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Aux origines d’une politique centenaire

Le 2 décembre 1823, le président James Monroe prononçait devant le Congrès un discours devenu fondement de la politique étrangère américaine. La doctrine Monroe établissait un principe clair et sans ambiguïté : l’Europe n’avait plus le droit d’interférer dans les affaires des Amériques. En contrepartie, les États-Unis ne s’immisceraient pas dans les affaires européennes. Cette déclaration unilatérale, élaborée avec son secrétaire d’État John Quincy Adams, visait à protéger les jeunes républiques latino-américaines — Argentine, Chili, Pérou, Colombie, Mexique — des velléités impériales des puissances européennes qui menaçaient de reconquérir leurs anciennes colonies.

Mais l’histoire a une façon cruelle de transformer les idéaux en outils de domination. Ce qui devait protéger l’Amérique latine de l’impérialisme européen est devenu, au fil des décennies, l’instrument de l’impérialisme américain. En 1904, le président Theodore Roosevelt ajoutait son fameux « corollaire » à la doctrine Monroe, justifiant désormais des interventions militaires américaines à travers toute l’Amérique latine au nom du maintien de l’ordre et de la stabilité. Les Marines ont ainsi débarqué à Saint-Domingue en 1904, au Nicaragua en 1911, en Haïti en 1915. Cuba en 1962, le Panama en 1989, le Salvador et le Nicaragua dans les années 1980 — à chaque crise, ce principe vieux de deux cents ans a été invoqué pour justifier les opérations américaines dans la région.

De Monroe à « Donroe » : l’hubris présidentiel

Le passage à la « Donroe Doctrine » n’est pas qu’un jeu de mots. C’est un aveu. Trump révèle que le Venezuela n’est que le premier domino d’une stratégie d’hégémonie. « La dominance américaine dans l’hémisphère occidental ne sera plus jamais remise en question », a-t-il martelé. La stratégie de sécurité nationale de décembre 2025 stipulait que les États-Unis « refuseraient aux compétiteurs la capacité de positionner des forces menaçantes » dans les Amériques.

Le mot « notre » dans « notre hémisphère » traduit une conception propriétaire. Les analystes de Chatham House ont relevé l’agressivité du langage. Trump proclame ce que ses prédécesseurs murmuraient. Quand un président rebaptise une doctrine bicentenaire à son propre nom, ce n’est plus de la diplomatie. C’est de l’annexion verbale.

En baptisant cette doctrine de son propre nom, Trump arrache le masque que deux siècles de rhétorique avaient maintenu. L’Amérique latine savait que Washington la considérait comme son « arrière-cour ». Mais jamais un président ne l’avait dit aussi clairement, avec une telle délectation.

Sources

Sources primaires

Raw Story, « ‘Very dangerous’: Lawmaker says Trump accidentally ‘revealed his hand’ on military plans », David McAfee, 3 janvier 2026. The Hill, « Trump coins ‘Don-roe Doctrine’ as he explains Venezuela operation », 3 janvier 2026. CBS News, « U.S. strikes Venezuela and captures Maduro; Trump says ‘we’re going to run the country’ for now », 3 janvier 2026. NPR, « ‘We are going to run the country,’ Trump says after strike on Venezuela », 3 janvier 2026. Fox News, « Nicolas Maduro arrives in New York after capture », 3 janvier 2026.

Sources secondaires

Al Jazeera, « Trump bombs Venezuela, US ‘captures’ Maduro: All we know », 3 janvier 2026. CNN, « The US has captured Venezuelan leader Maduro », 3 janvier 2026. CNBC, « Trump’s Maduro Venezuela Congress », 3 janvier 2026. ABC News, « Republicans largely back Trump on Venezuela action », 3 janvier 2026. Chatham House, « US to ‘run’ Venezuela after Maduro captured », 3 janvier 2026. National Archives, « Monroe Doctrine (1823) ». State Department, « Monroe Doctrine, 1823 ».

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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