Skip to content

Une fascination ancienne pour le territoire arctique

L’intérêt américain pour le Groenland ne date pas de l’arrivée au pouvoir de Donald Trump. Dès 1940, pendant la Seconde Guerre mondiale, les États-Unis avaient établi une présence militaire sur l’île, occupant le territoire pour contrer une potentielle invasion allemande. Cette occupation, bien que techniquement illégale au regard du droit international, avait été tolérée par le Danemark alors occupé par l’Allemagne nazie. Après la guerre, les États-Unis ont maintenu une présence militaire permanente, notamment avec la base aérienne de Thulé, aujourd’hui connue sous le nom de Pituffik Space Base. Cette base, située dans le nord-ouest du Groenland, est l’une des installations militaires les plus septentrionales au monde et joue un rôle crucial dans la surveillance de l’Arctique et la détection de missiles. La base abrite également un radar avancé qui fait partie du système de défense antimissile américain, témoignant de l’importance stratégique que Washington accorde à cette région.

La guerre froide a renforcé cette importance stratégique. Le Groenland, avec sa position centrale dans l’Arctique, offrait un point d’observation idéal pour surveiller les activités soviétiques dans la région. Les États-Unis ont ainsi investi massivement dans l’infrastructure militaire sur l’île, construisant des bases de radar, des stations de communication et des installations de stockage. Cette présence militaire américaine a longtemps été acceptée, voire bienvenue, par le Danemark et le Groenland comme une protection contre l’Union soviétique. Cependant, avec la fin de la guerre froide et l’émergence de nouvelles menaces, cette relation a commencé à évoluer. Les Groenlandais ont progressivement demandé plus de contrôle sur leur territoire et moins de dépendance militaire envers les États-Unis, créant des tensions qui n’ont fait que s’accentuer avec le temps. L’arrivée de Donald Trump au pouvoir a exacerbé ces tensions, transformant ce qui était autrefois un partenariat militaire en une relation potentiellement conflictuelle.

L’histoire a ceci de fascinant qu’elle nous montre comment les mêmes alliances peuvent basculer du jour au lendemain. Ce qui était hier une protection contre un ennemi commun devient aujourd’hui une source de tension et d’incertitude. Je trouve particulièrement ironique que les mêmes installations militaires qui ont servi à protéger le monde libre pendant la guerre froide soient aujourd’hui au cœur d’un conflit potentiel entre alliés. C’est comme si les fondations mêmes de notre ordre international étaient en train de se fissurer sous nos yeux. Et je ne peux m’empêcher de penser que cette histoire n’est pas finie, que les prochaines années nous réservent probablement encore bien des surprises dans cette région du monde qui, autrefois marginale, est devenue centrale pour la géopolitique du XXIe siècle.

Les tentatives d’achat sous l’administration Trump

L’intérêt manifesté par Donald Trump pour le Groenland lors de son premier mandat avait surpris le monde entier. En août 2019, le Wall Street Journal avait révélé que le président américain avait demandé à ses conseillers d’étudier la possibilité d’acheter le Groenland au Danemark. Cette proposition avait été accueillie avec incrédulité et moquerie à Copenhague. La Première ministre danoise de l’époque, Mette Frederiksen, avait qualifié l’idée d’absurde, un terme qui avait irrité profondément Trump. Le président américain avait en réaction annulé un voyage prévu au Danemark, une décision sans précédent qui avait témoigné de la gravité de l’incident diplomatique. Ce qui avait semblé être une anomalie ou une déclaration intempestive s’est révélé être, avec le recul, le premier signe d’une stratégie plus large et plus déterminée de l’administration Trump envers l’Arctique.

Après sa réélection en 2025, Trump a rapidement renouvelé ses ambitions pour le Groenland. En mai 2025, son administration a commencé à explorer la possibilité d’établir un Compact de Libre Association avec le territoire, un accord qui aurait permis aux États-Unis de fournir des services essentiels, une protection militaire et un commerce accru en franchise de droits au Groenland, tout en laissant techniquement l’île indépendante. En décembre 2025, Trump a nommé Jeff Landry, le gouverneur républicain de la Louisiane, comme envoyé spécial américain au Groenland, avec pour mission déclarée de faire du Groenland une partie des États-Unis. Cette nomination a provoqué une nouvelle vague d’indignation au Danemark, avec le Premier ministre Mette Frederiksen qui a averti que son pays ne cherchait pas le conflit mais que personne ne devait douter que nous resterons fermes sur ce qui est juste et faux. Les sondages ont montré que les Groenlandais s’opposent massivement à devenir une partie des États-Unis, mais cela ne semble pas avoir dissuadé l’administration Trump de poursuivre ses objectifs.

Il y a quelque chose de profondément dérangeant dans cette façon de traiter les nations et les territoires comme s’ils étaient des marchandises sur un marché. Le Groenland n’est pas une propriété à vendre ou à acheter, c’est un territoire avec un peuple qui a ses propres aspirations et son propre destin. Et voir un président américain expliquer que le Danemark y était il y a 300 ans avec un bateau, mais que nous y étions aussi avec des bateaux comme si cela justifiait une revendication territoriale, c’est proprement ahurissant. C’est comme si on revenait à l’époque de la colonisation, où la force et la présence permettaient de justifier n’importe quelle appropriation. Je suis vraiment scandalisé par cette logique impérialiste qui semble avoir fait son retour au plus haut niveau de la politique internationale. Et ce qui me terrifie le plus, c’est que cela semble être accepté, voire normalisé, par une partie de l’opinion publique américaine. Où sommes-nous allés nous fourvoyer ?

Sources

Sources primaires

The Daily Beast – MAGA Sets Sights on Next Target Hours After Venezuela Attack – 4 janvier 2026

USA TODAY – Trump renews push to annex Greenland after Venezuela strike – 4 janvier 2026

The Independent – Danish PM defies Trump in New Year’s speech as US rehashes Greenland annexation plans – 1er janvier 2026

Al Jazeera – World reacts to US bombing of Venezuela, capture of Maduro – 3 janvier 2026

Sources secondaires

The Atlantic – Interview with Donald Trump on Greenland and Venezuela – 4 janvier 2026

Berlingske (Danish newspaper) – Prime Minister Mette Frederiksen’s New Year speech – 1er janvier 2026

Kongehuset.dk – King Frederik X’s New Year address 2025 – 31 décembre 2025

CNN – Denmark deeply upset by Trump’s Greenland appointment – 22 décembre 2025

Euractiv – US seeks unpaid local interns at Greenland consulate amid annexation threats – 2023-2025

The Hill – Trump’s revival of Greenland takeover dismays Denmark – 2025

Spectrum Local News – Denmark and Greenland vow US won’t take over Greenland – 22 décembre 2025

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

facebook icon twitter icon linkedin icon
Copié!

Commentaires

0 0 votes
Évaluation de l'article
Subscribe
Notify of
guest
0 Commentaires
Newest
Oldest Most Voted
Inline Feedbacks
View all comments
Plus de contenu