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Un refus catégorique mais une position fragile

La réponse du Danemark ne se fait pas attendre. Le Groenland n’est pas à vendre. Point final. La première ministre danoise Mette Frederiksen martèle cette position avec une fermeté qui cache mal l’inquiétude. « Si cela devait se produire, ce serait la fin de l’OTAN et la fin de l’équilibre sécuritaire qui existe en Europe depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale », déclare-t-elle le 6 janvier. Le message est clair : une agression américaine contre le Groenland ne serait pas seulement une violation du droit international, ce serait la fin de l’ordre mondial tel que nous le connaissons. Mais derrière cette fermeté affichée, une réalité s’impose : le Danemark ne peut rien faire pour empêcher les États-Unis de prendre le Groenland par la force. Avec une armée de quelques dizaines de milliers d’hommes, quatre navires, quatre hélicoptères et un avion de patrouille maritime pour surveiller un territoire de plus de deux millions de kilomètres carrés, Copenhague n’a aucun moyen de défendre effectivement son territoire arctique.

Le gouvernement groenlandais, de son côté, affirme son droit à l’autodétermination. Vivian Motzfeldt, cheffe de la diplomatie de l’île, déclare à la télévision publique danoise : « Rien sur le Groenland sans le Groenland. Bien sûr que nous allons participer. C’est nous qui avons demandé une réunion. » Cette affirmation de souveraineté est importante, mais elle se heurte à une réalité brutale : le Groenland, territoire autonome de 57 000 habitants, dépend financièrement du Danemark à hauteur de 5,6 milliards de couronnes par an. Son PIB annuel de 3 milliards de dollars représente 0,007% de celui des États-Unis. Son économie repose essentiellement sur la pêche et les subventions danoises. L’idée d’une indépendance totale, bien que portée par de nombreux Groenlandais, se heurte à des obstacles économiques considérables. Un rapport de 2014 estime que le remplacement de la subvention danoise nécessiterait 24 grands projets coûtant chacun 5 milliards de couronnes, un ouvert tous les deux ans. Comme il n’existe aucun investisseur pour de tels projets, le Groenland restera dépendant des subsides pendant au moins 25 ans.

L’Europe impuissante face à la menace américaine

La réaction européenne oscille entre indignation et impuissance. Sept pays européens membres de l’OTAN apportent leur soutien au Danemark, mais ce soutien reste largement symbolique. Que peuvent faire la France, l’Allemagne ou le Royaume-Uni face à une éventuelle agression américaine ? Envoyer des troupes ? Imposer des sanctions ? Rompre avec leur principal allié militaire ? Le vice-chancelier autrichien Andreas Babler propose des mesures concrètes : sanctions contre les géants technologiques américains, droits de douane punitifs sur les produits agricoles, restriction des investissements américains dans les infrastructures critiques. « L’Europe doit cesser de se présenter plus petite qu’elle ne l’est et utiliser vis-à-vis des États-Unis son poids économique considérable », déclare-t-il. Mais ces propositions restent pour l’instant au stade des intentions. Le ministre français des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot assure que « les Européens se préparent à riposter à toute forme d’intimidation des États-Unis », sans préciser la nature de cette riposte.

La situation révèle une vérité dérangeante : l’Union européenne, malgré sa puissance économique, reste militairement dépendante des États-Unis. L’OTAN, censée garantir la sécurité collective de ses membres, se retrouve paralysée face à la menace d’un de ses membres fondateurs contre un autre. L’article 5 du traité de l’OTAN, qui stipule qu’une attaque contre un membre est considérée comme une attaque contre tous, devient une coquille vide si l’agresseur est lui-même membre de l’Alliance. Cette situation inédite met en lumière les failles béantes de l’architecture de sécurité européenne. Pendant des décennies, l’Europe a sous-investi dans sa défense, comptant sur le parapluie américain pour assurer sa protection. Aujourd’hui, ce parapluie se transforme en épée de Damoclès. La députée groenlandaise Aaja Chemnitz Larsen appelle à « envisager les pires scénarios, renforcer la préparation et accroître la résilience du Groenland en étroite coopération avec nos partenaires. » Mais quels partenaires ? Et quelle coopération face à la première puissance militaire mondiale ?

L’impuissance européenne me sidère. Nous avons construit une union économique puissante, capable de rivaliser avec les États-Unis sur le plan commercial. Mais militairement, nous restons des nains. Des nains qui regardent, impuissants, l’un de leurs membres se faire menacer par celui qui était censé les protéger. Cette situation est le résultat de décennies de lâcheté politique, de refus d’investir dans notre défense, de dépendance volontaire. Et maintenant, nous en payons le prix.

Sources

Sources primaires

Franceinfo, « Donald Trump étudie ‘activement’ un achat du Groenland, affirme la Maison Blanche », publié le 7 janvier 2026. Le Monde, « Groenland : entre achat et annexion, les déclarations américaines rejetées par les Européens », publié le 7 janvier 2026. Radio-Canada, « Trump veut acheter le Groenland, selon la Maison-Blanche », publié le 7 janvier 2026. Déclarations de Karoline Leavitt, porte-parole de la Maison Blanche, conférence de presse du 7 janvier 2026. Déclarations de Marco Rubio, secrétaire d’État américain, 7 janvier 2026. Déclarations de Mette Frederiksen, première ministre danoise, 6 janvier 2026.

Sources secondaires

Wikipedia, « Propositions d’acquisition du Groenland par les États-Unis », consulté le 8 janvier 2026. Institut d’études géologiques des États-Unis, rapports sur les ressources naturelles du Groenland, 2024. RAND Corporation, études sur la sécurité arctique, 2021-2024. Accord de défense du Groenland entre le Danemark et les États-Unis, 1951. Accord d’Igaliku, 2004. Rapports du Comité des chefs d’état-major interarmées américains, 1946-1955. Archives historiques sur les tentatives d’achat du Groenland, 1867-2019.

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