Une convoitise qui ne date pas d’hier
L’intérêt des États-Unis pour le Groenland ne constitue pas une nouveauté de l’ère Trump. Dès 1946, le président Harry Truman avait proposé au Danemark l’achat de ce territoire pour la somme de 100 millions de dollars, une offre qui avait été poliment mais fermement rejetée par Copenhague. L’île massive de 2,166 millions de kilomètres carrés, peuplée d’à peine 57 000 habitants, représente un enjeu stratégique majeur pour Washington en raison de sa position géographique privilégiée dans l’Arctique, une région de plus en plus contestée avec la fonte des glaces et l’ouverture de nouvelles routes commerciales. Le Groenland abrite également la base militaire américaine de Thulé, l’une des installations les plus septentrionales de l’OTAN, essentielle pour la détection de missiles et la surveillance de l’espace aérien arctique.
En août 2019, sous le premier mandat de Donald Trump, la question avait déjà provoqué une crise diplomatique majeure lorsque le président américain avait confirmé avoir discuté à plusieurs reprises de la possibilité d’acheter le Groenland au Danemark. Trump avait qualifié ce projet de grande transaction immobilière stratégique, justifiant son intérêt par la localisation de l’île dans l’Arctique, les routes émergentes et la compétition avec la Russie et la Chine. Le refus catégorique du Danemark, qui avait qualifié l’idée d’absurde, avait conduit Trump à annuler une visite officielle programmée à Copenhague, un geste sans précédent dans les relations entre les deux alliés historiques de l’OTAN. Le président américain n’avait d’ailleurs pas exclu l’option militaire, déclarant lors d’une interview en mai 2025 : Je ne l’exclus pas. Je ne dis pas que je le ferai, mais je n’exclus rien. Non, pas dans ce cas. Nous avons désespérément besoin du Groenland.
Ce qui me fascine dans cette histoire, c’est cette permanence de l’impérialisme américain sous différentes formes. Au XIXe siècle, on parlait de « Destinée manifeste » pour justifier l’expansion vers l’ouest. Aujourd’hui, on utilise le langage de la « sécurité nationale » et de la « stratégie géopolitique », mais le fond reste le même : la conviction que les États-Unis ont le droit naturel d’accéder à tout territoire qui servirait leurs intérêts. Le Groenland n’est pas considéré comme une nation avec son peuple, son histoire et ses aspirations, mais comme un atout stratégique qu’il faudrait « acquérir » comme on achèterait une entreprise ou un bien immobilier. Cette vision mercantile de la géopolitique, où les territoires se vendent et s’achètent, me semble profondément anachronique et révoltante au XXIe siècle.
Les ressources naturelles et l’enjeu climatique
Beyond sa position géographique stratégique, le Groenland recèle des ressources naturelles considérables qui expliquent en grande partie l’intérêt sustained des puissances mondiales. L’île possède d’importants gisements de terres rares, de minéraux stratégiques, de zinc, de cuivre, de fer, d’uranium et potentiellement de pétrole et de gaz offshore. Avec le réchauffement climatique qui provoque la fonte de la calotte glaciaire, ces ressources deviennent progressivement plus accessibles, transformant le Groenland en un nouvel eldorado pour les compagnies minières et les États soucieux de sécuriser leurs approvisionnements en matières premières critiques. Les terres rares, en particulier, sont essentielles pour la fabrication d’équipements high-tech, de véhicules électriques et d’armements, rendant leur contrôle enjeu majeur de la compétition géopolitique entre les États-Unis, la Chine et la Russie.
La fonte des glaces arctiques modifie également la géographie maritime, ouvrant de nouvelles routes commerciales entre l’Asie, l’Europe et l’Amérique du Nord. La route maritime du Nord, le long des côtes russes, et la route du Passage du Nord-Ouest, le long du Canada et du Groenland, pourraient considérablement raccourcir les temps de transport maritime et modifier les équilibres commerciaux mondiaux. Dans ce contexte, le contrôle du Groenland et des eaux environnantes devient crucial pour garantir la liberté de navigation et la présence militaire dans une région qui devrait connaître une augmentation significative du trafic maritime dans les décennies à venir. Les États-Unis considèrent l’Arctique comme un théâtre d’opérations potentiel et cherchent à y maintenir leur supériorité militaire face à la Russie, qui y a développé d’importantes capacités militaires, et à la Chine, qui a investi massivement dans les infrastructures arctiques et s’est proclamée « État quasi-arctique ».
Section 2 : La réaction danoise et groenlandaise
Une détermination unanime face à la menace
La réaction des autorités danoises et groenlandaises au tweet de Katie Miller a été immédiate, coordonnée et sans équivoque. Le premier ministre du Groenland, Jens-Frederik Nielsen, a adopté une posture à la fois ferme et rassurante, déclarant que cette image est irrespectueuse mais ajoutant que il n’y a aucune raison de paniquer ou de s’inquiéter. Il a souligné que le Groenland n’est pas à vendre et que son avenir ne se décide pas sur les réseaux sociaux, rappelant que le territoire jouit d’une large autonomie dans le cadre du Royaume du Danemark. Cette déclaration visait à la fois à condamner le geste provocateur de Katie Miller et à rassurer la population groenlandaise sur l’engagement des autorités à défendre leur souveraineté.
La première ministre danoise Mette Frederiksen a adopté une posture encore plus vigoureuse, exhortant les États-Unis à cesser leurs menaces contre un allié historique dans un communiqué publié dimanche soir. Elle a déclaré : Je dois le dire très clairement aux États-Unis : il est tout à fait absurde de dire que les États-Unis devraient prendre le contrôle du Groenland. Frederiksen a également rappelé que le Royaume du Danemark, qui inclut les îles Féroé et le Groenland, fait partie de l’OTAN et bénéficie ainsi de la garantie de sécurité de l’alliance, soulignant l’incohérence de la position américaine qui menace un allié de l’Alliance atlantique au nom de la sécurité nationale. Cette réaction marque une rupture nette avec la diplomatie traditionnelle danoise, connue pour son pragmatisme et sa recherche de compromis, témoignant de la gravité avec laquelle Copenhague perçoit les intentions américaines.
Ce qui me frappe dans cette réaction danoise, c’est cette détermination presque inédite. Le Danemark n’est pas connu pour ses postures belliqueuses ou ses déclarations tonitruantes sur la scène internationale. C’est un pays qui privilégie traditionnellement le dialogue, la diplomatie discrète et la recherche de consensus. Pour voir Mette Frederiksen tenir des propos aussi fermes face aux États-Unis, il faut que la menace soit perçue comme sérieuse et immédiate. C’est un peu comme si le petit frère que l’on a toujours protégé s’arrêtait net et disait : « Stop, là, tu vas trop loin ». Cette rupture de la normalité diplomatique en dit long sur la profondeur de l’inquiétude danoise et sur la conscience que quelque chose a fondamentalement changé dans la relation transatlantique.
L’ambassadeur danois répond coup pour coup
Jesper Møller Sørensen, l’ambassadeur du Danemark aux États-Unis, a choisi de répondre directement à Katie Miller sur le même réseau social X, adoptant une posture publique inhabituelle pour un diplomate de carrière. Dans sa réponse, il a écrit : Petit rappel amical concernant les États-Unis et le Royaume du Danemark : nous sommes des alliés proches et devons continuer à travailler ensemble en tant que tels. Et oui, nous attendons le respect total de l’intégrité territoriale du Royaume du Danemark. Cette réponse publique et directe marque une évolution significative dans la diplomatie danoise, qui traditionnellement privilégie les canaux officiels et discrets pour exprimer ses désaccords.
Le choix de répondre sur X, la plateforme même où Katie Miller avait publié son image provocatrice, démontre une volonté de ne pas laisser l’offrande sans réponse et de s’adresser directement à l’opinion publique américaine et internationale. Sørensen a également souligné que la sécurité des États-Unis est aussi la sécurité du Groenland et du Danemark, rappelant que le Groenland est partie intégrante de l’OTAN et que les intérêts de sécurité des deux pays sont convergents plutôt qu’antagonistes. Cette approche vise à déconstruire le narratif américain qui présente l’acquisition du Groenland comme une nécessité de sécurité nationale, en soulignant que la sécurité collective garantit déjà les intérêts américains dans la région arctique.
Section 3 : Stephen Miller, l'architecte des ambitions expansionnistes
Un conseiller influent aux idées controversées
Stephen Miller occupe une position centrale dans l’entourage de Donald Trump, en tant que conseiller politique et stratégique du président américain. Ancien conseiller à la Maison Blanche pendant le premier mandat de Trump, Miller s’est imposé comme l’un des architectes des politiques les plus controversées de l’administration, particulièrement sur l’immigration, la sécurité des frontières et l’identité nationale. Il est crédité de mesures telles que le ban de voyage vers les pays à majorité musulmane, la ligne de tolérance zéro à la frontière mexicaine et l’utilisation extensive d’outils administratifs pour restreindre l’accès à l’asile. Miller est considéré comme un idéologue plutôt qu’un technicien, capable de traduire une vision nationaliste et sécuritaire en actes gouvernementaux, discours présidentiels et stratégies de communication.
À l’intérieur de la Maison Blanche, Miller était connu pour son influence directe sur le président et sa capacité à imposer une ligne dure même face à la résistance d’autres organes de l’administration. Il n’a jamais été un homme du renseignement ni n’a dirigé des structures opérationnelles comme la CIA, mais il a exercé un véritable pouvoir dans la définition des priorités politiques et symboliques de l’administration Trump. Son influence s’est étendue bien au-delà des questions d’immigration pour englober l’ensemble de la politique étrangère et de sécurité nationale, incluant les positions sur l’Arctique et le Groenland. Miller est souvent décrit comme un « nationaliste économique » qui combine une vision protectionniste de l’économie avec une conception agressive de l’intérêt national américain.
Stephen Miller est l’une des figures les plus fascinantes et effrayantes de l’ère Trump. Ce qui le distingue, c’est cette capacité à articuler une vision idéologique cohérente, même si cette vision repose sur des prémisses que beaucoup rejettent. Il ne se contente pas de suivre les directives du président ; il façonne activement sa vision du monde. Miller est un nationaliste convaincu, un homme qui croit profondément que l’Amérique doit placer ses intérêts au-dessus de tout, même si cela signifie bousculer les alliances historiques, violer le droit international ou menacer la souveraineté d’autres nations. Son mariage avec Katie Miller crée un duo puissant qui combine l’influence politique et la communication médiatique, capable de diffuser et de légitimer leurs idées à travers les réseaux sociaux et les médias conservateurs.
Katie Miller, la voix médiatique du couple
Katie Miller est bien plus que l’épouse de Stephen Miller ; elle est une personnalité influente dans son propre droit sur le circuit des médias conservateurs américains. Ancienne conseillère et porte-parole de la Commission pour l’efficacité gouvernementale (DOGE), alors dirigée par Elon Musk, elle a travaillé sur des campagnes du Parti républicain et dans le monde de la communication politique, développant une présence influente comme commentatrice et podcasteuse sur les plateformes numériques. Son activité publique est souvent imbriquée avec les narratives pro-républicaines et proche des positions de l’ancienne administration Trump.
La publication de l’image du Groenland aux couleurs américaines doit être comprise dans ce contexte : Katie Miller n’est pas une utilisatrice anonyme de X mais une acteur politique consciente de l’impact de ses publications. Son profil est devenu un terrain de spéculation sur les possibles intérêts stratégiques américains au Groenland, et son message sans explication a été conçu pour provoquer une réaction tout en laissant suffisamment d’ambiguïté pour dénier toute intention offensive. Cette tactique typique de la communication trumpiste — faire une déclaration provocatrice, attendre la réaction, puis reculer ou minimiser — permet de tester les limites et d’envoyer des signaux sans s’engager formellement.
Section 4 : L'enjeu stratégique de l'Arctique
Une région en pleine transformation
L’Arctique connaît des transformations sans précédent dues au changement climatique, avec des conséquences géopolitiques majeures. La fonte de la calotte glaciaire et la diminution de la banquise ouvrent progressivement de nouvelles routes maritimes, rendant accessibles des ressources naturelles précédemment inexploitables. Selon les estimations scientifiques, l’Arctique pourrait devenir libre de glace en été d’ici 2035-2040, créant de nouvelles opportunités commerciales mais aussi de nouveaux points de friction entre les puissances régionales et mondiales. Cette transformation place l’Arctique au centre des préoccupations stratégiques des États-Unis, de la Russie, de la Chine, du Canada, de la Norvège et du Danemark.
La Russie a développé des capacités militaires importantes dans l’Arctique, rouvrant d’anciennes bases soviétiques, déployant des brise-glaces nucléaires et testant de nouveaux systèmes d’armes dans cette région. Moscou considère l’Arctique comme une zone d’intérêt vital et revendique une souveraineté étendue sur la plate-forme continentale arctique, notamment sur la dorsale de Lomonossov, qu’elle relie directement au territoire continental russe. Cette militarisation inquiète les membres de l’OTAN, qui voient dans l’Arctique un nouveau théâtre potentiel de confrontation entre l’Alliance atlantique et la Russie, particulièrement dans un contexte de tensions généralisées entre les deux blocs depuis l’invasion de l’Ukraine en 2022.
La dimension militaire du Groenland
Le Groenland abrite la base militaire américaine de Thulé (Qaanaaq), l’une des installations les plus septentrionales de l’OTAN, située à environ 1 200 kilomètres du Pôle Nord. Cette base joue un rôle crucial dans le système de détection de missiles balistiques, le réseau spatial américain et la surveillance de l’espace aérien arctique. Elle abrite également des systèmes de radar avancés et sert de station pour les satellites de communication. La base de Thulé illustre la longue tradition de coopération militaire entre les États-Unis et le Danemark dans l’Arctique, qui remonte à la Seconde Guerre mondiale et a été formalisée par le traité de défense de 1951.
En 2025, le gouvernement danois a alloué environ 13,7 milliards de dollars pour renforcer ses capacités de défense dans l’Arctique et l’Atlantique Nord, une réponse directe aux ambitions militaires russes et chinoises dans la région. Cet investissement massif comprend le renforcement de la surveillance maritime, l’amélioration des capacités de recherche et sauvetage, et le développement d’infrastructures militaires au Groenland et aux îles Féroé. La présence militaire américaine au Groenland, bien que acceptée par Copenhague dans le cadre de l’alliance OTAN, est un sujet sensible, particulièrement depuis que Donald Trump a exprimé son intérêt pour l’acquisition du territoire.
Section 5 : La dimension économique et ressources naturelles
Un eldorado minier en devenir
Beyond son importance militaire, le Groenland recèle des ressources naturelles considérables qui en font un territoire hautement convoité. Les géologues estiment que l’île pourrait contenir d’importants gisements de terres rares — des éléments essentiels pour la fabrication d’équipements électroniques, de véhicules électriques, d’éoliennes et d’armements — ainsi que du zinc, du cuivre, du fer, de l’uranium et potentiellement du pétrole et de gaz offshore. L’estimation de la valeur totale des ressources minérales du Groenland varie considérablement, mais certaines évaluations la placent dans les centaines de milliards, voire des trillions de dollars.
La fonte de la calotte glaciaire due au réchauffement climatique rend progressivement ces ressources plus accessibles, transformant le Groenland en une nouvelle frontière minière. Plusieurs compagnies internationales ont obtenu des permis d’exploration, bien que l’exploitation commerciale n’ait pas encore vraiment commencé en raison des défis logistiques, environnementaux et politiques. Le gouvernement groenlandais, conscient des enjeux économiques mais aussi des risques environnementaux et sociaux, cherche à développer une approche équilibrée qui maximise les bénéfices économiques tout en minimisant l’impact environnemental et en respectant les droits des communautés autochtones.
Cette dimension économique de la crise du Groenland est particulièrement troublante. Elle nous ramène à cette vieille histoire de l’extraction et de l’appropriation des ressources des peuples autochtones par des puissances extérieures. Les Groenlandais, majoritairement Inuits, ont déjà une histoire douloureuse de colonisation et d’exploitation par le Danemark. Aujourd’hui, ils risquent de devenir les acteurs secondaires d’une nouvelle ruée vers les ressources orchestrée par des puissances étrangères. Ironiquement, c’est le changement climatique — causé par les pays industrialisés, dont les États-Unis sont les plus grands contributeurs historiques — qui rend ces ressources accessibles, ouvrant la voie à une nouvelle vague d’exploitation. C’est une double injustice : les communautés autochtones subissent les impacts du changement climatique tout en voyant leurs territoires convoités pour l’extraction des ressources qui ont contribué à ce changement.
Les terres rares et la compétition géopolitique
Les terres rares représentent un enjeu stratégique majeur dans la compétition géopolitique contemporaine. Ces 17 éléments, dont le néodyme, le dysprosium et le terbium, sont essentiels pour la fabrication de technologies de pointe : smartphones, ordinateurs, écrans plats, batteries pour véhicules électriques, éoliennes, équipements médicaux et systèmes de guidage militaire. La Chine domine actuellement le marché mondial des terres rares, contrôlant environ 60% de la production et 85% du raffinage, ce qui lui donne une influence considérable sur les chaînes d’approvisionnement mondiales.
Les États-Unis et d’autres pays occidentaux cherchent activement à diversifier leurs sources d’approvisionnement en terres rares pour réduire leur dépendance vis-à-vis de la Chine. Le Groenland, avec ses gisements potentiels, représente une opportunité stratégique majeure dans cette perspective. Les États-Unis ont notamment soutenu des projets d’exploration menés par des compagnies américaines au Groenland, bien que ces initiatives soient devenues politiquement sensibles depuis les déclarations de Donald Trump sur l’acquisition du territoire. La compétition pour les terres rares du Groenland s’inscrit dans une rivalité plus large entre les États-Unis et la Chine pour le contrôle des ressources critiques nécessaires aux technologies émergentes.
Section 6 : La réaction internationale et l'impact sur l'OTAN
Une alliance mise à l’épreuve
L’incident provoqué par la publication de Katie Miller survient dans un contexte de tensions croissantes au sein de l’OTAN, exacerbées par les positions de Donald Trump sur les dépenses de défense des alliés européens et ses remises en question répétées de l’engagement américain envers l’Article 5 du traité de l’Alliance atlantique. L’Article 5 stipule qu’une attaque contre un membre de l’OTAN est considérée comme une attaque contre tous, et il a été invoqué pour la première et unique fois après les attaques du 11 septembre 2001. Les menaces implicites de Trump contre le Groenland, territoire d’un allié de l’OTAN, créent une situation paradoxale où les États-Unis semblent remettre en question la souveraineté d’un allié tout en réclamant plus d’engagement de la part de ce même allié.
La réaction danoise souligne cette contradiction en rappelant que le Royaume du Danemark fait partie de l’OTAN et bénéficie ainsi de la garantie de sécurité de l’alliance. Cette affirmation suggère que la sécurité du Groenland est déjà garantie par l’Alliance atlantique, rendant inutile et contre-productive toute tentative américaine de prendre le contrôle du territoire. L’incident met en lumière les tensions profondes entre la vision trumpiste de l’Alliance atlantique — fondée sur des transactions et des contributions financières — et la conception traditionnelle de l’OTAN comme alliance de valeurs et de sécurité collective.
Cette crise au sein de l’OTAN me semble révéler une transformation profonde de la nature même de l’alliance. L’OTAN était née de la nécessité de contenir l’expansion soviétique et de garantir la sécurité collective des démocraties occidentales. C’était une alliance basée sur des valeurs partagées, la confiance mutuelle et le respect de la souveraineté de chaque membre. Aujourd’hui, sous l’influence de Donald Trump, l’OTAN semble se transformer en une sorte d’assurance payante où les garanties de sécurité seraient conditionnées à des contributions financières et où les intérêts nationaux américains primeraient sur la sécurité collective. C’est une vision transactionnelle de l’alliance qui mine sa fondation même et qui pourrait, à terme, conduire à sa désintégration ou à sa transformation en une coalition ad hoc autour des intérêts américains du moment.
Les préoccupations des autres alliés européens
Beyond le Danemark, l’incident du Groenland suscite des inquiétudes parmi les autres alliés européens de l’OTAN, particulièrement les pays nordiques et baltes qui partagent des frontières ou des intérêts dans l’Arctique. La Norvège, la Suède, la Finlande et l’Islande suivent de près la situation, conscients que les ambitions américaines dans la région pourraient avoir des implications directes sur leur propre sécurité et souveraineté. Ces pays, traditionnellement proches des États-Unis dans le cadre de l’OTAN ou de partenariats de défense, sont maintenant confrontés à la possibilité que Washington puisse remettre en question les arrangements de sécurité existants.
Les pays baltes — l’Estonie, la Lettonie et la Lituanie — qui ont longtemps dépendu de la garantie de sécurité américaine face à la Russie, observent également avec inquiétude les développements au Groenland. Si les États-Unis sont prêts à remettre en question la souveraineté du Danemark sur un territoire stratégique, qu’est-ce qui les empêcherait de faire de même ailleurs ? Cette interrogation mine la confiance dans l’engagement américain envers la sécurité européenne et pourrait encourager certains pays à rechercher des arrangements de sécurité alternatifs ou à renforcer leur propre capacité de défense autonome.
Section 7 : L'opinion publique groenlandaise et la question de l'autodétermination
Un rejet massif de l’idée d’annexion américaine
L’opinion publique groenlandaise s’est clairement prononcée contre toute perspective d’annexion ou de vente du territoire aux États-Unis. En janvier 2025, un sondage publié dans le quotidien groenlandais Sermitsiaq révélait que 85% des Groenlandais s’opposaient à une future appartenance aux États-Unis, tandis que seulement 6% y étaient favorables. Ce rejet massif s’explique par plusieurs facteurs : l’attachement profond à l’identité groenlandaise et inuite, la méfiance héritée de l’histoire coloniale danoise, et la volonté de maîtriser son propre développement économique et politique.
Le Groenland jouit d’une large autonomie au sein du Royaume du Danemark depuis 1979, avec un parlement et un gouvernement locaux qui gèrent la plupart des affaires intérieures, tandis que Copenhague reste responsable de la défense et des affaires étrangères. Cette autonomie a été progressivement étendue au fil des décennies, notamment suite au référendum de 2008 qui a donné au Groenland le contrôle sur ses ressources naturelles. Les Groenlandais aspirent à une plus grande autonomie, voire à l’indépendance complète, mais selon leurs propres termes et à leur propre rythme, et non comme résultat d’une transaction entre puissances étrangères.
Les aspirations à l’indépendance
La question de l’indépendance du Groenland fait l’objet de débats constants dans la politique groenlandaise depuis l’obtention de l’autonomie en 1979. Les partis politiques groenlandais se situent sur un spectre allant de ceux qui prônent une indépendance rapide à ceux qui favorisent une approche plus graduelle, conditionnée à la viabilité économique du territoire. Le principal défi pour l’indépendance reste économique : le Groenland dépend encore fortement des transferts financiers du Danemark (environ 500 millions d’euros annuels) pour financer ses services publics et infrastructure.
Cependant, les perspectives économiques du Groenland s’améliorent progressivement, notamment grâce à la pêche (qui représente environ 90% des exportations), au tourisme croissant et aux potentialités minières. Certains analystes estiment que le Groenland pourrait atteindre la viabilité économique dans les 10 à 15 prochaines années, ouvrant la voie à une indépendance complète. Dans ce contexte, toute tentative extérieure de déterminer l’avenir du territoire — que ce soit par les États-Unis ou par le Danemark — est perçue comme une violation du droit à l’autodétermination du peuple groenlandais.
Section 8 : Le contexte vénézuélien et la doctrine Trump
L’opération au Venezuela comme précédent inquiétant
La publication de l’image du Groenland par Katie Miller est intervenue quelques heures seulement après l’opération militaire américaine au Venezuela qui avait conduit à la capture du président Nicolás Maduro. Cette concomitance n’est certainement pas fortuite et suggère un modèle d’action qui pourrait être appliqué ailleurs, y compris au Groenland. L’intervention américaine au Venezuela, présentée comme une opération de « justice » contre un dirigeant accusé de narcotrafic et de violations des droits de l’homme, a été condamnée par de nombreux pays comme une violation de la souveraineté vénézuélienne et un retour aux pratiques interventionnistes d’un autre âge.
Dans un entretien avec The Atlantic, Donald Trump a été interrogé sur les implications de l’opération au Venezuela pour le Groenland, répondant que c’est à nos partenaires de les évaluer. Il a ajouté : Mais nous avons absolument besoin du Groenland. Nous en avons besoin pour notre défense. Cette déclaration suggère que la doctrine étrangère de Trump s’appuie sur une conception expansive de la « défense nationale » qui pourrait justifier des actions unilatérales contre des territoires jugés stratégiques, indépendamment du droit international et de la souveraineté des États.
Ce qui m’effraie le plus dans cette séquence d’événements, c’est l’émergence d’une nouvelle doctrine interventionniste américaine qui combine l’arrogance impériale du XIXe siècle avec les capacités militaires du XXIe. L’opération au Venezuela, suivie de près par les menaces implicites sur le Groenland, suggère une volonté de résoudre les problèmes géopolitiques par des actions militaires unilatérales plutôt que par la diplomatie multilatérale. C’est un retour à la « politique de la canonnière » mais avec des armes et technologies infiniment plus destructrices. Trump semble considérer que les États-Unis ont le droit d’intervenir partout où leurs intérêts sont en jeu, sans se soucier des frontières, de la souveraineté ou du droit international. C’est une vision du monde dangereuse qui pourrait déstabiliser l’ordre international établi depuis 1945.
La conception trumpiste de l’intérêt national
La politique étrangère de Donald Trump se caractérise par une conception agressive et transactionnelle de l’intérêt national américain, qui place les intérêts économiques et sécuritaires de Washington au-dessus de toute autre considération. Cette approche rejette le multilatéralisme, critique les alliances traditionnelles comme des charges injustes pour les États-Unis, et privilégie les actions bilatérales et unilatérales. Les annonces récentes de Trump, y compris la nomination en décembre 2025 d’un envoyé spécial pour le Groenland, s’inscrivent dans cette logique d’affirmation des intérêts américains par tous les moyens nécessaires.
La nomination de Jeff Landry, gouverneur de Louisiane, comme envoyé spécial américain pour le Groenland, a déjà provoqué un tollé au Danemark et au Groenland. Cette nomination, sans consultation préalable avec Copenhague ou Nuuk, a été perçue comme une tentative d’établir une relation directe avec le Groenland, contournant le gouvernement danois et suggérant une remise en question de la souveraineté danoise sur le territoire. Cette approche unilatérale contraste violemment avec la tradition de diplomatie respectueuse et consultative qui a caractérisé les relations entre les États-Unis et le Danemark depuis des décennies.
Section 9 : Les répercussions économiques pour le Danemark
Un allié historique et commercial
Le Danemark est un allié historique et traditionnel des États-Unis, se fournissant largement auprès de Washington pour son armement et sa défense. Les deux pays coopèrent étroitement dans de nombreux domaines, notamment la sécurité, le commerce, la recherche scientifique et les échanges culturels. Les entreprises danoises sont fortement implantées aux États-Unis, et les investissements américains au Danemark sont significatifs. Cette relation économique interdépendante pourrait être menacée si les tensions autour du Groenland s’intensifient.
Les menaces implicites de Trump contre le Groenland pourraient conduire le Danemark à réévaluer ses partenariats de défense et à rechercher des alternatives aux équipements militaires américains. Copenhague pourrait également être amenée à renforcer sa coopération avec d’autres partenaires européens dans le cadre de l’Union européenne et de l’OTAN, réduisant sa dépendance vis-à-vis des États-Unis. De plus, les entreprises danoises opérant aux États-Unis pourraient faire face à des pressions ou à des discriminations si les relations diplomatiques entre les deux pays continuaient à se détériorer.
Les implications pour la coopération arctique
Le Danemark joue un rôle central dans les institutions de coopération arctique, notamment le Conseil de l’Arctique, qui regroupe les huit États arctiques (Canada, Danemark/Groenland, États-Unis, Finlande, Islande, Norvège, Russie et Suède) ainsi que six organisations de peuples autochtones. Cette coopération repose sur le respect de la souveraineté de chaque État membre et la recherche de consensus sur les enjeux environnementaux, scientifiques et de développement durable dans l’Arctique.
Les ambitions américaines sur le Groenland menacent cette coopération en introduisant des tensions géopolitiques dans un forum qui a jusqu’ici réussi à maintenir une certaine distance par rapport aux rivalités internationales. Si les États-Unis continuent à remettre en question la souveraineté danoise sur le Groenland, cela pourrait paralyser le Conseil de l’Arctique et d’autres mécanismes de coopération régionale, rendant plus difficile la gestion des défis environnementaux et économiques de l’Arctique. Cette paralysie serait particulièrement préjudiciable dans un contexte de changement climatique rapide qui exige une coordination internationale accrue.
Section 10 : La dimension symbolique et culturelle
L’identité groenlandaise en jeu
Beyond les enjeux stratégiques et économiques, la crise du Groenland revêt une dimension symbolique et culturelle fondamentale. Le Groenland est habité par un peuple inuit avec une langue, une culture et une identité distinctes, qui ont survécu à des siècles de colonisation danoise et d’assimilation forcée. L’île a obtenu son autonomie interne en 1979 et a depuis lors entrepris un processus de réappropriation culturelle et politique, incluant la reconnaissance du groenlandais comme langue officielle, la promotion de l’éducation bilingue et la valorisation des traditions inuites.
L’image du Groenland recouvert par le drapeau américain publiée par Katie Miller est perçue par beaucoup de Groenlandais comme une insulte à leur identité et une négation de leur existence en tant que nation distincte. Elle suggère que le Groenland n’est qu’un territoire vide ou disponible, sans peuple, sans histoire, sans droits — une « tabula rasa » sur laquelle les ambitions américaines pourraient s’écrire librement. Cette perception renforce les sentiments anti-américains au Groenland et pourrait même paradoxalement renforcer les liens avec le Danemark, perçu comme un protecteur face aux ambitions expansionnistes américaines.
Cette dimension culturelle de la crise est celle qui me touche le plus profondément. Il y a quelque chose d’effroyablement colonial dans cette image du Groenland aux couleurs américaines, quelque chose qui rappire les pires moments de l’histoire de l’impérialisme européen où des territoires entiers étaient tracés sur des cartes et partagés entre puissances sans la moindre considération pour les peuples qui y vivaient. Les Inuits du Groenland ont survécu à des siècles de colonialisme danois, à des politiques d’assimilation forcée, à la relocation forcée de communautés. Aujourd’hui, ils revendiquent leur droit à l’autodétermination et à la maîtrise de leur avenir. Que l’épouse d’un conseiller américain publie une image suggérant que leur territoire pourrait être « acquis » est une insulte à leur dignité et une négation de leur humanité.
Les leçons de l’histoire coloniale
Le Danemark lui-même a une histoire coloniale complexe avec le Groenland, qui a été colonisé par le royaume danois à partir du XVIIIe siècle. Cette colonisation a inclus des politiques d’assimilation forcée, le déplacement de populations, l’interdiction des pratiques culturelles traditionnelles et l’extraction de ressources sans bénéfices significatifs pour les populations locales. Ce n’est que dans les décennies récentes que le Danemark a commencé à reconnaître ces injustices et à œuvrer vers une relation plus égalitaire avec le Groenland, incluant des transferts financiers importants et l’extension de l’autonomie politique.
Dans ce contexte, les menaces américaines contre la souveraineté danoise sur le Groenland placent Copenhague dans une position paradoxale : défendant un territoire qu’il a lui-même colonisé contre une nouvelle forme d’impérialisme. Cette situation soulève des questions complexes sur la souveraineté, l’autodétermination et la réparation des injustices historiques. Certains intellectuels groenlandais suggèrent que la meilleure réponse aux ambitions américaines serait d’accélérer le processus vers l’indépendance complète, plutôt que de compter sur la protection danoise.
Section 11 : Les scénarios futurs et les issues possibles
De la diplomatie à la confrontation
Plusieurs scénarios sont envisageables pour l’évolution de la crise autour du Groenland dans les mois et années à venir. Le scénario le plus optimiste verrait un retour à la diplomatie traditionnelle, avec des pourparlers informels entre Washington et Copenhague pour apaiser les tensions et réaffirmer le respect de la souveraineté danoise. Ce scénario supposerait toutefois un changement dans l’approche de l’administration Trump, ce qui semble peu probable compte tenu de la cohérence de ses positions sur le Groenland.
Un scénario intermédiaire pourrait voir une continuation de la tension actuelle, avec des déclarations provocatrices périodiques, des nominations d’envoyés spéciaux américains pour le Groenland, et des réactions fermes mais mesurées de la part du Danemark. Dans ce scénario, le Groenland deviendrait un sujet de friction constant dans les relations américano-danoises, mais sans escalade militaire directe. Les relations économiques et militaires entre les deux pays continueraient, mais dans un climat de méfiance mutuelle croissante.
Le risque d’escalade militaire
Le scénario le plus pessimiste, bien que peu probable à court terme, verrait une escalade significative des tensions, pouvant aller jusqu’à des actions militaires américaines directes contre le Groenland. Donald Trump a déjà refusé d’exclure l’option militaire pour prendre le contrôle du territoire, et sa doctrine étrangère suggère une volonté d’utiliser la force militaire pour atteindre ses objectifs stratégiques. Une telle action constituerait une violation sans précédent du droit international et de l’Article 5 de l’OTAN, et pourrait déclencher une crise majeure au sein de l’Alliance atlantique.
Si les États-Unis devaient entreprendre une action militaire contre le Groenland, le Danemark serait contraint d’invoquer l’Article 5 de l’OTAN, plaçant l’Alliance dans une situation paradoxale où les États-Unis seraient à la fois l’agresseur et le défenseur potentiel. Cette crise pourrait conduire à la fragmentation de l’OTAN, avec certains pays refusant de soutenir une action américaine contre un allié, et d’autres choisissant de rester alignés sur Washington pour des raisons de sécurité ou économiques. La rupture de l’OTAN aurait des conséquences profondes et durables sur l’ordre de sécurité européen et mondial.
Conclusion : L'avenir incertain du Groenland
Un moment décisif pour l’ordre international
L’incident provoqué par la publication de l’image du Groenland aux couleurs américaines par Katie Miller représente bien plus qu’une simple gaffe diplomatique ou un tweet malheureux. Il incarne une transformation profonde de la politique étrangère américaine et des relations internationales, marquée par le retour à une conception impérialiste et transactionnelle des relations entre États. Le Groenland, avec ses ressources naturelles considérables et sa position stratégique dans l’Arctique, est devenu le symbole de cette nouvelle approche, où les intérêts nationaux priment sur le droit international et la souveraineté des nations.
La réaction ferme et unanime du Danemark et du Groenland démontre que cette approche ne sera pas acceptée sans résistance. Les déclarations de Jens-Frederik Nielsen, Mette Frederiksen et Jesper Møller Sørensen affirment clairement que le Groenland n’est pas à vendre et que son avenir sera décidé par son peuple et non par des tweets provocateurs ou des ambitions expansionnistes étrangères. Cette confrontation entre l’approche trumpiste de l’international et la défense de l’ordre international existant pourrait définir l’avenir des relations transatlantiques et de l’OTAN dans les années à venir.
Alors que j’écris ces lignes, je ne peux m’empêcher de penser à ce que cette histoire du Groenland nous dit sur l’état du monde au début de 2026. Nous sommes à un moment charnière où les principes qui ont guidé les relations internationales depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale — le respect de la souveraineté, la coopération multilatérale, la sécurité collective — sont remis en question par une vision du monde qui privilégie la force brute et les intérêts nationaux immédiats. L’image du Groenland aux couleurs américaines publiée par Katie Miller est plus qu’un simple meme : c’est un symbole puissant de cette transformation, un avertissement de ce que le monde pourrait devenir si nous laissions les ambitions impériales l’emporter sur le droit et la justice.
Les prochains mois seront cruciaux pour déterminer si la communauté internationale parviendra à résister à cette pression et à maintenir un ordre basé sur des règles, ou si nous assisterons à une nouvelle ère de confrontation et d’impérialisme. Le Danemark, petit pays nordique, se trouve au premier rang de cette bataille, défendant non seulement sa propre souveraineté mais aussi les principes fondamentaux de l’ordre international. Son message est clair : le Groenland n’est pas à vendre, et l’avenir du territoire sera décidé par son peuple. Reste à savoir si ce message sera entendu à Washington et ailleurs, ou si la logique de la puissance brute continuera à prévaloir.
Sources
Sources primaires
Le Monde, « Le Groenland appelle au ‘respect’ de son intégrité après un tweet de l’épouse d’un conseiller de Donald Trump », 4 janvier 2026, AFP. La Presse, « Le Danemark s’élève contre les nouvelles menaces américaines », 4 janvier 2026, Etienne Fontaine, Agence France-Presse. Il Sole 24 Ore, « ‘Soon Greenland!’: Katie Miller’s post reignites tensions between the US and Denmark », 4 janvier 2026, Angelica Migliorisi. Déclarations de Mette Frederiksen, première ministre danoise, communiqué officiel, 4 janvier 2026. Déclarations de Jens-Frederik Nielsen, premier ministre du Groenland, Facebook, 4 janvier 2026. Réponse de Jesper Møller Sørensen, ambassadeur du Danemark aux États-Unis, X (anciennement Twitter), 4 janvier 2026.
Sources secondaires
The Atlantic, entretien avec Donald Trump sur le Venezuela et le Groenland, janvier 2026. Sermitsiaq, sondage sur l’opinion groenlandaise concernant une appartenance aux États-Unis, janvier 2025. Encyclopædia Britannica, biographie de Stephen Miller, mise à jour 2025. Rapports du Conseil de l’Arctique sur la coopération régionale et les défis environnementaux, 2025. Études géologiques sur les ressources naturelles du Groenland, Geological Survey of Denmark and Greenland, 2025. Analyses sur la militarisation de l’Arctique, Stockholm International Peace Research Institute, 2025.
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