Une nuit d’enfer à Caracas
Les habitants de Caracas se sont réveillés dans la nuit du 2 au 3 janvier 2026 sous un déluge de feu et de bruit qui a transformé la capitale vénézuélienne en véritable zone de guerre. Des témoignages recueillis par CNN auprès de résidents font état de explosions multiples dans les premières heures du matin, avec des murs de bâtiments fissurés, des véhicules perforés par des éclats d’obus et des débris jonchant les rues. Un chirurgien caraqueño qui a demandé l’anonymat par mesure de sécurité a fourni des images à CNN montrant l’étendue des dégâts causés par les frappes aériennes américaines. « Je suis heureux, j’ai douté un moment que cela se produise parce que c’est comme dans un film« , a déclaré Carolina Pimentel, une marchande de 37 ans de la ville de Maracay, capturant le mélange de choc et de soulagement qui a saisi de nombreux Vénézuéliens face à cette tournure des événements inattendue.
Les frappes ont visé des cibles militaires stratégiques à travers Caracas et ses environs. Le complexe militaire de Fuerte Tiuna, le plus grand du Venezuela, a été enflammé par les explosions, les flammes étant visibles à plusieurs kilomètres à la ronde. D’autres installations militaires, y compris une base aérienne et des bâtiments législatifs, ont également été touchées selon des rapports de surveillance colombiens. L’opération a impliqué non seulement des frappes aériennes mais aussi des forces spéciales américaines au sol qui ont mené le raid audacieux pour capturer Maduro personnellement. Le président colombien Gustavo Petro a confirmé avoir déployé des forces de sécurité le long de la frontière avec le Venezuela en prévision d’un éventuel afflux de réfugiés fuyant l’instabilité accrue dans le pays voisin, soulignant l’impact régional immédiat de cette intervention militaire massive.
Quand je regarde les images de Caracas sous les bombes, je ne peux m’empêcher de penser à toutes les familles qui se sont réveillées en sursaut, les enfants qui pleurent, les maisons détruites. C’est facile de parler de « transition sûre et judicieuse » depuis le confort de Mar-a-Lago. Mais sur le terrain, pour les gens ordinaires pris dans cette tempête géopolitique, il n’y a rien de sûr ni de judicieux. Juste la peur, l’incertitude, et l’espoir désespéré que quelque chose de meilleur puisse en sortir. Mon cœur se serre à l’idée que des vies innocentes sont sacrifiées sur l’autel des grands desseins politiques, comme si leur douleur n’était qu’un dommage collatéral acceptable dans cette partie d’échecs mondiale.
La capture spectaculaire de Maduro
Le point culminant de cette opération militaire d’envergure a été la capture du président Nicolás Maduro lui-même, intercepté dans ou près de l’une de ses résidences sécurisées par des forces spéciales américaines opérant sous le couvert de l’obscurité. Trump, accompagné du secrétaire d’État Marco Rubio et du secrétaire à la Défense Pete Hegseth lors de sa conférence de presse, a détaillé les étapes de cette opération audacieuse qui a neutralisé le dirigeant vénézuélien après plus de douze années de règne autoritaire. Maduro et son épouse Cilia Flores ont d’abord été transportés vers un navire de la marine américaine stationné au large des côtes vénézuéliennes avant d’être transférés par avion vers les États-Unis samedi soir, atterrissant à la base aérienne nationale Stewart à environ 97 kilomètres au nord-ouest de New York.
Les images de l’arrivée de Maduro aux États-Unis ont circulé mondialement, montrant un homme portant des vêtements sombres et une capuche, marchant enchaîné sous escorte forte au Centre de détention métropolitain de Brooklyn sous la présence massive de forces de l’ordre. Un fonctionnaire du ministère de la Justice a confirmé que Maduro avait atterri à New York et que des vidéos ultérieures montraient un important convoi arrivant au centre de détention sous forte escorte policière. Maduro, qui fait l’objet d’une inculpation américaine pour diverses charges, notamment la conspiration de terrorisme narcotique, est censé comparaître pour une comparution initiale lundi devant le tribunal fédéral de Manhattan selon un fonctionnaire du ministère de la Justice. Son épouse fait également face à des accusations, notamment la conspiration d’importation de cocaïne.
Il y a quelque chose de profondément troublant dans cette mise en scène. Maduro enchaîné, comme un vulgaire criminel de rue, diffusé sur les réseaux sociaux par le compte officiel de la Maison Blanche comme un trophée de guerre. C’est l’humiliation publique poussée à l’extrême, une vengeance personnelle déguisée en opération de justice. Et quand je pense à tous les autres dictateurs et criminels contre l’humanité qui continuent de régner impunément à travers le monde, je me demande quelle est vraiment la logique derrière cette sélection arbitraire. Pourquoi Maduro maintenant ? Pourquoi le Venezuela ? Est-ce vraiment la justice, ou juste le prétexte parfait pour mettre la main sur le pétrole vénézuélien ? Les réponses me semblent désespérément évidentes, et ça me donne envie de hurler devant cette hypocrisie.
Section 3 : Les réactions internationales divisées
La condamnation ferme de Moscou et Pékin
Les deux principaux alliés internationaux du Venezuela, la Russie et la Chine, ont réagi avec véhémence à l’intervention américaine, dénonçant ce qu’ils considèrent comme une violation flagrante du droit international et de la souveraineté vénézuélienne. Le ministère russe des Affaires étrangères a publié une déclaration condamnant fermement les frappes américaines, affirmant que le prétexte invoqué par l’administration Trump pour attaquer le Venezuela était infondé et que si les rapports concernant la capture de Maduro étaient vrais, l’action américaine marquait une « agression inacceptable » contre la souveraineté du Venezuela. Moscou a réaffirmé sa solidarité avec le peuple vénézuélien tout en s’abstenant de défier plus vigoureusement les États-Unis, peut-être en raison de la campagne de pression menée par l’administration Trump contre la direction vénézuélienne depuis plusieurs mois déjà.
La Chine, pour sa part, a déclaré qu’elle « s’opposait fermement » à l’action américaine qu’elle a condamnée comme une violation du droit international. Le ministère chinois des Affaires étrangères a déclaré que Pékin était « profondément choqué » par ce qu’il a qualifié d' »utilisation flagrante de la force » par Washington contre un État souverain, arguant que cette action enfreignait la souveraineté du Venezuela et menaçait la paix et la sécurité en Amérique latine et dans les Caraïbes. Dans un contexte géopolitique déjà tendu entre Washington et Pékin, cette intervention vénézuélienne risque d’exacerber encore davantage les relations sino-américaines, alors que la Chine cherchait depuis des années à étendre son influence économique dans la région grâce à des investissements massifs et des accords commerciaux avec des pays comme le Venezuela.
Je suis partagé face à ces condamnations russes et chinoises. D’un côté, elles semblent hypocrites venant de deux puissances qui n’ont jamais hésité à violer la souveraineté d’autres nations quand cela arrangeait leurs intérêts. La Russie en Ukraine, la Chine avec ses revendications territoriales agressives en Asie… Mais d’un autre côté, leur rhétorique sur le respect du droit international résonne d’une certaine vérité, même si elle est sélectivement appliquée. C’est comme si le monde était devenu un vaste théâtre d’hypocrisie où chaque acteur joue son rôle en fonction de ses intérêts du moment, sans aucune conviction morale réelle. Et nous, les spectateurs, devons faire avec cette cacophonie de condamnations et de justifications contradictoires.
Les réactions mitigées de l’Amérique latine
La réponse des pays d’Amérique latine à l’intervention américaine au Venezuela a été loin d’être unanime, reflétant les profondes divisions qui traversent la région sur la question du régime chaviste. D’un côté, des gouvernements de gauche traditionnellement alliés au Venezuela comme Cuba et le Nicaragua ont condamné avec la plus grande fermeté l’action américaine. Le président cubain Miguel Díaz-Canel a qualifié l’action américaine de « terrorisme d’État » et a appelé à une intervention internationale urgente. Cette réaction s’explique en partie par la dépendance économique d’La Havane vis-à-vis du pétrole vénézuélien, alors que Cuba fait face à sa crise économique la plus sévère depuis la chute de l’Union soviétique. Tout bouleversement majeur dans la production pétrolière vénézuélienne risque d’aggraver une situation déjà désastreuse pour l’économie cubaine.
De l’autre côté, plusieurs alliés de Trump en Amérique latine ont salué l’opération américaine. Le président argentin Javier Milei a acclamé la capture de Maduro comme une victoire pour la liberté, tandis que le président salvadorien Nayib Bukele a signalé son soutien via les réseaux sociaux. Le président équatorien Daniel Noboa a qualifié l’action de coup porté aux structures « narco-chavistes » du Venezuela. Ces réactions soulignent le clivage idéologique qui persiste dans la région entre les gouvernements progressistes qui voient dans l’intervention américaine un retour au « big stick » de l’impérialisme yankee, et les gouvernements conservateurs qui y voient une occasion de libérer le Venezuela d’un régime autoritaire qui a plongé le pays dans une crise humanitaire sans précédent depuis des années.
Cette division de l’Amérique latine me brise le cœur d’une certaine manière. Comment est-il possible que la même action puisse être perçue comme une libération par certains et comme une invasion impérialiste par d’autres ? La réponse, évidemment, réside dans les lunettes idéologiques à travers lesquelles chaque pays regarde la réalité. Milei voit un triomphe de la liberté ; Díaz-Canel voit un terrorisme d’État. Deux réalités parallèles qui ne peuvent se rencontrer, car elles reposent sur des visions du monde fondamentalement incompatibles. Et pendant ce temps, le peuple vénézuélien, pris en étau entre ces interprétations contradictoires, continue de souffrir dans l’attente d’un avenir incertain.
La prudence des puissances européennes
Les dirigeants européens ont réagi avec une notable prudence à l’intervention américaine au Venezuela, cherchant à naviguer entre leur soutien de principe à l’opposition vénézuélienne et leur attachement au respect du droit international. Le président français Emmanuel Macron a déclaré que toute transition devait être « pacifique, démocratique et respectueuse de la volonté du peuple vénézuélien« . Dans un message séparé, il a indiqué avoir parlé avec la chef de l’opposition María Corina Machado et qu’elle pouvait compter sur le soutien de la France pour une transition pacifique et démocratique. Cette position française tente de concilier le soutien à la démocratie vénézuélienne avec le respect des normes internationales régissant les relations entre États.
Le Premier ministre britannique Sir Keir Starmer a refusé de dire si les frappes violaient le droit international, disant à la BBC qu’il attendait les faits et se décrivant comme un « défenseur du droit international toute sa vie ». Il a précisé que le Royaume-Uni n’était ni impliqué ni consulté et espérait que la figure de l’opposition Edmundo González Urrutia pourrait guider une transition. Le chancelier allemand Friedrich Merz a quant à lui déclaré que la légalité de l’opération était « complexe« , soulignant que le droit international devait s’appliquer et avertissant que l’instabilité politique au Venezuela devait être évitée. La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a déclaré que l’UE soutenait une « transition pacifique et démocratique » au Venezuela, mais s’est abstenue de critiquer l’attaque américaine.
Cette prudence européenne me frappe par son indécision chronique. L’Europe, une fois de plus, semble incapable de prendre position clairement, coincée entre ses principes et la réalité du rapport de forces mondial. « La légalité est complexe », dit Merz. « J’attends les faits », dit Starmer. Pendant ce temps, les faits sont là, clairs comme de l’eau de roche : un chef d’État étranger a été kidnappé par une puissance militaire supérieure et transporté aux États-Unis pour y être jugé selon des lois américaines. Ce n’est pas « complexe », c’est sans précédent et terrifiant. L’Europe devrait avoir le courage de dire les choses comme elles sont, au lieu de se cacher derrière des euphémismes diplomatiques qui ne trompent personne.
Section 4 : Le pétrole au cœur du projet américain
Les réserves les plus importantes du monde
L’intérêt américain pour le Venezuela ne peut être compris sans prendre en compte la réalité géologique extraordinaire du pays sud-américain. Le Venezuela possède les plus grandes réserves de pétrole prouvées au monde, estimées à 303 milliards de barils selon l’Administration américaine d’information sur l’énergie, ce qui représente environ un cinquième des réserves mondiales totales. Cette richesse inouïe a longtemps fait l’objet de la convoitise des grandes puissances, et l’intervention américaine de janvier 2026 semble être l’aboutissement d’une stratégie visant à sécuriser cet actif stratégique majeur pour les intérêts américains. Trump a explicitement mentionné lors de sa conférence de presse que des majeures compagnies pétrolières américaines s’implanteraient au Venezuela pour rénover une infrastructure pétrolière gravement dégradée, un processus que les experts estiment pourrait prendre des années.
Le potentiel du Venezuela en termes de production pétrolière est à la mesure de ses réserves : le pays produit actuellement seulement environ un million de barils de pétrole par jour, ce qui représente environ 0,8% de la production mondiale de brut. Ce contraste saisissant entre le potentiel énorme du pays et sa production actuelle anémique s’explique par plusieurs facteurs. Les sanctions internationales contre le gouvernement vénézuélien et une crise économique profonde ont contribué au déclin de l’industrie pétrolière du pays, mais le manque d’investissements et d’entretien a également joué un rôle majeur selon l’EIA. Une administration américaine du pays pourrait éventuellement faire du Venezuela un fournisseur de pétrole beaucoup plus important et créer des opportunités pour les compagnies pétrolières occidentales, tout en servant de nouvelle source de production.
Quand j’entends Trump parler des compagnies pétrolières américaines qui vont « renouveler » l’infrastructure vénézuélienne, je ne peux m’empêcher de penser que c’est comme si un cambrioleur entrant dans une maison disait qu’il va « rénover » les lieux. Le Venezuela a la plus grande réserve de pétrole au monde, et les États-Unis viennent littéralement de s’en emparer par la force militaire. C’est du pillage pur et simple, habillé de justifications humanitaires et démocratiques. Et le pire, c’est que tout le monde le sait, que tout le monde le voit, et que personne ne semble pouvoir arrêter cette locomotive impérialiste en marche.
Le pétrole lourd : un défi technique
Le pétrole vénézuélien présente des caractéristiques particulières qui le rendent à la fois précieux et difficile à exploiter. Il s’agit de pétrole lourd et sulfuré, qui nécessite un équipement spécial et un niveau élevé de compétence technique pour être traité. Les États-Unis, plus grand producteur de pétrole au monde, disposent de pétrole léger et doux, qui est excellent pour produire de l’essence mais pas grand-chose d’autre. Le pétrole lourd et sulfuré comme celui du Venezuela est crucial pour certains produits fabriqués lors du processus de raffinage, notamment le diesel, le bitume et les carburants pour les usines et autres équipements lourds. Cette complémentarité entre les ressources pétrolières américaines et vénézuéliennes explique en partie l’intérêt stratégique majeur que Washington porte au pays sud-américain.
Le débrider le pétrole vénézuélien pourrait être particulièrement bénéfique pour les États-Unis : le Venezuela est proche et son pétrole est relativement bon marché. Cependant, la restauration de l’infrastructure pétrolière vénézuélienne représente un défi colossal. Des années de sous-investissement, de mauvaise gestion et de sanctions ont gravement dégradé les installations de production et de raffinage du pays. Les experts estiment qu’il faudra des années, voire des décennies, et des investissements massifs pour ramener la production vénézuélienne à son potentiel maximum. Trump a suggéré que ces coûts seraient couverts par le « argent sortant du sol » vénézuélien, une affirmation qui rappelle les promesses faites avant l’invasion de l’Irak en 2003, où des responsables américains avaient déclaré à maintes reprises que le coût serait largement couvert par les actifs irakiens, y compris son pétrole. Diverses estimations d’universitaires indiquent que le coût réel pour les États-Unis de leur engagement de plusieurs années en Irak s’est finalement élevé à au moins 2 000 milliards de dollars.
Cette référence à l’Irak me glace le sang. Trump nous promet que l’occupation du Venezuela « ne coûtera pas un centime » parce que l’argent du pétrole paiera tout. Nous avons déjà entendu ce mensonge, en 2003, et nous savons tous comment cela s’est terminé : des milliers de soldats américains morts, des centaines de milliers d’Irakiens tués, des milliards de dollars engloutis dans un conflit sans fin. Et maintenant, nous nous apprêtons à répéter la même erreur au Venezuela ? C’est comme si nous étions incapables d’apprendre de l’histoire, condamnés à revivre les mêmes catastrophes encore et encore, avec les mêmes justifications mensongères et les mêmes résultats désastreux.
Section 5 : La transition politique incertaine
Le pouvoir qui reste à Caracas
Bien que Maduro ait été capturé et extradé vers les États-Unis, la réalité politique à Caracas reste complexe et incertaine. Les forces américaines n’ont aucun contrôle sur le pays lui-même, et le gouvernement de Maduro apparaît non seulement toujours en charge mais aussi sans aucune volonté de coopérer avec Washington. Trump n’a pas précisé qui dirigerait le Venezuela lorsque les États-Unis céderaient le contrôle, laissant un vide de pouvoir potentiellement dangereux dans ce pays de 30 millions d’habitants bordé par la Colombie, le Brésil, le Guyana et la mer des Caraïbes. Cette situation ambiguë crée les conditions propices à une instabilité prolongée qui pourrait déstabiliser l’ensemble de la région latino-américaine.
La successeure apparente de Maduro, la vice-présidente vénézuélienne Delcy Rodriguez, est apparue à la télévision vénézuélienne samedi après-midi avec d’autres hauts fonctionnaires pour dénoncer ce qu’elle a qualifié d’enlèvement. « Nous exigeons la libération immédiate du président Nicolás Maduro et de son épouse Cilia Flores« , a déclaré Rodriguez, qualifiant Maduro de « seul président du Venezuela« . Un tribunal vénézuélien a ensuite ordonné à Rodriguez d’assumer la position de présidente par intérim, conformément à la Constitution vénézuélienne qui stipule qu’en cas d’absence temporaire ou absolue du président, la personne occupant la vice-présidence doit la remplacer. Cette transition constitutionnelle interne complique encore davantage les plans américains pour administrer le pays.
Cette situation me rappelle cette blague cruelle : « Qu’est-ce qui est pire qu’un dictateur ? Un dictateur en fuite. » Maduro est parti, mais son appareil d’État est toujours là, ses loyalistes contrôlent toujours les institutions, et l’armée reste fidèle au régime chaviste. Trump peut bien dire qu’il va « diriger le pays », mais en pratique, les États-Unis ont très peu de contrôle sur ce qui se passe réellement à Caracas. C’est une situation absurde où Washington prétend administrer un pays qu’il ne contrôle pas vraiment, pendant que le gouvernement chaviste continue de fonctionner comme si de rien n’était. Le résultat ne peut être qu’un chaos prolongé qui fera souffrir le peuple vénézuélien plus que tout autre.
L’opposition marginalisée
Dans une tournure surprenante, Trump a publiquement fermé la porte à toute coopération avec la chef de l’opposition Maria Corina Machado, largement considérée comme l’opposante la plus crédible de Maduro. « Elle n’a pas le soutien à l’intérieur ni le respect dans le pays« , a déclaré Trump à propos de Machado, lauréate du prix Nobel de la paix l’année dernière. Cette position a laissé l’opposition vénézuélienne traditionnelle dans un état de confusion et d’isolement, alors qu’elle s’attendait à jouer un rôle de premier plan dans toute transition post-Maduro. Machado avait appelé à l’installation immédiate d’Edmundo González Urrutia comme président et à ce que l’armée vénézuélienne se rallie à lui. La plupart des gouvernements occidentaux considèrent González comme le vainqueur légitime de l’élection présidentielle contestée de 2024 au Venezuela.
L’analyse de CNN souligne que dans les heures qui ont suivi le bombardement de Caracas et l’enlèvement de Maduro et de son épouse par les forces américaines, l’opposition vénézuélienne harcelée était enthousiaste. « Vénézuéliens, l’heure de la liberté est arrivée« , avait déclaré María Corina Machado, chef du mouvement d’opposition vénézuélien et lauréate du prix Nobel de la paix 2025. Mais après que Trump a exprimé un manque de confiance envers Machado et suggéré qu’il collaborerait plutôt avec la loyaliste de Maduro Delcy Rodriguez, les canaux officiels de l’opposition sont restés silencieux pendant la majeure partie de la journée. Cette évolution suggère que l’administration américaine privilégie une approche pragmatique de maintien de l’ordre plutôt que de transformation démocratique radicale.
Ce reniement de l’opposition démocratique vénézuélienne par Trump me laisse sans voix. Des années de lutte, de sacrifices, de persécutions… et au final, les États-Unis décident de collaborer avec les mêmes loyalistes chavistes qui ont réprimé le peuple vénézuélien pendant des années. Maria Corina Machado, prix Nobel de la paix, écartée comme si elle ne comptait pas. C’est la trahison ultime de tous les principes que l’Amérique prétend défendre. La démocratie, la liberté, les droits de l’homme… tout cela balayé d’un revers de main au nom de la « stabilité » et des intérêts pétroliers. Je me sens honteux d’appartenir à un monde où de tels calculs cyniques priment sur la justice.
Section 6 : Les implications juridiques inédites
Un précédent juridique troublant
La capture et l’extradition du chef d’État d’un pays souverain pour le faire comparaître devant les tribunaux d’un autre pays soulève des questions juridiques sans précédent qui n’ont pas de réponse claire dans le droit international actuel. Aux États-Unis, certains experts juridiques ont mis en doute la légalité d’une opération visant à saisir le chef d’État d’une puissance étrangère. L’analyse de CNN de Katelyn Polantz explore la légalité de cette démarche notant que les États-Unis ont lancé ce que le président Donald Trump a appelé une « attaque à grande échelle contre le Venezuela » et ont capturé son président pour le faire face à des accusations. Et ils ont lancé cet effort de changement de régime sans l’approbation du Congrès.
Cette absence d’autorisation constitutionnelle pour une opération militaire de cette envergure est particulièrement problématique. La Constitution américaine accorde au Congrès le pouvoir de déclarer la guerre, et bien que les présidents aient étendu ce pouvoir à travers les décennies pour mener des opérations militaires limitées, une intervention de cette ampleur visant explicitement le changement de régime dans un pays souverain représente une expansion sans précédent de l’exécutif américain. Les démocrates qui ont dit avoir été trompés lors de récentes briefings ont exigé un plan sur ce qui suivrait maintenant, soulignant l’inquiétude croissante des deux côtés de l’allée politique quant à la constitutionnalité et à la sagesse de cette intervention audacieuse.
Quand je pense aux implications juridiques de cette opération, je suis saisi d’effroi. Si un président américain peut ordonner l’enlèvement d’un chef d’État étranger sans l’approbation du Congrès, qu’est-ce qui empêchera d’autres puissances de faire de même à l’avenir ? Nous sommes en train d’ouvrir une boîte de Pandore juridique dont les conséquences pourraient se faire sentir pendant des générations. Le droit international, déjà fragile, risque de s’effondrer complètement sous le poids de ce précédent. Et nous, nous regardons tout cela se dérouler comme un film catastrophe, incapables d’intervenir.
Les accusations contre Maduro
Les accusations auxquelles Maduro doit faire face aux États-Unis sont graves et nombreuses. Il a été inculpé sur diverses charges américaines, notamment la conspiration de terrorisme narcotique. Son épouse fait également face à des accusations, notamment la conspiration d’importation de cocaïne. Ces accusations s’inscrivent dans le cadre d’une stratégie américaine de longue date visant à délégitimer le régime chaviste en le présentant comme un « narco-État » dirigé par des criminels plutôt que par un gouvernement légitime. L’administration Trump a accusé Maduro de diriger un narco-État et d’avoir truqué l’élection de 2024, justifiant ainsi l’intervention militaire comme une opération d’application de la loi visant à étouffer les expéditions de drogue vers les États-Unis.
Maduro, ancien chauffeur de bus de 63 ans choisi par le mourant Hugo Chavez pour lui succéder en 2013, a nié ces allégations et a affirmé que Washington avait l’intention de prendre le contrôle des réserves pétrolières de sa nation. Cependant, les critiques ont noté que l’accent mis par Trump sur le pétrole lors de sa conférence de presse a soulevé des questions sur les efforts de son administration pour présenter la capture de Maduro et une série d’attaques meurtrières par missiles contre des prétendus bateaux de drogue comme une opération d’application de la loi visant à étouffer les expéditions de drogue vers les États-Unis. Cette contradiction entre les justifications humanitaires et démocratiques et les intérêts économiques évidents alimente les suspicions quant aux véritables motivations de cette intervention.
Cette dialectique entre la lutte contre le narcotrafic et l’accès au pétrole me semble particulièrement cynique. Maduro a certainement commis des crimes terribles, personne ne le nie. Mais le sélectionner spécifiquement comme cible maintenant, après des années de tolérance internationale, au moment même où les États-Unis cherchent à sécuriser des approvisionnements pétroliers… la coïncidence est un peu trop commode. Et si Maduro était vraiment coupable de narco-terrorisme, pourquoi ne pas le traduire devant la Cour pénale internationale, comme tout autre criminel contre l’humanité ? Parce que la CPI ne contrôlerait pas le pétrole vénézuélien, évidemment. La justice devient un outil de géopolitique, et ça me rend malade.
Section 7 : La réaction du peuple vénézuélien
Entre joie et anxiété
Les réactions du peuple vénézuélien à l’intervention américaine et à la capture de Maduro ont été complexes et contradictoires, reflétant la profonde division qui traverse la société vénézuélienne depuis des années. À travers le pays et à l’étranger, les Vénézuéliens ont exprimé joie et espérance — mais aussi appréhension et anxiété quant à l’avenir incertain de leur nation. Dans les rues de Caracas samedi, les soldats patrouillaient certaines parties et de petites foules pro-Maduro se sont rassemblées dans la capitale. D’autres ont exprimé leur soulagement face au départ forcé du dirigeant qui a présidé aux destinées du pays pendant plus d’une décennie de crise économique et politique sans précédent.
Niurka Melendez, cofondatrice de Venezuelans and Immigrants Aid, un groupe à New York qui aide les demandeurs d’asile vénézuéliens, a décrit les sentiments contradictoires qui ont saisi sa communauté face à cette tournure des événements historique. « C’est comme un manège, tellement d’émotions en même temps« , a déclaré Melendez. « Il y a encore des prisonniers politiques dans mon pays. Il y a encore des gens qui ressentent la peur« , a-t-elle ajouté. « Pourtant, il y a au moins une lumière au bout du tunnel qui nous donne de l’espoir« , a-t-elle dit. Melendez a ajouté que l’arrestation de Maduro signifiait « la justice« , une étape indispensable avant que le peuple vénézuélien puisse commencer à reconstruire son pays. « Je veux dire, notre pays est dans un désordre. Nous avons perdu notre pays et nous sommes maintenant en train de remettre les pièces en place… Je sais que ce sera une tâche très compliquée« , a-t-elle dit.
Quand j’écoute les témoignages des Vénézuéliens ordinaires comme Niurka Melendez, je suis touché par leur courage et leur résilience. Après des années de souffrance, d’exil et de désespoir, ils osent enfin espérer un avenir meilleur. Mais cette espoir est fragile, comme une flamme vacillante dans un vent incertain. La justice est enfin arrivée pour Maduro, mais à quel prix ? Et qu’adviendra-t-il de ce peuple qui a tant souffert ? Les réponses à ces questions dépendront largement de la manière dont la communauté internationale et l’administration américaine géreront cette transition périlleuse.
Les célébrations de la diaspora
La diaspora vénézuélienne, qui s’est considérablement agrandie ces dernières années alors que des millions de Vénézuéliens fuyaient la crise économique et politique dans leur pays, a réagi avec enthousiasme à la capture de Maduro. Des images venues du monde entier montrent des Vénézuéliens célébrant dans les rues de villes comme Santiago au Chili, à Tenerife dans les îles Canaries en Espagne, ou même à Miami aux États-Unis. À New York, une foule nombreuse s’est rassemblée devant le Centre de détention métropolitain de Brooklyn, portant des drapeaux vénézuéliens et scandant des slogans en faveur de la liberté, alors que Maduro était amené sous escorte dans l’établissement.
Ces célébrations spontanées témoignent de l’immense soulagement ressenti par de nombreux Vénézuéliens qui ont vu en Maduro le symbole de toutes leurs souffrances : l’effondrement économique, la répression politique, la crise humanitaire, l’exil forcé. Pour cette diaspora qui a maintenu le lien avec sa patrie à travers des réseaux familiaux et communautaires, la capture de Maduro représente un tournant historique, la possibilité tant attendue d’un retour vers la démocratie et la prospérité. Cependant, cette euphorie est tempérée par la conscience des défis immenses qui attendent le pays dans cette période de transition incertaine.
Les images de la diaspora vénézuélienne célébrant dans les rues du monde entier me font pleurer. C’est la joie pure, désintéressée, de gens qui ont tout perdu mais qui retrouvent soudainement espoir. Mais cette joie me terrifie aussi, parce qu’elle est si fragile. Que se passera-t-il si la promesse de liberté n’est pas tenue ? Si l’administration américaine ne livre pas sur ses engagements ? Si la transition vers la démocratie échoue ? L’immense espoir qui anime ces célébrations pourrait se transformer en désespoir encore plus profond. Et je crains que la communauté internationale ne soit pas à la hauteur de ce moment historique.
Section 8 : Les risques d'une occupation prolongée
Le spectre de l’Irak et de l’Afghanistan
Les commentaires de Trump sur une présence militaire américaine ouverte au Venezuela ont fait écho à la rhétorique autour des invasions passées en Irak et en Afghanistan, qui se sont toutes deux terminées par des retraits américains après des années d’occupation coûteuse et des milliers de victimes américaines. Lors de sa conférence de presse samedi, il a dit qu’en tant que président, y compris pendant son premier mandat, il avait supervisé des actions militaires qui étaient « seulement des victoires« . Mais aucune d’entre elles n’impliquait le renversement du dirigeant d’un autre pays. Cette intervention sans précédent dans les affaires internes d’un État souverain américain pourrait conduire à un enlisement prolongé aux conséquences imprévisibles.
Trump a déclaré samedi que l’occupation des États-Unis « ne nous coûtera pas un centime » parce que les États-Unis seraient remboursés grâce au « argent sortant du sol« , faisant référence aux réserves pétrolières du Venezuela, un sujet auquel il est revenu à plusieurs reprises pendant la conférence de presse de samedi. L’idée que les réserves pétrolières d’un pays peuvent payer une invasion américaine rappelle également la guerre de 2003 en Irak. Dans la période précédant l’invasion, des responsables américains avaient déclaré à maintes reprises que le coût serait largement couvert par les actifs irakiens, y compris son pétrole. Diverses estimations d’universitaires indiquent que le coût réel pour les États-Unis de son engagement de plusieurs années en Irak s’est finalement élevé à au moins 2 000 milliards de dollars.
Cette comparaison avec l’Irak me hante. Comment pouvons-nous commettre la même erreur deux fois ? Les États-Unis prétendent que l’occupation du Venezuela sera « autofinancée » grâce au pétrole. C’est exactement ce qu’ils ont dit en 2003 à propos de l’Irak. Et nous savons tous comment cela s’est terminé : des milliers de soldats américains morts, des centaines de milliers d’Irakiens tués, des milliards de dollars engloutis dans un conflit sans fin. Le cynisme de cette répétition historique me laisse sans voix. Nous sommes condamnés à revivre les mêmes erreurs encore et encore, comme incapables d’apprendre du passé.
Les défis logistiques et sécuritaires
L’ancien ambassadeur des États-Unis au Venezuela, Charles Shapiro, a déclaré à CNN que le plan des États-Unis de « diriger » le Venezuela, tel que suggéré par le président Donald Trump, serait une tâche compliquée compte tenu de la situation politique locale et des risques de sécurité potentiels. Il a estimé qu’au moins « 20%, peut-être plus de la population » restent des partisans du président Nicolás Maduro. « Comment gagner ces gens et retourner la situation va être très, très difficile« , a déclaré Shapiro, qui est également l’ancien président du World Affairs Council of Atlanta.
Les problèmes de sécurité sont également en jeu compte tenu de la population d’environ 30 millions d’habitants du pays et du fait qu’il abrite certains groupes de guérilla. Pourtant, l’administration Trump semble peu susceptible d’envoyer des troupes et compte apparemment sur la vice-présidente Delcy Rodriguez et l’armée vénézuélienne pour maintenir la sécurité, a-t-il dit. « Cela va être une aiguille très, très difficile à enfiler« , a-t-il ajouté. L’ancien commandant de l’OTAN, le général Wesley Clark à la retraite, a souligné que l’hostilité potentielle au Venezuela pourrait rendre difficile pour les États-Unis de sécuriser le pétrole avec ses troupes. « Dans le passé, les pays n’ont pas aimé les grandes puissances qui entrent juste pour voler des ressources« , a-t-il déclaré.
Cette perspective d’occupation me glisse un froid dans le dos. Trump dit « nous ne craignons pas les bottes sur le terrain », mais il ne parle pas du sang qui sera versé. Les Vénézuéliens ne veulent pas être occupés par une puissance étrangère, quelle que soit leur opinion sur Maduro. Nationalisme et fierté nationale transcendent les divisions politiques internes. Et qu’en est-il des groupes de guérilla actifs dans le pays ? Des cartels de la drogue ? Des éléments criminels ? L’occupation pourrait dégénérer en chaos encore pire que le régime de Maduro. Je crains que nous ne préparions un désastre humanitaire encore plus grave que celui que nous prétendons résoudre.
Section 9 : Les conséquences géopolitiques régionales
Le retour de la Doctrine Monroe
L’action de Trump au Venezuela rappelle de manière troublante la Doctrine Monroe, exposée en 1823 par le président James Monroe, affirmant la prétention américaine à donner le ton dans la région, ainsi que la « diplomatie des canonnières » pratiquée sous le président Theodore Roosevelt au début des années 1900. Pendant des décennies, cette doctrine a servi de justification à l’interventionnisme américain en Amérique latine, soutenant que les puissances européennes ne devaient pas interférer dans les affaires du continent américain, que les États-Unis considéraient comme leur sphère d’influence exclusive. L’intervention au Venezuela semble marquer un retour audacieux à cette tradition impérialiste américaine qui avait quelque peu reculé après la Guerre froide.
Trump a fait référence à ces comparaisons lors de sa conférence de presse, suggérant qu’une version mise à jour pourrait être appelée la « Doctrine Donroe« , un jeu de mots avec son propre nom et la Doctrine Monroe historique. Bien que divers gouvernements latino-américains s’opposent à Maduro et disent qu’il a volé le vote de 2024, les vantardises de Trump sur le contrôle du Venezuela et l’exploitation de son pétrole ravivent des souvenirs douloureux des interventions américaines passées en Amérique latine qui sont généralement opposées par les gouvernements et les peuples de la région. Ces interventions ont laissé des cicatrices profondes dans la mémoire collective latino-américaine, alimentant un méfiance durable envers les intentions américaines dans la région.
La « Doctrine Donroe »… je ne sais pas si je dois rire ou pleurer. Trump transforme une doctrine impérialiste historique en une blague personnelle, comme si l’histoire n’était qu’une matière première pour son ego surdimensionné. Mais derrière cette plaisanterie de mauvais goût se cache une réalité terrifiante : le retour de l’impérialisme américain en Amérique latine sous une forme encore plus agressive et arrogante. Les cicatrices des interventions passées — Chili 1973, Guatemala 1954, Nicaragua dans les années 1980 — sont encore vives dans la mémoire collective latino-américaine. Et maintenant, nous ajoutons le Venezuela 2026 à cette liste noire. L’histoire se répète, d’abord comme une tragédie, puis comme une farce. Cette fois, c’est les deux.
L’impact sur les relations interaméricaines
Les réactions divergentes des gouvernements latino-américains à l’intervention américaine soulignent les profondes divisions qui traversent la région sur la question de l’avenir du Venezuela et, plus largement, sur la nature des relations avec les États-Unis. La condamnation ferme du Brésil, du Mexique et de la Colombie contrastes avec le soutien enthousiaste de l’Argentine, du Salvador et de l’Équateur, reflétant un clivage idéologique qui risque de s’approfondir dans les mois à venir. Cette polarisation pourrait compromettre les efforts d’intégration régionale et fragiliser les organisations panaméricaines qui tentent de promouvoir la coopération entre les nations du continent.
L’intervention américaine pourrait également avoir des conséquences imprévues sur les dynamiques migratoires dans la région. La Colombie, qui accueille déjà la plus grande diaspora vénézuélienne, a déployé des forces de sécurité le long de sa frontière pour se préparer à un éventuel afflux de réfugiés fuyant l’instabilité accrue dans le pays voisin. D’autres pays de la région pourraient également faire face à des pressions migratoires accrues si la situation au Venezuela continue de se détériorer. Ces mouvements de population pourraient à leur tour créer des tensions politiques et économiques dans les pays d’accueil, alimentant potentiellement le ressentiment anti-immigrant et les tensions diplomatiques entre les États de la région.
L’Amérique latine se déchire une fois de plus, comme elle l’a fait si souvent dans son histoire tourmentée. D’un côté, ceux qui voient dans l’intervention américaine une libération nécessaire ; de l’autre, ceux qui y voient le retour de l’impérialisme yankee. Entre les deux, des millions de Vénézuéliens pris dans ce conflit géopolitique, forcés de choisir entre l’exil et la persécution. C’est une tragédie collective qui se joue sous nos yeux, et je me demande si l’histoire ne répétera pas encore une fois le même schéma : division, souffrance, et finalement, l’émergence de nouvelles formes d’autoritarisme pour « rétablir l’ordre ».
Section 10 : Les risques pour Trump aux États-Unis
La division du camp républicain
L’accent mis par Trump sur les affaires étrangères fournit du combustible aux démocrates pour le critiquer à l’approche des élections de mi-mandat du Congrès en novembre, alors que le contrôle des deux chambres est en jeu. Les républicains contrôlent les deux chambres par des marges étroites. Les sondages d’opinion indiquent que la principale préoccupation des électeurs est la hausse des prix à l’intérieur du pays, et non la politique étrangère. Cette intervention audacieuse pourrait donc se révéler être un calcul politique risqué si elle ne parvient pas à produire des résultats rapides et tangibles pour l’économie américaine.
Trump court également le risque d’aliéner certains de ses propres partisans, qui ont soutenu son agenda « America First » et s’opposent aux interventions étrangères. Expriment ces préoccupations, Marjorie Taylor Greene, une républicaine de Géorgie qui s’est brouillée avec Trump ces derniers mois, a déclaré sur les réseaux sociaux : « C’est ce que beaucoup de gens de MAGA pensaient avoir voté pour mettre fin. Garçon, avions-nous tort. » Cette critique venant de l’aile la plus fidèle du parti républicain souligne le potentiel de cette intervention à créer des divisions internes au sein de la coalition MAGA qui a porté Trump au pouvoir et pourrait le soutenir lors des futures élections.
Il y a une certaine ironie amère dans cette critique de Marjorie Taylor Greene. Après des années à soutenir inconditionnellement Trump, elle réalise enfin que « America First » ne signifie pas ce qu’elle pensait. Je ne peux m’empêcher de penser à tous ces électeurs qui ont cru aux promesses de non-interventionnisme de Trump, qui ont voté contre les guerres à l’étranger, pour découvrir maintenant qu’ils ont été trompés. La trahison n’est pas seulement politique, elle est morale et existentielle. Et je crains que cette désillusion ne mène à un cynisme encore plus profond, ou pire, à un soutien encore plus fanatique pour des figures politiques encore plus dangereuses.
Les défis économiques domestiques
L’administration Trump fait face à des défis économiques domestiques considérables qui risquent d’être exacerbés par cette intervention étrangère audacieuse. Les sondages d’opinion indiquent de manière constante que la principale préoccupation des électeurs américains est l’inflation et la hausse des prix, et non la politique étrangère. Cette intervention vénézuélienne pourrait se révéler être une distraction coûteuse des problèmes économiques domestiques si elle ne parvient pas à produire des bénéfices économiques tangibles pour les ménages américains dans un avenir proche.
Les coûts de l’occupation militaire du Venezuela, malgré les promesses de Trump selon lesquelles ils seraient couverts par les revenus pétroliers, pourraient s’avérer beaucoup plus élevés que prévu, comme l’expérience iraquienne l’a douloureusement démontré. Une intervention militaire mal gérée pourrait également entraîner des pertes de vies américaines, ce qui aurait des conséquences politiques dévastatrices pour l’administration Trump. De plus, l’instabilité potentielle dans la région pourrait perturber les marchés pétroliers mondiaux et avoir des répercussions sur les prix de l’énergie pour les consommateurs américains, aggravant les pressions inflationnistes que l’administration tente déjà de maîtriser.
Je regarde cette situation avec une incrédulité croissante. Les États-Unis sont confrontés à des défis économiques domestiques massifs — inflation, dette nationale, inégalités croissantes — et pourtant, Trump choisit de lancer une intervention militaire coûteuse et risquée au Venezuela. C’est comme si un couple au bord de la faillite décidait soudainement d’acheter un yacht de luxe. La priorité semble complètement déconnectée de la réalité des besoins du peuple américain. Et je crains que cette distraction étrangère ne soit justement qu’une tentative de détourner l’attention des échecs domestiques de l’administration.
Section 11 : L'avenir incertain du Venezuela
Les scénarios possibles
Plusieurs scénarios sont envisageables pour l’avenir du Venezuela dans les mois et années à venir, allant d’une transition démocratique réussie à un conflit prolongé et instable. Dans le meilleur des cas, une transition politique négociée entre les différentes factions vénézuéliennes, avec le soutien de la communauté internationale, pourrait aboutir à un gouvernement démocratique stable capable de reconstruire le pays et de mettre fin à la crise humanitaire qui a frappé des millions de Vénézuéliens. Ce scénario nécessiterait cependant un consensus politique interne qui semble difficile à atteindre compte tenu des divisions profondes qui traversent la société vénézuélienne.
Dans le pire des cas, l’intervention américaine pourrait déclencher une guerre civile prolongée entre les partisans de Maduro et ses opposants, avec l’armée vénézuélienne se divisant entre factions rivales. Une telle guerre civile pourrait entraîner des pertes massives de vies humaines, des déplacements de populations encore plus importants, et pourrait dégénérer en conflit régional impliquant les pays voisins. Ce scénario cauchemardesque rappelle les situations qui ont dévasté des pays comme la Syrie, la Libye ou le Yémen, où des interventions étrangères ont contribué à des effondrements étatiques et des guerres civiles prolongées.
Quand je pense à ces scénarios possibles pour l’avenir du Venezuela, je suis saisi d’angoisse. Le meilleur cas semble si improbable, le pire cas si terrifiantment possible. Et entre les deux, une multitude de variations intermédiaires qui pourraient toutes aboutir à des souffrances immenses pour le peuple vénézuélien. Je veux croire que la lumière au bout du tunnel dont parle Niurka Melendez est réelle, mais tout ce que je vois, c’est l’obscurité. L’histoire nous enseigne que les transitions forcées de l’extérieur ont rarement bien fini. Pourquoi cette fois serait-elle différente ?
Le rôle de la communauté internationale
Le rôle de la communauté internationale dans cette transition critique sera déterminant pour l’avenir du Venezuela. Les Nations Unies, l’Union européenne et d’autres organisations internationales devront jouer un rôle crucial dans la facilitation d’un dialogue entre les différentes factions vénézuéliennes et dans la fourniture d’une aide humanitaire indispensable à la population qui souffre depuis des années de crise économique et politique. Cependant, la crédibilité de ces organisations a été mise à mal par leur incapacité à résoudre la crise vénézuélienne avant l’intervention américaine, et leur rôle futur dépendra largement de leur capacité à s’adapter à cette nouvelle réalité géopolitique complexe.
Les pays d’Amérique latine devront également jouer un rôle constructif dans cette transition, en évitant de laisser leur propre idéologie politique primer sur le bien-être du peuple vénézuélien. La division actuelle entre pays qui soutiennent l’intervention américaine et ceux qui la condamnent pourrait compromettre les efforts de coopération régionale qui seront indispensables pour une transition réussie. Seule une approche coordonnée et inclusive, impliquant tous les acteurs régionaux pertinents, permettra de jeter les bases d’une paix durable et d’une prospérité partagée dans la région.
Je regarde la communauté internationale avec un mélange d’espoir et de désespoir. L’espoir, parce que je veux croire que les nations peuvent collaborer pour le bien commun. Le désespoir, parce que l’histoire montre que l’intérêt national l’emporte presque toujours sur l’idéalisme. Les Nations Unies vont se réunir, les diplomates vont prononcer des discours, mais sur le terrain, les grandes puissances continueront de poursuivre leurs intérêts. Et pendant ce temps, le peuple vénézuélien attend. Attend une paix qui ne vient pas, attend une justice qui reste inaccessible, attend un avenir qui semble de plus en plus lointain.
Section 12 : Les leçons historiques
Les parallèles avec le Panama
La dernière intervention militaire directe des États-Unis en Amérique latine avant l’opération vénézuélienne remonte à 1989, lorsque le président George H. W. Bush avait ordonné l’invasion de Panama pour déposer le chef militaire Manuel Noriega sur des allégations selon lesquelles il dirigeait une opération de trafic de drogue. Les États-Unis avaient porté des accusations similaires contre Maduro, l’accusant de diriger un « narco-État » et d’avoir truqué l’élection de 2024. Ce parallèle historique est particulièrement pertinent car il suggère que l’intervention vénézuélienne pourrait suivre un schéma similaire : une invasion militaire rapide suivie d’une occupation prolongée et controversée.
L’invasion du Panama, baptisée « Operation Just Cause« , avait abouti à la capture de Noriega et à son extradition vers les États-Unis où il a été condamné pour trafic de drogue. Cependant, l’opération avait également causé des centaines, voire des milliers de victimes civiles, et avait laissé le Panama profondément traumatisé par cette expérience d’occupation étrangère. Les États-Unis avaient maintenu une présence militaire au Panama pendant des années après l’invasion, créant des tensions diplomatiques continues avec le gouvernement panaméen et alimentant un ressentiment durable envers l’interventionnisme américain dans la région. Cette expérience historique devrait servir d’avertissement quant aux risques d’une intervention militaire similaire au Venezuela.
L’invasion du Panama… je me souviens des images, des rapports sur les victimes civiles, le chaos qui a suivi. Noriega a été capturé, jugé, condamné. Mais à quel prix ? Le Panama a été occupé, ses institutions compromises, sa souveraineté violée. Et maintenant, nous reproduisons ce schéma au Venezuela, mais à une échelle encore plus grande. J’ai l’impression de regarder une tragédie grecque se jouer devant mes yeux, où les héros répètent inévitablement les erreurs de leurs prédécesseurs, incapables d’apprendre des leçons du passé. La fatalité de l’histoire historique me pèse.
Les avertissements de l’histoire
L’histoire regorge d’exemples d’interventions étrangères qui ont mal tourné, créant plus de problèmes qu’elles n’ont résolu. Les interventions américaines en Irak, en Afghanistan, en Libye et ailleurs ont toutes abouti à des résultats catastrophiques qui ont coûté des centaines de milliers de vies humaines et déstabilisé des régions entières. Ces expériences devraient servir d’avertissement quant aux dangers de tenter d’imposer des solutions politiques par la force militaire sans une compréhension profonde des dynamiques locales et sans un plan de reconstruction crédible.
Cependant, les leçons de l’histoire semblent avoir été ignorées par l’administration Trump, qui poursuit une intervention au Venezuela avec un optimisme déconnecté des réalités historiques. L’ancien président Trump avait lui-même critiqué de telles interventions par le passé, qualifiant l’invasion de l’Irak de « grosse erreur grasse » lors d’un débat présidentiel de 2016, et disant en 2021 qu’il était « particulièrement fier d’être le premier président depuis des décennies à n’avoir commencé aucune nouvelle guerre« . Ce contraste frappant entre la rhétorique passée et l’action présente souligne l’incohérence et l’opportunisme politique qui caractérisent l’approche de Trump en matière de politique étrangère.
Ce retournement complet de position de Trump me laisse sans voix. En 2016, il critique l’invasion de l’Irak comme une « grosse erreur grasse ». En 2021, il se vante d’être « le premier président depuis des décennies à n’avoir commencé aucune nouvelle guerre ». Et aujourd’hui, il lance la plus grande intervention militaire américaine en Amérique latine depuis des décennies. L’hypocrisie est tellement éhontée qu’elle en devient presque fascinante. C’est comme si les mots n’avaient plus aucune signification, comme si la vérité n’importait plus du tout. Et ça me terrifie, parce que quand les leaders politiques cessent de respecter la vérité, que reste-t-il ?
Conclusion : Un moment historique aux conséquences incalculables
L’aube d’une nouvelle ère ?
L’intervention américaine au Venezuela et la déclaration fracassante de Trump sur son intention de « diriger le pays » marquent sans aucun doute un moment historique aux conséquences potentiellement incalculables. Nous vivons un tournant dans les relations internationales, un moment où les règles du jeu qui ont régi l’ordre mondial depuis la Seconde Guerre mondiale sont ouvertement remises en cause par une puissance qui refuse plus longtemps de se contraindre aux normes du droit international. Ce qui se passe au Venezuela n’est pas simplement une crise régionale, c’est un test du système international lui-même, et les réponses que nous donnons aujourd’hui façonneront le monde dans lequel nous vivrons pour des générations à venir.
Le courage et la détermination du peuple vénézuélien, qui a souffert pendant des années sous un régime autoritaire et qui ose maintenant espérer un avenir meilleur, méritent notre respect et notre soutien inconditionnel. Niurka Melendez et les millions de Vénézuéliens comme elle, qui ont tout perdu mais qui conservent l’espoir malgré tout, nous rappellent que même dans les moments les plus sombres, la dignité humaine peut prévaloir. Cependant, cet espoir fragile risque d’être écrasé si la communauté internationale ne parvient pas à orchestrer une transition qui respecte véritablement les aspirations démocratiques du peuple vénézuélien et qui préserve la souveraineté du Venezuela face aux ambitions impérialistes américaines.
Alors que j’écris ces lignes, je suis envahi par un sentiment de vertige absolu. Nous vivons un moment historique, oui, mais c’est un moment historique qui me terrifie. Les règles du jeu international sont brisées, le droit international violé, et personne ne semble capable d’arrêter cette folie. Le Venezuela est devenu le terrain d’expérimentation d’un nouvel ordre mondial où la puissance brute l’emporte sur la justice, où les intérêts économiques priment sur les principes démocratiques. Et je me demande : si nous acceptons cela aujourd’hui, quel sera le prochain pays sur la liste ? Qui sera la prochaine cible ? Les barrières qui protégeaient les nations les plus faibles contre l’arbitraire des plus fortes sont tombées. Nous assistons à l’avènement d’un monde de la loi du plus fort, et je ne sais pas si j’ai le courage de regarder la suite.
Un appel à la conscience mondiale
La communauté internationale fait face à un choix crucial dans les jours et semaines à venir. Elle peut choisir de rester passive et de permettre à cette intervention unilatérale de définir les nouvelles règles des relations internationales, ou elle peut choisir de défendre les principes de souveraineté et de droit international qui ont été forgés à si grand prix après les horreurs de la Seconde Guerre mondiale. Les nations du monde ont la responsabilité collective de rappeler aux États-Unis que la puissance ne donne pas le droit de faire n’importe quoi, que la souveraineté des nations doit être respectée même quand elle est inconfortable, que le droit international doit s’appliquer à tous, puissants comme faibles.
Cependant, je crains que ce cri du cœur ne soit pas entendu, que la realpolitik l’emporte une fois de plus sur les principes, que le cynisme l’emporte sur l’idéalisme. Les nations continueront de défendre leurs intérêts, les grandes puissances continueront d’imposer leur volonté, et le peuple vénézuélien continuera de souffrir dans l’ombre de ces grandes manœuvres géopolitiques. Mais je refuse d’abandonner l’espoir, parce que l’espoir est la seule arme dont nous disposions contre la fatalité de l’histoire. Peut-être qu’un jour, dans un avenir lointain, nous regarderons en arrière sur ce moment et nous dirons que c’était là le tournant, le moment où nous avons finalement choisi la justice sur la puissance, l’humanité sur l’intérêt. En attendant, je continue d’espérer, malgré tout.
Sources
Sources primaires
Trump says U.S. will run Venezuela after U.S. captures Maduro – Reuters, publié le 4 janvier 2026
January 3, 2026 — Maduro in US custody – CNN, mis à jour le 4 janvier 2026
U.S. strikes in Venezuela trigger regional and global alarm – NPR, mis à jour le 4 janvier 2026
LIVE: Trump Hosts Press Conference on Venezuela – Order-Order, publié le 3 janvier 2026
Sources secondaires
British Left in Meltdown as Trump Strikes Venezuela and Ousts Maduro – Order-Order, publié le 3 janvier 2026
2026 United States strikes in Venezuela – Wikipedia, consulté le 4 janvier 2026
Trump claims U.S. strikes, Maduro captured as explosions hit Caracas – NENC News, publié le 3 janvier 2026
Fact-checking Trump following US capture of Venezuela’s Maduro – Al Jazeera, publié le 4 janvier 2026
US Strikes Venezuela, Says it Will Run Country – Human Rights Watch, publié le 3 janvier 2026
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