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Une héritière politique en position de force

Delcy Rodriguez, âgée de 56 ans, n’est pas une novice en politique. Fille de Jorge Antonio Rodriguez, guérillero de gauche et fondateur du parti révolutionnaire Liga Socialista dans les années 1970, elle a baigné depuis l’enfance dans l’idéologie socialiste bolivarienne. Elle a occupé successivement les postes de ministre des Communications, ministre des Affaires étrangères et vice-présidente depuis 2018, s’imposant comme l’une des figures les plus puissantes et influentes du régime Maduro. Nicolas Maduro lui-même l’a décrite comme « une jeune femme courageuse, expérimentée, fille d’un martyr, révolutionnaire et éprouvée dans mille batailles », témoignant de la confiance absolue qu’il plaçait en elle. En plus de la vice-présidence, elle occupe les fonctions cruciales de ministre des Finances et ministre du Pétrole, ce qui lui donne un contrôle direct sur l’économie et la principale ressource du pays.

La nomination de Rodriguez à la présidence par intérim par la Cour suprême du Venezuela, le 4 janvier 2026, a été perçue par beaucoup comme une tentative de maintenir la continuité du régime chaviste face à l’agression américaine. Certains rapports indiquent que Rodriguez se trouvait en Russie au moment de l’opération américaine, ce qui pourrait expliquer pourquoi elle a échappé à la capture. Son frère, Jorge Rodriguez, président de l’Assemblée nationale, était quant à lui présent à Caracas lors des événements. La famille Rodriguez constitue désormais le noyau dur de la résistance vénézuélienne face à la pression américaine. Delcy Rodriguez a hérité d’un pays en ruine, avec une inflation dépassant les 3000%, des pénuries alimentaires chroniques et une infrastructure pétrolière délabrée. Pourtant, sa détermination à défendre la souveraineté nationale semble inébranlable, comme en témoigne sa première allocution publique après la capture de Maduro.

Il y a quelque chose de fascinant chez Delcy Rodriguez. Cette femme qui a grandi avec les récits de la lutte révolutionnaire de son père, qui a consacré sa vie entière à un idéal politique, et qui se retrouve aujourd’hui à diriger un pays sous le feu de critiques internationales… c’est le genre de destin qui inspire les romans, pas les rapports géopolitiques. Je ne partage pas son idéologie, loin de là, mais je ne peux nier la force de caractère qu’il faut pour tenir tête à l’administration Trump depuis une capitale assiégée. C’est une position intenable, désespérée même, et pourtant elle s’accroche. Comme un animal blessé qui refuse de céder le passage. J’ai ce mélange d’admiration et d’inquiétude en l’observant. Admiration pour sa résilience. Inquiétude pour ce que ce genre de confrontation brutale peut engendrer.

Une rhétorique de défiance absolue

Dans son allocution télévisée du 3 janvier 2026, Delcy Rodriguez a adopté une rhétorique particulièrement virulente contre les États-Unis et l’administration Trump. Elle a qualifié la capture de Maduro d' »acte barbare » et d' »enlèvement illégitime », affirmant que le peuple vénézuélien ne serait jamais « esclave » de puissances étrangères. « S’il y a une chose dont le peuple vénézuélien et ce pays sont absolument certains, c’est que nous ne serons plus jamais esclaves », a-t-elle déclaré avec force, soulignant que tout le pays était mobilisé. Elle a insisté sur le fait qu’il n’y avait « qu’un seul président dans ce pays, et son nom est Nicolás Maduro Moros », contestant ainsi la légitimité de toute tentative américaine d’imposer un nouveau dirigeant. Cette posture de fermeté contraste avec les expectations américaines, qui s’attendaient à une capitulation rapide après la capture de Maduro.

Rodriguez a également appelé la communauté internationale à condamner ce qu’elle a qualifié d' »acte honteux », appelant les gouvernements du monde entier à exprimer leur solidarité avec le Venezuela. Elle a demandé des preuves de vie de Maduro et de son épouse, exprimant des inquiétudes quant à leur traitement en détention américaine. Cette demande de preuves de vie, alors que Maduro avait déjà été photographié menotté lors de son arrivée à New York, s’inscrit dans une stratégie de communication visant à maintenir le doute et la mobilisation de la base chaviste. La vice-présidente a également souligné que le Venezuela continuait de fonctionner normalement malgré l’absence de Maduro, affirmant que les institutions de l’État opéraient conformément à la Constitution. Cette déclaration, alors que la capitale restait inhabituellement calme et de nombreuses entreprises fermaient, visait à projeter une image de continuité et de stabilité face à l’agression américaine.

Ce que je trouve troublant, c’est l’écho historique de cette rhétorique. Les mots « jamais esclaves », la défense de la souveraineté nationale face à l’impérialisme américain… c’est un discours que nous avons déjà entendu maintes et maintes fois en Amérique latine, depuis le XIXe siècle jusqu’à nos jours. Fidel Castro, Hugo Chávez, Evo Morales… tous ont utilisé ce langage pour mobiliser leurs populations contre ce qu’ils présentaient comme une menace étrangère. Et ça fonctionne toujours. Parce que l’histoire de l’Amérique latine est marquée par l’interventionnisme américain, par les coups d’État soutenus par Washington, par les dictatures imposées de l’extérieur. Delcy Rodriguez joue sur cette mémoire collective profonde. Elle sait que même ceux qui détestent le régime chaviste peuvent être réticents à accepter une intervention américaine brutale. C’est une stratégie politique cynique mais efficace.

Sources

Sources primaires

The Daily Beast – « Venezuela’s VP Surfaces to Thumb Her Nose at Trump » – 4 janvier 2026

Associated Press via WRAL – « Rubio says US won’t govern Venezuela but will press for changes through oil blockade » – 4 janvier 2026

Fox News – « Trump issues direct warning to Venezuela’s new leader Delcy Rodríguez following Maduro capture » – 4 janvier 2026

Déclarations de Delcy Rodriguez, vice-présidente vénézuélienne, lors de son allocution télévisée du 3 janvier 2026

Déclarations de Donald Trump lors de sa conférence de presse à Mar-a-Lago le 3 janvier 2026

Déclarations de Marco Rubio, Secrétaire d’État américain, lors de son interview sur CBS Face the Nation le 4 janvier 2026

Sources secondaires

Reuters – « Venezuelan oil industry: world’s largest reserves, decaying infrastructure » – 3 janvier 2026

Al Jazeera – « Who is Venezuelan Vice President Delcy Rodriguez, now leading the country » – 4 janvier 2026

CNN – « Who is Delcy Rodriguez, Venezuela’s leader after Maduro capture » – 4 janvier 2026

NPR – « Venezuelans wonder who’s in charge » – 4 janvier 2026

Atlantic Council – « Experts react: The US just captured Maduro. What’s next for Venezuela and the region? » – 3 janvier 2026

Politico – « Trump warns acting Venezuelan leader will ‘pay a big price' » – 4 janvier 2026

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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