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Le Groenland dit non à la panique

Dans la capitale groenlandaise, Nuuk, la réaction est venue rapidement mais avec une retenue calculée. Jens-Frederik Nielsen, le premier ministre du Groenland, a convoqué une conférence de presse dès lundi matin pour répondre aux déclarations de Trump. Son message était clair et mesuré: la situation n’est pas telle que les États-Unis puissent conquérir le Groenland, et il n’y a donc aucune raison de paniquer. Il a appelé à rétablir la bonne coopération que les deux territoires ont toujours entretenue, tout en reconnaissant que le gouvernement allait désormais durcir le ton. Nielsen a insisté sur le fait que la communication par les médias et divers détours ne convenait plus, et qu’il était temps d’aborder les choses de manière directe. Cette approche pondérée contraste avec l’urgence de la situation et révèle la position délicate dans laquelle se trouve le dirigeant groenlandais. D’un côté, il doit faire face à une menace existentielle sur la souveraineté de son territoire. De l’autre, il ne peut pas se permettre d’aliéner complètement les États-Unis, qui restent un partenaire économique et stratégique majeur pour le Groenland. L’île arctique dépend énormément des liens avec l’Amérique, tant pour son commerce que pour sa sécurité, et une rupture totale pourrait avoir des conséquences désastreuses pour sa population de seulement cinquante-sept mille habitants. Nielsen navigue donc entre le devoir de fermeté et la nécessité de pragmatisme, tentant de trouver un équilibre impossible entre la défense de la souveraineté et le maintien de relations indispensables.

Cette réponse mesurée cache pourtant une inquiétude profonde et légitime. Le premier ministre groenlandais a bien conscience que son pays ne possède pas les moyens militaires pour résister à une intervention américaine, si jamais Trump décidait de passer à l’acte. Le Groenland est un territoire immense avec une population minuscule, et son défense repose presque entièrement sur le Danemark et, indirectement, sur l’OTAN. Mais cette dépendance même pose problème: si les États-Unis, puissance dominante de l’OTAN, décidaient d’attaquer un autre membre de l’alliance, le mécanisme de défense collective se retrouverait dans une situation paradoxale. C’est cette réalité cruelle que Nielsen doit affronter: son pays est menacé non pas par un ennemi extérieur traditionnel, mais par l’allié qui est censé le protéger. Cette situation inédite dans l’histoire de l’alliance atlantique place le Groenland dans une position d’une vulnérabilité extrême. Les sondages montrent d’ailleurs que la population groenlandaise est massivement opposée à un rattachement aux États-Unis: en janvier deux mille vingt-cinq, quatre-vingt-cinq pour cent des Groenlandais avaient dit non à leur annexion par l’Amérique, contre seulement six pour cent de favorables. Ce rejet massif donne à Nielsen un mandat clair pour résister aux pressions américaines, mais ne lui fournit pas pour autant les moyens de le faire. C’est ce paradoxe qui rend sa réponse à la fois ferme et empreinte d’une certaine urgence, comme s’il cherchait à gagner du temps en attendant que la communauté internationale se mobilise davantage.

Je suis frappé par le courage de ce petit peuple groenlandais. Cinquante-sept mille âmes face à la puissance américaine, et pourtant ils refusent de plier. Il y a quelque chose de noble, de presque héroïque, dans cette détermination à dire non malgré l’écrasante disproportion des forces. Mais en même temps, je ne peux m’empêcher de ressentir une profonde tristesse. Tristesse de voir des gens innocents pris en étau dans un jeu géopolitique qui les dépasse. Tristesse de penser que leur avenir pourrait être décidé à Washington ou à Copenhague, sans qu’ils aient vraiment leur mot à dire. Et surtout, tristesse de réaliser que dans ce monde, la justice ne triomphe pas toujours, et que le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes reste un principe fragile qui peut être balayé par la puissance brute quand bon semble aux grandes puissances.

Copenhague tire la sonnette d’alarme

À Copenhague, la réaction a été beaucoup plus alarmiste et immédiate. Mette Frederiksen, la première ministre danoise, n’a pas attendu pour tirer la sonnette d’alarme sur les implications potentielles des propos de Trump. Dès dimanche soir, elle a publié une déclaration ferme demandant instamment aux États-Unis de mettre fin à leurs menaces contre un allié historique et contre un territoire et un peuple qui ont clairement fait savoir qu’ils n’étaient pas à vendre. Lundi, lors d’une intervention à la télévision TV2, elle est allée encore plus loin en avertissant que si les États-Unis choisissaient d’attaquer militairement un autre pays de l’OTAN, ce serait la fin de tout, y compris de l’OTAN elle-même et donc de la sécurité mise en place depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Cette déclaration d’une gravité exceptionnelle marque une rupture nette avec la diplomatie traditionnelle danoise, habituellement pondérée et conciliante. Frederiksen a qualifié la situation de sérieuse et a affirmé faire tout son possible pour que ce scénario catastrophe ne se réalise pas. Elle a également rejeté avec véhémence l’affirmation de Trump selon laquelle la sécurité dans l’Arctique ne serait pas assurée, rappelant que le Danemark avait alloué quelque quatre-vingt-dix milliards de couronnes, soit environ dix-neuf milliards et demi de dollars canadiens, à la sécurité dans la région en deux mille vingt-cinq.

Cette fermeté danoise cache pourtant une réalité complexe. Le Danemark est un petit pays qui dépend énormément de son alliance avec les États-Unis pour sa sécurité. L’armée danoise est largement équipée de matériel américain, et la coopération militaire entre les deux pays est étroite et ancienne. Cette dépendance crée une situation d’une extrême vulnérabilité pour Copenhague: comment résister à la pression de votre principal protecteur lorsque celui-ci menace votre intégrité territoriale? C’est ce dilemme impossible que Frederiksen doit affronter. D’un côté, elle doit défendre la souveraineté danoise sur le Groenland et rejeter catégoriquement toute idée de cession de territoire. De l’autre, elle ne peut pas se permettre de rompre brutalement avec Washington, ce qui laisserait le Danemark sans protection dans un monde de plus en plus instable. C’est cette tension qui transparait dans ses déclarations: une fermeté de principe sur la question de la souveraineté, mais une certaine retenue dans les menaces de représailles, comme si elle espérait encore pouvoir résoudre la crise par la diplomatie plutôt que par la confrontation. La première ministre danoise se trouve donc dans une position d’une solitude presque totale, forcée de naviguer entre des rochers mortels alors que ses alliés européens, bien que solidaires dans leurs déclarations, semblent hésiter sur la nature et l’ampleur de leur soutien concret.

Ce qui me révolte dans cette histoire, c’est l’injustice crue de la situation. Le Danemark n’est pas un pays voyou. C’est une démocratie stable, un allié fidèle, un membre respectueux de toutes les règles internationales. Et pourtant, il se retrouve menacé par son propre protecteur. C’est comme si le pompier se mettait à incendier la maison qu’il est censé protéger. Je suis écœuré par cette trahison de l’alliance, cette inversion brutale des rôles qui laisse le petit pays seul face à une puissance qui devrait être son amie. Et ce qui me rend encore plus malade, c’est de voir comment cette crise réveille tous les vieux démons de l’histoire. Les grandes puissances qui s’approprient les territoires des petits pays comme bon leur semble, les populations qui n’ont pas leur mot à dire, la loi du plus fort triomphant du droit des peuples. On aurait pu croire que l’humanité avait dépassé ce stade, mais non. Voilà que nous y sommes, en plein cœur du vingt-et-unième siècle.

Sources

Sources primaires

Le Devoir, Le premier ministre groenlandais refuse de céder à la panique après les menaces de Trump, publié le cinq janvier deux mille vingt-six. Le Figaro, Après les menaces de Donald Trump sur le Groenland, l’UE attend de ses partenaires le respect de l’intégrité territoriale, publié le cinq janvier deux mille vingt-six. Le Monde, Groenland: Si les États-Unis choisissent d’attaquer militairement un autre pays de l’OTAN, alors tout s’arrête, prévient la première ministre danoise, publié le cinq janvier deux mille vingt-six.

Sources secondaires

Toute l’Europe, Donald Trump menace à nouveau d’annexer le Groenland, publié en janvier deux mille vingt-six. Euronews, Pourquoi Trump veut-il à tout prix le Groenland, et quelles pourraient être les conséquences, publié en janvier deux mille vingt-six. France Info, Menaces américaines sur le Groenland: le territoire danois n’est ni à vendre ni à prendre, affirme Benjamin Haddad, publié en janvier deux mille vingt-six. Le Grand Continent, Trump a menacé d’intervention six pays depuis le premier janvier, publié le cinq janvier deux mille vingt-six.

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