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Le Venezuela, pilier latino-américain de Moscou

Pour comprendre l’ampleur du désastre géopolitique que représente la chute de Maduro pour la Russie, il faut remonter aux origines de cette alliance stratégique entre Moscou et Caracas. Depuis l’arrivée au pouvoir d’Hugo Chávez en mille neuf cent quatre-vingt-dix-neuf, le Venezuela est devenu le fer de lance de la présence russe en Amérique latine. Cette relation s’est considérablement renforcée sous Nicolas Maduro, successeur de Chávez, qui a multiplié les accords militaires et économiques avec le Kremlin. Des systèmes de défense antiaérienne russes S-300 ont été déployés sur le sol vénézuélien, des avions de combat Sukhoi ont été livrés à l’armée de l’air locale, des conseillers militaires russes ont formé les troupes vénézuéliennes. Le Venezuela était censé être une vitrine de la coopération russo-latino-américaine, un symbole de la capacité de Moscou à projeter son influence bien au-delà de son voisinage immédiat.

Mais cette alliance n’a jamais été aussi solide qu’elle n’y paraissait. Le Venezuela était avant tout un partenaire économique précaire, miné par une crise économique dévastatrice, une hyperinflation galopante et une production pétrolière en chute libre. Les investissements russes dans le secteur énergétique vénézuélien, notamment par le géant Rosneft, se sont révélés largement improductifs. Moscou a prêté des milliards de dollars à Caracas, mais le remboursement de ces dettes est resté hypothétique. Sur le plan militaire également, la coopération était plus symbolique que substantielle. Les systèmes d’armes russes vendus au Venezuela étaient souvent de génération ancienne, et leur maintenance laissait à désirer. Lorsque les États-Unis ont frappé le trois janvier, ces défenses se sont effondrées en quelques heures, démontrant leur inefficacité face à une puissance militaire moderne et bien équipée. La Russie avait vendu au Venezuela l’illusion de la protection, mais quand l’heure de vérité est arrivée, cette protection s’est évaporée comme une brume matinale.

Les demandes ignorées de Maduro

L’automne deux mille vingt-cinq a marqué un tournant dans les relations russo-vénézuéliennes. Alors que la pression américaine sur le Venezuela s’intensifiait de manière inquiétante, avec un déploiement naval massif dans les Caraïbes et des déclarations de plus en plus menaçantes de Donald Trump, Nicolas Maduro s’est tourné vers Moscou pour obtenir un soutien concret. Selon le Washington Post, le dirigeant vénézuélien a adressé en octobre une lettre personnelle à Vladimir Poutine dans laquelle il demandait l’envoi urgent de drones militaires, de missiles et de radars pour renforcer les défenses de son pays. Cette requête n’était pas anodine. Maduro sentait le danger se rapprocher et il espérait que son allié russe viendrait à son secours comme il l’avait fait pour d’autres régimes menacés par l’Occident. Mais la réponse de Moscou a été un silence éloquent. Aucun drone n’a été livré. Aucun missile n’est arrivé. Aucun radar supplémentaire n’a été déployé.

Ce refus tacite de la Russie d’aider le Venezuela dans un moment critique en dit long sur les priorités et les capacités réelles de Moscou. La guerre en Ukraine a épuisé les ressources militaires russes à un point tel que le Kremlin ne peut plus se permettre de disperser ses forces. Chaque drone, chaque missile, chaque système de défense est désormais précieux et nécessaire pour l’effort de guerre contre Kiev. Poutine ne pouvait tout simplement pas se permettre de dégarnir ses stocks pour sauver Maduro. Mais au-delà des contraintes matérielles, il y avait aussi un calcul politique. Moscou savait que tout soutien militaire substantiel au Venezuela risquait de provoquer une confrontation directe avec les États-Unis, une confrontation que la Russie n’était pas en mesure de gagner. Alors Poutine a fait le choix pragmatique mais humiliant de laisser tomber son allié. Maduro a été abandonné à son sort, et le trois janvier, ce sort s’est matérialisé sous la forme de commandos américains débarquant dans son palais.

Imaginez la scène. Maduro écrivant cette lettre désespérée à Poutine, implorant son aide, lui rappelant toutes ces années d’alliance, tous ces discours sur la solidarité anti-impérialiste. Et Poutine qui lit cette lettre et qui décide… de ne rien faire. De laisser tomber. C’est froid. C’est calculateur. Et c’est exactement ce que font les grandes puissances quand leurs intérêts ne sont plus alignés. Mais pour tous les autres alliés de la Russie qui observent cette scène, le message est clair : quand les choses se gâtent vraiment, ne comptez pas sur Moscou.

Sources

Sources primaires

The Atlantic Council, « The US capture of Maduro reveals Russia’s weakness », par John E. Herbst, publié le 5 janvier 2026. Reuters, « Maduro pleads not guilty to drug charges, saying he was ‘kidnapped' », publié le 5 janvier 2026. The Moscow Times, « Russia Demands Release of Maduro After U.S. Military Strikes Venezuela », publié le 3 janvier 2026. Le Monde, « L’opération américaine au Venezuela, un événement à double tranchant pour Vladimir Poutine », par Claire Gatinois et Benjamin Quénelle, publié le 4 janvier 2026.

Sources secondaires

CNN, « January 3, 2026 — Maduro in US custody », couverture en direct du 3 janvier 2026. The Washington Post, rapports sur la demande d’aide militaire de Maduro à Poutine en octobre 2025. BBC News, « Spies, drones and blowtorches: How the US captured Maduro », publié en janvier 2026. The New York Times, « What We Know About Maduro’s Capture and the Fallout », publié le 3 janvier 2026. CNBC, « How the ousting of Russia’s ally Maduro benefits Moscow », publié le 5 janvier 2026.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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Bardizbanian
Bardizbanian
3 days ago

Je suis d’accord avec votre analyse soulignant l’effondrement de l’influence russe dans le monde. Je trouve cependant que vous n’avez pas assez souligné la façon dont Erdogan a chassé Poutine du Sud Caucase, c’est encore pire que le cas du Venezuela. Même l’Azerbaïdjan d’Aliev se permet aujourd’hui de critiquer la Russie, un comble! La perte du Sud Caucase est pour moi pire que la perte du Venezuela..

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