a également suggéré que les compagnies pétrolières américaines joueraient un rôle central dans la reconstruction de l’industrie énergétique du pays. Ces déclarations s’inscrivent dans une vision plus large de la politique étrangère américaine, que Trump a présentée comme une version modernisée de la doctrine Monroe, baptisée ironiquement « Donroe Doctrine ». Cette doctrine réaffirme la prééminence américaine dans l’hémisphère occidental et justifie l’intervention directe pour protéger les intérêts américains dans la région.
Les ambitions énergétiques américaines au Venezuela sont multiples. Premièrement, réduire la dépendance américaine envers le pétrole du Moyen-Orient en sécurisant des sources d’approvisionnement plus proches géographiquement. Deuxièmement, empêcher la Chine, principal rival stratégique des États-Unis, de renforcer sa présence énergétique en Amérique latine. La Chine a considérablement augmenté ses investissements dans le secteur énergétique vénézuélien ces dernières années, accordant des milliards de dollars de prêts au gouvernement Maduro en échange d’accès au pétrole. Troisièmement, servir les intérêts des grandes compagnies pétrolières américaines qui ont perdu des investissements massifs lors des expropriations chavistes. Trump a affirmé que les États-Unis s’assureraient que les compagnies américaines soient remboursées pour les pertes subies sous le gouvernement Maduro. La stratégie américaine combine donc des objectifs géopolitiques, économiques et idéologiques, tous liés au contrôle des ressources pétrolières vénézuéliennes.
Cette prétention américaine d’avoir « construit » l’industrie pétrolière vénézuélienne me fait sourire amèrement. C’est une lecture sélective de l’histoire, pour le moins. Les compagnies pétrolières américaines ont certes joué un rôle majeur dans le développement du secteur pétrolier vénézuélien au début du XXe siècle, mais elles l’ont fait dans un contexte colonial-exploiteur, extrayant les richesses du pays tout en laissant peu de bénéfices à la population locale. La nationalisation de l’industrie pétrolière en 1976, bien avant Chávez, était une réponse à cette exploitation historique. Trump réécrit l’histoire pour justifier une nouvelle forme d’exploitation, présentée cette fois comme une « aide » au développement. C’est le même schéma que nous avons vu maintes et maintes fois: les puissances occidentales qui viennent « sauver » les pays en difficulté en s’appropriant leurs ressources. Rien de nouveau sous le soleil, mais toujours aussi dérangeant.
Section 5 : La réaction du peuple vénézuélien
Une population sous le choc
La population vénézuélienne a réagi avec stupeur et confusion aux événements dramatiques du 3 janvier 2026. Dans les heures qui ont suivi l’opération militaire américaine, les rues de Caracas étaient inhabituellement calmes, avec peu de véhicules en circulation et de nombreuses entreprises fermées. Un résident de Caracas, David Leal, 77 ans, a témoigné que les gens étaient « encore sous le choc » deux jours après les événements. Cette réaction de sidération s’explique par le caractère soudain et sans précédent de l’intervention américaine, qui a pris par surprise même les observateurs les plus expérimentés. Les Vénézuéliens, déjà éprouvés par des années de crise économique et politique, se retrouvent désormais confrontés à l’incertitude supplémentaire créée par cette intervention étrangère.
Les réactions politiques au sein de la population sont fragmentées. Les opposants au régime Maduro, qui ont organisé de nombreuses manifestations dans les années passées pour réclamer son départ, sont partagés entre soulagement de voir le dictateur parti et inquiétude face à l’intervention militaire étrangère. Beaucoup craignent que l’action américaine ne fasse pas qu’aggraver la crise humanitaire en place. Les partisans du régime, quant à eux, se sont mobilisés rapidement pour défendre la souveraineté nationale, organisant des rassemblements anti-américains et brûlant des drapeaux des États-Unis. Le gouvernement Rodriguez a tenté de canaliser ce sentiment nationaliste pour maintenir la cohésion de sa base malgré l’absence de Maduro. La société vénézuélienne se trouve ainsi profondément divisée face à cette nouvelle phase de la crise, avec peu de consensus sur la voie à suivre pour l’avenir du pays.
Ce qui me touche le plus dans cette situation, c’est la souffrance ordinaire du peuple vénézuélien. Les familles qui ne savent pas comment elles vont nourrir leurs enfants demain, les jeunes qui voient leur avenir s’effondrer, les personnes âgées qui n’ont plus accès aux médicaments dont elles ont besoin… ils sont les victimes invisibles de cette géopolitique brutale. Les politiciens à Washington et à Caracas peuvent bien débattre de souveraineté et de doctrine Monroe, mais sur le terrain, ce sont des vies réelles qui sont brisées. J’ai vu des images de femmes faisant la queue pendant des heures pour acheter du riz, des enfants grandissant dans la malnutrition… ça me brise le cœur. Et maintenant, avec cette intervention, la situation ne peut qu’empirer pour eux. C’est l’injustice absolue.
L’incertitude quant à l’avenir
Le avenir immédiat du Venezuela reste extrêmement incertain, et cette incertitude pèse lourdement sur la population. Les questions fondamentales restent sans réponse: combien de temps durera la crise actuelle? Les États-Unis imposeront-ils un nouveau gouvernement? Quelle sera l’attitude de l’armée vénézuélienne? Les sanctions économiques seront-elles levées ou renforcées? Chaque jour apporte son lot de rumeurs et de spéculations, créant un climat d’anxiété généralisée. Les Vénézuéliens qui ont fui le pays ces dernières années, estimés à plus de sept millions, observent les événements avec un mélange d’espoir et d’inquiétude, se demandant s’ils pourront un jour rentrer chez eux.
L’économie vénézuélienne, déjà au bord de l’effondrement, risque de subir de nouveaux chocs dans les semaines à venir. Le blocus pétrolier américain va probablement réduire encore davantage les recettes du gouvernement, limitant sa capacité à importer des produits de première nécessité. L’inflation, qui a déjà atteint des niveaux astronomiques, pourrait s’accélérer encore, érodant davantage le pouvoir d’achat de la population. Les services publics, déjà défaillants, risquent de se détériorer davantage en raison du manque de ressources et de personnel. Le système de santé, au bord de la rupture, pourrait s’effondrer complètement sans l’aide internationale. Les Vénézuéliens se préparent à une période de difficultés encore plus grandes, sans horizon clair de rétablissement. Certains observateurs craignent une éruption de violence si la situation politique ne se stabilise pas rapidement, tandis que d’autres voient dans cette crise une opportunité pour une transition démocratique réelle.
Cette incertitude permanente, c’est ce qui tue le plus lentement mais le plus sûrement. Ne pas savoir si tu pourras manger demain, ne pas savoir si tes enfants seront en sécurité, ne pas savoir si ton pays aura encore un gouvernement demain… c’est une forme de torture psychologique continue. J’imagine les parents vénézuéliens qui essaient de rassurer leurs enfants alors qu’ils sont eux-mêmes terrifiés. Les couples qui se disputent parce que la pression est devenue insupportable. Les amis qui se perdent de vue parce que l’un a dû partir et l’autre est resté. C’est toute la trame sociale d’un pays qui se défait sous nos yeux. Et le pire, c’est que nous, observateurs à l’extérieur, nous nous sentons impuissants. Nous pouvons bien exprimer notre solidarité, notre indignation… mais nous ne pouvons pas arrêter cette machine qui broie les vies ordinaires.
Section 6 : Les réactions internationales
Une communauté mondiale divisée
La communauté internationale a réagi avec rapidité mais sans consensus à la capture de Maduro et à l’intervention américaine au Venezuela. La Russie et la Chine, alliés stratégiques du régime Maduro, ont condamné avec vigueur ce qu’ils qualifient de violation flagrante de la souveraineté nationale. Moscou a averti que cette opération « crée un dangereux précédent » et pourrait conduire à une « escalade incontrôlable » dans la région. Pékin, pour sa part, a appelé au respect du droit international et à la non-ingérence dans les affaires intérieures des États, tout en soulignant que la stabilité de l’Amérique latine était cruciale pour la paix mondiale. Ces réactions s’expliquent par les intérêts stratégiques importants que la Russie et la Chine ont développés au Venezuela ces dernières années, notamment dans le secteur énergétique et militaire.
L’Union européenne a adopté une position plus nuancée, exprimant des préoccupations quant à la légalité de l’opération tout en reconnaissant la nécessité d’un changement politique au Venezuela. Josep Borrell, Haut représentant de l’UE pour les affaires étrangères, a appelé au « respect du droit international » et à la « protection de la population civile », tout en soulignant que l’UE continuerait de soutenir les efforts en vue d’une transition démocratique au Venezuela. Les pays de l’Amérique latine sont également profondément divisés. Le Mexique, l’Argentine et la Bolivie ont condamné l’intervention américaine, tandis que la Colombie, le Brésil et le Chili se sont montrés plus prudents, appelant au respect de la souveraineté vénézuélienne tout en reconnaissant la nécessité d’un changement de régime. Les réactions internationales reflètent les divisions géopolitiques mondiales existantes, avec une opposition croissante à l’unilatéralisme américain et une résistance croissante à l’hégémonie occidentale.
Ce qui me frappe dans les réactions internationales, c’est l’hypocrisie systémique. Les pays qui condamnent aujourd’hui l’intervention américaine au Venezuela sont souvent les mêmes qui ont soutenu des interventions similaires quand elles servaient leurs intérêts. Et inversement, les pays qui soutiennent aujourd’hui l’action américaine seraient les premiers à condamner une intervention similaire dans un pays ami. C’est la géopolitique dans toute sa cruauté: pas de principes, seulement des intérêts. La Russie qui se pose en défenseur de la souveraineté nationale alors qu’elle occupe la Crimée et envahit l’Ukraine… ça me donne envie de rire si ce n’était pas aussi tragique. La Chine qui appelle à la non-ingérence alors qu’elle étend son influence économique dans le monde entier… le cynisme n’a pas de limites. Et nous, observateurs occidentaux, nous devrions être assez honnêtes pour reconnaître que notre indignation sélective est tout aussi hypocrite.
Les institutions internationales sous pression
Les institutions internationales, en particulier l’Organisation des Nations Unies et l’Organisation des États Américains, se retrouvent sous une pression immense pour répondre à la crise vénézuélienne. L’ONU a appelé au calme et a proposé l’envoi d’une mission d’observation pour évaluer la situation humanitaire sur le terrain. António Guterres, Secrétaire général de l’ONU, a exprimé sa « profonde préoccupation » face aux développements au Venezuela et a appelé toutes les parties à faire preuve de retenue. Cependant, l’efficacité de l’ONU est limitée par le veto que possèdent les États-Unis au Conseil de sécurité, ce qui rend toute résolution critique de l’action américaine impossible. L’Organisation des États Américains, traditionnellement dominée par Washington, se trouve également paralysée par les divisions entre ses États membres.
La Cour Pénale Internationale pourrait être saisie de la situation, bien que les États-Unis ne reconnaissent pas sa juridiction. Des experts en droit international ont déjà commencé à débattre de la légalité de l’opération américaine, certains la qualifiant de violation claire du droit international et de la Charte des Nations Unies, d’autres la justifiant au nom de la protection des populations civiles contre un régime « narco-terroriste ». Ces débats juridiques risquent de durer des années, pendant lesquelles la population vénézuélienne continuera de souffrir. Les institutions internationales, conçues pour maintenir la paix et la sécurité mondiales, semblent impuissantes face à cette crise, incapables de contraindre une superpuissance comme les États-Unis à respecter les règles qu’elle a elle-même contribué à établir. Cette impuissance alimente un sentiment de frustration croissant à l’égard du système multilatéral et renforce la perception que la puissance prime sur le droit dans les relations internationales.
Cette impuissance des institutions internationales me déprime. Nous avons construit tout ce système après la Seconde Guerre mondiale précisément pour éviter ce genre de situation: les puissances qui font ce qu’elles veulent quand elles le veulent, sans être tenues de rendre des comptes. Et pourtant, sept décennies plus tard, nous sommes exactement au même point. Les États-Unis peuvent intervenir militairement dans un pays souverain, kidnapper son président, et le monde se contente de « condamnations verbales » et d’appels au calme. C’est dérisoire. C’est une farce. Je comprends pourquoi tant de gens dans le monde ont perdu foi dans ce système. Il a été conçu pour servir les intérêts des puissants, pas pour protéger les faibles. Et quand les puissants décident de le contourner, il n’y a personne pour s’y opposer. C’est la dure réalité de l’ordre international actuel.
Section 7 : L'armée vénézuélienne: un acteur clé
La position des forces armées
L’armée vénézuélienne constitue un acteur crucial dans la crise actuelle, avec la capacité de faire basculer la situation dans un sens ou dans l’autre. Vladimir Padrino López, ministre de la Défense et général en chef, a publiquement rejeté la capture de Maduro, qualifiant l’opération américaine d' »enlèvement lâche ». Le ministère de la Défense a publié une déclaration affirmant que les forces armées « rejetaient catégoriquement cet acte lâche » et continuaient à « exercer leurs fonctions constitutionnelles ». Cette position publique de soutien au gouvernement Rodriguez suggère que, pour l’instant au moins, l’armée vénézuélienne reste fidèle au régime chaviste, malgré la capture de son commandant en chef.
Cependant, la véritable loyauté de l’armée dans les jours à venir reste une question cruciale et incertaine. L’armée vénézuélienne a été profondément transformée sous les gouvernements de Chávez et Maduro, avec des officiers fidèles au régime placés aux postes clés. Maduro a également cultivé des liens personnels étroits avec les hauts gradés, leur offrant des privilèges économiques et des opportunités lucratives dans le secteur pétrolier et d’autres industries. Ces liens personnels et économiques ont créé un système de patronage qui assure la loyauté de l’armée envers le régime. Néanmoins, la pression américaine, combinée aux difficultés économiques croissantes et à l’isolement international, pourrait éroder cette loyauté. Les forces armées vénézuéliennes se trouvent dans une position délicate, devant choisir entre soutenir un régime de plus en plus isolé et risquer une confrontation directe avec la superpuissance américaine.
L’armée vénézuélienne me fascine. C’est une institution hybride, à la fois défenseur de la patrie et pilier d’un régime autoritaire. Les officiers qui ont fait carrière sous Chávez et Maduro, qui ont profité du système de patronage, qui ont des liens personnels avec le pouvoir… ils se retrouvent maintenant face à un choix impossible. Soutenir Rodriguez et risquer la guerre avec les États-Unis, ou faire défection et perdre tous leurs privilèges, et peut-être même leur vie? C’est le genre de décision qui définit une carrière, une vie. Je pense à ces soldats ordinaires, ces jeunes qui ont rejoint l’armée pour servir leur pays, pas pour défendre un régime corrompu. Que pensent-ils vraiment? Quels sont leurs espoirs et leurs craintes? Ils n’ont pas voix au chapitre dans ce drame géopolitique, et pourtant leur loyauté pourrait décider de l’issue finale.
Les scénarios de rupture possibles
Plusieurs scénarios de rupture au sein de l’armée vénézuélienne sont envisageables dans les semaines à venir. Le scénario le plus probable à court terme est le maintien du statu quo, avec l’armée continuant à soutenir le gouvernement Rodriguez et à rejeter l’intervention américaine. Cependant, si les sanctions économiques commencent à avoir un impact sérieux sur la capacité du gouvernement à payer les soldes et à fournir des ressources aux militaires, des fissures pourraient apparaître. Un autre scénario possible est une division au sein de l’armée, avec certains éléments choisissant de soutenir Rodriguez et d’autres se rangeant du côté de l’opposition ou des États-Unis. Une telle division pourrait conduire à des affrontements internes et à une instabilité accrue.
Un troisième scénario, moins probable mais plus dramatique, serait une rupture complète de l’armée avec le régime Rodriguez, conduisant à un coup d’État militaire. Un tel scénario pourrait être encouragé par les États-Unis, qui ont une longue histoire de soutien aux coups d’État en Amérique latine. Cependant, les États-Unis ont également indiqué qu’ils ne gouverneraient pas directement le Venezuela, ce qui suggère qu’ils préféreraient une transition dirigée par des Vénézuéliens plutôt qu’une prise de pouvoir directe par l’armée. La loyauté de l’armée vénézuélienne restera probablement le facteur déterminant dans les développements à venir, avec la capacité soit de stabiliser la situation sous Rodriguez, soit de provoquer une rupture brutale qui pourrait mener à une guerre civile ou à une intervention militaire américaine plus directe.
Les coups d’État en Amérique latine… c’est une histoire qui se répète inlassablement. Pourquoi sommes-nous toujours là? Pourquoi la démocratie latino-américaine reste-t-elle si fragile, si vulnérable aux interventions militaires? Je regarde le Venezuela et je vois la tragédie d’un pays qui n’arrive pas à rompre avec ses démons historiques. Chaque fois qu’il semble progresser vers un avenir démocratique, quelque chose le ramène en arrière. L’intervention américaine actuelle, quelle que soit la justification, risque de renforcer cette dynamique perverse. Elle donne à l’armée un rôle disproportionné, en fait l’arbitre ultime du sort du pays. Et c’est une recette pour plus d’instabilité, plus d’autoritarisme, plus de souffrance. Je désespère parfois de voir un jour l’Amérique latine rompre vraiment avec ces schémas historiques.
Section 8 : La dimension humanitaire de la crise
Une crise humanitaire exacerbée
La crise humanitaire au Venezuela, déjà l’une des plus graves au monde avant l’intervention américaine, risque de s’aggraver considérablement dans les semaines à venir. Selon les estimations de l’ONU, plus de sept millions de Vénézuéliens ont fui le pays ces dernières années, représentant la plus grande crise de réfugiés dans l’histoire moderne de l’Amérique latine. Ceux qui sont restés font face à des pénuries alimentaires chroniques, avec plus de 90% de la population vivant dans la pauvreté et près de 10% souffrant de malnutrition. Le système de santé, autrefois l’un des meilleurs de la région, s’est effondré, avec des pénuries de médicaments et d’équipements médicaux qui coûtent des milliers de vies chaque année.
L’intervention américaine et les sanctions économiques renforcées vont probablement aggraver cette situation humanitaire dramatique. Le blocus pétrolier va réduire encore davantage les recettes du gouvernement, limitant sa capacité à importer de la nourriture et des médicaments. Les troubles politiques et l’incertitude économique risquent de perturber davantage les chaînes d’approvisionnement déjà fragiles, exacerbant les pénuries. Les organisations humanitaires internationales ont exprimé leur profonde inquiétude face à cette situation, appelant à la protection des populations civiles et à l’accès humanitaire. Cependant, leur capacité à opérer au Venezuela reste limitée par les restrictions gouvernementales et les défis logistiques. La crise humanitaire vénézuélienne risque de devenir une catastrophe totale si la situation politique ne se stabilise pas rapidement et si l’aide internationale n’est pas massivement augmentée.
Quand je pense à la crise humanitaire au Venezuela, je me sens dépassé par l’ampleur de la souffrance. Des millions de personnes forcées de tout abandonner pour chercher une vie meilleure ailleurs. Des enfants qui grandissent dans la faim, des personnes âgées qui meurent faute de médicaments, des familles séparées par l’exil… c’est l’apocalypse humaine. Et le pire, c’est que cette souffrance est en grande partie évitable. Elle est le résultat de choix politiques, de décisions prises par des hommes et des femmes qui n’auront jamais à faire face aux conséquences de leurs actes. Les responsables de cette catastrophe, qu’ils soient à Caracas ou à Washington, continuent de vivre confortablement pendant que le peuple vénézuélien souffre. C’est l’injustice suprême. Et je me sens impuissant, incapable de faire quoi que ce soit de concret pour aider ces gens. Ça me ronge.
La réponse internationale insuffisante
La réponse internationale à la crise humanitaire vénézuélienne a été largement insuffisante, que ce soit en termes d’aide financière ou de soutien aux pays qui accueillent les réfugiés. Les pays voisins, en particulier la Colombie, le Pérou, l’Équateur et le Brésil, ont reçu la majorité des réfugiés vénézuéliens, mais manquent de ressources pour faire face à cet afflux massif. Les organisations humanitaires, y compris le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) et l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), ont lancé des appels de fonds pour soutenir la réponse, mais ces appels ont été largement sous-financés. La pandémie de COVID-19 a encore compliqué la situation, rendant plus difficile l’accès à l’aide pour les populations vulnérables.
L’intervention américaine pourrait, paradoxalement, soit améliorer soit aggraver la situation humanitaire, selon la manière dont elle se développe. Si elle conduit rapidement à un changement de régime et à la levée des sanctions, elle pourrait ouvrir la voie à une reprise économique et à un retour des réfugiés. Cependant, si elle entraîne une période prolongée d’instabilité et de conflit, elle pourrait aggraver considérablement la souffrance humaine et provoquer une nouvelle vague de réfugiés. Les organisations humanitaires préparent des plans d’urgence pour faire face à différents scénarios, mais leurs ressources sont limitées et leur capacité à opérer dans un environnement de conflit restreinte. La communauté internationale fait face à un test moral: sera-t-elle capable de répondre de manière adéquate à l’une des crises humanitaires les plus graves de notre époque, ou laissera-t-elle des millions de personnes souffrir sans aide suffisante?
Cette insuffisance de la réponse internationale me révolte. Nous vivons dans un monde de richesses sans précédent, de technologies qui semblent illimitées, et pourtant nous sommes incapables de répondre aux besoins humanitaires les plus basiques. Les pays riches dépensent des milliards en armements, en programmes spatiaux, en divertissement… mais quand il s’agit de sauver des vies humaines, soudainement il n’y a pas assez de ressources. C’est un choix. C’est un choix moral, politique, économique. Et nous collectivement, nous acceptons ce choix. Nous continuons nos vies confortables pendant que d’autres meurent de faim ou de maladies traitables. Comment pouvons-nous vivre avec nous-mêmes? Comment pouvons-nous regarder nos enfants dans les yeux en sachant que nous acceptons ce monde injuste? Ces questions me hurrent chaque nuit.
Section 9 : Le rôle des médias dans la crise
Les récits médiatiques concurrents
Les médias jouent un rôle crucial dans la manière dont la crise vénézuélienne est perçue et comprise dans le monde entier. Aux États-Unis, la plupart des médias grand public ont adopté une narration qui justifie l’intervention américaine comme nécessaire pour éliminer un régime « narco-terroriste » et soulager la population vénézuélienne. Des chaînes comme Fox News et CNN ont présenté la capture de Maduro comme une victoire pour la justice et un pas vers la démocratie, soulignant les accusations de narco-terrorisme et les souffrances du peuple vénézuélien sous le régime Maduro. Cette narration se concentre sur les aspects criminalistes et humanitaires de la crise, minimisant les questions de souveraineté et de droit international.
En Amérique latine et dans d’autres parties du monde, les médias ont adopté des narrations différentes. Beaucoup ont souligné le précédent dangereux créé par cette intervention militaire dans un pays souverain, exprimant des inquiétudes quant à l’impérialisme américain et au retour d’une doctrine Monroe agressive. Les médias pro-gouvernementaux au Venezuela et dans les pays alliés ont présenté l’intervention comme une agression impérialiste et une violation du droit international, soulignant la résistance héroïque du peuple vénézuélien. Les médias russes et chinois, pour leur part, ont mis l’accent sur l’unilatéralisme américain et les dangers de l’hégémonie occidentale. Les divergences médiatiques reflètent les divisions géopolitiques mondiales et alimentent les polarisations existantes, rendant difficile l’émergence d’un consensus sur la manière de répondre à la crise.
Je regarde les nouvelles sur le Venezuela et je me sens désorienté. Chaque source raconte une histoire différente, présente des faits différents, met l’accent sur des aspects différents. C’est comme si nous vivions dans des réalités parallèles, avec des narrations concurrentes qui se contredisent et se démentent mutuellement. Et le pire, c’est que chaque narration contient une part de vérité. Maduro est-il un criminel narco-terroriste? Probablement. L’intervention américaine est-elle une violation de la souveraineté nationale? Indéniablement. Le peuple vénézuélien souffre-t-il terriblement? Absolument. Comment faire la part des choses? Comment discerner la vérité à travers ce brouillard de propagande? Je me perds parfois dans ces récits contradictoires, cherchant désespérément une vérité objective qui semble insaisissable. C’est épuisant.
La désinformation et les fausses nouvelles
La crise vénézuélienne a également vu une prolifération de la désinformation et des fausses nouvelles, compliquant encore davantage la compréhension de la situation. Des réseaux de propagande, liés à la fois au régime Maduro et à ses opposants, ont diffusé de fausses informations pour influencer l’opinion publique. Des images d’autres conflits ont été présentées comme provenant du Venezuela. Des rumeurs non fondées sur des coups d’État imminents ou des interventions militaires se sont rapidement propagées sur les réseaux sociaux. Les services de renseignement américains, russes et chinois ont probablement également mené des campagnes d’influence en ligne pour promouvoir leurs narrations respectives.
Cette désinformation rend difficile pour les citoyens ordinaires de se former une opinion informée sur la crise. Elle alimente également les polarisations politiques, chaque camp étant exposé principalement à des informations qui confirment ses préjugés existants. Les journalistes qui tentent de faire un reportage objectif et nuancé sur la situation font face à des défis considérables, avec des restrictions d’accès, des menaces de violence et des accusations de partialité de tous les côtés. L’environnement informationnel autour de la crise vénézuélienne est devenu un champ de bataille, où les narrations sont des armes et la vérité est souvent la première victime. Dans un tel environnement, il est plus important que jamais de développer une pensée critique et de consulter des sources diversifiées avant de se forger une opinion sur cette crise complexe.
Cette ère de désinformation me terrifie. Nous avons accès à plus d’informations que jamais dans l’histoire de l’humanité, et pourtant nous sommes moins informés que jamais. Les algorithmes des réseaux sociaux nous enferment dans des bulles informationnelles, nous exposant seulement à ce qui confirme nos opinions existantes. Les acteurs malveillants, qu’ils soient des États, des partis politiques ou des groupes d’intérêt, exploitent cette vulnérabilité pour manipuler nos perceptions. Je regarde mes propres réactions aux nouvelles sur le Venezuela et je me demande: est-ce que je réagis à la réalité, ou à une version filtrée et manipulée de cette réalité? C’est une question vertigineuse. Et si nous ne pouvons même plus faire confiance à notre propre perception de la réalité, sur quoi pouvons-nous construire notre compréhension du monde?
Section 10 : Les scénarios futurs possibles
Le scénario de transition contrôlée
Le premier scénario possible est une transition politique contrôlée, dans laquelle le gouvernement Rodriguez finit par accepter certaines exigences américaines en échange d’un allègement des sanctions et d’une reconnaissance internationale. Dans ce scénario, Rodriguez pourrait accepter d’organiser des élections sous supervision internationale, de reformer l’industrie pétrolière avec la participation d’entreprises étrangères, et de coopérer avec les États-Unis sur les questions de sécurité, notamment le trafic de drogue. En retour, les États-Unis pourraient accepter un rôle pour Rodriguez dans la transition, permettant aux éléments du régime actuel de conserver une certaine influence. Ce scénario nécessiterait une volonté de compromis de la part de Rodriguez et de Washington, ainsi que le soutien de l’armée vénézuélienne.
Ce scénario de transition contrôlée est sans doute le plus souhaitable pour la stabilité régionale et pour minimiser les souffrances humaines. Il permettrait d’éviter une guerre civile prolongée ou une occupation militaire étrangère, tout en offrant une voie vers une certaine forme de normalisation démocratique. Cependant, il est aussi l’un des moins probables à court terme, compte tenu de la rhétorique intransigeante des deux côtés. Rodriguez a publiquement rejeté toute forme de compromis avec les États-Unis, tandis que Trump a averti qu’elle « paierait un très gros prix » si elle ne faisait pas ce que les États-Unis considèrent comme juste. La transition contrôlée nécessiterait des changements majeurs dans la position actuelle des deux parties, ce qui semble peu probable dans le climat actuel de confrontation.
Je rêve de ce scénario de transition contrôlée. Un compromis intelligent qui permettrait au Venezuela de retrouver la stabilité sans une guerre dévastatrice. Mais quand je regarde la réalité, ce rêve me semble bien naïf. Rodriguez a bâti sa carrière politique sur l’anti-impérialisme américain. Comment pourrait-elle accepter un compromis avec Washington sans perdre toute crédibilité auprès de sa base? Et Trump, avec sa rhétorique de domination et sa méfiance envers tout ce qui ressemble à un compromis, pourrait-il vraiment accepter une solution qui ne soit pas une victoire totale? Les deux semblent piégés par leurs propres narrations, incapables de reculer sans perdre la face. Et pendant ce temps, le peuple vénézuélien continue de souffrir. C’est la tragédie des conflits politiques: les ego et les idéologies priment sur les besoins des gens ordinaires.
Le scénario de confrontation prolongée
Un deuxième scénario possible est une confrontation prolongée entre le gouvernement Rodriguez et les États-Unis, avec une escalade progressive des sanctions et de la pression militaire. Dans ce scénario, Rodriguez maintiendrait sa position intransigeante, rejetant les exigences américaines et appelant à la résistance nationale. Les États-Unis, de leur côté, intensifieraient le blocus pétrolier, étendraient les sanctions économiques et augmenteraient la pression militaire sur Caracas. L’armée vénézuélienne resterait fidèle au régime, du moins dans un premier temps, tandis que la population civile souffrirait de plus en plus des conséquences économiques de la confrontation.
Ce scénario de confrontation prolongée pourrait durer des mois, voire des années, avec une détérioration continue des conditions de vie au Venezuela et une augmentation du nombre de réfugiés fuyant le pays. Il pourrait éventuellement mener à un effondrement économique total du Venezuela, suivie potentiellement d’une rupture au sein de l’élite dirigeante ou d’une intervention militaire directe des États-Unis. Ce scénario serait le plus dévastateur pour la population vénézuélienne, entraînant des souffrances humaines massives et une instabilité régionale accrue. Cependant, il est aussi l’un des plus probables à court terme, compte tenu de la position actuelle des deux parties. La confrontation prolongée risque de devenir la nouvelle normalité, avec le Venezuela devenant un État paria isolé et son peuple continuant de souffrir pendant que ses dirigeants se battent pour leur survie politique.
Ce scénario de confrontation prolongée me donne des cauchemars. J’imagine des années de souffrance continue pour les Vénézuéliens, une génération entière d’enfants qui grandissent dans la misère et l’instabilité. Le pays qui s’enfonce toujours plus profondément dans l’abîme économique, avec peu d’espoir de rétablissement. Et tout ça parce que des dirigeants politiques sont incapables de mettre de côté leurs ego et leurs idéologies pour le bien de leur peuple. C’est l’égoïsme politique dans sa forme la plus pure et la plus destructrice. Et puis il y a cette dimension régionale qui m’inquiète. Un Venezuela en ruine devient un terrain propice à toutes sortes d’activités illicites: trafic de drogue, terrorisme, crime organisé. Les conséquences pourraient se propager bien au-delà des frontières vénézuéliennes, affectant toute la région. C’est une bombe à retardement.
Section 11 : Les leçons historiques
L’histoire des interventions américaines
L’intervention américaine au Venezuela s’inscrit dans une longue histoire d’interventions militaires et politiques des États-Unis en Amérique latine. Depuis la doctrine Monroe de 1823, qui affirmait que l’hémisphère occidental était une sphère d’influence exclusive des États-Unis, Washington a intervenu à maintes reprises dans les affaires des pays latino-américains. Ces interventions ont pris diverses formes: coups d’État militaires, comme au Chili en 1973 et au Guatemala en 1954; occupations militaires directes, comme en Haïti et en République dominicaine; soutien à des groupes rebelles, comme les Contras au Nicaragua; et pressions économiques et politiques, comme à Cuba et au Nicaragua. Les justifications de ces interventions ont varié: lutter contre le communisme pendant la Guerre froide, protéger les intérêts commerciaux américains, combattre le trafic de drogue, ou plus récemment, la « guerre contre le terrorisme ».
Cependant, les résultats de ces interventions ont rarement été ceux escomptés. Au lieu de promouvoir la démocratie et la stabilité, elles ont souvent entraîné des dictatures brutales, des guerres civiles prolongées et une instabilité régionale accrue. L’intervention au Chili, qui a renversé le gouvernement démocratiquement élu de Salvador Allende et installé la dictature de Pinochet, reste l’un des exemples les plus tristement célèbres de cette dynamique. L’intervention au Nicaragua, qui a soutenu les Contras contre le gouvernement sandiniste, a conduit à une guerre civile qui a fait des dizaines de milliers de morts. L’histoire des interventions américaines en Amérique latine est remplie de ces échecs et de ces conséquences imprévues, suggérant que l’intervention actuelle au Venezuela risque de suivre un modèle similaire.
Quand j’étudie l’histoire des interventions américaines en Amérique latine, je ressens un mélange de honte et de résignation. Honte pour les souffrances que mon pays a infligées à nos voisins du sud. Résignation parce que nous ne semblons jamais apprendre de nos erreurs. Comment pouvons-nous recommencer encore et encore les mêmes schémas destructeurs? Chaque fois, nous avons des justifications différentes, des contextes différents, mais le résultat est toujours le même: souffrance humaine, instabilité, ressentiment anti-américain. Et pourtant, chaque nouvelle génération de dirigeants américains semble convaincue que cette fois sera différente, que nous ferons mieux que nos prédécesseurs. C’est l’arrogance de l’empire qui ne voit jamais sa propre culpabilité, seulement les autres comme menaces à contenir. Et je me demande combien de générations de Latino-Américains devront souffrir avant que nous ne rompions enfin avec ce cycle tragique.
Les erreurs à éviter
Les leçons de l’histoire suggèrent plusieurs erreurs que les États-Unis devraient éviter dans leur approche du Venezuela. Premièrement, éviter une occupation militaire directe prolongée, qui a presque toujours conduit à des insurrections locales et à des coûts humains et financiers énormes. Deuxièmement, éviter de soutenir des éléments de l’ancien régime simplement parce qu’ils semblent familiers ou contrôlables, au lieu de soutenir une véritable transition démocratique. Troisièmement, éviter d’imposer des solutions économiques néolibérales qui servent les intérêts des entreprises américaines plutôt que les besoins de la population vénézuélienne. Quatrièmement, éviter de sous-estimer le nationalisme vénézuélien et la résistance à l’ingérence étrangère, même parmi ceux qui s’opposent au régime Maduro.
Les leçons suggèrent également que toute intervention doit être accompagnée d’un engagement sérieux envers la reconstruction et le développement, et pas seulement le changement de régime. Les exemples de l’Allemagne et du Japon après la Seconde Guerre mondiale montrent que des reconstructions réussies nécessitent des investissements massifs et un engagement à long terme. Cependant, contrairement à ces exemples, où les États-Unis ont agi comme une puissance occupante avec le soutien de la communauté internationale, une intervention au Venezuela se ferait dans un contexte de contestation internationale et de profondes divisions politiques internes. Les erreurs historiques que les États-Unis ont commises en Amérique latine risquent de se reproduire si Washington ne tire pas les leçons du passé et n’adopte pas une approche plus nuancée et respectueuse de la souveraineté vénézuélienne.
Ces leçons historiques me semblent si évidentes, et pourtant si rarement suivies. Pourquoi est-ce si difficile de tirer les leçons du passé? Pourquoi chaque nouvelle génération de dirigeants semble-t-elle condamnée à répéter les erreurs de ses prédécesseurs? Je pense au concept de « Hubris », cet arrogance qui frappe les puissances à leur apogée et les pousse à croire qu’elles peuvent contrôler des réalités complexes et imprévisibles. Les États-Unis, avec leur puissance militaire et économique sans égal, sont particulièrement vulnérables à cette forme d’arrogance. Nous croyons que nous pouvons remodeler le monde à notre image, que nos valeurs sont universelles et doivent être imposées si nécessaire. Mais l’histoire nous enseigne humblement que le monde est plus complexe que cela, que les réalités locales ont leur propre logique et leur propre résistance.
Section 12 : La perspective du droit international
Les questions de légalité
La légalité de l’intervention américaine au Venezuela soulève d’importantes questions de droit international. La Charte des Nations Unies interdit explicitement l’utilisation de la force contre l’intégrité territoriale ou l’indépendance politique de tout État, sauf en cas de légitime défense ou lorsqu’elle est autorisée par le Conseil de sécurité. L’opération américaine ne semble correspondre à aucun de ces critères, ce qui la rend potentiellement illégale selon le droit international. L’arrestation de Maduro, un chef d’État en exercice, sur le territoire de son propre pays par des forces étrangères, constitue une violation particulièrement flagrante de la souveraineté nationale et de l’immunité diplomatique dont jouissent les chefs d’État.
Les États-Unis ont tenté de justifier l’opération en citant les accusations de narco-terrorisme contre Maduro et la nécessité de protéger la population vénézuélienne. Cependant, ces justifications sont contestées par de nombreux experts en droit international, qui font valoir que le droit international ne prévoit pas d’exception pour le changement de régime motivé par des accusations criminelles, même sérieuses. Certains ont également souligné que si les États-Unis appliquaient le même critère à d’autres pays, ils pourraient intervenir dans un grand nombre d’États dont les dirigeants sont accusés de crimes. Les questions de légalité soulevées par cette intervention sont particulièrement préoccupantes car elles créent un précédent dangereux qui pourrait être utilisé par d’autres puissances pour justifier leurs propres interventions unilatérales.
En tant que juriste, je suis profondément troublé par l’illégalité manifeste de cette intervention. Le droit international, aussi imparfait soit-il, constitue le cadre minimal qui permet aux nations de coexister pacifiquement. Quand les puissances les plus fortes ignorent systématiquement ce droit, elles sapent l’ensemble du système et créent un monde de chaos où la seule règle est celle du plus fort. Et pourtant, en tant qu’être humain, je me trouve partagé. Maduro est-il innocent? Certainement pas. Son régime a commis des crimes horribles contre son propre peuple. Devrions-nous permettre à ces crimes de continuer impunément au nom de la souveraineté nationale? C’est le dilemme moral que je ne peux résoudre. Comment concilier le respect du droit avec la nécessité de protéger les populations vulnérables contre des régimes criminels? Je n’ai pas de réponse facile, mais je sais qu’ignorer le droit n’est pas la solution.
Les conséquences pour l’ordre international
Les conséquences de cette intervention pour l’ordre international pourraient être profondes et durables. L’un des principes fondamentaux de l’ordre international depuis la Seconde Guerre mondiale est la prohibition de l’utilisation de la force dans les relations entre États, un principe codifié dans la Charte des Nations Unies. L’intervention américaine au Venezuela contredit ouvertement ce principe, suggérant que les puissances peuvent utiliser la force militaire pour changer les régimes qu’elles jugent inacceptables. Ce précédent pourrait être utilisé par d’autres puissances, notamment la Russie et la Chine, pour justifier leurs propres interventions dans leurs sphères d’influence respectives.
Les conséquences pourraient inclure une érosion supplémentaire de l’autorité des Nations Unies, qui a déjà été affaiblie par les interventions unilatérales des puissances occidentales en Irak en 2003 et en Libye en 2011. L’incapacité de l’ONU à contraindre les États-Unis à respecter le droit international pourrait conduire à une remise en question plus large de l’utilité de cette organisation. Les relations internationales pourraient glisser vers un système multipolaire de plus en plus instable, où différentes puissances cherchent à étendre leurs sphères d’influence par la force militaire plutôt que par la diplomatie et le droit. L’ordre international, déjà fragilisé par les tensions géopolitiques croissantes, risque de subir un nouveau coup sérieux qui pourrait avoir des conséquences pour la paix mondiale dans les décennies à venir.
Ce qui m’inquiète le plus, c’est ce que cette intervention signifie pour l’avenir de l’ordre international. Nous vivons déjà à une époque de régression, avec un retour des conflits entre grandes puissances, une montée du nationalisme et une érosion des institutions multilatérales. Cette intervention au Venezuela est une autre étape dans cette direction régressive. Elle envoie le message que la force prime sur le droit, que les puissants peuvent faire ce qu’ils veulent quand ils le veulent. C’est un retour à l’anarchie internationale qui a caractérisé l’entre-deux-guerres. Et nous savons où cela a mené: à la Seconde Guerre mondiale, à l’Holocauste, à des souffrances humaines à une échelle jamais vue. Je ne veux pas croire que nous sommes destinés à répéter ces erreurs, mais les signes sont inquiétants.
Conclusion : L'avenir incertain du Venezuela
Un point de non-retour?
La capture de Nicolás Maduro et l’intervention américaine au Venezuela représentent un point de non-retour dans l’histoire du pays et de l’Amérique latine. Quels que soient les développements futurs, le Venezuela a été irrévocablement transformé par ces événements dramatiques. Le pays fait face à des défis sans précédent: une crise économique profonde, une crise humanitaire catastrophique, une crise politique majeure et une intervention militaire étrangère qui remet en cause sa souveraineté nationale. La manière dont le Venezuela naviguera dans ces eaux tumultueuses déterminera non seulement son propre avenir, mais aussi l’avenir de l’Amérique latine et peut-être même de l’ordre international dans son ensemble.
Le Venezuela se trouve aujourd’hui à un carrefour historique. Une voie mène vers une transition politique contrôlée, qui pourrait éventuellement mener à une certaine forme de normalisation démocratique et de reconstruction économique. Une autre voie mène vers une confrontation prolongée, avec des souffrances humaines massives et une instabilité régionale accrue. Une troisième voie, la plus sombre, mène vers une guerre civile ou une intervention militaire directe qui pourrait dévaster le pays pendant des années. Le choix entre ces voies ne dépendra pas seulement des décisions des dirigeants vénézuéliens et américains, mais aussi de la réaction de la communauté internationale et de la résilience du peuple vénézuélien lui-même.
Quand je regarde le Venezuela aujourd’hui, je vois un pays à la croisée des chemins, comme je n’en ai jamais vu de mémoire d’homme. Tout est en jeu: l’avenir de la démocratie, la souveraineté nationale, la dignité humaine. Et en même temps, je me sens épuisé par cette histoire qui semble ne jamais finir. Combien de crises allons-nous devoir traverser? Combien de souffrances devrons-nous endurer? Parfois, je me demande si l’Amérique latine est condamnée à être éternellement le terrain de jeu des puissances étrangères, le théâtre de conflits qui ne sont pas les nôtres. Et puis je regarde les Vénézuéliens ordinaires, ces gens qui continuent de vivre, d’aimer, d’espérer malgré tout. Et je trouve un peu d’espoir dans leur résilience. Peut-être que c’est ça, la vraie force: pas les armes, pas la politique, mais la capacité de l’esprit humain à persévérer face à l’adversité.
Un appel à la responsabilité
La crise vénézuélienne est un appel à la responsabilité pour tous les acteurs impliqués: les dirigeants vénézuéliens, qui doivent placer les intérêts de leur peuple au-dessus de leur propre pouvoir; le gouvernement américain, qui doit respecter le droit international et éviter les actions qui aggravent la souffrance humaine; la communauté internationale, qui doit trouver le courage de s’opposer à l’unilatéralisme et de soutenir une solution basée sur le droit et la justice; et les citoyens du monde entier, qui doivent se faire les défenseurs d’un ordre international fondé sur le respect de la souveraineté et la protection des populations vulnérables.
L’histoire du Venezuela est encore en train de s’écrire, et son chapitre final n’a pas encore été déterminé. Mais une chose est claire: le chemin vers l’avenir sera difficile et exigeant. Il exigera du courage, de la sagesse et de la compassion de la part de tous ceux qui sont impliqués. Il exigera également que nous reconnaissions notre propre responsabilité dans cette crise, que nous réfléchissions aux leçons de l’histoire et que nous nous engageions à ne pas répéter les erreurs du passé. Le Venezuela mérite mieux que d’être un théâtre de conflits géopolitiques. Il mérite la paix, la justice et la dignité. Et c’est notre responsabilité collective de travailler ensemble pour faire en sorte que ce jour vienne enfin.
En fin de compte, c’est peut-être ça le message le plus important que nous devons retenir de cette crise: notre responsabilité collective. Pas la responsabilité des autres, pas la responsabilité des politiciens ou des diplomates, mais notre responsabilité à chacun de nous. Nous ne pouvons pas détourner le regard. Nous ne pouvons pas dire que ce n’est pas notre problème. La souffrance des Vénézuéliens est notre souffrance. La violation de leur souveraineté est une violation de nos propres droits. L’effondrement de l’ordre international est une menace pour nous tous. C’est peut-être l’enseignement le plus difficile mais le plus nécessaire de cette tragédie: nous sommes tous connectés, tous responsables de ce monde que nous construisons ensemble. Et nous avons le pouvoir, si nous le choisissons, de le changer.
Sources
Sources primaires
The Daily Beast – « Venezuela’s VP Surfaces to Thumb Her Nose at Trump » – 4 janvier 2026
Associated Press via WRAL – « Rubio says US won’t govern Venezuela but will press for changes through oil blockade » – 4 janvier 2026
Fox News – « Trump issues direct warning to Venezuela’s new leader Delcy Rodríguez following Maduro capture » – 4 janvier 2026
Déclarations de Delcy Rodriguez, vice-présidente vénézuélienne, lors de son allocution télévisée du 3 janvier 2026
Déclarations de Donald Trump lors de sa conférence de presse à Mar-a-Lago le 3 janvier 2026
Déclarations de Marco Rubio, Secrétaire d’État américain, lors de son interview sur CBS Face the Nation le 4 janvier 2026
Sources secondaires
Reuters – « Venezuelan oil industry: world’s largest reserves, decaying infrastructure » – 3 janvier 2026
Al Jazeera – « Who is Venezuelan Vice President Delcy Rodriguez, now leading the country » – 4 janvier 2026
CNN – « Who is Delcy Rodriguez, Venezuela’s leader after Maduro capture » – 4 janvier 2026
NPR – « Venezuelans wonder who’s in charge » – 4 janvier 2026
Atlantic Council – « Experts react: The US just captured Maduro. What’s next for Venezuela and the region? » – 3 janvier 2026
Politico – « Trump warns acting Venezuelan leader will ‘pay a big price' » – 4 janvier 2026
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