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Un président qui refuse de plier

Le président taïwanais Lai Ching-te n’a pas tremblé face à cette démonstration de force. Le 1er janvier 2026, il a publié une déclaration ferme sur Facebook, affirmant que sa position a toujours été claire : défendre résolument la souveraineté nationale et renforcer la défense nationale. Les troupes en première ligne sont prêtes à défendre l’île, mais Taipei ne cherche pas à escalader la situation. Lai a également déclaré que l’année 2026 sera cruciale pour Taïwan, ajoutant que le pays doit se préparer au pire tout en espérant le meilleur. Cette rhétorique de résistance s’accompagne d’une demande d’augmentation de 40 milliards de dollars du budget militaire taïwanais, une proposition actuellement bloquée au parlement où l’opposition détient la majorité. Le ministère de la Défense taïwanais a déployé ses systèmes de missiles et ses forces pour surveiller la situation, maintenant un état d’alerte élevé pour protéger le peuple taïwanais. Les autorités ont détecté quatre-vingt-neuf avions militaires chinois et vingt-huit navires de guerre et garde-côtes près de Taïwan le lundi 30 décembre.

La réaction taïwanaise ne se limite pas aux déclarations politiques. Le ministère des Transports a annoncé que les vols internationaux et domestiques seraient détournés des zones dangereuses pendant la durée des exercices, affectant plus de cent mille passagers. Les routes aériennes vers les îles périphériques de Kinmen et Matsu, situées près des côtes chinoises, ont été bloquées, perturbant environ six mille voyageurs. Malgré ces perturbations, la vie quotidienne à Taïwan continue avec une remarquable normalité. Les habitants de l’île sont habitués à ces démonstrations de force chinoises, qui sont devenues presque routinières depuis 2022. Les sondages montrent constamment que la majorité des Taïwanais souhaitent maintenir le statu quo, ne voulant ni s’unifier avec la Chine ni déclarer formellement leur indépendance. Cette position pragmatique reflète une compréhension nuancée de leur situation géopolitique précaire. Hsieh Jih-sheng, chef adjoint de l’état-major général pour le renseignement au ministère de la Défense taïwanais, a déclaré aux journalistes que la Chine a intensifié ses exercices autour de l’île au cours des trois dernières années pour faire douter les gens de la capacité du gouvernement à les défendre.

Il y a quelque chose de profondément admirable dans cette résistance taïwanaise. Pas la résistance bruyante, pas celle qui cherche la confrontation. Non. Une résistance tranquille, presque stoïque. Ils continuent de vivre, de travailler, d’aimer, pendant que des missiles tombent dans leurs eaux. Ils vont au bureau pendant que des navires de guerre encerclent leur île. Cette normalité face à l’anormal, c’est peut-être la forme la plus pure de courage. Lai Ching-te parle de se préparer au pire tout en espérant le meilleur — et je me demande comment on fait ça, concrètement. Comment on dort la nuit quand on sait que la deuxième puissance militaire mondiale répète votre invasion ? Comment on planifie l’avenir quand cet avenir est si incertain ?

Une défense qui se renforce malgré les obstacles

Taïwan ne reste pas les bras croisés face à la menace chinoise. Depuis son entrée en fonction, le président Lai a promis d’augmenter les dépenses de défense et d’améliorer les capacités défensives de l’île face aux tensions croissantes avec Pékin. En octobre 2025, il a annoncé la construction d’un système de défense aérienne en forme de dôme pour se protéger contre les menaces hostiles, sans mentionner explicitement la Chine. Cette année, l’exercice militaire Han Kuang, qui s’est déroulé sur dix jours, a été le plus important et le plus long jamais organisé par Taïwan. Ces exercices visent à la fois à préparer la population à une attaque potentielle et à démontrer à Pékin la détermination de l’île à se défendre. Un haut responsable de la sécurité taïwanais a confié à Reuters que la Chine semblait simuler des frappes contre des cibles terrestres telles que le système de roquettes HIMARS fabriqué aux États-Unis, un système d’artillerie mobile d’une portée d’environ trois cents kilomètres capable de frapper des cibles côtières dans le sud de la Chine.

Mais la défense taïwanaise fait face à des défis considérables. Le rapport du Pentagone publié fin décembre 2025 indique que l’armée américaine estime que la Chine se prépare à être capable de remporter une bataille pour Taïwan d’ici 2027, centenaire de la fondation de l’Armée populaire de libération. Selon ce rapport, les planificateurs militaires américains pensent que Pékin envisage également de mener des frappes depuis la Chine continentale pour prendre Taïwan par la force brute si nécessaire. La supériorité numérique de la Chine est écrasante, et elle possède désormais une supériorité qualitative dans l’armement et probablement dans la formation également, selon Lyle Goldstein, directeur du programme Asie au think tank américain Defense Priorities. C’est une course aux armements que Taïwan ne peut tout simplement pas gagner. Le détroit de Taïwan se trouve le long de routes commerciales et aériennes clés, avec environ 2,45 billions de dollars d’échanges commerciaux transitant chaque année par le détroit, et l’espace aérien au-dessus de l’île constitue un couloir entre la Chine, deuxième économie mondiale, et les marchés en croissance rapide d’Asie de l’Est et du Sud-Est.

Les chiffres sont implacables. 2,45 billions de dollars de commerce. Des centaines de vols quotidiens. Des millions de vies interconnectées. Et au milieu de tout ça, une petite île qui refuse de se soumettre. Taïwan construit son dôme de défense aérienne comme on construit un parapluie contre un ouragan. C’est dérisoire, et c’est magnifique à la fois. Parce que l’alternative, c’est quoi ? Capituler ? Accepter que la force prime sur le droit ? Non. Ils se battent avec ce qu’ils ont, sachant pertinemment que ça ne suffira probablement pas. Et cette conscience de l’insuffisance, cette lucidité face à l’impossible, ça me bouleverse plus que je ne voudrais l’admettre.

Sources

Sources primaires

Al Jazeera, US says Chinese military drills around Taiwan cause unnecessary tensions, publié le 1er janvier 2026. Reuters, China encircles Taiwan in massive military display, publié le 30 décembre 2025. BBC News, China holds military drills around Taiwan as warning to separatist forces, publié le 28 décembre 2025. Département d’État américain, communiqué officiel sur les exercices militaires chinois, publié le 1er janvier 2026.

Sources secondaires

The New York Post, China’s Xi Jinping says Taiwan reunification is unstoppable, publié le 31 décembre 2025. South China Morning Post, In New Year’s speech, Xi urges growth and vows unstoppable Taiwan reunification, publié le 31 décembre 2025. Times of India, Reunification of our motherland unstoppable: Xi Jinping’s message as Taiwan drills end, publié le 1er janvier 2026. Deutsche Welle, Taiwan president vows to defend sovereignty after China drills, publié le 1er janvier 2026. Le Monde, China military drills near Taiwan unnecessarily raise tensions, says US State Department, publié le 1er janvier 2026.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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