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Une nouvelle stratégie de sécurité nationale américaine

La nouvelle Stratégie de sécurité nationale publiée par l’administration Trump marque une rupture fondamentale avec les décennies précédentes. Contrairement aux documents similaires sous Obama et Biden, cette stratégie ne caractérise plus la Russie comme un adversaire direct, ce qui a d’ailleurs été souligné avec satisfaction par Vladimir Poutine lors de sa conférence de presse annuelle de fin d’année. Le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a noté que certaines idées exposées dans cette stratégie ne sont pas en contradiction avec les efforts visant à promouvoir le dialogue entre la Russie et les États-Unis. Cependant, Lavrov a immédiatement tempéré cet optimisme en précisant que Moscou ne prendrait ses décisions finales qu’en observant ce que l’administration américaine fait réellement sur la scène internationale, pas seulement ce qu’elle dit. Cette prudence russe est justifiée car la stratégie Trump, bien qu’elle n’utilise plus le terme adversaire pour qualifier la Russie, n’en demeure pas moins agressive dans ses objectifs.

Le document stratégique américain met fin à l’idée de l’OTAN comme alliance en expansion constante, une revendication que Moscou formulait depuis des années sans être entendue. En décembre 2021, la Russie avait présenté des projets de traités exigeant le non-élargissement de l’OTAN et un retour à l’équilibre militaire de 1997, demandes que l’Occident avait rejetées avec mépris. Aujourd’hui, l’administration Trump reprend partiellement cette idée, mais pour des raisons totalement différentes : Washington considère désormais l’expansion de l’OTAN comme un fardeau qui provoque des crises et détourne l’Amérique de priorités plus importantes, notamment la confrontation avec la Chine dans la région Asie-Pacifique. La nouvelle doctrine américaine privilégie clairement l’hémisphère occidental, ressuscitant la doctrine Monroe sous une forme modernisée et militarisée. Trump a déclaré vouloir contrôler totalement l’Amérique latine, considérant toute ingérence extérieure dans cette zone comme une menace directe à la sécurité nationale américaine. Cette vision unilatérale du monde, où chaque grande puissance contrôle sa sphère d’influence sans interférence, représente un bouleversement complet de l’ordre international établi après 1945.

Marco Rubio, l’homme de la ligne dure

Marco Rubio incarne parfaitement cette nouvelle approche américaine. D’origine cubaine, le secrétaire d’État connaît intimement l’Amérique latine et les régimes autoritaires qui y prospèrent avec le soutien de Moscou et de Pékin. Sa nomination a été perçue comme un signal clair de l’intention de Trump de reprendre le contrôle total de l’hémisphère occidental. Rubio ne cache pas son mépris pour les régimes de Cuba, du Venezuela et du Nicaragua, qu’il considère comme des avant-postes de l’influence russe et chinoise aux portes des États-Unis. Lors de sa confirmation au Sénat, il avait promis une politique étrangère basée sur la force, la dissuasion et zéro ambiguïté face aux adversaires de l’Amérique. Il tient parole. Son message sarcastique à Lavrov, son utilisation du russe pour communiquer directement avec le Kremlin, ses déclarations publiques minimisant la capacité de la Russie à réagir militairement en dehors de l’Ukraine, tout cela dessine le portrait d’un diplomate qui préfère la confrontation ouverte aux négociations discrètes.

Cette approche frontale inquiète de nombreux observateurs internationaux. L’ancien ambassadeur américain John Bolton, pourtant connu pour ses positions bellicistes, a critiqué l’intervention au Venezuela en avertissant que Trump pourrait avoir détruit ce qui reste des normes internationales et ouvert la voie à de nouveaux actes d’agression de la part des rivaux américains que sont la Chine et la Russie. Le sénateur Mark Warner a posé la question qui hante les chancelleries européennes : si les États-Unis s’arrogent le droit d’utiliser la force militaire pour envahir et capturer des dirigeants étrangers qu’ils accusent de comportement criminel, qu’est-ce qui empêche la Chine de revendiquer la même autorité sur les dirigeants de Taïwan, ou Poutine d’affirmer une justification similaire pour enlever le président ukrainien ? Cette logique de la force brute, dépouillée de toute légitimité juridique internationale, pourrait déclencher une cascade d’actions similaires à travers le monde. Rubio, interrogé sur ces risques, a balayé les inquiétudes d’un revers de main, affirmant que l’opération au Venezuela était une action légale, pas une invasion, et que les États-Unis n’étaient pas en guerre avec le Venezuela mais menaient simplement une opération de police internationale contre des criminels.

Rubio me fascine et m’effraie à parts égales. Il y a quelque chose de profondément américain dans son approche, cette conviction inébranlable que les États-Unis ont non seulement le droit mais le devoir d’imposer leur vision du monde. Pas de doute, pas d’hésitation, pas de complexe post-colonial. Juste la certitude absolue d’être du bon côté de l’histoire. Cette assurance peut être admirée ou détestée, mais elle force le respect par sa cohérence brutale. Pourtant, je ne peux m’empêcher de penser aux conséquences. Quand on brise les règles du jeu international, même des règles imparfaites, on ne sait jamais ce qui émergera du chaos qui suit. Et si Rubio se trompe ? Si cette politique de la force déclenche exactement ce qu’elle prétend prévenir ?

Sources

Sources primaires

Département d’État des États-Unis, compte officiel en langue russe, message publié le 6 janvier 2026. Ministère russe des Affaires étrangères, communiqué sur l’agression armée américaine contre le Venezuela, 3 janvier 2026, publié par TASS. Agence de presse TASS, déclaration du ministère russe des Affaires étrangères condamnant l’intervention américaine au Venezuela, 3 janvier 2026. CiberCuba, article sur le message de Marco Rubio en russe à Poutine depuis le Département d’État, 6 janvier 2026. Russia Matters, rapport analytique sur la Russie couvrant la période du 22 décembre 2025 au 5 janvier 2026, publié par le Belfer Center de l’Université Harvard. The New York Times, article d’Adam Entous intitulé La séparation : à l’intérieur du partenariat américano-ukrainien qui se défait, 30 décembre 2025. The Wall Street Journal, éditorial sur les nouvelles concessions ukrainiennes pour la paix, 26 décembre 2025.

Sources secondaires

Foreign Policy, tribune de Michael Hirsh sur les conséquences de l’opération américaine au Venezuela, 3 janvier 2026. The Washington Post, tribune de Fareed Zakaria sur le sort de l’Ukraine en 2026 et l’ordre international, 2 janvier 2026. The Guardian, article de Brynn Tannehill dans The New Republic sur le découpage du monde en sphères d’influence, 4 janvier 2026. Kommersant, article d’Elena Chernenko compilant les réactions d’experts russes à l’attaque américaine contre le Venezuela, 3 janvier 2026. Institute for the Study of War, évaluation de la campagne offensive russe du 31 décembre 2025. The Economist, article sur les difficultés du réseau électrique ukrainien face aux frappes russes, 4 janvier 2026. Bloomberg, rapport sur les efforts américains et européens pour finaliser un accord sur les garanties de sécurité pour l’Ukraine, janvier 2026. The Moscow Times, article sur le soutien russe au leader intérimaire vénézuélien après l’éviction de Maduro par les États-Unis, 6 janvier 2026.

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