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Les ministres tombés sous le coup de l’enquête

La vague de démissions qui a suivi les révélations du NABU illustre l’ampleur des perturbations politiques causées par ce scandale. Le président Zelensky a dû demander le départ du ministre de la Justice Herman Halushchenko et de la ministre de l’Énergie Svitlana Grynchuk, deux figures clés de son administration. Herman Halushchenko, qui avait précédemment dirigé le ministère de l’Énergie d’avril 2021 à juillet 2025 et occupé le poste de vice-président d’Energoatom de 2020 à 2021, a vu son domicile faire l’objet d’une perquisition dans le cadre de l’enquête. Pour sa part, Svitlana Grynchuk, qui n’avait pris ses fonctions que très récemment, a été contrainte de démissionner quelques jours seulement après sa nomination, une fin de mandat brutale qui témoigne de la gravité des accusations portées contre elle.

Ces démissions ne sont que la partie émergée de l’iceberg dans ce qui apparaît comme un système de corruption systémique touchant le secteur énergétique ukrainien. Les enquêteurs du NABU ont identifié plusieurs autres personnes impliquées, notamment Oleksii Chernyshov, ancien ministre de la Défense et membre actuel du Conseil de sécurité et de défense nationale, Rustem Umerov, également ancien ministre de la Défense, et Ihor Myroniuk, ancien chef adjoint du Fonds des biens de l’État et ancien conseiller d’Herman Halushchenko. Ces noms illustrent comment le réseau corrompu s’était infiltré jusqu’au plus haut niveau de l’État ukrainien, compromettant potentiellement la sécurité nationale et l’effort de guerre du pays.

Il y a quelque chose de particulièrement cynique dans le fait que des personnes qui ont juré de servir leur pays et de protéger ses intérêts soient accusées d’avoir servi leurs propres intérêts financiers aux dépens de la nation. Pendant que les soldats ukrainiens se battent courageusement sur le front, que les civils endurent les privations et les bombardements russes, il est insupportable de penser que certains fonctionnaires auraient pu considérer leurs positions comme une opportunité d’enrichissement personnel. Cette trahison des élites nourrit un sentiment de colère et de désillusion qui risque de laisser des cicatrices profondes dans la société ukrainienne bien après la fin du conflit.

Le rôle central de Timur Mindich

Au cœur de ce système corrompu se trouverait Timur Mindich, un homme d’affaires et producteur de cinéma considéré comme un proche associé et confident du président Zelensky. Timur Mindich est notamment co-propriétaire de la société de production de télévision « Kvartal-95 » que Zelensky avait cofondée en 2003 avant d’entrer en politique. Selon les enquêteurs, il serait le chef présumé de l’organisation criminelle, utilisant le nom de code « Karlson » dans les enregistrements des écoutes téléphoniques. Les documents du NABU affirment qu’il contrôlait ce qui a été décrit comme un « laveur« , un système sophistiqué permettant de canaliser les fonds obtenus par des activités criminelles vers le système financier légal.

La situation autour de Timur Mindich est d’autant plus explosive qu’il aurait fui l’Ukraine quelques heures seulement avant que les forces de l’ordre ne perquisitionnent son domicile. Selon des sources citées par le média ukrainien Ukrainska Pravda, il se trouverait actuellement en Israël, un pays qui ne dispose pas d’accord d’extradition avec l’Ukraine. Cette fuite précipitante renforce l’impression d’une coupable conscience et complique considérablement les efforts des autorités ukrainiennes pour le traduire en justice. Le cas de Timur Mindich illustre parfaitement comment les liens personnels et professionnels anciens avec le président peuvent créer des situations potentiellement compromettantes pour le chef de l’État.

Là où cela devient vraiment inquiétant, c’est quand on réalise à quel point les cercles de pouvoir peuvent être étroits et incestueux. Le fait que le même cercle d’amis et de collaborateurs qui entourait Zelensky dans sa carrière d’humoriste et de producteur de télévision se retrouve impliqué dans un scandale de corruption de cette ampleur soulève des questions fondamentales sur le fonctionnement de la démocratie ukrainienne. Est-ce que le simple fait de connaître le président personnellement garantit l’impunité ? Est-ce que les compétences et l’intégrité ont été sacrifiées sur l’autel de la loyauté personnelle ? Ces questions méritent des honnêtes réponses, car elles touchent au cœur même de la légitimité du pouvoir politique.

Sources

Sources primaires

BBC News, « Major corruption scandal engulfs top Zelensky allies », 12 novembre 2025, https://www.bbc.com/news/articles/cy8vw62j3g9o

Deutsche Welle, « Ukraine’s corruption scandal: What do we know so far? », 12 novembre 2025, https://www.dw.com/en/ukraine-volodymyr-zelensky-corruption-scandalgrynchuk-galushchenko-money-laundering-nabu/a-74718720

CNN, « Zelensky’s top aide and key peace negotiator resigns after anti-corruption raid of his home », 28 novembre 2025, https://www.cnn.com/2025/11/28/world/andriy-yermak-ukraine-corruption-raid-intl

Sources secondaires

Atlantic Council, « Zelenskyy faces the biggest corruption scandal of his presidency », 17 novembre 2025, https://www.atlanticcouncil.org/blogs/ukrainealert/zelenskyy-faces-the-biggest-corruption-scandal-of-his-presidency/

Reuters, « Trump says US and Ukraine ‘a lot closer’ on peace deal but ‘thorny issues’ remain », 28 décembre 2025, https://www.reuters.com/world/europe/zelenskiy-meet-trump-florida-talks-ukraine-peace-plan-2025-12-28/

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