La France et le Royaume-Uni ouvrent la voie
Macron n’a pas mâché ses mots. La France pourrait déployer plusieurs milliers de soldats français sur le sol ukrainien après la guerre. Plusieurs milliers. Pas quelques centaines d’observateurs en gilets pare-balles qui prennent des notes. Non. Des milliers de militaires français, équipés, armés, prêts à défendre l’Ukraine contre une nouvelle agression russe. C’est un engagement colossal. Un engagement qui fait trembler les chancelleries européennes parce qu’il brise un tabou vieux de quatre ans : celui de ne jamais envoyer de troupes de l’OTAN en Ukraine. Officiellement, ces soldats ne seront pas là en tant que forces de l’OTAN. Ils seront là en tant que forces de la Coalition des Volontaires. Une nuance juridique qui ne trompera personne à Moscou.
Keir Starmer a été tout aussi explicite. Le Royaume-Uni et la France établiront des hubs militaires à travers l’Ukraine et construiront des installations protégées pour les armes et l’équipement militaire. Des hubs. Des bases. Des infrastructures permanentes. Ce n’est pas une mission de maintien de la paix temporaire. C’est une présence militaire occidentale durable sur le territoire ukrainien. Une présence qui sécurisera les cieux et les mers de l’Ukraine, qui régénérera ses forces armées pour l’avenir. Starmer a également insisté sur les engagements contraignants que la coalition travaille à établir : si la Russie attaque à nouveau, les alliés interviendront. Pas de peut-être. Pas de on verra. Ils interviendront. C’est écrit. C’est signé. Du moins, c’est ce qu’on nous dit.
Et là, je dois l’avouer, je ressens quelque chose. Un mélange d’espoir et de scepticisme. Espoir parce que enfin, enfin, l’Occident semble prêt à mettre ses soldats là où sont ses discours. Scepticisme parce que j’ai déjà vu trop de promesses s’évaporer. Trop de lignes rouges franchies sans conséquence. Trop de déclarations solennelles suivies de silences assourdissants. Mais cette fois, peut-être, peut-être que c’est différent. Peut-être que Macron et Starmer sont sérieux. Peut-être que l’Europe a enfin compris qu’abandonner l’Ukraine, c’est signer son propre arrêt de mort stratégique.
L’Allemagne reste prudente
Friedrich Merz, le nouveau chancelier allemand, a adopté une position plus nuancée. L’Allemagne continuera de contribuer politiquement, financièrement et militairement, a-t-il déclaré. Mais sur le type et l’ampleur de la contribution allemande, le gouvernement et le Bundestag devront décider une fois que les conditions du cessez-le-feu seront clarifiées. En clair : Berlin ne s’engage pas à envoyer des troupes en Ukraine. Du moins, pas sur le territoire ukrainien. Merz a évoqué la possibilité de déployer des forces allemandes pour l’Ukraine sur le territoire voisin de l’OTAN. La Pologne, probablement. Ou la Roumanie. Des pays frontaliers où l’Allemagne pourrait stationner des troupes prêtes à intervenir sans franchir la ligne rouge du déploiement direct en Ukraine.
Cette prudence allemande n’est pas surprenante. L’Allemagne a toujours été réticente à s’engager militairement dans des zones de conflit. L’histoire pèse lourd. Les fantômes du passé hantent encore les décisions du présent. Mais Merz a ajouté une phrase intéressante : nous n’excluons rien. Rien. Ce qui signifie que si la situation l’exige, si Poutine pousse trop loin, l’Allemagne pourrait changer d’avis. C’est une porte entrouverte. Une possibilité laissée ouverte. Et dans le monde de la diplomatie, une porte entrouverte, c’est déjà beaucoup.
Les garanties de sécurité : du concret ou du vent
Un mécanisme de dissuasion robuste
Les garanties de sécurité annoncées à Paris ne sont pas de simples déclarations d’amitié. Elles incluent trois piliers concrets. Premier pilier : la participation à la surveillance et à la vérification d’un cessez-le-feu sous direction américaine. Deuxième pilier : le soutien à long terme pour la fourniture d’armements destinés à la défense de l’Ukraine. Troisième pilier : des engagements contraignants pour soutenir l’Ukraine en cas de future attaque armée par la Russie. Ces trois piliers forment ce que Macron a appelé des garanties robustes pour une paix solide et durable. Robustes. Le mot est important. Il signifie que ces garanties ne sont pas symboliques. Elles ont des dents. Elles mordent.
Steve Witkoff a insisté sur la force de ces protocoles de sécurité. Ils sont conçus pour dissuader toute nouvelle attaque contre l’Ukraine, et si une attaque se produit malgré tout, ils sont conçus pour défendre. Dissuader et défendre. Les deux fonctions essentielles de toute garantie de sécurité crédible. Witkoff a également déclaré que ces protocoles sont largement terminés, ce qui signifie que les négociations techniques sont presque achevées. Il ne reste plus qu’à les formaliser juridiquement et à les mettre en œuvre. Jared Kushner a ajouté que cette journée représentait une étape majeure. Cela ne signifie pas que la paix est faite, a-t-il précisé, mais la paix ne serait pas possible sans les progrès réalisés aujourd’hui.
Je veux y croire. Je veux croire que ces garanties sont réelles. Que l’Occident ne laissera pas tomber l’Ukraine une fois que les caméras seront parties et que l’attention médiatique se sera déplacée vers la prochaine crise. Mais j’ai peur. Peur que ces garanties ne soient que des mots sur du papier. Peur que le premier test de ces engagements révèle leur fragilité. Peur que Poutine, calculateur comme toujours, attende simplement le bon moment pour frapper à nouveau, sachant que l’Occident hésitera, tergiversera, cherchera des excuses pour ne pas intervenir.
La question territoriale reste en suspens
Malgré tous ces progrès, une question cruciale demeure sans réponse : celle du territoire. Zelensky l’a reconnu lui-même après le sommet. La question territoriale est la plus importante qui reste à résoudre. La Russie occupe actuellement environ 20% du territoire ukrainien, incluant la Crimée annexée en 2014 et de larges portions du Donbass. Moscou exige que Kiev renonce officiellement à ces territoires comme condition préalable à tout accord de paix. L’Ukraine refuse catégoriquement. C’est l’impasse. Une impasse qui pourrait faire dérailler tous les efforts diplomatiques, toutes les garanties de sécurité, tous les engagements solennels signés à Paris.
Witkoff a déclaré que les options territoriales seront la question la plus critique et qu’il espère que des compromis pourront être trouvés. Des compromis. Le mot qui fait frémir à Kiev. Parce qu’un compromis sur le territoire, pour l’Ukraine, c’est accepter l’inacceptable. C’est légitimer l’agression. C’est dire à Poutine que la force paie. Zelensky a mentionné que les États-Unis et l’Ukraine ont discuté de certaines idées concernant la question territoriale. Certaines idées. Vagues. Floues. Rien de concret n’a été révélé. Et ce silence en dit long sur la difficulté de cette négociation. Parce que tant que cette question ne sera pas résolue, tous les autres accords restent suspendus dans le vide.
Poutine, le grand absent qui dicte le tempo
La Russie continue de frapper
Pendant que les diplomates signaient des documents à Paris, les missiles russes continuaient leur œuvre de destruction en Ukraine. Keir Starmer l’a souligné avec une franchise brutale : pour tous les mots de la Russie, Poutine ne montre pas qu’il est prêt pour la paix. Au cours des dernières semaines, on a vu le contraire. De nouvelles frappes horrifiques sur l’Ukraine, tuant et blessant des civils, coupant l’électricité à des millions de personnes en plein hiver. Ses forces ont frappé un hôpital à Kiev juste la veille du sommet de Paris. Un hôpital. Pas une base militaire. Pas un dépôt d’armes. Un hôpital où des médecins soignaient des malades, où des infirmières veillaient sur des patients, où des familles attendaient des nouvelles de leurs proches.
Poutine a également tenté de détourner l’attention des efforts de paix avec des affirmations non fondées d’attaques contre sa résidence. Une tactique classique de diversion. Créer du bruit médiatique pour brouiller le message. Faire croire qu’il est la victime alors qu’il est l’agresseur. Starmer a été catégorique : cela ne fait que renforcer notre détermination. Le Royaume-Uni continuera d’intensifier son soutien à la défense de l’Ukraine en 2026, pour s’assurer qu’elle obtienne l’équipement et le soutien nécessaires pour continuer le combat. Et la pression sur la Russie continuera, y compris de nouvelles mesures contre les traders de pétrole et les opérateurs de la flotte fantôme qui financent la machine de guerre de Poutine.
Voilà la réalité crue. Pendant que nous parlons de paix, Poutine fait la guerre. Pendant que nous signons des déclarations, il envoie des missiles. Pendant que nous négocions des compromis, il occupe des territoires. Et nous, que faisons-nous ? Nous espérons. Nous prions. Nous signons des papiers. Comme si des signatures pouvaient arrêter des bombes. Comme si des déclarations d’intention pouvaient protéger des civils. Je suis en colère. En colère contre cette impuissance. En colère contre cette lenteur. En colère contre ce décalage obscène entre l’urgence de la situation et la mollesse de notre réponse.
Les intentions du Kremlin restent opaques
Personne ne sait vraiment ce que veut Poutine. Veut-il vraiment la paix ? Ou joue-t-il simplement la montre, espérant que l’Occident se lassera, que l’Ukraine s’épuisera, que les divisions internes des démocraties occidentales finiront par avoir raison de leur unité ? La Russie a répété à plusieurs reprises qu’elle s’oppose à toute présence de bottes de l’OTAN sur le sol ukrainien pour surveiller un arrêt des hostilités. C’est une ligne rouge pour Moscou. Une ligne rouge que les Occidentaux s’apprêtent à franchir avec leurs plans de déploiement de forces multinationales. Que fera Poutine quand des soldats français et britanniques seront stationnés en Ukraine ? Acceptera-t-il cette réalité ? Ou considérera-t-il cela comme une provocation justifiant une nouvelle escalade ?
Le communiqué final du sommet de Paris contenait une phrase intéressante dans sa version préliminaire : Washington s’engageait à soutenir la force multinationale dirigée par les Européens en cas de nouvelle attaque de la Russie. Cette phrase a disparu du communiqué final. Disparue. Effacée. Pourquoi ? Parce que Trump ne voulait pas s’engager aussi explicitement ? Parce que les Américains veulent garder une marge de manœuvre ? Parce que promettre un soutien automatique en cas d’attaque russe, c’est s’engager dans une guerre potentielle avec une puissance nucléaire ? Cette suppression en dit long sur les limites de l’engagement américain. Sur la fragilité de ces garanties de sécurité qui semblent si solides en surface mais qui cachent tant d’incertitudes en profondeur.
Trump et l'Amérique : alliés ou spectateurs
Une approche transactionnelle
Donald Trump veut que ce carnage cesse. C’est ce qu’a déclaré Steve Witkoff au nom du président américain. Trump croit que cette guerre a assez duré. Qu’il est temps d’en finir. Qu’il faut trouver un accord, même imparfait, plutôt que de laisser le conflit s’éterniser. Cette approche pragmatique, transactionnelle, typique de Trump, inquiète certains alliés européens. Parce qu’un accord à tout prix, c’est potentiellement un accord aux dépens de l’Ukraine. Un accord qui sacrifierait les intérêts ukrainiens sur l’autel de la realpolitik. Un accord qui donnerait à Poutine une partie de ce qu’il veut en échange d’un cessez-le-feu temporaire.
Mais Witkoff a aussi insisté sur la solidité des protocoles de sécurité soutenus par Trump. Le président américain se tient fermement derrière ces protocoles, a-t-il affirmé. Ils sont conçus pour dissuader et défendre. Ils sont aussi forts que n’importe qui ait jamais vu. Des mots rassurants. Des promesses qui sonnent bien. Mais les Européens restent méfiants. Ils se souviennent du premier mandat de Trump, de son scepticisme envers l’OTAN, de ses menaces de retrait, de sa fascination pour les hommes forts comme Poutine. Ils se demandent si cette fois sera différente. Si Trump tiendra parole. Si l’Amérique restera engagée au-delà du cycle électoral, au-delà des tweets présidentiels, au-delà des caprices diplomatiques.
Trump. Ce nom qui divise, qui inquiète, qui fascine. Je ne sais pas quoi penser. D’un côté, son pragmatisme pourrait débloquer la situation. Son approche directe, sans fioritures diplomatiques, pourrait forcer Poutine à négocier sérieusement. De l’autre, sa tendance à tout voir comme une transaction commerciale me terrifie. Parce que l’Ukraine n’est pas un deal immobilier. Ce n’est pas une négociation où on peut couper la poire en deux et serrer la main. C’est une question de survie nationale. De dignité. De liberté. Et je crains que Trump ne comprenne pas vraiment ces enjeux.
La cellule de coordination Paris
L’une des décisions concrètes du sommet a été la création d’une cellule de coordination États-Unis-Ukraine-Coalition basée à Paris. Cette cellule servira de centre névralgique pour coordonner tous les aspects de la mise en œuvre des garanties de sécurité. Elle réunira des représentants américains, ukrainiens et européens qui travailleront ensemble au quotidien pour transformer les promesses en réalité. C’est un mécanisme institutionnel important. Parce que sans coordination, même les meilleures intentions se perdent dans les méandres bureaucratiques. Sans une structure claire, les engagements restent lettre morte.
Cette cellule supervisera le déploiement des forces, la fourniture d’armements, la surveillance du cessez-le-feu, et la réponse à toute violation. Elle sera le lien entre les capitales occidentales et le terrain ukrainien. Entre les décisions politiques et leur exécution militaire. Entre les promesses diplomatiques et leur concrétisation opérationnelle. Macron a insisté sur l’importance de cette structure. Elle garantit que tous les alliés parlent d’une seule voix, agissent de manière coordonnée, et maintiennent la pression sur la Russie. C’est la différence entre un engagement sérieux et une simple déclaration de bonnes intentions.
Les tensions sous-jacentes : Groenland et Venezuela
Trump déstabilise ses alliés
Le sommet de Paris s’est déroulé dans un contexte de tensions croissantes entre les États-Unis et l’Europe. Trump a récemment fait des déclarations provocatrices sur le Groenland, suggérant que les États-Unis pourraient chercher à l’acquérir ou à l’annexer. Il a également menacé d’intervenir militairement au Venezuela pour renverser le régime de Maduro. Ces déclarations ont choqué les capitales européennes. Elles ont ravivé les craintes d’un unilatéralisme américain agressif. Elles ont rappelé aux Européens que Trump ne se soucie pas vraiment des sensibilités diplomatiques, des normes internationales, ou de l’opinion de ses alliés.
Malgré ces tensions, les leaders européens ont choisi de mettre ces différends de côté pour se concentrer sur l’Ukraine. Macron a salué la présence des représentants américains à Paris. Starmer a souligné l’importance de l’unité transatlantique. Merz a insisté sur la nécessité de travailler ensemble. Tous ont fait l’effort de présenter un front uni. Mais sous la surface, les inquiétudes bouillonnent. Les Européens se demandent s’ils peuvent vraiment compter sur une Amérique dirigée par Trump. S’ils ne devraient pas commencer à développer leur propre capacité de défense indépendante. S’ils ne devraient pas se préparer à un monde où l’alliance atlantique n’est plus le pilier de leur sécurité.
Cette schizophrénie diplomatique me donne le vertige. D’un côté, nous avons besoin des États-Unis. De leur puissance militaire. De leur capacité de projection. De leur leadership. De l’autre, nous avons Trump qui menace le Groenland, qui parle d’annexer le Venezuela, qui traite les alliés européens comme des vassaux. Comment construire une stratégie de sécurité cohérente dans ces conditions ? Comment faire confiance à un partenaire aussi imprévisible ? Comment planifier l’avenir quand le présent est si chaotique ?
L’Europe face à ses responsabilités
Le sommet de Paris a révélé une vérité inconfortable : l’Europe doit assumer davantage de responsabilités pour sa propre sécurité. Les Américains sont prêts à aider, mais ils ne veulent plus porter seuls le fardeau. Trump l’a dit clairement pendant sa campagne : les Européens doivent payer leur part. Ils doivent augmenter leurs budgets de défense. Ils doivent développer leurs capacités militaires. Ils doivent cesser de dépendre exclusivement de la protection américaine. Et sur ce point, Trump n’a pas tort. L’Europe a profité pendant des décennies du parapluie sécuritaire américain. Elle a sous-investi dans sa défense. Elle s’est reposée sur l’OTAN sans vraiment contribuer à la hauteur de ses moyens.
Maintenant, la facture arrive. Et elle est salée. Déployer des milliers de soldats en Ukraine, cela coûte cher. Fournir des armes, des munitions, de l’équipement, cela coûte cher. Maintenir une présence militaire permanente, cela coûte cher. Construire des hubs militaires, des installations protégées, des infrastructures de défense, cela coûte cher. Les budgets nationaux sont déjà tendus. Les opinions publiques sont fatiguées de la guerre. Les gouvernements font face à des défis internes pressants. Mais l’alternative est pire. Parce que si l’Europe abandonne l’Ukraine, si elle laisse Poutine gagner, le message sera clair : l’agression paie. La force prime sur le droit. Et la prochaine cible pourrait être un pays de l’OTAN. La Pologne. Les États baltes. Et alors, il sera trop tard.
Les réactions internationales : entre espoir et scepticisme
L’Ukraine salue les avancées
Zelensky a exprimé sa satisfaction après le sommet. Ce ne sont pas que des mots, a-t-il déclaré. Il y a un contenu concret : une déclaration conjointe de tous les pays de la coalition et une déclaration trilatérale de la France, de la Grande-Bretagne et de l’Ukraine. Il a souligné que les militaires ont travaillé en détail sur tous les aspects du déploiement. Que l’Ukraine comprend maintenant qui est prêt à faire quoi. Que les discussions avec les Américains sur la surveillance ont été très substantielles. Que l’Amérique est prête à travailler sur ce dossier. Que les outils de dissuasion pour empêcher une nouvelle agression russe sont en place. Tout cela est positif. Tout cela représente un progrès réel.
Mais Zelensky n’est pas naïf. Il sait que les promesses ne suffisent pas. Il sait que l’histoire est remplie d’engagements non tenus. Il sait que l’Ukraine devra continuer à se battre, à résister, à prouver qu’elle mérite le soutien occidental. Il sait que la question territoriale reste le nœud du problème. Et il sait que tant que Poutine n’acceptera pas de négocier sérieusement, tous ces plans resteront théoriques. Mais pour l’instant, il choisit de voir le verre à moitié plein. De saluer les progrès. De remercier les alliés. De maintenir l’unité de la coalition. Parce que c’est son travail. Parce que c’est ce que son pays attend de lui. Parce que l’espoir, même fragile, vaut mieux que le désespoir.
Je pense à Zelensky. À cet homme qui a refusé l’évacuation proposée par les Américains au début de la guerre. Qui a dit « J’ai besoin de munitions, pas d’un taxi ». Qui est resté à Kiev quand tout le monde pensait que la ville tomberait en quelques jours. Qui a transformé son pays en symbole de résistance. Qui a fait de l’Ukraine la cause morale de notre époque. Et maintenant, il doit mendier des garanties de sécurité. Supplier ses alliés de tenir leurs promesses. Négocier des compromis qui lui arrachent le cœur. Quelle injustice. Quelle cruauté. Quelle tragédie.
La Russie dénonce une provocation
Sans surprise, Moscou a réagi négativement aux annonces du sommet de Paris. Le Kremlin a dénoncé une provocation occidentale. Une tentative d’encercler la Russie. Une violation des accords de sécurité européenne. Les porte-paroles russes ont répété que toute présence militaire occidentale en Ukraine serait considérée comme une menace directe pour la sécurité russe. Que la Russie prendrait toutes les mesures nécessaires pour protéger ses intérêts. Que l’Occident joue avec le feu. Les menaces habituelles. Le langage habituel. La rhétorique habituelle. Mais derrière ces mots, une réalité : Poutine ne veut pas de troupes occidentales en Ukraine. Il sait que cela changerait fondamentalement l’équilibre des forces. Que cela rendrait toute nouvelle agression beaucoup plus coûteuse. Que cela transformerait l’Ukraine en forteresse occidentale à ses frontières.
Certains analystes russes ont suggéré que Moscou pourrait utiliser ces déploiements comme prétexte pour refuser tout accord de paix. Que Poutine pourrait dire : comment puis-je accepter un cessez-le-feu quand l’OTAN installe des bases militaires en Ukraine ? C’est une tactique classique. Inverser les rôles. Se présenter comme la victime. Accuser l’autre camp de saboter les négociations. Mais personne n’est dupe. La Russie a envahi l’Ukraine. La Russie occupe 20% du territoire ukrainien. La Russie bombarde des civils. La Russie est l’agresseur. Et aucune rhétorique, aussi sophistiquée soit-elle, ne peut changer cette réalité fondamentale.
Les défis de la mise en œuvre
Le financement : qui paiera la facture
Déployer des milliers de soldats, construire des infrastructures militaires, fournir des armes en continu, surveiller un cessez-le-feu sur des milliers de kilomètres de front — tout cela coûte des milliards. Des dizaines de milliards. Peut-être des centaines de milliards sur le long terme. Qui paiera ? Les Européens espèrent que les Américains contribueront substantiellement. Les Américains espèrent que les Européens assumeront la majeure partie des coûts. Cette tension sur le financement pourrait devenir un point de friction majeur. Parce que les budgets nationaux sont limités. Parce que les opinions publiques sont réticentes à dépenser davantage pour la défense. Parce que chaque pays essaiera de minimiser sa contribution tout en maximisant son influence.
La France et le Royaume-Uni, en tant que leaders de cette initiative, devront montrer l’exemple. Ils devront mettre leur argent là où sont leurs discours. Ils devront convaincre leurs parlements, leurs contribuables, leurs citoyens que cet investissement en vaut la peine. Que la sécurité de l’Ukraine, c’est la sécurité de l’Europe. Que chaque euro dépensé pour défendre Kiev, c’est un euro investi dans la défense de Paris et de Londres. Ce ne sera pas facile. Les gouvernements européens font face à des défis économiques considérables. L’inflation, le chômage, la dette publique, les services sociaux sous-financés. Trouver des milliards supplémentaires pour l’Ukraine dans ce contexte sera un exercice politique périlleux.
L’argent. Toujours l’argent. On trouve des milliards pour sauver les banques. Des milliards pour subventionner les entreprises. Des milliards pour les réductions d’impôts. Mais quand il s’agit de défendre la liberté, de protéger la démocratie, de soutenir un pays qui se bat pour sa survie, soudain les caisses sont vides. Soudain il faut faire des choix difficiles. Soudain on parle de responsabilité budgétaire. Cette hypocrisie me révolte. Parce que si nous perdons l’Ukraine, nous perdrons bien plus que quelques milliards. Nous perdrons notre crédibilité. Notre influence. Notre sécurité. Et ça, ça n’a pas de prix.
La coordination opérationnelle
Coordonner les forces militaires de dizaines de pays n’est pas une mince affaire. Chaque armée a ses propres procédures, son propre équipement, sa propre langue, sa propre culture militaire. Faire travailler ensemble des soldats français, britanniques, polonais, italiens, espagnols, néerlandais, et d’autres, cela nécessite une coordination opérationnelle extrêmement sophistiquée. Il faut établir une chaîne de commandement claire. Des protocoles de communication standardisés. Des systèmes d’armes interopérables. Des procédures d’engagement communes. Tout cela prend du temps. Beaucoup de temps. Et pendant ce temps, la guerre continue.
La cellule de coordination basée à Paris jouera un rôle crucial dans ce processus. Mais elle ne pourra pas tout faire. Il faudra des exercices conjoints. Des entraînements communs. Des simulations. Des tests. Il faudra identifier les problèmes avant qu’ils ne deviennent critiques sur le terrain. Il faudra construire la confiance entre les différentes forces. Il faudra développer une compréhension mutuelle. Et tout cela doit se faire rapidement. Parce que si un cessez-le-feu est conclu demain, les forces devront être prêtes à se déployer immédiatement. Pas dans six mois. Pas dans un an. Immédiatement. C’est un défi logistique et organisationnel colossal.
L'avenir incertain : scénarios possibles
Le scénario optimiste : une paix durable
Dans le meilleur des cas, les négociations aboutissent à un accord acceptable pour toutes les parties. La Russie accepte de se retirer de certains territoires occupés. L’Ukraine accepte un statut de neutralité avec des garanties de sécurité solides. Les forces multinationales se déploient sans incident. Le cessez-le-feu tient. La reconstruction commence. L’Ukraine se relève. L’Europe respire. La paix s’installe. C’est le scénario optimiste. Celui que tout le monde espère. Celui pour lequel les diplomates travaillent jour et nuit. Celui qui permettrait de tourner la page de cette guerre horrible et de construire un avenir meilleur.
Mais ce scénario nécessite que plusieurs conditions soient remplies. Poutine doit accepter de négocier sérieusement. Trump doit maintenir son engagement. Les Européens doivent tenir leurs promesses. L’Ukraine doit accepter des compromis douloureux. Et surtout, tous les acteurs doivent avoir la volonté politique de faire fonctionner cet accord. De surmonter les inévitables difficultés. De résister aux tentations de revenir en arrière. De construire la confiance progressivement. C’est possible. Mais c’est difficile. Très difficile. Parce que la confiance, une fois brisée, est extrêmement difficile à reconstruire. Et entre la Russie et l’Occident, la confiance a été pulvérisée.
Je veux croire au scénario optimiste. Je veux imaginer un monde où cette guerre se termine enfin. Où les familles ukrainiennes peuvent rentrer chez elles. Où les enfants peuvent retourner à l’école sans craindre les sirènes d’alerte. Où les villes détruites se reconstruisent. Où la vie reprend. Mais je suis réaliste. Je sais que le chemin sera long. Semé d’embûches. Plein de déceptions. Et je me demande si nous avons vraiment la force, la patience, la détermination nécessaires pour aller jusqu’au bout.
Le scénario pessimiste : l’escalade
Dans le pire des cas, les négociations échouent. Poutine refuse tout compromis. Trump perd patience et se désintéresse du dossier. Les Européens se divisent. L’Ukraine, épuisée, commence à craquer. La Russie lance une nouvelle offensive. Les forces occidentales déployées en Ukraine sont attaquées. L’OTAN doit décider si elle intervient ou non. La crise s’aggrave. L’escalade devient incontrôlable. C’est le scénario pessimiste. Celui que personne ne veut envisager. Celui qui pourrait mener à une confrontation directe entre l’OTAN et la Russie. Celui qui pourrait dégénérer en conflit nucléaire.
Ce scénario n’est pas de la science-fiction. Il est plausible. Parce que Poutine a déjà montré qu’il était prêt à prendre des risques énormes. Parce que Trump est imprévisible. Parce que les Européens sont divisés. Parce que l’Ukraine est désespérée. Parce que les erreurs de calcul sont faciles en temps de guerre. Un incident. Une provocation. Une mauvaise interprétation. Et soudain, tout peut basculer. C’est pourquoi les garanties de sécurité sont si importantes. C’est pourquoi la dissuasion est cruciale. C’est pourquoi il faut absolument éviter l’ambiguïté. Parce que l’ambiguïté, en temps de crise, c’est l’invitation au désastre.
Conclusion : le moment de vérité approche
Le sommet de Paris du 6 janvier 2026 restera dans les livres d’histoire. Comme un tournant. Ou comme une occasion manquée. Cela dépendra de ce qui se passera dans les semaines et les mois à venir. Les garanties de sécurité annoncées sont les plus solides jamais proposées à l’Ukraine. Le déploiement de forces multinationales représente un engagement sans précédent. La coordination entre alliés n’a jamais été aussi étroite. Tout cela est positif. Tout cela représente un progrès réel. Mais les défis restent immenses. La question territoriale n’est pas résolue. Les intentions de Poutine restent opaques. Le financement n’est pas garanti. La coordination opérationnelle reste à construire. Et surtout, la volonté politique de tenir ces engagements sur le long terme reste à prouver.
L’Occident est à un carrefour. Il peut choisir de tenir ses promesses, de déployer ses forces, de défendre l’Ukraine coûte que coûte. Ou il peut choisir la facilité, le compromis facile, l’abandon déguisé. Le premier choix est difficile, coûteux, risqué. Mais c’est le seul qui préserve notre crédibilité, notre sécurité, nos valeurs. Le second choix est tentant, économique, prudent. Mais c’est celui qui nous condamne à l’insignifiance stratégique, à la vulnérabilité permanente, à la honte morale. Paris a montré que l’Occident est capable de s’unir, de décider, d’agir. Maintenant, il faut prouver que cette unité n’est pas éphémère. Que ces décisions ne sont pas creuses. Que ces actions ne sont pas symboliques. Le moment de vérité approche. Et l’histoire nous jugera sur ce que nous ferons. Pas sur ce que nous dirons.
Je termine cet article avec un sentiment mitigé. De l’espoir, parce que enfin quelque chose bouge. De la peur, parce que tant de choses peuvent encore mal tourner. De la colère, parce que cette guerre n’aurait jamais dû avoir lieu. De la tristesse, pour toutes les vies perdues, toutes les familles brisées, toutes les villes détruites. Mais surtout, de la détermination. Parce que nous ne pouvons pas laisser Poutine gagner. Nous ne pouvons pas abandonner l’Ukraine. Nous ne pouvons pas trahir nos valeurs. Nous devons tenir. Coûte que coûte. Jusqu’au bout. Parce que c’est notre responsabilité. Notre devoir. Notre honneur.
Sources
Ukrinform – « Zelensky after Paris meeting: We understand which coalition countries are willing to do what » – 6 janvier 2026 – https://www.ukrinform.net/rubric-polytics/4077443-zelensky-after-paris-meeting-we-understand-which-coalition-countries-are-willing-to-do-what.html
Le Monde – « Ukraine: Western allies agree on key security guarantees in Paris » – 6 janvier 2026 – https://www.lemonde.fr/en/international/article/2026/01/06/ukraine-western-allies-agree-on-key-security-guarantees-in-paris67491514.html
Reuters – « Key quotes from Paris meeting on Ukraine security guarantees » – 6 janvier 2026 – https://www.reuters.com/world/key-quotes-paris-meeting-ukraine-security-guarantees-2026-01-06/
UK Government – « PM remarks after Coalition of the Willing meeting: 6 January 2026 » – 6 janvier 2026 – https://www.gov.uk/government/speeches/pm-remarks-after-coalition-of-the-willing-meeting-6-january-2026
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