Cinq piliers pour une paix durable
La déclaration signée à Paris repose sur cinq composantes. Première : une force multinationale chargée de renforcer les forces armées ukrainiennes et d’assurer la sécurité « dans les airs, en mer et sur terre ». Deuxième : un mécanisme de surveillance du cessez-le-feu dirigé par les États-Unis. Troisième : un soutien continu à l’armée ukrainienne. Quatrième : des engagements contraignants pour soutenir Kiev en cas de nouvelle attaque russe. Cinquième : une coopération de défense à long terme avec l’Ukraine.
Sur le papier, c’est impressionnant. C’est complet. C’est exactement ce dont l’Ukraine a besoin pour se sentir en sécurité. Mais le diable est dans les détails. Combien de soldats seront déployés ? Où exactement ? Avec quel mandat ? Que se passe-t-il si la Russie attaque ces forces ? Les réponses à ces questions sont floues. Macron a parlé de « plusieurs milliers » de soldats français. Starmer a évoqué des « hubs militaires » à travers l’Ukraine. Mais aucun chiffre précis. Aucune carte. Aucun calendrier détaillé. Juste des promesses et des intentions. Et dans la géopolitique, les intentions ne suffisent pas.
Je lis ces cinq piliers et je pense : c’est exactement ce qu’il fallait faire il y a deux ans. Avant que des centaines de milliers de personnes ne meurent. Avant que des villes entières ne soient rasées. Mais mieux vaut tard que jamais, non ? Sauf que je ne peux pas m’empêcher de me demander si ce n’est pas trop peu, trop tard. Si Poutine n’a pas déjà gagné ce qu’il voulait. Si cette garantie de sécurité n’est pas juste un pansement sur une plaie béante qui ne guérira jamais vraiment.
Les garanties juridiquement contraignantes
Le communiqué parle de garanties « robustes » et « juridiquement contraignantes ». C’est important. Parce que jusqu’à présent, toutes les promesses faites à l’Ukraine étaient conditionnelles. Politiques. Révocables. Là, on parle d’engagements légaux. De traités. De documents qui lient les signataires devant le droit international. En théorie, ça change tout. En pratique, ça dépend de la volonté politique de les faire respecter. Et l’histoire récente nous a appris que les traités internationaux ne valent que ce que les puissances sont prêtes à investir pour les défendre.
Macron a insisté sur ce point : ces garanties sont « la clé pour s’assurer qu’un accord de paix ne peut jamais signifier une capitulation ukrainienne et qu’un accord de paix ne peut jamais signifier une nouvelle menace pour l’Ukraine » de la part de la Russie. C’est une déclaration forte. C’est une ligne rouge claire. Mais Poutine a déjà franchi tellement de lignes rouges qu’on peut se demander si une de plus fera vraiment la différence. La vraie question n’est pas ce qui est écrit sur le papier. C’est ce qui se passera le jour où Moscou décidera de tester ces garanties. Et ce jour viendra. C’est inévitable.
Les chiffres qui donnent le vertige
Entre 15 000 et 30 000 soldats : le débat sur la taille
Selon Radio Free Europe/Radio Liberty, les discussions ont porté sur le déploiement d’une force de 15 000 à 30 000 soldats. C’est une fourchette large. Trop large pour être rassurante. Quinze mille soldats, c’est une présence symbolique. Trente mille, c’est une force de dissuasion crédible. La différence entre les deux pourrait déterminer si cette garantie fonctionne ou si elle devient un piège mortel pour les Européens. Macron a évoqué « plusieurs milliers » de soldats français. Starmer n’a pas donné de chiffre. L’Allemagne a dit qu’elle pourrait contribuer, mais depuis les pays voisins. L’Italie et la Pologne ont refusé.
Faisons le calcul. Si la France envoie 5 000 soldats et le Royaume-Uni autant, on arrive à 10 000. Ajoutez quelques milliers d’autres pays européens, et on atteint peut-être 15 000. C’est loin des 30 000 évoqués. Et c’est surtout loin des centaines de milliers de soldats russes stationnés près de la frontière ukrainienne. Cette force multinationale ne pourra jamais arrêter une invasion russe à grande échelle. Elle n’est pas conçue pour ça. Elle est conçue pour être un tripwire — un fil de déclenchement. Si la Russie attaque, elle tuera des soldats européens. Et alors, l’OTAN devra réagir. C’est une dissuasion par l’engagement. C’est un pari sur la rationalité de Poutine. Et on sait tous à quel point ce pari est risqué.
Quinze à trente mille soldats. Je pense aux familles de ces hommes et femmes. Aux parents qui verront leurs enfants partir pour l’Ukraine. Aux conjoints qui attendront des nouvelles. Ces soldats ne seront pas là pour combattre, nous dit-on. Ils seront là pour dissuader. Mais la dissuasion ne fonctionne que si l’adversaire est rationnel. Et Poutine a prouvé à maintes reprises qu’il ne l’est pas. Alors oui, je m’inquiète. Je m’inquiète pour ces soldats qui deviendront des pions dans un jeu géopolitique dont personne ne contrôle vraiment les règles.
Des hubs militaires à travers l’Ukraine
Starmer a été plus précis sur la forme que prendra cette présence. Il a parlé de « hubs militaires » établis à travers l’Ukraine. Des bases. Des installations. Des dépôts d’armes. Des centres de commandement. Ces hubs serviront à plusieurs choses : former les forces ukrainiennes, stocker du matériel militaire, coordonner les opérations de défense. Mais surtout, ils serviront de symbole de l’engagement européen. Chaque base sera un rappel visible que l’Ukraine n’est pas seule. Que l’Europe est là. Que toute attaque russe ne visera pas seulement des Ukrainiens, mais aussi des Français, des Britanniques, peut-être des Allemands.
Macron a précisé que ces forces seraient stationnées « loin derrière la ligne de contact ». C’est une nuance importante. Ces soldats ne seront pas en première ligne. Ils ne seront pas dans les tranchées. Ils seront à l’arrière, dans des zones relativement sûres. C’est une façon de minimiser le risque. Mais c’est aussi une façon de limiter l’efficacité de la dissuasion. Parce que si ces forces sont trop loin du front, elles deviennent moins crédibles comme tripwire. Poutine pourrait calculer qu’il peut lancer une offensive limitée sans toucher aux bases européennes. Et alors, toute la stratégie s’effondre. C’est un équilibre délicat. Et personne ne sait vraiment où placer le curseur.
L'ombre de Trump plane sur Paris
Witkoff et Kushner : les émissaires du chaos
Donald Trump n’était pas à Paris. Mais son ombre était partout. Représenté par Steve Witkoff, son envoyé spécial, et Jared Kushner, son gendre, le président américain a fait sentir sa présence à distance. Witkoff a déclaré que les discussions avaient conduit à des « progrès significatifs sur plusieurs flux de travail critiques ». Kushner a ajouté : « Cela ne signifie pas que nous ferons la paix, mais la paix ne serait pas possible sans les progrès réalisés ici aujourd’hui. » Des mots prudents. Des mots qui ne promettent rien. Des mots typiques de l’ère Trump : beaucoup de bruit, peu de substance.
Le secrétaire d’État Marco Rubio devait assister aux pourparlers. Il a annulé à la dernière minute, après l’attaque de Trump contre le Venezuela. C’est révélateur. Pour Trump, l’Ukraine n’est pas la priorité. Le Venezuela l’est. Le Groenland l’est. L’Ukraine est juste un dossier parmi d’autres. Un problème à régler rapidement pour passer à autre chose. Et cette attitude se reflète dans l’approche américaine : Washington veut un accord. N’importe quel accord. Peu importe si c’est juste ou durable. L’important, c’est de pouvoir dire que Trump a « résolu » le conflit ukrainien. Même si cette résolution condamne l’Ukraine à une paix précaire qui ne durera pas.
Je regarde Witkoff et Kushner à Paris et je ressens du dégoût. Ces hommes ne sont pas des diplomates. Ce sont des hommes d’affaires qui traitent la guerre comme une transaction. Qui pensent qu’on peut négocier la paix comme on négocie un contrat immobilier. Et le pire, c’est que l’Europe les écoute. Parce qu’elle a besoin des États-Unis. Parce qu’elle sait que sans Washington, toutes ces garanties de sécurité ne valent rien. Alors elle sourit, elle hoche la tête, elle fait semblant que tout va bien. Mais au fond, tout le monde sait que Trump pourrait tout faire exploser d’un tweet.
Les garanties américaines : solides ou fragiles ?
Witkoff a affirmé que les garanties de sécurité étaient « aussi fortes que quiconque n’en a jamais vu » et qu’elles étaient destinées à « dissuader toute nouvelle attaque ». Il a ajouté : « Le président ne recule pas devant ses engagements, il est fort pour le pays de l’Ukraine et pour un accord de paix. Nous serons là pour les Ukrainiens pour les aider à parvenir à cette paix finale. » Des mots rassurants. Mais sont-ils crédibles ? Trump a passé son premier mandat à déchirer des accords internationaux. Il a quitté l’accord de Paris sur le climat. Il a abandonné l’accord nucléaire iranien. Il a menacé de quitter l’OTAN. Pourquoi devrait-on croire qu’il respectera ses engagements envers l’Ukraine ?
La réalité, c’est que les garanties américaines dépendent entièrement de la volonté de Trump. Et cette volonté est imprévisible. Aujourd’hui, il soutient l’Ukraine. Demain, il pourrait décider que c’est trop cher, trop compliqué, trop ennuyeux. Et alors, toutes ces promesses s’évaporeront. L’Europe le sait. Zelensky le sait. Mais personne ne le dit à voix haute. Parce que l’alternative — admettre que l’Ukraine est seule — est trop terrifiante. Alors on fait semblant. On signe des déclarations. On organise des sommets. On parle de garanties robustes. Et on espère que Trump ne changera pas d’avis.
Les lignes rouges de Moscou
Poutine dit non aux bottes occidentales
La Russie a été claire : aucune troupe occidentale en Ukraine. C’est une ligne rouge absolue. Moscou a répété ce message à chaque occasion. Toute présence militaire de l’OTAN sur le sol ukrainien est inacceptable. C’est une provocation. C’est un casus belli. Et Poutine ne reculera pas sur ce point. Alors comment concilier cette position russe avec la déclaration de Paris ? La réponse est simple : on ne peut pas. Ces deux positions sont incompatibles. Et c’est exactement le problème.
Le Kremlin a également exigé que l’Ukraine abandonne ses aspirations à l’OTAN et cède l’ensemble de la région du Donbass, y compris les territoires encore contrôlés par Kiev. Ce sont des demandes maximalistes. Des demandes conçues pour être inacceptables. Parce que Poutine ne veut pas vraiment négocier. Il veut gagner. Il veut que l’Ukraine capitule. Et tant qu’il pensera pouvoir obtenir ça, il n’y aura pas de paix. Les discussions à Paris sont importantes. Mais elles ne changeront rien tant que Moscou ne sera pas prêt à faire des compromis. Et pour l’instant, rien n’indique que ce soit le cas.
Je lis les exigences russes et je me demande si quelqu’un à Moscou vit dans la réalité. L’Ukraine qui abandonne le Donbass ? L’Ukraine qui renonce à l’OTAN ? Après tout ce qu’elle a enduré ? Après toutes ces vies perdues ? C’est délirant. Mais c’est aussi révélateur. Poutine ne négocie pas de bonne foi. Il pose des conditions impossibles pour pouvoir dire que c’est l’Occident qui refuse la paix. C’est une tactique classique. Et ça fonctionne. Parce qu’une partie de l’opinion publique occidentale commence à se dire : « Peut-être qu’on devrait accepter. Peut-être que la paix vaut ce sacrifice. » Non. Mille fois non.
La Russie occupe 20% de l’Ukraine
Parlons des faits. La Russie contrôle actuellement environ 20% du territoire ukrainien. C’est énorme. C’est une superficie plus grande que la Belgique et les Pays-Bas réunis. Des millions d’Ukrainiens vivent sous occupation russe. Des villes entières ont été détruites. Des infrastructures ont été anéanties. Et Moscou n’a aucune intention de rendre ces territoires. Au contraire, Poutine veut plus. Il veut le Donbass complet. Il veut un corridor terrestre vers la Crimée. Il veut que l’Ukraine soit un État faible, neutre, incapable de menacer la Russie.
C’est dans ce contexte que les discussions de paix ont lieu. Et c’est pourquoi elles sont si difficiles. Parce que toute paix qui laisse la Russie contrôler 20% de l’Ukraine sera perçue comme une victoire pour Poutine. Comme une défaite pour l’Occident. Comme une trahison pour les Ukrainiens qui ont combattu et sont morts pour défendre leur pays. Mais l’alternative — continuer la guerre jusqu’à ce que chaque centimètre de territoire soit libéré — pourrait prendre des années. Des décennies. Et coûter des centaines de milliers de vies supplémentaires. C’est un dilemme impossible. Et personne n’a de bonne réponse.
L'Europe divisée : qui envoie des troupes, qui refuse
France et Royaume-Uni : les seuls volontaires
Sur les trente-cinq pays présents à Paris, seuls deux ont accepté d’envoyer des troupes en Ukraine : la France et le Royaume-Uni. C’est révélateur. C’est embarrassant. C’est la preuve que l’Europe n’est pas unie sur cette question. Macron et Starmer ont franchi le pas. Ils ont signé la déclaration. Ils ont promis des soldats. Mais ils sont seuls. Ou presque. Parce que même parmi les pays qui soutiennent l’Ukraine, beaucoup ne sont pas prêts à mettre leurs soldats en danger.
Pourquoi cette réticence ? Plusieurs raisons. D’abord, la peur. Peur que ces soldats deviennent des cibles. Peur que leur mort entraîne une escalade. Peur que l’OTAN soit entraînée dans une guerre directe avec la Russie. Ensuite, la politique intérieure. Dans de nombreux pays européens, l’opinion publique est fatiguée de l’Ukraine. Fatiguée de payer. Fatiguée de s’inquiéter. Envoyer des soldats serait politiquement suicidaire. Enfin, le doute. Doute que cette garantie fonctionne vraiment. Doute que Poutine soit dissuadé. Doute que ça vaille le risque. Et ce doute paralyse l’Europe.
Je regarde cette liste de pays qui refusent d’envoyer des troupes et je ressens de la colère. Pas contre eux — je comprends leurs raisons. Mais contre la situation. Contre le fait que l’Europe, avec ses 450 millions d’habitants et son PIB colossal, ne peut pas se mettre d’accord pour défendre un pays qui se bat pour sa survie. Contre le fait que nous laissons la France et le Royaume-Uni porter seuls ce fardeau. Contre notre lâcheté collective. Parce que c’est de ça qu’il s’agit. De lâcheté déguisée en prudence.
Allemagne, Italie, Pologne : les absents remarqués
L’Allemagne a proposé un compromis : des soldats allemands pourraient contribuer à surveiller un cessez-le-feu, mais basés dans un pays voisin, pas en Ukraine. C’est une position typiquement allemande. Prudente. Calculée. Qui permet de dire « nous participons » sans vraiment prendre de risques. Le chancelier Friedrich Merz a déclaré : « Nous devrons certainement faire des compromis. » Mais quel genre de compromis ? Un compromis qui ne coûte rien n’est pas un compromis. C’est une esquive.
L’Italie et la Pologne ont été plus directes : non. Pas de troupes en Ukraine. Georgia Meloni et Donald Tusk ont été clairs après les discussions. Leurs pays ne contribueront pas à cette force multinationale. Pour la Pologne, c’est particulièrement surprenant. Varsovie a été l’un des soutiens les plus fervents de l’Ukraine. Elle a accueilli des millions de réfugiés. Elle a fourni des armes. Elle a plaidé pour une ligne dure contre Moscou. Mais envoyer des soldats ? C’est un pas de trop. Même pour la Pologne. Et si même Varsovie recule, qu’est-ce que ça dit sur l’état de la solidarité européenne ?
La question territoriale : le nœud du problème
Le Donbass : la ligne rouge de Zelensky
Zelensky a été clair : la question territoriale reste le point le plus critique. La Russie exige que l’Ukraine cède l’ensemble de la région du Donbass. Kiev refuse. C’est un blocage total. Et tant que ce blocage persiste, il n’y aura pas de paix. Witkoff a reconnu que le territoire « sera la question la plus critique » dans les discussions. Il a ajouté : « Espérons que nous pourrons trouver certains compromis à cet égard. » Mais quels compromis ? Comment diviser un territoire que les deux parties considèrent comme non négociable ?
Le Donbass n’est pas qu’une question de kilomètres carrés. C’est une question d’identité. De fierté. De justice. Pour l’Ukraine, céder le Donbass serait admettre la défaite. Serait récompenser l’agression russe. Serait trahir tous ceux qui sont morts pour défendre ces terres. Pour la Russie, contrôler le Donbass est un objectif stratégique. C’est une région industrielle riche. C’est un corridor vers la Crimée. C’est un symbole de la puissance russe. Aucun des deux camps ne peut reculer sans perdre la face. Et c’est exactement pourquoi cette question est si dangereuse.
Je pense aux habitants du Donbass. Ceux qui vivent sous occupation russe. Ceux qui ont fui. Ceux qui sont morts. Et je me demande : qui décide de leur sort ? Zelensky ? Poutine ? Trump ? Des diplomates dans des palais parisiens ? Ces gens n’ont pas choisi cette guerre. Ils ne veulent pas être des pions dans un jeu géopolitique. Ils veulent juste vivre. Mais leur voix ne compte pas. Parce que dans les négociations de paix, ce sont toujours les puissants qui décident. Et les faibles qui paient le prix.
Les compromis impossibles
Witkoff parle de « compromis ». Mais quels compromis sont possibles ? Option un : l’Ukraine cède le Donbass. Inacceptable pour Kiev. Option deux : la Russie se retire complètement. Inacceptable pour Moscou. Option trois : un gel du conflit avec une ligne de démarcation. Mais où ? Et pour combien de temps ? Et qui garantit que la Russie ne reprendra pas les hostilités dans cinq ans ? Option quatre : un référendum dans les territoires occupés. Mais sous quelle supervision ? Avec quelle population ? Des millions d’Ukrainiens ont fui ces régions. Leur vote comptera-t-il ?
Chaque option est un piège. Chaque compromis est une défaite pour quelqu’un. Et c’est pourquoi les négociations piétinent. Parce qu’il n’y a pas de solution gagnant-gagnant. Il n’y a que des solutions perdant-perdant. Et la question devient : qui est prêt à perdre le moins ? Qui est prêt à accepter l’humiliation d’un compromis pour arrêter le carnage ? Pour l’instant, ni Kiev ni Moscou ne semblent prêts. Et tant que ce sera le cas, la guerre continuera. Les gens continueront de mourir. Et les discussions à Paris ne seront que du théâtre.
Ce que cette déclaration signifie vraiment
Une dissuasion par l’engagement
La stratégie derrière cette force multinationale est simple : créer un tripwire. Un fil de déclenchement. Si la Russie attaque l’Ukraine après le cessez-le-feu, elle tuera inévitablement des soldats français et britanniques. Et alors, l’OTAN devra réagir. C’est une dissuasion par l’engagement. On ne promet pas de défendre l’Ukraine avec toute notre puissance militaire. On promet juste d’être là. Et cette présence suffit — en théorie — à dissuader Poutine. Parce qu’attaquer l’Ukraine signifierait attaquer l’Europe. Et ça, même Poutine ne peut pas se le permettre. En théorie.
Mais cette stratégie repose sur une hypothèse dangereuse : que Poutine est rationnel. Qu’il calcule les coûts et les bénéfices. Qu’il recule face à la menace d’une escalade. Or, l’histoire récente suggère le contraire. Poutine a envahi l’Ukraine malgré les avertissements. Il a continué la guerre malgré les sanctions. Il a bombardé des civils malgré les condamnations internationales. Pourquoi s’arrêterait-il maintenant ? Pourquoi respecterait-il cette ligne rouge alors qu’il en a franchi tant d’autres ? La dissuasion ne fonctionne que si l’adversaire y croit. Et rien ne garantit que Poutine y croira.
Je pense à ces soldats qui seront déployés en Ukraine. Ils ne seront pas là pour combattre, nous dit-on. Ils seront là pour dissuader. Mais que se passe-t-il si la dissuasion échoue ? Que se passe-t-il si Poutine décide de tester cette garantie ? Ces soldats mourront. Et alors, l’Europe devra choisir : escalader ou reculer. Et je ne suis pas sûr que nous soyons prêts pour ce choix. Je ne suis pas sûr que nos dirigeants aient vraiment réfléchi à ce qui se passera le jour où cette stratégie sera mise à l’épreuve.
Un pari sur l’avenir de l’Europe
Cette déclaration n’est pas qu’une garantie de sécurité pour l’Ukraine. C’est un pari sur l’avenir de l’Europe. Un pari que l’Europe peut être une puissance géopolitique. Qu’elle peut défendre ses valeurs. Qu’elle peut tenir tête à la Russie sans dépendre entièrement des États-Unis. C’est ambitieux. C’est nécessaire. Mais c’est aussi terrifiant. Parce que si ce pari échoue, les conséquences seront catastrophiques. L’Europe perdra sa crédibilité. L’OTAN sera affaiblie. Et Poutine aura prouvé qu’il peut défier l’Occident impunément.
Mais si ce pari réussit ? Si cette force multinationale dissuade vraiment la Russie ? Si l’Ukraine peut enfin vivre en paix ? Alors l’Europe aura franchi un cap. Elle aura prouvé qu’elle peut être plus qu’un club économique. Qu’elle peut être une alliance de sécurité. Qu’elle peut protéger ses membres et ses partenaires. C’est un moment décisif. Un moment où l’Europe doit choisir qui elle veut être. Et cette déclaration signée à Paris est la première étape de ce choix. Mais ce n’est que la première étape. Le chemin sera long. Et semé d’embûches.
La réalité derrière les promesses
Starmer admet : Poutine n’est pas prêt pour la paix
Keir Starmer a été le plus honnête de tous les dirigeants présents à Paris. Il a dit ce que tout le monde pense mais que personne n’ose dire : « Poutine ne montre pas qu’il est prêt pour la paix. » Au contraire, a-t-il ajouté, « au cours des dernières semaines, nous avons vu l’opposé ». Les bombardements continuent. Les offensives se poursuivent. Les civils meurent. Moscou ne négocie pas de bonne foi. Elle gagne du temps. Elle teste la résolution occidentale. Elle attend que l’Europe se lasse. Et elle a raison de le faire. Parce que l’Europe se lasse.
Cette admission est importante. Parce qu’elle rappelle que toutes ces discussions, toutes ces déclarations, toutes ces promesses ne signifient rien tant que la Russie ne sera pas prête à négocier sérieusement. Et pour l’instant, elle ne l’est pas. Poutine pense qu’il peut gagner. Il pense que le temps joue en sa faveur. Il pense que l’Occident finira par abandonner l’Ukraine. Et tant qu’il pensera ça, il n’y aura pas de paix. Les sommets à Paris sont importants. Mais ils ne changeront pas la réalité sur le terrain. Seule une défaite militaire russe — ou un changement de régime à Moscou — peut le faire.
J’apprécie l’honnêteté de Starmer. Parce que trop souvent, nos dirigeants nous mentent. Ils nous disent que la paix est proche. Que les négociations avancent. Que tout va bien. Mais la vérité, c’est que rien ne va bien. La vérité, c’est que Poutine ne veut pas la paix. Il veut la victoire. Et tant qu’il pensera pouvoir l’obtenir, il continuera à se battre. Alors oui, signons des déclarations. Organisons des sommets. Promettons des garanties. Mais ne nous mentons pas. La guerre n’est pas finie. Elle ne fait peut-être que commencer.
Le fossé entre les intentions et la réalité
Il y a un fossé énorme entre ce qui a été signé à Paris et ce qui se passera réellement. Sur le papier, l’Ukraine a des garanties de sécurité robustes. Dans la réalité, elle a des promesses conditionnelles qui dépendent d’un cessez-le-feu qui n’existe pas encore. Sur le papier, des milliers de soldats européens seront déployés. Dans la réalité, personne ne sait combien, où, ni quand. Sur le papier, les États-Unis dirigeront la surveillance du cessez-le-feu. Dans la réalité, Trump pourrait changer d’avis demain.
Ce fossé n’est pas un bug. C’est une caractéristique. Parce que les dirigeants européens savent qu’ils ne peuvent pas promettre plus. Ils savent que leurs opinions publiques ne les suivront pas. Ils savent que leurs budgets sont limités. Ils savent que Trump est imprévisible. Alors ils font ce qu’ils peuvent : ils signent des déclarations d’intention. Ils organisent des sommets. Ils parlent de garanties robustes. Et ils espèrent que ça suffira. Mais au fond, tout le monde sait que ça ne suffira pas. Que l’Ukraine aura besoin de plus. Beaucoup plus. Et que l’Europe ne pourra pas — ou ne voudra pas — le fournir.
Conclusion : Entre espoir et illusion
Un moment historique… ou un mirage ?
Six janvier 2026. Une date à retenir. Le jour où l’Europe a promis de mettre des bottes sur le sol ukrainien. Le jour où la France et le Royaume-Uni ont franchi une ligne rouge que personne n’osait franchir. Le jour où Zelensky a obtenu ce qu’il réclamait depuis des mois : une garantie concrète que l’Ukraine ne sera pas abandonnée. C’est historique. C’est courageux. C’est exactement ce qu’il fallait faire. Mais est-ce suffisant ? Est-ce crédible ? Est-ce que ça changera vraiment quelque chose ?
La réponse dépend de qui vous demandez. Pour les optimistes, c’est un tournant. Une preuve que l’Europe peut être une puissance géopolitique. Une dissuasion qui empêchera Poutine de recommencer. Pour les pessimistes, c’est une illusion. Une promesse creuse qui ne sera jamais tenue. Un pansement sur une plaie béante. La vérité, comme souvent, se situe quelque part entre les deux. Cette déclaration est importante. Mais elle n’est qu’un début. Et le chemin vers une paix durable sera long, difficile, et semé d’embûches que personne ne peut prévoir.
Je regarde cette signature et je ne sais pas quoi ressentir. De l’espoir ? De la peur ? De la colère ? Un peu des trois, je crois. Espoir parce que l’Europe fait enfin quelque chose de concret. Peur parce que je sais que ça pourrait mal tourner. Colère parce que ça aurait dû être fait il y a deux ans. Mais surtout, je ressens de la tristesse. Tristesse pour toutes les vies perdues. Tristesse pour toutes les vies qui seront encore perdues. Parce que même avec cette déclaration, même avec ces garanties, la guerre n’est pas finie. Et elle ne le sera pas de sitôt.
L’avenir s’écrit maintenant
Ce qui se passe maintenant déterminera l’avenir de l’Europe pour les décennies à venir. Si cette garantie fonctionne, si l’Ukraine peut vivre en paix, si Poutine est dissuadé, alors l’Europe aura prouvé qu’elle peut être une puissance. Qu’elle peut défendre ses valeurs. Qu’elle peut tenir tête aux dictateurs. Mais si cette garantie échoue, si les soldats européens meurent, si l’Ukraine est à nouveau envahie, alors l’Europe aura prouvé le contraire. Qu’elle est faible. Qu’elle est divisée. Qu’elle ne peut pas protéger ses partenaires.
Le choix n’appartient pas qu’aux dirigeants. Il appartient à nous tous. Aux citoyens européens qui doivent soutenir leurs gouvernements. Aux parlements qui doivent voter les budgets. Aux soldats qui devront partir en Ukraine. Aux familles qui devront accepter ce sacrifice. C’est un moment de vérité. Un moment où l’Europe doit décider qui elle veut être. Et cette déclaration signée à Paris n’est que le premier pas. Le plus facile. Les pas suivants seront bien plus difficiles. Mais ils sont nécessaires. Parce que l’alternative — abandonner l’Ukraine, laisser Poutine gagner, accepter que la force prime le droit — est inacceptable. Pour l’Ukraine. Pour l’Europe. Pour nous tous.
Sources
Kyiv Independent – « Zelensky, UK, France sign declaration on multinational force in Ukraine post-war » – 6 janvier 2026 – https://kyivindependent.com/zelensky-uk-france-sign-declaration-on-multinational-force-deployment-in-ukraine-post-war/
Le Monde – « Ukraine: Western allies agree on key security guarantees in Paris » – 6 janvier 2026 – https://www.lemonde.fr/en/international/article/2026/01/06/ukraine-western-allies-agree-on-key-security-guarantees-in-paris67491514.html
The Guardian – « UK and France ‘ready to deploy troops’ to Ukraine after ceasefire » – 6 janvier 2026 – https://www.theguardian.com/world/2026/jan/06/uk-france-ready-to-deploy-troops-to-ukraine-after-ceasefire
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