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Une obsession de longue date

L’intérêt de Donald Trump pour le Groenland ne date pas d’hier. Dès son premier mandat, le businessman converti en homme politique avait déjà évoqué cette acquisition potentielle, la qualifiant de grande opération immobilière. En mars 2025, lors d’un discours devant le Congrès réuni en session commune, Trump avait lancé une menace directe : je pense que nous allons l’obtenir. D’une manière ou d’une autre, nous allons l’obtenir. Ces propos avaient alors été largement commentés mais relativisés par de nombreux observateurs qui y voyaient davantage une posture de négociateur qu’une véritable intention stratégique. Aujourd’hui, après l’intervention militaire au Venezuela, ces menaces prennent une tout autre dimension, beaucoup plus inquiétante.

Le vice-président JD Vance avait effectué une visite controversée au Groenland en mars 2025, un voyage que les habitants avaient résisté et dont les dirigeants avaient qualifié d’indésirable. Notre message à la Danemark est très simple, avait alors déclaré Vance depuis la base spatiale américaine de Pituffik. Vous n’avez pas bien servi le peuple du Groenland. Il avait répétitivement affirmé que l’île était vulnérable et que les États-Unis n’avaient pas d’autre choix que de renforcer leur présence là-bas. Cette rhétorique préfigurait déjà la stratégie actuelle de l’administration Trump, qui combine pressions diplomatiques, menaces militaires voilées et tentatives de division entre Copenhague et Nuuk.

Cette obsession pour le Groenland me fascine et m’effraie à la fois. Fascine par ce qu’elle révèle de la psychologie de Trump : ce besoin constant d’acquérir, de posséder, de dominer. Comme si le pouvoir ne suffisait pas, fallait-il en plus accumuler les territoires, les symboles. Et effraie par ce qu’elle représente : un retour à la pure realpolitik, à cette vision cynique où seul le rapport de force compte. Je pense à ces 57 000 Groenlandais, vivant paisiblement sur leur île immense et hostile, qui se retrouvent soudainement au centre des ambitions impérialistes américaines. Quelle ironie de l’histoire : au nom de la sécurité, on menace la paix des autres.

Les enjeux stratégiques de l’Arctique

L’intérêt stratégique du Groenland pour les États-Unis repose sur plusieurs facteurs convergents. Positionné entre l’Amérique du Nord, l’Europe et la Russie, ce territoire de 836 000 miles carrés constitue une position privilégiée pour le contrôle de la route maritime du Nord, de plus en plus accessible avec la fonte des glaces due au changement climatique. Le Pentagone dispose déjà depuis des décennies de la base de Pituffik (anciennement Thulé), cruciale pour la défense antimissile et la surveillance satellitaire. Mais les ambitions américaines vont bien au-delà de cette présence militaire existante.

Le sous-sol groenlandais recèle des ressources naturelles considérables : pétrole, gaz, et surtout des terres rares, ces métaux essentiels aux technologies modernes et pour lesquels la Chine détient actuellement un quasi-monopole mondial. Le Département d’État a récemment commandé une analyse sur les ressources inexploitées du Groenland, concluant qu’il n’existe aucune étude fiable sur l’ampleur réelle de ces richesses, mais que leur exploitation serait extrêmement coûteuse compte tenu des températures glaciales et du manque d’infrastructures. Cette combinaison de positionnement géostratégique et de potentiel économique explique pourquoi Washington considère l’acquisition du Groenland comme une priorité absolue de sécurité nationale.

L’hypocrisie me submerge. Pendant des décennies, les mêmes responsables américains qui aujourd’hui menacent le Groenland au nom de la sécurité nationale ont nié l’existence du changement climatique. Et voilà que ce même changement climatique, en faisant fondre la banquise, ouvre de nouvelles routes maritimes et rend accessibles les ressources du Groenland. Soudain, le réchauffement devient une opportunité stratégique ! C’est à la fois cynique et terrifiant. Nous jouons avec le feu climatique tout en accélérant la course aux ressources qu’il libère. Les conséquences à long terme me donnent le vertige.

Sources

Sources primaires

Déclaration de Karoline Leavitt, porte-parole de la Maison Blanche, 6 janvier 2026. Déclaration commune des dirigeants britanniques, français, allemands, italiens, polonais, espagnols et danois, 6 janvier 2026. Déclarations de Mette Frederiksen, Première ministre danoise, TV2 Danemark, 6 janvier 2026. Déclarations de Stephen Miller, conseiller de Trump, CNN, 5 janvier 2026. Déclaration de Jens-Frederik Nielsen, Premier ministre groenlandais, 6 janvier 2026.

Sources secondaires

CNN Politics, « White House discussing ‘options’ to acquire Greenland, says military use isn’t off the table », 6 janvier 2026. NBC News, « White House says U.S. military is an option to acquire Greenland », 6 janvier 2026. BBC News, « US discussing options to acquire Greenland, including use of military, says White House », 6 janvier 2026. Fox News, « White House says military option on table as Trump renews push to acquire Greenland », 6 janvier 2026. The Hill, « Trump weighs US military as option to obtain Greenland, White House says », 6 janvier 2026.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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