La Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques abandonnée
La victime la plus symbolique de cette purge massive est sans conteste la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC). Fondée en 1992 et ratifiée par le Sénat américain sous George H.W. Bush, cette traité représentait le socle de toute la coopération climatique internationale. C’est sous son égide que le protocole de Kyoto avait été négocié en 1995, puis l’Accord de Paris en 2015. En se retirant de la CCNUCC, Trump ne quitte pas seulement une organisation : il sabote les fondations mêmes de la diplomatie climatique mondiale. Cette décision fait des États-Unis le premier et seul pays au monde à se retirer de ce traité fondamental, un isolement volontaire qui défie l’entendement.
L’impact de ce retrait dépasse largement le cadre symbolique. La CCNUCC sert non seulement de cadre aux négociations climatiques annuelles (les fameuses COP), mais elle exige également la soumission d’inventaires annuels des émissions de gaz à effet de serre. Trump avait déjà omis de soumettre celui de 2025, marquant ainsi sa désobéissance croissante aux règles internationales. Sans participation à la CCNUCC, les États-Unis perdront leur voix dans les négociations climatiques futures, ne pourront plus influencer les décisions mondiales sur le climat, et se retrouveront exclus des discussions qui détermineront l’avenir énergétique de la planète. C’est un suicide diplomatique aux conséquences incalculables.
Le GIEC sacrifié sur l’autel de l’idéologie
Autre cible majeure de cette révolution anti-scientifique : le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC). Cette organisation Nobelisée, qui rassemble des milliers de scientifiques du monde entier pour produire les rapports faisant autorité sur le changement climatique, est maintenant abandonnée par Washington. Bien que le retrait n’empêche pas individuellement les scientifiques américains de contribuer aux travaux du GIEC, il prive les États-Unis de toute capacité à influencer les évaluations scientifiques qui guident les politiques climatiques mondiales.
Delta Merner, de l’Union of Concerned Scientists, résume parfaitement la portée de cette décision : « S’éloigner ne fait pas disparaître la science, cela laisse seulement les gens à travers les États-Unis, les décideurs politiques et les entreprises, naviguer dans le noir au moment même où les informations climatiques crédibles sont le plus urgentement nécessaires. » Ce retrait est plus qu’une simple mesure administrative : c’est une attaque directe contre la science, contre la vérité factuelle, et contre les garde-fous qui protègent le public de la désinformation et des décisions irresponsables. En privant le pays de sa participation au GIEC, Trump facilite la propagation du climatoscepticisme et ouvre la voie aux intérêts des combustibles fossiles.
Chaque fois que je lis ces décisions, mon sang ne fait qu’un tour. Attaquer le GIEC, c’est comme tirer sur le messager parce qu’on n’aime pas le message. C’est la preuve ultime que cette administration préfère l’ignorance à la connaissance, l’idéologie à la science. Et le plus triste dans cette histoire ? C’est que des générations futures paieront le prix de cette folie climatique, de ce refus obstiné de voir la réalité en face. Nous sommes en train de leur léguer une planète plus dangereuse, et tout ça pour servir des intérêts à court terme.
La liste complète des organisations abandonnées
Les 35 organisations non-onusiennes sacrifiées
La purge ne s’arrête pas aux institutions climatiques. Trump a également ordonné le retrait de 35 organisations internationales non rattachées aux Nations unies, créant un vide dans des domaines aussi variés que l’éducation, la gouvernance démocratique, la coopération régionale et la recherche scientifique. Parmi les victimes notables figurent l’Alliance solaire internationale, l’Agence internationale des énergies renouvelables, le Forum mondial sur la cyber-expertise, le Forum mondial sur la migration et le développement, et le Forum de contre-terrorisme mondial. Chaque retrait affaiblit un peu plus la capacité du monde à faire face aux défis transnationaux.
D’autres organisations essentielles disparaissent également du radar américain : l’Institut interaméricain de recherche sur les changements globaux, la Commission pour la coopération environnementale, l’Institut international pour la démocratie et l’assistance électorale, le Centre international pour l’étude de la conservation et de la restauration des biens culturels. Ces décisions démontrent une vision étriquée de l’intérêt national, où la coopération internationale est perçue comme une menace plutôt qu comme une opportunité. L’abandon de ces institutions crée des vide que d’autres puissances, notamment la Chine, seront promptes à combler.
Les 31 entités onusiennes éliminées
Le plus choquant dans cette liste reste le retrait de 31 entités onusiennes, marquant une rupture sans précédent avec le système des Nations unies que les États-Unis ont contribué à construire. Parmi les organisations abandonnées figurent des piliers de la coopération mondiale : l’ONU Eau, l’ONU Océans, le Fonds de la population des Nations unies, l’Entité des Nations unies pour l’égalité des genres et l’autonomisation des femmes, la Commission de la consolidation de la paix, le Fonds de consolidation de la paix, et même l’Université des Nations unies.
Cette offensive contre l’ONU s’étend également à des commissions économiques régionales vitales pour le développement : la Commission économique pour l’Afrique, la Commission économique pour l’Amérique latine et les Caraïbes, la Commission économique et sociale pour l’Asie et le Pacifique, et la Commission économique et sociale pour l’Asie occidentale. Chaque retrait affaiblit non seulement l’ONU, mais aussi les liens entre les États-Unis et les régions concernées. L’abandon de l’Entité pour l’égalité des genres est particulièrement révélateur des priorités de cette administration, qui préfère sacrifier les droits des femmes plutôt que de compromettre son idéologie conservatrice.
Je suis littéralement sans voix face à cette hécatombe institutionnelle. Voir une administration démanteler ainsi systématiquement des décennies de coopération internationale, c’est assister à un vandalisme diplomatique d’une ampleur historique. Chaque organisation abandonnée représente des milliers d’heures de négociations, des milliards de dollars investis, et surtout des espoirs de collaboration entre les peuples. Et tout ça, balayé d’un trait de plume par un homme qui semble prendre un plaisir pervers à détruire ce que d’autres ont patiemment construit.
Les motivations idéologiques derrière cette rupture
La croisade anti-globalisation
Derrière cette avalanche de retraits se cache une idéologie bien précise : un nationalisme exacerbé qui considère toute forme de coopération internationale comme une menace à la souveraineté américaine. Dans le memorandum présidentiel, Trump justifie ces décisions en affirmant que les organisations ciblées « promeuvent des politiques climatiques radicales, une gouvernance mondiale et des programmes idéologiques qui entrent en conflit avec la souveraineté et la force économique américaines ». Cette rhétorique anti-globalisation résonne particulièrement auprès d’une base électorale convaincue que les organisations internationales servent des intérêts étrangers plutôt qu’américains.
Marco Rubio, secrétaire d’État, a renforcé cette position dans une déclaration cinglante : « Nous ne continuerons pas à dépenser des ressources, du capital diplomatique et le poids légitimant de notre participation dans des institutions qui ne sont pas pertinentes ou en conflit avec nos intérêts. Nous chercherons la coopération là où elle sert notre peuple et tiendrons bon là où ce n’est pas le cas. » Cette vision transactionnelle des relations internationales représente une rupture radicale avec la tradition diplomatique américaine, qui a toujours valorisé le leadership mondial et la coopération multilatérale comme des instruments de puissance douce.
Les intérêts des combustibles fossiles en ligne de mire
Les motivations derrière ces retraits ne sont pas purement idéologiques. Elles servent également des intérêts économiques bien précis, notamment ceux de l’industrie des combustibles fossiles. Trump, qui a reçu des donations substantielles des compagnies pétrolières et gazières pendant sa campagne présidentielle de 2024, a systématiquement promu le développement du pétrole, du gaz et du charbon. En se retirant des organisations climatiques, il élimine les contraintes internationales qui pourraient freiner cette expansion fossile.
La connexion entre les retraits organisationnels et les intérêts des combustibles fossiles est évidente. L’Agence internationale des énergies renouvelables, l’Alliance solaire internationale, le Pacte pour l’énergie sans carbone 24/7, toutes ces organisations promeuvent une transition énergétique que l’administration Trump cherche activement à saboter. En les quittant, non seulement il économise des contributions financières, mais il envoie surtout un signal clair aux marchés : les États-Unis ne sont plus engagés dans la transition énergétique mondiale et privilégient les énergies fossiles.
Il faut avoir le courage de nommer les choses : cette croisade contre les organisations internationales n’est rien d’autre qu’une guerre menée au profit des lobbies fossiles. Chaque retrait climatique, chaque abandon d’institution promotrice d’énergies renouvelables, c’est une victoire pour ExxonMobil, Chevron et leurs semblables. Et le plus scandaleux dans cette histoire ? C’est que ce sont nos enfants, nos petits-enfants, qui paieront la facture de cette trahison climatique, de cette servilité face aux intérêts les plus polluants de notre planète.
Les conséquences diplomatiques immédiates
L’isolement américain sur la scène mondiale
La première conséquence visible de cette vague de retraits est l’isolement croissant des États-Unis sur la scène mondiale. En abandonnant soixante-six organisations internationales, Trump place son pays dans une position unique de paria diplomatique. Jamais une puissance de cette importance n’avait pris autant de distance avec le système multilatéral. Cet isolement voluntary est particulièrement ironique pour un pays qui a longtemps été considéré comme le leader du monde libre et l’architecte de nombreuses institutions internationales.
Les réactions internationales, bien que mesurées, traduisent une profonde préoccupation. John Kerry, ancien secrétaire d’État et envoyé climatique américain, a qualifié cette décision de « cadeau fait à la Chine et de carte de sortie de prison gratuite pour les pays et les pollueurs qui veulent éviter leurs responsabilités ». Cette analyse met en lumière un paradoxe central : en tentant de restaurer une souveraineté américaine absolue, Trump affaiblit considérablement l’influence réelle de son pays sur la scène mondiale, laissant le champ libre à d’autres puissances.
Les tensions avec les alliés traditionnels
Ces retraits créent également des tensions croissantes avec les alliés traditionnels des États-Unis, pour qui l’action climatique et la coopération multilatérale restent des priorités. L’Union européenne, en particulier, a exprimé sa « profonde déception » face à ces décisions. Pour de nombreux pays européens, le retrait américain de la CCNUCC et du GIEC représente non seulement une trahison des accords passés, mais aussi une menace directe à la sécurité climatique mondiale.
Les tensions sont particulièrement vives avec les pays les plus vulnérables au changement climatique. Les nations insulaires, les pays africains et les états les plus pauvres considèrent ces retraits comme une forme d’abandon criminel. Pour eux, les États-Unis ne se contentent pas de renoncer à leurs responsabilités historiques en matière d’émissions de gaz à effet de serre, ils sabotent activement les outils internationaux qui permettraient de faire face à la crise climatique.
Je suis scandalisé par cette lâcheté diplomatique. Voir les États-Unis, cette grande démocratie, se transformer en ermite international, c’est comme regarder un géant décider de s’auto-amputer. Et le plus triste ? Ce sont les pays les plus vulnérables, ceux qui ont le moins contribué au changement climatique, qui paieront le prix de cet égoïsme américain. Il y a une injustice fondamentale dans cette situation qui me révolte profondément.
L'impact sur la gouvernance mondiale
Le vide laissé par l’absence américaine
Le retrait massif des États-Unis de soixante-six organisations internationales crée un vide considérable dans la gouvernance mondiale. Dans de nombreux domaines, Washington apportait non seulement un soutien financier crucial, mais aussi une expertise technique et un poids politique qui donnaient légitimité et efficacité à ces institutions. Sans la participation américaine, nombre de ces organisations verront leur influence et leur capacité d’action considérablement réduites.
Le plus préoccupant est que ce vide risque d’être comblé par des puissances qui ne partagent pas nécessairement les valeurs démocratiques et libérales que les États-Unis ont longtemps promues. La Chine, en particulier, a déjà commencé à étendre son influence dans de nombreuses organisations internationales. Le retrait américain accélère ce transfert d’influence et pourrait aboutir à une gouvernance mondiale dominée par des régimes autoritaires.
La remise en cause du système multilatéral
Ces retraits représentent une menace existentielle pour le système multilatéral lui-même. Les organisations internationales reposent sur le principe de la participation universelle et de la coopération volontaire entre États souverains. Lorsqu’une puissance majeure comme les États-Unis décide unilatéralement de se retirer massivement, elle met en péril l’équilibre délicat qui rend ce système fonctionnel.
D’autres pays pourraient être tentés d’imiter cet exemple, entraînant une cascade de rejets du multilatéralisme. Si chaque pays décidait de ne participer qu’aux organisations qui servent strictement ses intérêts nationaux immédiats, le système de coopération internationale s’effondrerait, laissant place à un monde de confrontation pure et dure, où les problèmes globaux comme le changement climatique, les pandémies ou les crises financières ne pourraient plus être traités collectivement.
J’ai le vertige face à ce que nous sommes en train de vivre. Nous assistons à la démolition systématique du seul système que nous ayons jamais construit pour gérer collectivement les défis mondiaux. C’est comme si les habitants d’un immeuble décidaient collectivement de démolir les murs porteurs sous prétexte qu’ils leur encombrent la vue. L’édifice tout entier risque de s’effondrer, et avec lui, nos espoirs de coopération, de paix et de survie collective.
Les implications économiques et commerciales
Les pertes d’opportunités économiques
Contrairement à ce que suggère la rhétorique trumpiste, ces retraits auront des conséquences économiques négatives importantes pour les États-Unis. Manish Bapna, président du Conseil de défense des ressources naturelles, souligne que « laisser d’autres pays écrire les règles mondiales de la transition inévitable vers les énergies propres n’est pas seulement contre-productif, mais fait également renoncer à des milliers de milliards de dollars d’investissements, d’emplois, de coûts énergétiques plus bas et de nouveaux marchés pour les technologies propres américaines ».
La transition énergétique mondiale représente des opportunités économiques colossales estimées à plusieurs milliers de milliards de dollars dans les décennies à venir. En se retirant des organisations qui façonnent cette transition, les États-Unis risquent de manquer le train de la révolution verte. Les entreprises américaines d’énergies renouvelables, de technologies climatiques et d’efficacité énergétique se retrouveront désavantagées sur les marchés mondiaux, où les normes et standards seront de plus en plus définis sans participation américaine.
L’impact sur les entreprises et l’innovation
Les entreprises américaines seront directement affectées par ces retraits. L’abandon de l’UNFCCC et d’autres organisations climatiques crée une incertitude réglementaire qui peut décourager les investissements à long terme dans les technologies propres. De plus, les entreprises américaines risquent de faire face à des barrières commerciales dans les pays qui maintiennent des engagements climatiques stricts, comme l’Union européenne avec sa taxe carbone aux frontières.
L’innovation américaine dans le domaine climatique pourrait également souffrir. Le GIEC et d’organisations similaires jouent un rôle crucial dans l’identification des besoins technologiques et des priorités de recherche. Sans participation à ces processus, les États-Unis risquent de perdre leur leadership en matière d’innovation climatique, un domaine où ils ont historiquement excellé.
C’est l’exemple parfait de la myopie économique. Au nom d’une prétendue défense des intérêts américains, cette administration est en train de sacrifier les opportunités économiques les plus importantes du XXIe siècle. L’économie de demain sera verte, numérique, durable. En se retirant de ces organisations, les États-Unis non seulement manquent le train, mais ils risquent de se retrouver à la traîne, dépendants de technologies étrangères et exclus des marchés les plus dynamiques.
La dimension légale et constitutionnelle
Les questions de légalité constitutionnelle
La légalité de certains de ces rejets, en particulier celui de la CCNUCC, soulève des questions constitutionnelles complexes. La Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques a été ratifiée par le Sénat en 1992, ce qui lui confère le statut de traité selon la Constitution américaine. En principe, un président ne peut pas unilatéralement se retirer d’un traité ratifié par le Sénat sans l’approbation législative.
Cette zone grise juridique pourrait conduire à des batailles juridiques intenses. Si le Congrès décide de s’impliquer, la majorité républicaine soutiendrait probablement le mouvement de Trump, mais l’opposition démocrate pourrait tenter de le contester devant les tribunaux. Cette incertitude juridique ajoute une couche de complexité à une situation déjà exceptionnellement trouble.
Les précédents dangereux pour la démocratie
Au-delà des questions spécifiques à la CCNUCC, cette série de rejets présidentiels établit des précédents dangereux pour l’équilibre démocratique des institutions américaines. Si un président peut unilatéralement retirer son pays de dizaines d’organisations internationales sans contrôle significatif du Congrès, cela représente une expansion considérable du pouvoir exécutif aux dépens du pouvoir législatif.
Cet expansion du pouvoir présidentiel dans le domaine de la politique étrangère pourrait avoir des implications profondes pour le futur de la démocratie américaine. Elle érode le principe de freins et contrepouvoirs qui constitue le fondement du système constitutionnel américain, et pourrait inspirer d’autres excès présidentiels à l’avenir.
Je suis profondément inquiet face à cette dérive autoritaire. Voir un président usurper ainsi les prérogatives du Congrès, s’arroger le droit de défaire seul ce qui a été construit démocratiquement, c’est assister à une érosion insidieuse des fondements démocratiques. Aujourd’hui, ce sont les organisations internationales. Demain, qu’est-ce qui l’empêchera de décider unilatéralement de la guerre ou de la paix sans contrôle ?
Les réactions internationales et domestiques
La condamnation universelle de la communauté internationale
Les réactions internationales aux retraits massifs américains ont été quasi-universellement négatives. Les gouvernements du monde entier, les organisations non gouvernementales, les scientifiques et les experts ont unanimement condamné ces décisions. L’Union européenne, à travers ses porte-paroles, a exprimé sa « profonde préoccupation » et a réaffirmé son engagement envers le multilatéralisme et l’action climatique.
Les pays en développement ont été particulièrement critiques. Le groupe des 77 plus la Chine, qui représente la grande majorité des pays en développement aux Nations unies, a publié une déclaration déplorant « l’abandon irresponsable des États-Unis de leurs responsabilités historiques et morales ». Pour ces pays, les retraits américains représentent une menace directe à leur survie face aux impacts dévastateurs du changement climatique.
L’opposition domestique et la société civile mobilisée
Aux États-Unis mêmes, ces décisions ont provoqué une vague de contestation sans précédent. Des dizaines d’organisations environnementales, de groupes de défense des droits humains, et d’institutions académiques ont immédiatement condamné les retraits. L’Union of Concerned Scientists, le Natural Resources Defense Council, et le World Resources Institute ont tous publié des déclarations sévères qualifiant ces décisions de « dangereuses », « irresponsables » et « contraires aux intérêts américains à long terme ».
Des figures politiques de premier plan ont également protesté. Des sénateurs démocrates, des gouverneurs d’États progressistes comme la Californie et New York, et même quelques républicains modérés ont exprimé leur opposition. La gouverneure du Michigan, Gretchen Whitmer, a déclaré que « malgré ces décisions fédérales régressives, les États et les villes continueront à mener l’action climatique et à coopérer avec nos partenaires internationaux ». Cette fragmentation de la politique américaine entre un gouvernement fédéral isolationniste et des entités subfédérales internationalistes crée une situation inédite.
Je suis à la fois consterné et inspiré. Consterné par la bêtise et l’irresponsabilité du gouvernement fédéral, mais inspiré par cette vague de résistance qui monte de la société civile, des États, des villes, des entreprises. Il y a quelque chose de profondément américain dans cette capacité à résister à l’injustice, à s’organiser face à l’adversité. C’est ce qui me donne espoir : même quand Washington fait défaut, l’Amérique profonde, celle des citoyens engagés, continue de croire en la coopération et en l’avenir.
Les alternatives et les stratégies d'adaptation
L’émergence de coalitions alternatives
Face au retrait américain, de nouvelles formes de coopération internationale commencent à émerger. Des coalitions d’États engagés, d’entreprises, de villes et de régions s’organisent pour maintenir la coopération climatique et multilatérale malgré l’absence de Washington. L’initiative « America Is All In », qui rassemble gouverneurs, maires, chefs d’entreprise et leaders tribaux, a promis de continuer à respecter les engagements climatiques américains au niveau international.
Au niveau mondial, l’Union européenne et la Chine ont renforcé leur coopération climatique, créant une alliance de facto qui pourrait compenser partiellement le retrait américain. D’autres pays, comme le Canada, le Japon, la Corée du Sud et l’Australie, ont également réaffirmé leur engagement envers l’accord de Paris et la coopération multilatérale. Ces nouvelles dynamiques pourraient aboutir à une reconfiguration de la gouvernance mondiale, avec une influence européenne et chinoise accrue au détriment de l’influence américaine.
Le rôle croissant des acteurs non-étatiques
Une caractéristique importante de cette nouvelle ère post-retraits est le rôle croissant des acteurs non-étatiques dans la gouvernance mondiale. Les entreprises multinationales, les investisseurs institutionnels, les organisations non gouvernementales et les universités prennent de plus en plus d’initiatives autonomes pour maintenir la coopération internationale et l’action climatique.
Des centaines d’entreprises américaines, y compris des géants comme Apple, Google et Microsoft, ont publiquement condamné les retraits et réaffirmé leur engagement envers les objectifs de l’accord de Paris. Des investisseurs gérant des milliers de milliards de dollars ont annoncé qu’ils continueraient à intégrer les considérations climatiques dans leurs décisions d’investissement, indépendamment des politiques gouvernementales. Cette mobilisation du secteur privé pourrait en partie compenser le désengagement gouvernemental.
C’est fascinant de voir comment la société civile et le secteur privé prennent le relais quand les gouvernements font défaut. Il y a quelque chose de profondément résilient dans cette capacité d’adaptation, cette ingéniosité à trouver des nouvelles voies de coopération quand les anciennes se ferment. C’est peut-être là que réside le véritable espoir : dans cette capacité humaine à toujours trouver le moyen de collaborer, de s’organiser, de construire des ponts même quand les gouvernements préfèrent construire des murs.
Les perspectives d'avenir et les scénarios possibles
Le scénario du retour progressif
Un scénario optimiste pour l’avenir serait celui d’un retour progressif des États-Unis dans les organisations internationales après la fin de l’administration Trump. Historiquement, les États-Unis ont déjà connu des phases d’isolationnisme suivies de réengagements. Après les excès de l’administration Trump, une nouvelle administration, probablement démocrate, pourrait entreprendre de réparer les dommages et de réintégrer progressivement les organisations abandonnées.
Cependant, même dans ce scénario optimiste, les dommages pourraient être durables. La crédibilité américaine a été sévèrement endommagée, et les partenaires internationales pourraient se montrer méfiants face à un engagement américain qui semble désormais dépendant des alternances politiques internes. La reconstruction de la confiance prendra du temps, et certaines opportunités perdues pourraient être irrécupérables.
Le scénario de l’isolement durable
Un scénario plus pessimiste serait celui d’un isolement américain durable. Si l’idéologie trumpiste persiste au-delà de son administration, soit à travers un successeur, soit à travers une transformation durable du Parti républicain, les États-Unis pourraient rester en marge du système multilatéral pour de nombreuses années. Dans ce scénario, le monde s’organiserait de plus en plus sans les États-Unis, créant une nouvelle architecture mondiale où l’influence américaine serait considérablement réduite.
Ce scénario aurait des implications profondes pour l’équilibre des puissances mondiales. Il accélérerait le déclin relatif de l’influence américaine et l’émergence d’un monde multipolaire dominé par d’autres puissances. Les États-Unis risqueraient de devenir une puissance régionale plutôt que mondiale, avec des conséquences économiques, politiques et culturelles considérables.
Je suis partagé entre l’espoir et l’angoisse face à ces scénarios. L’espoir que l’Amérique puisse retrouver le chemin de la raison, de la coopération, du leadership mondial. Mais l’angoisse que les dommages causés soient si profonds, si durables, qu’ils marquent le début d’un déclin irréversible. Nous sommes à un moment charnière de l’histoire, et les décisions qui seront prises dans les prochaines années détermineront non seulement l’avenir de l’Amérique, mais aussi celui du monde entier.
Conclusion : le monde après la tempête trumpiste
Les leçons à tirer de cette crise
La vague de retraits ordonnée par Donald Trump en janvier 2026 nous laisse avec des leçons profondes sur la fragilité de la coopération internationale et les dangers du nationalisme extrême. Nous avons découvert que des décennies de coopération patiente peuvent être démantelées en quelques semaines par une volonté politique déterminée. Nous avons compris que le système multilatéral, malgré son importance vitale, repose sur un engagement volontaire qui peut être révoqué unilatéralement.
Cette crise nous a également révélé la résilience étonnante de la société civile mondiale et des acteurs non-étatiques. Face à l’effondrement de la coopération gouvernementale, des millions de citoyens, d’entreprises, de villes et de régions se sont mobilisés pour maintenir les liens internationaux et poursuivre l’action collective. Cette résistance démontre que l’esprit de coopération dépasse largement les institutions formelles et survit même lorsque celles-ci sont attaquées.
L’urgence de reconstruire et d’innover
Face aux ruines laissées par cette tempête isolationniste, l’urgence est double : il faut à la fois reconstruire ce qui a été détruit et innover pour créer des formes de coopération plus résilientes. La reconstruction nécessitera un engagement renouvelé envers le multilatéralisme, mais aussi des réformes pour rendre les organisations internationales plus efficaces, plus transparentes et plus adaptées aux défis du XXIe siècle.
L’innovation devra se concentrer sur la création de nouvelles formes de coopération qui impliquent davantage les acteurs non-étatiques, qui sont plus flexibles et plus résistantes aux changements politiques. Les réseaux de villes, les coalitions d’entreprises, les partenariats entre universités, toutes ces formes alternatives de coopération devront être renforcées et développées pour compléter, et parfois remplacer, les formes traditionnelles de coopération intergouvernementale.
Alors que j’écris ces lignes, je suis traversé par des émotions contradictoires. La colère face à la destruction, la tristesse face aux opportunités perdues, mais aussi une étrange forme d’espoir. Oui, espoir. Parce que cette crise, aussi terrible soit-elle, nous a aussi montré la capacité humaine à résister, à s’adapter, à trouver des nouvelles voies. Le monde ne sera plus jamais comme avant, et c’est peut-être une bonne chose. Peut-être que de cette destruction naîtra une coopération plus forte, plus inclusive, plus résiliente. Peut-être que nous apprendrons que notre survie collective dépend de notre capacité à travailler ensemble, quelles que soient les idéologies qui tentent de nous diviser. La bataille pour la coopération mondiale n’est pas terminée. Elle ne fait que commencer.
Sources
Sources primaires
Presidential Memorandum: « Withdrawing the United States from International Organizations, Conventions, and Treaties that Are Contrary to the Interests of the United States », Maison Blanche, 7 janvier 2026. Statement by Secretary of State Marco Rubio on U.S. Withdrawal from International Organizations, Département d’État américain, 7 janvier 2026. White House Fact Sheet on International Organizations Withdrawals, 7 janvier 2026.
Sources secondaires
Hayley Smith, « Trump withdraws U.S. from 66 international organizations and treaties, including major climate groups », Los Angeles Times, 7 janvier 2026. Andrew Freedman, Ella Nilsen, Samantha Waldenberg, « Trump moves to pull US out of bedrock global climate treaty, becoming first country to do so », CNN, 7 janvier 2026. Jasper Ward, « Trump withdraws US from dozens of international organizations, White House says », Reuters, 7 janvier 2026. Statements from World Resources Institute, Union of Concerned Scientists, Natural Resources Defense Council, janvier 2026. International reactions from European Union, G77 plus China, janvier 2026.
Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.