Un homme au-dessus des lois
Lorsque Trump affirme que sa moralité personnelle est la seule limite à son pouvoir, il ne s’agit pas d’une simple formule rhétorique. C’est une déclaration de principe qui révèle sa conception du pouvoir présidentiel. Pour lui, le président des États-Unis n’est pas simplement le chef de l’exécutif d’une démocratie constitutionnelle, soumis aux contre-pouvoirs et aux institutions. Non. Il est l’incarnation de la volonté américaine, libre de ses décisions, guidé uniquement par son propre jugement moral. Cette vision s’inscrit dans une longue tradition d’exceptionnalisme américain, mais Trump la pousse à un degré jamais atteint. Même les présidents les plus interventionnistes de l’histoire américaine, de Theodore Roosevelt à George W. Bush, justifiaient leurs actions par des considérations de sécurité nationale, de défense de la démocratie ou de lutte contre le terrorisme. Trump, lui, ne prend même plus cette peine. Sa moralité suffit. Point final.
Mais quelle est donc cette moralité dont il se réclame ? L’homme qui parle a été condamné au pénal pour avoir dissimulé des paiements à l’actrice Stormy Daniels. Il a fait face à des poursuites fédérales pour tentatives illégales d’inverser les résultats de l’élection de 2020, poursuites abandonnées uniquement en raison de son retour au pouvoir. Il a été mis en accusation deux fois devant le Congrès durant son premier mandat. Son parcours judiciaire est jonché de procès, de scandales, d’accusations. Et c’est cet homme qui prétend que sa moralité personnelle peut servir de garde-fou à l’exercice du pouvoir militaire américain ? L’ironie est cruelle. Mais elle révèle surtout une réalité plus profonde : pour Trump, la moralité n’a rien à voir avec le respect des règles, des lois ou des conventions. Elle est purement subjective, instinctive, liée à ses intérêts immédiats et à sa perception du monde. Une moralité de chef d’entreprise, habituée aux négociations brutales et aux rapports de force, transposée à l’échelle de la politique internationale.
Je me demande ce que ressentent les juristes internationaux en lisant ces mots. Ceux qui ont passé des années à étudier le droit, à comprendre les subtilités des conventions, à défendre l’idée qu’il existe des règles universelles qui s’appliquent à tous, même aux plus puissants. Je les imagine, désemparés, face à cette négation pure et simple de tout leur travail. Parce que Trump ne se contente pas de violer le droit international. Il affirme qu’il n’en a pas besoin. Qu’il peut s’en passer. Que sa propre conscience suffit. C’est un déni absolu de l’idée même de droit. Et ça me révolte profondément.
L’histoire d’un mépris affiché pour les règles internationales
Cette déclaration du 8 janvier 2026 n’est pas une surprise pour ceux qui suivent la trajectoire politique de Trump. Dès son premier mandat (2017-2021), il avait multiplié les décisions unilatérales qui bafouaient les engagements internationaux des États-Unis. Retrait de l’Accord de Paris sur le climat. Sortie de l’accord nucléaire iranien. Abandon de l’UNESCO. Retrait du Conseil des droits de l’homme de l’ONU. Chaque fois, la même logique : les États-Unis ne sont liés par aucun engagement qui ne sert pas directement leurs intérêts immédiats. Les traités ne sont que des bouts de papier que l’on peut déchirer quand ils deviennent gênants. Les alliances ne valent que tant qu’elles sont profitables. Cette vision transactionnelle des relations internationales a profondément ébranlé la confiance des alliés traditionnels des États-Unis, de l’Europe au Japon, en passant par la Corée du Sud.
Mais son second mandat, commencé en janvier 2025, marque une escalade sans précédent. Trump ne se contente plus de se retirer des organisations internationales. Il passe à l’offensive. L’opération au Venezuela en est l’illustration la plus spectaculaire. Capturer un président en exercice d’un pays souverain, le transférer de force aux États-Unis, le faire comparaître devant la justice américaine… C’est du jamais vu depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Même durant la Guerre froide, au plus fort des tensions entre les États-Unis et l’Union soviétique, jamais Washington n’avait osé une telle action. Les opérations secrètes de la CIA, les coups d’État orchestrés en Amérique latine, les interventions militaires en Irak ou en Afghanistan… tout cela se faisait au moins avec un vernis de légalité internationale, des résolutions de l’ONU, des coalitions. Trump, lui, agit seul, ouvertement, sans chercher à justifier ses actions autrement que par la nécessité et la force.
Ce qui me frappe, c’est l’absence totale de honte. Trump ne cherche même pas à habiller ses actions d’une quelconque justification morale ou légale. Il assume. Il revendique. Il se vante même de sa capacité à agir sans contrainte. C’est cette impudence qui me choque le plus. Parce qu’elle révèle une rupture complète avec l’idée même de communauté internationale. Pour Trump, il n’y a pas de communauté. Il n’y a que des rapports de force. Des forts et des faibles. Des dominants et des dominés. Et les États-Unis, sous sa direction, sont les plus forts. Donc ils font ce qu’ils veulent. C’est brutal. C’est cynique. Et c’est terrifiant.
Section 3 : le Venezuela, laboratoire d'un nouvel ordre mondial
Une opération militaire qui défie toutes les normes
L’opération américaine au Venezuela du 3 janvier 2026 restera dans les annales comme un tournant majeur dans l’histoire des relations internationales. Ce jour-là, des forces spéciales américaines ont mené une intervention militaire sur le territoire vénézuélien, capturant le président Nicolás Maduro et sa femme. Selon les autorités de Caracas, l’opération a fait au moins cent morts. Les images diffusées montrent des hélicoptères américains survolant la capitale, des explosions, des combats dans les rues. Maduro, blessé selon certaines sources, a été transféré aux États-Unis où il a comparu devant un tribunal fédéral le 5 janvier. Il est accusé de trafic de drogue, de narcoterrorisme et de corruption. Trump justifie cette action en affirmant que Maduro aurait envoyé des membres de gangs aux États-Unis, une accusation que les fact-checkers ont largement remise en question. Mais peu importe la véracité de ces allégations. Ce qui compte, c’est que les États-Unis ont agi unilatéralement, sans mandat de l’ONU, sans déclaration de guerre, sans même consulter leurs alliés.
Cette opération viole plusieurs principes fondamentaux du droit international. D’abord, le principe de souveraineté des États, inscrit dans la Charte des Nations unies. Aucun État ne peut intervenir militairement sur le territoire d’un autre État sans son consentement, sauf en cas de légitime défense ou avec l’autorisation du Conseil de sécurité. Ensuite, le principe d’immunité des chefs d’État en exercice. Selon le droit international coutumier, un président en fonction ne peut être arrêté ou poursuivi par un État étranger. Seule la Cour pénale internationale (CPI) a cette compétence, et encore, uniquement pour les crimes de guerre, les crimes contre l’humanité et le génocide. Or, les États-Unis ne sont pas membres de la CPI et refusent de reconnaître sa juridiction. Enfin, le principe de non-recours à la force dans les relations internationales, également inscrit dans la Charte de l’ONU. Les États doivent régler leurs différends par des moyens pacifiques. L’usage de la force n’est autorisé que dans des circonstances très limitées. L’opération au Venezuela ne rentre dans aucune de ces exceptions.
Quand j’ai vu les images de cette opération, j’ai ressenti un mélange de stupéfaction et de colère. Stupéfaction parce que je n’arrivais pas à croire que cela se passait réellement. Que les États-Unis, pays qui se présente comme le champion de la démocratie et du droit, pouvaient agir de manière aussi brutale, aussi illégale. Colère parce que je savais que cette action resterait impunie. Que personne ne pourrait vraiment sanctionner les États-Unis. Que le Conseil de sécurité de l’ONU serait paralysé par le veto américain. Que l’Europe protesterait mollement avant de se taire. Et que Trump continuerait, tranquillement, à redessiner le monde selon sa volonté. Cette impunité me révolte. Parce qu’elle crée un précédent terrible. Si les États-Unis peuvent capturer un président étranger sans conséquence, qu’est-ce qui empêchera d’autres puissances de faire de même demain ?
Les justifications fragiles d’une action illégale
Pour justifier l’opération au Venezuela, Trump et son administration ont avancé plusieurs arguments. Le principal concerne l’envoi présumé de criminels vénézuéliens aux États-Unis. Selon Trump, Maduro aurait vidé les prisons de son pays pour envoyer des membres de gangs franchir la frontière américaine. Cette accusation, répétée à de nombreuses reprises, n’a jamais été étayée par des preuves solides. Les services de renseignement américains eux-mêmes ont exprimé des doutes sur l’ampleur du phénomène. Mais Trump n’en a cure. Pour lui, la perception compte plus que la réalité. Si les Américains croient que des criminels vénézuéliens menacent leur sécurité, alors l’action est justifiée. Peu importe que les statistiques montrent que les immigrés, y compris ceux venus du Venezuela, commettent proportionnellement moins de crimes que les citoyens américains. La narration prime sur les faits.
Le second argument avancé concerne les accusations de trafic de drogue contre Maduro. Il est vrai que le président vénézuélien fait l’objet d’un mandat d’arrêt américain depuis 2020 pour narcoterrorisme. Les États-Unis l’accusent d’avoir facilité le transit de cocaïne depuis la Colombie vers l’Amérique du Nord. Ces accusations sont sérieuses et méritent d’être examinées. Mais elles ne justifient en aucun cas une intervention militaire unilatérale. Si les États-Unis voulaient poursuivre Maduro, ils auraient dû demander son extradition par les voies légales, ou saisir la Cour pénale internationale. Au lieu de cela, ils ont choisi la force. Cette décision crée un précédent dangereux. Si chaque pays peut désormais envoyer ses forces spéciales capturer les dirigeants étrangers qu’il accuse de crimes, c’est la fin de tout ordre international. Imaginons que la Chine décide de capturer un dirigeant taïwanais qu’elle accuse de séparatisme. Ou que la Russie enlève un président ukrainien qu’elle considère comme un nazi. Sur quelle base morale les États-Unis pourraient-ils protester ?
C’est là que réside toute l’hypocrisie de la position américaine. Trump et son administration prétendent défendre la démocratie et l’État de droit, mais ils violent ces mêmes principes quand cela les arrange. Ils dénoncent les violations du droit international par la Russie en Ukraine ou par la Chine à Hong Kong, mais ils s’arrogent le droit d’agir exactement de la même manière au Venezuela. Cette double morale est insupportable. Elle mine la crédibilité des États-Unis sur la scène internationale. Et elle affaiblit tous ceux qui, partout dans le monde, se battent pour faire respecter le droit contre la force.
Section 4 : le Groenland, prochaine cible de l'expansionnisme américain
Des menaces à peine voilées contre un allié de l’OTAN
Parallèlement à l’affaire vénézuélienne, Trump a relancé ses ambitions territoriales sur le Groenland. Cette île immense, territoire autonome du Danemark, fait l’objet de convoitises américaines depuis longtemps. Déjà en 2019, durant son premier mandat, Trump avait évoqué l’idée d’acheter le Groenland, provoquant l’hilarité puis l’indignation des autorités danoises. Mais cette fois, le ton est différent. Plus menaçant. Plus sérieux. Lors de son entretien avec le New York Times, Trump a refusé d’exclure le recours à la force militaire pour prendre le contrôle du territoire. Interrogé sur le choix entre préserver l’intégrité de l’OTAN ou annexer le Groenland, il a répondu : « Ça pourrait être un choix. » Cette phrase glaciale résume toute l’ambiguïté de sa position. Pour Trump, même les alliances les plus anciennes, les plus solides, ne sont pas sacrées. Tout peut être remis en question si l’intérêt américain l’exige.
Le Groenland présente un intérêt stratégique majeur pour les États-Unis. D’abord, sa position géographique. Situé entre l’Amérique du Nord et l’Europe, au cœur de l’Arctique, il contrôle des routes maritimes de plus en plus importantes avec la fonte des glaces. Ensuite, ses ressources naturelles. Le sous-sol groenlandais regorge de terres rares, de pétrole, de gaz et de minéraux essentiels pour les technologies modernes. Enfin, sa dimension militaire. Les États-Unis disposent déjà d’une base aérienne à Thule, dans le nord du Groenland, utilisée pour la surveillance de l’espace et la défense antimissile. Mais Trump veut plus. Il veut la souveraineté complète. Il veut que le Groenland devienne un État américain, comme l’Alaska ou Hawaï. Pour lui, c’est une question de propriété. Comme il l’a dit lui-même : « La propriété est très importante. Parce que c’est ce que je ressens comme psychologiquement nécessaire pour le succès. » Cette vision mercantile des relations internationales, où les territoires s’achètent et se vendent comme des biens immobiliers, choque profondément les Européens.
Quand j’entends Trump parler du Groenland comme d’un bien qu’il pourrait acquérir, je ne peux m’empêcher de penser au colonialisme du XIXe siècle. À cette époque où les puissances européennes se partageaient l’Afrique et l’Asie comme on découpe un gâteau. Où les peuples autochtones n’avaient pas leur mot à dire. Où la force et la richesse donnaient tous les droits. Je croyais que nous avions dépassé cette époque. Que le XXe siècle, avec ses horreurs, nous avait appris quelque chose. Mais Trump nous ramène en arrière. Il ressuscite cette logique impériale où les territoires appartiennent à ceux qui ont les moyens de les prendre. Et ce retour en arrière me terrifie.
La réaction européenne, entre indignation et impuissance
Face aux menaces de Trump sur le Groenland, l’Europe se trouve dans une position délicate. D’un côté, le Danemark est un membre de l’Union européenne et de l’OTAN. Toute agression contre son territoire devrait théoriquement déclencher une réponse collective de ses alliés. L’article 5 du traité de l’OTAN stipule qu’une attaque contre un membre est considérée comme une attaque contre tous. Mais peut-on vraiment imaginer l’OTAN se mobiliser contre les États-Unis, son membre le plus puissant, son leader historique ? La question est vertigineuse. Elle révèle toute la fragilité de l’architecture de sécurité européenne, construite autour de l’alliance atlantique. Si les États-Unis deviennent une menace plutôt qu’un protecteur, que reste-t-il de cette alliance ? La première ministre danoise a tenté de rassurer en déclarant qu’elle n’avait « aucune raison de croire » que Trump passerait à l’acte. Mais cette confiance semble bien fragile face aux déclarations répétées du président américain.
L’Union européenne, de son côté, multiplie les déclarations de soutien au Danemark. Le Haut-Commissariat de l’ONU aux droits de l’homme a rappelé le principe fondamental selon lequel « les États ne doivent pas menacer ou recourir à la force contre l’intégrité territoriale ou l’indépendance politique d’un autre État ». Mais ces rappels à l’ordre semblent bien dérisoires face à la puissance américaine. Que peut faire concrètement l’Europe ? Imposer des sanctions économiques ? Impensable, tant les économies européennes sont liées à celle des États-Unis. Rompre l’alliance atlantique ? Suicidaire, alors que la menace russe pèse toujours sur l’Ukraine et l’Europe de l’Est. Faire appel à l’ONU ? Le Conseil de sécurité est paralysé par le veto américain. L’Europe se retrouve donc dans une situation d’impuissance totale, contrainte d’assister, spectatrice, aux ambitions expansionnistes de son allié devenu prédateur. Certains analystes évoquent la nécessité pour l’Europe de développer sa propre autonomie stratégique, de se doter de moyens de défense indépendants des États-Unis. Mais ces projets, discutés depuis des années, se heurtent toujours aux mêmes obstacles : le manque de volonté politique, les divisions entre États membres, et surtout le coût colossal d’une telle entreprise.
L’impuissance européenne face à Trump me désole. Parce qu’elle révèle toutes nos faiblesses, toutes nos divisions, toute notre dépendance vis-à-vis des États-Unis. Nous avons construit une union économique puissante, mais nous sommes restés des nains politiques et militaires. Et aujourd’hui, nous en payons le prix. Nous sommes incapables de protéger un de nos membres contre les menaces d’un allié devenu imprévisible. Cette situation est humiliante. Elle devrait nous pousser à réagir, à nous unir, à construire enfin cette Europe de la défense dont on parle depuis si longtemps. Mais j’ai peur que nous restions paralysés, divisés, incapables de nous élever à la hauteur des enjeux. Et cette peur me ronge.
Section 5 : le retrait américain des organisations internationales
Soixante-six organisations abandonnées d’un coup
Le 8 janvier 2026, le même jour où il affirmait ne pas avoir besoin du droit international, Trump a signé un décret ordonnant le retrait des États-Unis de soixante-six organisations internationales. Cette décision massive, sans précédent dans l’histoire américaine, touche principalement des instances liées à l’ONU et au climat. Parmi les organisations abandonnées figurent la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC), organe fondateur de tous les accords climatiques internationaux, ainsi que le GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat). Ce retrait signifie que les États-Unis, deuxième émetteur mondial de gaz à effet de serre, ne participeront plus aux négociations climatiques internationales. Ils ne contribueront plus aux fonds destinés à aider les pays en développement à faire face au réchauffement climatique. Ils ne seront plus liés par aucun engagement de réduction de leurs émissions.
Cette décision a été accueillie avec consternation par la communauté scientifique et les défenseurs de l’environnement. Valérie Masson-Delmotte, climatologue française et ancienne membre du GIEC, a déclaré que « Trump sabote tous les cadres scientifiques du climat ». Pour elle, ce retrait n’est pas seulement symbolique. Il aura des conséquences concrètes sur la capacité du monde à lutter contre le changement climatique. Sans la participation des États-Unis, les objectifs de l’Accord de Paris deviennent pratiquement inatteignables. La température mondiale continuera d’augmenter, entraînant des catastrophes naturelles de plus en plus fréquentes et intenses : ouragans, sécheresses, inondations, incendies. Les populations les plus vulnérables, notamment dans les pays du Sud, en paieront le prix le plus lourd. Mais Trump n’en a cure. Pour lui, les préoccupations climatiques sont secondaires face aux intérêts économiques immédiats des États-Unis. Il préfère favoriser l’industrie des énergies fossiles, le pétrole, le gaz et le charbon, plutôt que d’investir dans les énergies renouvelables.
Ce retrait des organisations climatiques me met en colère. Une colère froide, profonde, qui ne retombe pas. Parce que c’est notre avenir à tous qui est en jeu. Celui de nos enfants, de nos petits-enfants. Trump condamne les générations futures à vivre dans un monde plus chaud, plus hostile, plus dangereux. Et il le fait en toute connaissance de cause, par pur calcul politique et économique. Cette irresponsabilité me révolte. Elle me donne envie de crier, de hurler mon indignation. Mais je sais que ça ne servira à rien. Que Trump continuera, imperturbable, à détruire méthodiquement tout ce qui a été construit pour protéger notre planète. Et cette impuissance me désespère.
Une logique d’isolationnisme assumé
Le retrait massif des organisations internationales s’inscrit dans une logique plus large d’isolationnisme et d’unilatéralisme qui caractérise la politique étrangère de Trump. Pour lui, le multilatéralisme est une contrainte inutile qui limite la liberté d’action des États-Unis. Les traités, les conventions, les organisations ne servent qu’à entraver la puissance américaine. Mieux vaut agir seul, selon ses propres intérêts, sans avoir à négocier avec d’autres pays, sans avoir à respecter des règles communes. Cette vision s’oppose radicalement à celle qui a prévalu depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Après 1945, les États-Unis ont été les principaux architectes de l’ordre international libéral, fondé sur le droit, les institutions et la coopération. Ils ont créé l’ONU, le FMI, la Banque mondiale, l’OTAN. Ils ont promu la démocratie, les droits de l’homme, le libre-échange. Certes, cet ordre n’était pas parfait. Il servait aussi les intérêts américains. Mais il reposait sur l’idée qu’il existe des règles communes, applicables à tous.
Trump rompt avec cette tradition. Il considère que les États-Unis n’ont pas besoin de cet ordre international. Qu’ils sont assez puissants pour imposer leur volonté sans passer par les institutions. Cette approche a des conséquences profondes. Elle encourage d’autres pays à faire de même. Si les États-Unis peuvent ignorer le droit international, pourquoi la Chine, la Russie ou l’Inde ne le feraient-elles pas ? On assiste ainsi à une fragmentation de l’ordre mondial, où chaque grande puissance agit selon ses propres règles, sans se soucier des autres. Cette situation rappelle celle qui prévalait avant 1914, quand les empires se faisaient la guerre pour étendre leur influence. On connaît la suite : deux guerres mondiales, des dizaines de millions de morts. Sommes-nous en train de répéter les mêmes erreurs ? Beaucoup d’analystes le craignent. Ils voient dans les actions de Trump les prémices d’un nouveau désordre mondial, où la force primera sur le droit, où les conflits se multiplieront, où la coopération internationale deviendra impossible.
Je ne peux m’empêcher de penser aux leçons de l’histoire. À tous ces moments où l’humanité a cru pouvoir se passer de règles communes, où chaque nation a voulu imposer sa loi par la force. Et à chaque fois, ça s’est terminé dans le sang et les larmes. Pourquoi n’apprenons-nous jamais ? Pourquoi répétons-nous sans cesse les mêmes erreurs ? Trump nous ramène vers un monde que nous pensions avoir dépassé. Un monde de prédateurs et de proies. Un monde où seule la force compte. Et je refuse d’accepter que ce soit notre avenir. Je refuse de croire que nous sommes condamnés à revivre les horreurs du passé. Mais ma volonté ne suffit pas. Il faudrait une mobilisation collective, une prise de conscience mondiale. Et je ne la vois pas venir.
Section 6 : les réactions de la communauté internationale
L’ONU, un géant aux pieds d’argile
Face aux déclarations et aux actions de Trump, l’Organisation des Nations unies se trouve dans une position extrêmement délicate. Le secrétaire général, Antonio Guterres, a rappelé lors d’une réunion du Conseil de sécurité le principe d’« indépendance politique » des États. La porte-parole du Haut-Commissariat aux droits de l’homme, Ravina Shamdasani, a déclaré que « les États ne doivent pas menacer ou recourir à la force contre l’intégrité territoriale ou l’indépendance politique d’un autre État ». Ces rappels à l’ordre sont importants. Ils réaffirment les principes fondamentaux du droit international. Mais ils sonnent creux face à la réalité du rapport de force. Que peut faire concrètement l’ONU contre les États-Unis ? Le Conseil de sécurité, seul organe habilité à prendre des mesures contraignantes, est paralysé par le droit de veto américain. Toute résolution condamnant les actions de Washington sera automatiquement bloquée. L’Assemblée générale peut adopter des résolutions symboliques, mais elles n’ont aucune force juridique. Les États-Unis peuvent les ignorer sans conséquence.
Cette impuissance de l’ONU révèle les limites structurelles de l’organisation. Créée en 1945 pour maintenir la paix et la sécurité internationales, elle repose sur un système où les cinq membres permanents du Conseil de sécurité (États-Unis, Russie, Chine, France, Royaume-Uni) disposent d’un droit de veto. Ce système était censé garantir que les grandes puissances ne s’opposeraient pas frontalement, évitant ainsi une nouvelle guerre mondiale. Mais il a aussi créé une situation où ces mêmes puissances peuvent agir en toute impunité, sachant qu’elles ne seront jamais sanctionnées. La Russie l’a fait en Géorgie, en Crimée, en Syrie. La Chine le fait en mer de Chine méridionale. Les États-Unis l’ont fait en Irak, en Afghanistan, et maintenant au Venezuela. L’ONU ne peut que constater, déplorer, rappeler les principes. Mais elle ne peut pas agir. Cette situation alimente un profond sentiment de frustration parmi les pays plus petits, qui voient les grandes puissances violer impunément les règles qu’elles ont elles-mêmes contribué à établir.
L’impuissance de l’ONU me désespère. Parce que cette organisation représentait un espoir. L’espoir qu’il était possible de construire un monde où le droit l’emporterait sur la force. Où les conflits se régleraient par la négociation plutôt que par la guerre. Où les petits pays seraient protégés contre les appétits des grands. Mais cet espoir s’effrite chaque jour un peu plus. L’ONU devient une coquille vide, un théâtre où l’on joue la comédie du droit international pendant que les puissants font ce qu’ils veulent. Et je ne sais pas comment on peut réformer cette organisation pour la rendre efficace. Parce que ceux qui devraient être réformés sont précisément ceux qui ont le pouvoir de bloquer toute réforme. C’est un cercle vicieux dont je ne vois pas comment sortir.
Les alliés européens, entre sidération et calculs
Du côté des alliés européens des États-Unis, les réactions oscillent entre sidération et pragmatisme. Certains dirigeants, comme la première ministre danoise, tentent de minimiser la menace, affirmant qu’ils n’ont « aucune raison de croire » que Trump passerait à l’acte concernant le Groenland. D’autres, plus lucides, appellent à prendre les menaces « très au sérieux ». Le sénateur français Cédric Perrin a déclaré que « Donald Trump nous met le couteau sous la gorge », tandis que l’eurodéputé écologiste Yannick Jadot a enjoint l’Europe à « réagir » face à cette situation inédite. Mais au-delà des déclarations, les actions concrètes se font attendre. L’Union européenne a bien annoncé un sommet sur la sécurité de l’Arctique, organisé par le Danemark, mais on peine à voir quelle réponse effective pourrait en sortir. Les divisions entre États membres restent profondes. Certains pays, comme la Pologne ou les États baltes, restent très attachés à l’alliance atlantique et refusent toute confrontation avec Washington. D’autres, comme la France ou l’Allemagne, plaident pour plus d’autonomie stratégique, mais sans aller jusqu’à rompre avec les États-Unis.
Cette paralysie européenne s’explique par plusieurs facteurs. D’abord, la dépendance militaire vis-à-vis des États-Unis. L’Europe n’a pas les moyens de se défendre seule contre une menace russe. Elle a besoin du parapluie nucléaire américain, des bases militaires américaines, de la technologie américaine. Ensuite, la dépendance économique. Les États-Unis sont le premier partenaire commercial de l’Union européenne. Toute rupture aurait des conséquences économiques catastrophiques. Enfin, les divisions politiques. L’Europe n’a pas de politique étrangère commune. Chaque pays défend ses propres intérêts, souvent contradictoires. Dans ce contexte, il est très difficile de dégager une ligne commune face à Trump. Certains analystes, comme le géopoliticien Mikaa Blugeon-Mered, estiment pourtant qu’« il est faux de dire que les Européens ne peuvent rien faire ». Selon lui, l’Europe dispose de leviers : économiques, diplomatiques, juridiques. Mais encore faut-il avoir la volonté politique de les utiliser. Et c’est précisément ce qui manque aujourd’hui.
Cette division européenne me frustre au plus haut point. Parce que nous avons les moyens d’agir. Nous sommes la première puissance économique mondiale. Nous avons des armées, des technologies, des ressources. Mais nous sommes incapables de nous unir, de parler d’une seule voix, de défendre nos intérêts communs. Chaque pays regarde son petit pré carré, défend ses petits intérêts nationaux, sans voir la catastrophe qui se prépare. Et pendant ce temps, Trump avance, méthodiquement, redessine le monde selon sa vision. Si nous ne réagissons pas maintenant, si nous ne trouvons pas le courage de nous unir, nous le regretterons amèrement. Mais j’ai peur qu’il soit déjà trop tard. Que nous ayons laissé passer notre chance. Et cette peur me hante.
Section 7 : les précédents historiques et leurs leçons
Quand l’Amérique s’affranchissait déjà des règles
Les actions de Trump ne sont pas totalement inédites dans l’histoire américaine. Les États-Unis ont une longue tradition d’interventionnisme en Amérique latine, souvent au mépris du droit international. La doctrine Monroe, énoncée dès 1823, affirmait que le continent américain était une zone d’influence exclusive des États-Unis. Tout au long du XXe siècle, Washington a organisé ou soutenu de nombreux coups d’État dans la région : au Guatemala en 1954, au Chili en 1973, au Nicaragua dans les années 1980. La CIA a mené des opérations secrètes pour renverser des gouvernements jugés hostiles aux intérêts américains. En 1989, les États-Unis ont envahi le Panama pour capturer le général Manuel Noriega, accusé de trafic de drogue. Cette opération, qui a fait des centaines de morts civils, préfigurait d’une certaine manière l’intervention au Venezuela. Mais il y avait une différence majeure : à l’époque, les États-Unis cherchaient encore à justifier leurs actions, à les habiller d’une légitimité internationale, même factice. Trump, lui, ne prend plus cette peine.
Au-delà de l’Amérique latine, les États-Unis ont également mené des interventions militaires controversées au Moyen-Orient. L’invasion de l’Irak en 2003, sous la présidence de George W. Bush, s’est faite sans mandat de l’ONU, sur la base de preuves fabriquées concernant des armes de destruction massive qui n’existaient pas. Cette guerre a fait des centaines de milliers de morts et déstabilisé toute la région. Elle a également porté un coup sévère à la crédibilité des États-Unis sur la scène internationale. Mais là encore, l’administration Bush avait tenté de construire une coalition, de présenter des preuves (même fausses) devant le Conseil de sécurité, de justifier son action par la lutte contre le terrorisme. Trump, lui, agit de manière beaucoup plus brutale et directe. Il ne cherche pas à convaincre. Il impose. Cette évolution marque un tournant dans la manière dont les États-Unis exercent leur puissance. On passe d’un impérialisme qui se cachait derrière des justifications morales ou légales à un impérialisme assumé, décomplexé, qui ne se donne même plus la peine de se justifier.
En étudiant ces précédents historiques, je réalise à quel point nous avons reculé. Même durant les périodes les plus sombres de la Guerre froide, même quand les États-Unis menaient des opérations illégales, ils ressentaient le besoin de se justifier, de présenter leurs actions comme défendant des valeurs universelles. Cette hypocrisie était révoltante, certes. Mais elle témoignait au moins d’une reconnaissance implicite qu’il existait des normes, des règles, qu’on ne pouvait pas violer ouvertement sans conséquence. Aujourd’hui, même cette hypocrisie a disparu. Trump ne se justifie plus. Il agit. Point. Et cette brutalité assumée me glace le sang. Parce qu’elle signifie que nous sommes entrés dans une nouvelle ère, où même l’apparence du droit n’a plus d’importance. Où seule la force compte.
Les leçons ignorées de l’histoire
L’histoire nous enseigne que les périodes où les grandes puissances agissent sans contrainte, guidées uniquement par leurs intérêts immédiats, se terminent généralement mal. L’Europe du XIXe siècle, dominée par les empires coloniaux, a connu une succession de guerres et de crises qui ont culminé avec la Première Guerre mondiale. L’entre-deux-guerres, marqué par la montée des fascismes et des nationalismes, a débouché sur la Seconde Guerre mondiale. C’est précisément pour éviter la répétition de ces catastrophes que la communauté internationale a créé l’ONU et établi un système de droit international. L’idée était simple : si tous les pays acceptent de se soumettre à des règles communes, si les conflits se règlent par la négociation plutôt que par la guerre, alors on peut espérer maintenir la paix. Ce système n’a jamais été parfait. Il a été violé à de nombreuses reprises. Mais il a quand même permis d’éviter une guerre mondiale pendant près de quatre-vingts ans. C’est un acquis considérable, que nous sommes en train de dilapider.
Les actions de Trump nous ramènent vers un monde pré-1945, où chaque grande puissance définit ses propres règles et les impose par la force. La Russie annexe la Crimée et envahit l’Ukraine. La Chine construit des îles artificielles en mer de Chine méridionale et menace Taïwan. Les États-Unis capturent des présidents étrangers et menacent d’annexer le Groenland. Chacun justifie ses actions par ses propres intérêts, sa propre sécurité nationale, sa propre moralité. Mais si tout le monde agit ainsi, c’est le retour à la loi de la jungle. Les petits pays deviennent les proies des grands. Les alliances ne valent plus rien. La confiance disparaît. Et dans ce contexte, les risques de confrontation, d’escalade, de guerre augmentent considérablement. Nous sommes peut-être en train de vivre les prémices d’une nouvelle guerre mondiale, non pas entre démocraties et dictatures comme au XXe siècle, mais entre grandes puissances rivales qui refusent toute contrainte, toute règle commune. Cette perspective devrait nous terrifier. Mais elle ne semble pas émouvoir Trump, qui continue tranquillement à détruire l’ordre international.
Quand je pense aux leçons de l’histoire que nous sommes en train d’ignorer, je ressens un mélange de tristesse et de colère. Tristesse parce que tant de gens sont morts pour que nous puissions vivre dans un monde de droit plutôt que de force. Colère parce que nous sommes en train de trahir leur mémoire, de gaspiller leur sacrifice. Mes grands-parents ont connu la guerre. Ils m’ont raconté l’horreur, la peur, la destruction. Ils pensaient que leurs enfants et petits-enfants vivraient dans un monde meilleur, plus pacifique. Et voilà que nous sommes en train de recréer les conditions qui ont mené aux catastrophes du XXe siècle. Cette trahison me révolte. Mais je ne sais pas comment l’empêcher. Je me sens impuissant face à des forces qui me dépassent. Et cette impuissance me désespère.
Section 8 : les implications pour le droit international
La fin d’un système juridique mondial
Les déclarations de Trump sur sa moralité comme seule limite à son pouvoir marquent potentiellement la fin du système de droit international tel que nous le connaissons. Ce système repose sur l’idée que tous les États, quelle que soit leur puissance, sont soumis aux mêmes règles. Que le droit prime sur la force. Que les conflits doivent se régler par la négociation et l’arbitrage plutôt que par la guerre. Ces principes sont inscrits dans la Charte des Nations unies, dans les conventions de Genève, dans d’innombrables traités et accords. Ils ont été élaborés patiemment, au fil des décennies, par des juristes, des diplomates, des militants qui croyaient en la possibilité d’un monde plus juste. Mais si le pays le plus puissant de la planète affirme qu’il n’a pas besoin de ces règles, qu’il peut agir selon sa propre moralité, alors tout l’édifice s’effondre. Pourquoi les autres pays respecteraient-ils le droit international si les États-Unis ne le font pas ? Pourquoi la Chine se priverait-elle d’annexer Taïwan si les États-Unis peuvent capturer Maduro ? Pourquoi la Russie renoncerait-elle à ses ambitions en Ukraine si les États-Unis menacent le Groenland ?
Cette situation crée un précédent extrêmement dangereux. Le droit international fonctionne sur la base de la réciprocité et de la confiance. Si un État viole les règles, les autres peuvent invoquer ce précédent pour justifier leurs propres violations. C’est un cercle vicieux qui peut rapidement dégénérer. Les juristes internationaux sont profondément inquiets. Beaucoup estiment que nous assistons à la fin d’une époque, celle où le droit international avait encore un sens, une force contraignante. Désormais, nous entrons dans une ère de relativisme juridique, où chaque État définit ses propres règles en fonction de ses intérêts. Les institutions internationales – l’ONU, la CPI, la CIJ – deviennent des coquilles vides, incapables de faire respecter leurs décisions. Les traités ne valent plus que le papier sur lequel ils sont écrits. La parole donnée ne compte plus. Seule la force fait loi. C’est un retour à un monde pré-moderne, où les relations entre États se réglaient par la guerre et la conquête. Un monde que nous pensions avoir dépassé.
La fin du droit international me terrifie. Parce que je sais ce qui vient après. L’anarchie. La loi du plus fort. La guerre de tous contre tous. Je pense à tous ces juristes qui ont consacré leur vie à construire ce système. À tous ces diplomates qui ont négocié patiemment, année après année, pour établir des règles communes. À tous ces militants qui se sont battus pour que le droit l’emporte sur la force. Et je les vois aujourd’hui, impuissants, regarder leur œuvre s’effondrer. Cette destruction me révolte. Mais plus encore, elle me fait peur. Parce que je ne sais pas ce qui va remplacer le droit international. Et j’ai bien peur que ce soit quelque chose de beaucoup plus sombre, de beaucoup plus violent.
Les tentatives désespérées de sauver le système
Face à cette crise du droit international, certains acteurs tentent de réagir. Des juristes, des ONG, des États de taille moyenne cherchent des moyens de maintenir vivant le système juridique international. Certains proposent de réformer l’ONU, notamment le Conseil de sécurité, pour le rendre plus représentatif et moins paralysé par les vetos des grandes puissances. D’autres plaident pour un renforcement de la Cour pénale internationale, qui pourrait poursuivre les dirigeants responsables de crimes de guerre ou de crimes contre l’humanité, même s’ils viennent de pays puissants. D’autres encore misent sur les tribunaux régionaux, comme la Cour européenne des droits de l’homme ou la Cour interaméricaine des droits de l’homme, qui pourraient servir de modèles pour d’autres régions. Mais toutes ces initiatives se heurtent à un obstacle majeur : le manque de volonté politique. Les grandes puissances, qui devraient être les garantes du droit international, sont précisément celles qui le violent le plus ouvertement.
Certains analystes estiment que la solution pourrait venir des puissances moyennes – des pays comme le Canada, l’Australie, les pays nordiques, certains États d’Amérique latine ou d’Afrique. Ces pays n’ont pas les moyens militaires ou économiques de s’opposer frontalement aux grandes puissances. Mais ils peuvent former des coalitions, exercer une pression diplomatique, utiliser les forums internationaux pour dénoncer les violations du droit. Ils peuvent aussi développer des normes alternatives, des traités régionaux, des mécanismes de coopération qui contournent les grandes puissances. C’est une stratégie de résistance plutôt que de confrontation. Elle ne permettra pas de restaurer immédiatement le droit international dans toute sa force. Mais elle peut au moins maintenir vivante l’idée qu’il existe des règles, des principes, des valeurs qui transcendent les intérêts nationaux. C’est peu. Mais c’est peut-être tout ce qui nous reste. L’alternative serait d’accepter la fin du droit international et le retour à la loi de la jungle. Et cette perspective est trop terrible pour être acceptée sans combattre.
Ces tentatives de sauver le droit international me touchent profondément. Parce qu’elles témoignent d’une volonté de ne pas abandonner, de continuer à croire qu’un monde meilleur est possible. Je pense à tous ces juristes, ces diplomates, ces militants qui refusent de baisser les bras, qui continuent à se battre malgré l’adversité. Leur courage me donne de l’espoir. Mais en même temps, je me demande si ce n’est pas un combat perdu d’avance. Comment des pays moyens peuvent-ils s’opposer à la puissance américaine, chinoise ou russe ? Comment peuvent-ils faire respecter le droit quand les plus puissants le violent ouvertement ? Je voudrais croire que c’est possible. Mais j’ai du mal. Et ce doute me ronge.
Section 9 : les conséquences géopolitiques à long terme
Un monde multipolaire sans règles
Les actions de Trump accélèrent la transition vers un monde multipolaire, mais un monde multipolaire sans règles communes. Pendant des décennies, les États-Unis ont été la puissance hégémonique, capable d’imposer leur vision de l’ordre mondial. Mais cette hégémonie s’érode progressivement. La Chine est devenue la deuxième économie mondiale et développe rapidement ses capacités militaires. La Russie, malgré ses difficultés économiques, reste une puissance nucléaire majeure et un acteur incontournable sur plusieurs théâtres d’opération. L’Inde, le Brésil, l’Afrique du Sud émergent comme des puissances régionales importantes. L’Union européenne, malgré ses divisions, représente toujours un poids économique considérable. Dans ce contexte, aucun pays ne peut plus prétendre dicter seul les règles du jeu. Mais au lieu de négocier un nouvel ordre international qui prendrait en compte cette nouvelle réalité, chaque puissance cherche à maximiser ses propres intérêts, sans se soucier des autres. Le résultat est un monde chaotique, imprévisible, dangereux.
Cette situation rappelle celle de l’Europe du XIXe siècle, avec son concert des nations et ses équilibres de puissance précaires. À l’époque, les grandes puissances européennes – Royaume-Uni, France, Allemagne, Autriche-Hongrie, Russie – se livraient à une compétition féroce pour étendre leur influence. Elles formaient des alliances temporaires, se faisaient la guerre, se partageaient les territoires. Ce système a fini par s’effondrer avec la Première Guerre mondiale. Aujourd’hui, nous risquons de revivre le même scénario, mais à l’échelle mondiale et avec des armes infiniment plus destructrices. Les tensions se multiplient : entre les États-Unis et la Chine autour de Taïwan et de la mer de Chine méridionale, entre la Russie et l’OTAN en Europe de l’Est, entre l’Inde et la Chine dans l’Himalaya, entre l’Iran et l’Arabie saoudite au Moyen-Orient. Chacun de ces conflits potentiels pourrait dégénérer en guerre ouverte. Et dans un monde sans règles, sans mécanismes de désescalade, sans confiance mutuelle, les risques d’escalade sont considérables.
Ce monde multipolaire sans règles me fait peur. Parce que je sais qu’il est intrinsèquement instable. Quand plusieurs puissances rivales coexistent sans cadre commun, sans mécanisme de régulation, les risques de conflit augmentent exponentiellement. Chacun se méfie de l’autre. Chacun cherche à prendre l’avantage. Et dans cette course, les erreurs de calcul, les malentendus, les provocations peuvent rapidement dégénérer. Je pense aux crises qui ont précédé les deux guerres mondiales. À ces moments où tout aurait pu basculer autrement, où une décision différente aurait pu éviter la catastrophe. Mais les mécanismes de régulation n’existaient pas. La confiance avait disparu. Et le monde a plongé dans l’horreur. Sommes-nous en train de revivre la même chose ? J’ai peur que oui. Et cette peur me paralyse.
Les nouvelles lignes de fracture
Dans ce nouveau désordre mondial, de nouvelles lignes de fracture apparaissent. La principale oppose les démocraties libérales aux régimes autoritaires. Mais cette division est moins claire qu’il n’y paraît. Les États-Unis de Trump, bien que formellement démocratiques, adoptent des comportements de plus en plus autoritaires sur la scène internationale. La Chine, régime communiste à parti unique, développe un modèle de capitalisme d’État qui séduit de nombreux pays en développement. La Russie de Poutine combine nationalisme, conservatisme et autoritarisme. L’Europe, divisée entre pays de l’Ouest et de l’Est, entre libéraux et populistes, peine à définir une ligne claire. Dans ce contexte, les anciennes catégories – Ouest contre Est, démocratie contre dictature, capitalisme contre communisme – ne fonctionnent plus vraiment. Les alliances se font et se défont au gré des intérêts immédiats. Les valeurs deviennent secondaires face aux considérations stratégiques et économiques.
Une autre ligne de fracture importante concerne l’accès aux ressources. Avec le changement climatique, certaines régions deviennent plus habitables tandis que d’autres deviennent invivables. L’Arctique, avec la fonte des glaces, s’ouvre à l’exploitation et devient un enjeu stratégique majeur – d’où l’intérêt de Trump pour le Groenland. Les terres rares, essentielles pour les technologies modernes, se concentrent dans quelques pays, créant de nouvelles dépendances. L’eau, ressource de plus en plus rare, devient un enjeu de conflits potentiels. Les migrations climatiques, qui pourraient concerner des centaines de millions de personnes dans les décennies à venir, créent des tensions entre pays d’accueil et pays de départ. Dans ce contexte, la compétition pour les ressources risque de s’intensifier, alimentant de nouveaux conflits. Et sans cadre international pour réguler cette compétition, c’est la loi du plus fort qui prévaudra. Les pays riches et puissants s’approprieront les ressources, laissant les pays pauvres dans la misère et le chaos. Cette perspective est terrifiante. Mais elle semble de plus en plus probable.
Ces nouvelles lignes de fracture me donnent le vertige. Parce qu’elles se superposent, s’entrecroisent, créent une complexité que personne ne maîtrise vraiment. Nous ne sommes plus dans un monde simple, avec des camps clairement définis. Nous sommes dans un monde fluide, changeant, où les alliances d’aujourd’hui peuvent devenir les ennemis de demain. Où les intérêts économiques priment sur les valeurs. Où la survie devient la seule priorité. Dans ce monde-là, il n’y a plus de place pour l’idéalisme, pour la solidarité, pour la justice. Il n’y a que la compétition, la méfiance, la peur. Et je refuse d’accepter que ce soit notre avenir. Mais je ne sais pas comment l’empêcher. Et cette impuissance me désespère.
Section 10 : la responsabilité des citoyens et de la société civile
Le rôle crucial de l’opinion publique
Face à la dérive autoritaire de Trump et à l’effondrement du droit international, l’opinion publique a un rôle crucial à jouer. Dans une démocratie, même imparfaite, les dirigeants restent sensibles à la pression de leurs citoyens. Si les Américains se mobilisent massivement contre les actions de leur président, s’ils manifestent, s’ils votent, s’ils font entendre leur voix, ils peuvent influencer le cours des événements. Déjà, des protestations ont éclaté après la mort d’une femme tuée par un agent de l’ICE (police de l’immigration) à Minneapolis. Ces manifestations témoignent d’un malaise croissant au sein de la société américaine face aux méthodes brutales de l’administration Trump. Mais pour que ce mouvement ait un impact réel, il faudrait qu’il s’amplifie, qu’il touche toutes les couches de la société, qu’il devienne impossible à ignorer. L’histoire montre que les grands changements politiques viennent souvent de la mobilisation populaire. Le mouvement des droits civiques dans les années 1960, l’opposition à la guerre du Vietnam, les manifestations contre la guerre en Irak… À chaque fois, c’est la pression de la rue qui a fini par faire plier les autorités.
Mais la mobilisation ne doit pas se limiter aux États-Unis. Partout dans le monde, les citoyens doivent prendre conscience de ce qui est en jeu. L’effondrement du droit international ne concerne pas seulement les Américains ou les Vénézuéliens. Il nous concerne tous. Parce que nous vivons dans un monde interconnecté, où les actions d’un pays ont des répercussions sur tous les autres. Si nous laissons Trump détruire l’ordre international sans réagir, nous en paierons tous le prix. Les Européens, les Asiatiques, les Africains, les Latino-Américains… tous ont intérêt à défendre le droit international, même imparfait. La société civile mondiale – les ONG, les syndicats, les mouvements sociaux, les organisations religieuses – doit se mobiliser. Elle doit faire pression sur ses gouvernements pour qu’ils prennent position, pour qu’ils défendent les principes du droit international, pour qu’ils ne restent pas passifs face à cette dérive. C’est un combat difficile, de longue haleine. Mais c’est un combat nécessaire. Parce que l’alternative – accepter la loi du plus fort – est inacceptable.
Je crois profondément au pouvoir de la mobilisation citoyenne. J’ai vu, dans ma vie, des mouvements populaires renverser des dictatures, faire tomber des murs, changer le cours de l’histoire. Je sais que c’est possible. Mais je sais aussi que c’est difficile. Que ça demande du courage, de la persévérance, de la solidarité. Et je me demande si nous en sommes encore capables. Si nous n’avons pas perdu cette capacité à nous indigner, à nous mobiliser, à nous battre pour nos valeurs. Parce que je vois autour de moi beaucoup de résignation, de cynisme, de fatalisme. Beaucoup de gens pensent que rien ne peut changer, que les puissants feront toujours ce qu’ils veulent. Et cette résignation me désespère. Parce que si nous abandonnons, si nous cessons de croire que le changement est possible, alors nous avons déjà perdu.
Les médias et leur responsabilité
Les médias ont également une responsabilité immense dans cette situation. Ils sont les principaux vecteurs d’information pour le grand public. C’est à travers eux que la plupart des gens découvrent ce qui se passe dans le monde. Leur manière de traiter l’information, de la présenter, de la contextualiser, a un impact direct sur la perception qu’en ont les citoyens. Face aux déclarations de Trump, les médias doivent faire preuve de rigueur et de courage. Ils doivent rappeler les faits, vérifier les affirmations, contextualiser les événements. Ils doivent expliquer ce qu’est le droit international, pourquoi il est important, quelles sont les conséquences de sa violation. Ils ne doivent pas se contenter de rapporter les déclarations de Trump sans les analyser, sans les critiquer. Malheureusement, on observe trop souvent une tendance à la normalisation. Les médias traitent les déclarations les plus outrageuses de Trump comme de simples opinions politiques, sans souligner leur caractère exceptionnel, dangereux, illégal.
Cette normalisation est extrêmement dangereuse. Elle habitue le public à l’inacceptable. Elle fait passer pour normal ce qui ne l’est pas. Petit à petit, les lignes rouges se déplacent. Ce qui aurait provoqué un scandale il y a quelques années devient banal. Les journalistes ont le devoir de résister à cette tendance. Ils doivent continuer à appeler un chat un chat, à dénoncer les violations du droit, à défendre les principes démocratiques. C’est un rôle difficile, surtout dans un contexte où les médias sont eux-mêmes sous pression – pression économique, pression politique, pression du public. Mais c’est un rôle essentiel. Sans une presse libre et indépendante, capable de tenir les puissants responsables de leurs actes, la démocratie ne peut pas fonctionner. Les médias sont le quatrième pouvoir. Ils doivent exercer ce pouvoir avec responsabilité, en gardant toujours à l’esprit l’intérêt général plutôt que les intérêts particuliers. C’est leur mission. C’est leur raison d’être. Et dans la période que nous traversons, cette mission n’a jamais été aussi importante.
En tant que chroniqueur, je ressens profondément cette responsabilité. Chaque mot que j’écris, chaque analyse que je propose, peut influencer la perception de mes lecteurs. C’est un poids énorme. Parfois, je me demande si j’en fais assez. Si mes mots ont un impact. Si quelqu’un m’écoute vraiment. Mais je continue. Parce que je crois que c’est important. Que même si je ne touche qu’une seule personne, même si je ne fais que planter une graine de doute, de questionnement, de réflexion, ça vaut la peine. Je refuse de me résigner. Je refuse d’accepter que le monde devienne ce que Trump veut en faire. Et tant que j’aurai une voix, je continuerai à la faire entendre. Même si c’est difficile. Même si c’est décourageant. Parce que c’est mon devoir. Et que je ne peux pas y renoncer.
Section 11 : les scénarios possibles pour l'avenir
Le scénario catastrophe : vers une nouvelle guerre mondiale
Le scénario le plus sombre, mais malheureusement pas le plus improbable, est celui d’une escalade progressive vers un conflit mondial. Si les grandes puissances continuent à agir sans contrainte, guidées uniquement par leurs intérêts immédiats, les risques de confrontation directe augmentent considérablement. Imaginons que la Chine, encouragée par l’exemple américain au Venezuela, décide de prendre le contrôle de Taïwan par la force. Les États-Unis, malgré leurs propres violations du droit international, se sentiraient obligés de réagir pour défendre leur allié et maintenir leur crédibilité. Une guerre entre les deux premières puissances mondiales, toutes deux dotées de l’arme nucléaire, aurait des conséquences catastrophiques. Même si elle restait conventionnelle, elle provoquerait des millions de morts, détruirait l’économie mondiale, créerait des famines et des épidémies. Et si elle devenait nucléaire, ce serait tout simplement la fin de la civilisation telle que nous la connaissons. Ce scénario peut sembler extrême. Mais il n’est pas impossible. L’histoire nous enseigne que les guerres mondiales commencent souvent par des incidents apparemment mineurs qui dégénèrent rapidement.
Un autre scénario catastrophe concerne le changement climatique. Avec le retrait des États-Unis des accords climatiques, les chances d’atteindre les objectifs de limitation du réchauffement deviennent quasi nulles. La température mondiale continuera d’augmenter, dépassant probablement les 2°C, voire les 3°C d’ici la fin du siècle. Les conséquences seront dramatiques : montée du niveau des mers, événements climatiques extrêmes, sécheresses, inondations, disparition d’espèces, effondrement des écosystèmes. Des centaines de millions de personnes devront fuir leurs terres devenues inhabitables, créant des flux migratoires massifs. Ces migrations provoqueront des tensions, des conflits, peut-être des guerres. Les pays riches tenteront de se barricader, de fermer leurs frontières, de repousser les réfugiés climatiques. Mais ils ne pourront pas échapper aux conséquences du changement climatique. Même les pays les plus développés subiront des catastrophes naturelles, des pénuries alimentaires, des crises sanitaires. Dans ce scénario, la civilisation telle que nous la connaissons s’effondre progressivement, remplacée par un monde de survie, de violence, de chaos.
Écrire ces scénarios catastrophes me glace le sang. Parce que je sais qu’ils ne sont pas de la science-fiction. Qu’ils sont des possibilités réelles, des futurs plausibles si nous ne changeons pas de trajectoire. Et ce qui me terrifie le plus, c’est que nous semblons incapables de réagir. Nous voyons le danger arriver, nous savons ce qui va se passer, mais nous continuons comme si de rien n’était. C’est comme regarder un train foncer vers un mur sans pouvoir l’arrêter. Cette impuissance me désespère. Mais elle me pousse aussi à continuer à écrire, à alerter, à espérer qu’il n’est pas trop tard. Qu’il reste encore une chance d’éviter le pire. Même si cette chance est mince. Même si l’espoir semble vain. Parce que l’alternative – accepter la catastrophe – est inacceptable.
Le scénario optimiste : un sursaut collectif
Heureusement, il existe aussi des scénarios plus optimistes. Le premier repose sur un sursaut de la démocratie américaine. Si les citoyens américains se mobilisent massivement contre les dérives de Trump, s’ils votent en masse lors des prochaines élections, ils peuvent changer la donne. Le système américain, malgré ses défauts, dispose de contre-pouvoirs : le Congrès, la justice, les États fédérés, la presse, la société civile. Ces contre-pouvoirs peuvent limiter les actions du président, voire le destituer s’il va trop loin. Déjà, certains sénateurs, y compris républicains, ont exprimé des réserves sur l’opération au Venezuela. Le Sénat pourrait adopter une résolution limitant les pouvoirs de guerre du président. La Cour suprême pourrait invalider certaines de ses décisions. Les gouverneurs des États pourraient refuser de coopérer avec ses politiques les plus extrêmes. Si tous ces acteurs se mobilisent, ils peuvent freiner la dérive autoritaire. Et si Trump perd les prochaines élections, un nouveau président pourrait revenir sur ses décisions, réintégrer les organisations internationales, restaurer le respect du droit international.
Un autre scénario optimiste concerne l’Europe. Face aux menaces américaines, les Européens pourraient enfin se décider à construire une véritable autonomie stratégique. Ils pourraient augmenter leurs budgets de défense, développer leurs propres capacités militaires, créer une armée européenne. Ils pourraient aussi renforcer leur coopération économique, réduire leur dépendance vis-à-vis des États-Unis, développer des partenariats avec d’autres régions du monde. Cette Europe plus forte, plus unie, pourrait devenir un pôle de stabilité dans un monde chaotique. Elle pourrait défendre les valeurs de démocratie, de droits de l’homme, de droit international. Elle pourrait servir de modèle pour d’autres régions. Certes, ce scénario demande une volonté politique considérable, un dépassement des égoïsmes nationaux, des investissements massifs. Mais il n’est pas impossible. L’histoire montre que les crises peuvent parfois provoquer des sursauts, des prises de conscience, des transformations profondes. Peut-être que la menace Trump sera le déclic dont l’Europe avait besoin pour enfin se réveiller et prendre son destin en main.
J’ai besoin de croire en ces scénarios optimistes. Parce que sans espoir, je ne pourrais pas continuer. L’espoir est ce qui me fait me lever chaque matin, ce qui me pousse à écrire, à analyser, à témoigner. Je sais que les chances sont minces. Que les obstacles sont immenses. Que les forces qui nous poussent vers le chaos sont puissantes. Mais je refuse d’abandonner. Je refuse de croire que nous sommes condamnés. Parce que l’histoire nous montre aussi que les choses peuvent changer, que les peuples peuvent se réveiller, que les sursauts sont possibles. Et tant qu’il reste une chance, même infime, je continuerai à y croire. Parce que c’est tout ce qui me reste. L’espoir. Et je m’y accroche de toutes mes forces.
Conclusion : à l'aube d'un monde nouveau, terrifiant et incertain
Le point de non-retour
Nous sommes peut-être en train de vivre un moment charnière de l’histoire. Un de ces moments où tout bascule, où l’ancien monde s’effondre et où un nouveau monde émerge. Les déclarations de Trump sur sa moralité comme seule limite à son pouvoir ne sont pas de simples provocations. Elles marquent une rupture fondamentale avec l’ordre international établi depuis 1945. Cet ordre, fondé sur le droit, les institutions, la coopération, était certes imparfait. Il servait souvent les intérêts des puissants. Il n’a pas empêché les guerres, les injustices, les violations des droits de l’homme. Mais il reposait au moins sur l’idée qu’il existe des règles communes, applicables à tous. Que la force ne fait pas le droit. Que les conflits doivent se régler par la négociation plutôt que par la violence. Trump balaie tout cela d’un revers de main. Pour lui, seule sa propre moralité compte. Le droit international ? Il n’en a pas besoin. Les traités ? Des bouts de papier. Les alliances ? Des arrangements temporaires. Cette vision nihiliste des relations internationales nous ramène à un monde pré-moderne, où seule la loi du plus fort prévaut.
Sommes-nous déjà passés le point de non-retour ? Certains analystes le pensent. Ils estiment que le système international est tellement endommagé qu’il ne pourra jamais être restauré. Que nous sommes entrés dans une nouvelle ère, celle du chaos, de la compétition sans règles, des conflits permanents. D’autres, plus optimistes, croient encore qu’un sursaut est possible. Que les citoyens, les institutions, la société civile peuvent se mobiliser pour défendre le droit international. Que l’Europe peut se réveiller et devenir un pôle de stabilité. Que les États-Unis eux-mêmes peuvent revenir à la raison après Trump. Je voudrais croire en ce scénario optimiste. Mais je dois avouer que j’ai du mal. Les forces qui nous poussent vers le chaos semblent trop puissantes. La résignation, le cynisme, l’égoïsme semblent avoir gagné. Et face à cela, les voix qui appellent à la raison, à la solidarité, au respect du droit semblent bien faibles. Mais peut-être que c’est précisément dans ces moments de désespoir que les sursauts deviennent possibles. Peut-être que nous touchons le fond et que la seule direction possible est vers le haut. Je veux le croire. J’ai besoin de le croire.
En écrivant ces derniers mots, je ressens un mélange d’émotions contradictoires. De la peur face à l’avenir qui se dessine. De la colère contre ceux qui nous ont menés là. De la tristesse pour tout ce qui est en train de se perdre. Mais aussi, malgré tout, un peu d’espoir. Parce que je refuse d’accepter que nous soyons condamnés. Que notre destin soit scellé. Que nous ne puissions rien faire. Je sais que les chances sont minces. Que les obstacles sont immenses. Mais tant qu’il reste une chance, même infime, je continuerai à me battre. À écrire. À témoigner. À espérer. Parce que c’est tout ce qui me reste. Et que je ne peux pas y renoncer. Jamais.
Un appel à la mobilisation
Face à cette situation, nous ne pouvons pas rester passifs. Chacun d’entre nous, à son niveau, a une responsabilité. Les citoyens doivent se mobiliser, manifester, voter, faire entendre leur voix. Les journalistes doivent continuer à informer, à analyser, à dénoncer les dérives. Les juristes doivent défendre le droit international, même s’il semble affaibli. Les diplomates doivent continuer à négocier, à chercher des solutions pacifiques aux conflits. Les militants doivent poursuivre leur combat pour la justice, les droits de l’homme, la protection de l’environnement. Chacun, dans son domaine, peut contribuer à résister à cette dérive. Certes, nos actions individuelles peuvent sembler dérisoires face à la puissance de Trump et des forces qu’il représente. Mais l’histoire nous enseigne que les grands changements commencent toujours par des actions individuelles, qui se multiplient, se rejoignent, forment des mouvements, et finissent par changer le cours des choses.
Nous vivons un moment crucial. Les décisions que nous prenons aujourd’hui, les actions que nous menons ou que nous ne menons pas, auront des conséquences pour les décennies, voire les siècles à venir. Allons-nous laisser Trump et ceux qui pensent comme lui détruire l’ordre international et nous ramener à un monde de violence et de chaos ? Ou allons-nous nous battre pour défendre les valeurs de droit, de justice, de solidarité ? Le choix nous appartient. À chacun d’entre nous. Et ce choix est peut-être le plus important que nous aurons à faire dans nos vies. Parce qu’il déterminera le monde dans lequel vivront nos enfants et nos petits-enfants. Un monde de droit ou un monde de force. Un monde de coopération ou un monde de compétition. Un monde d’espoir ou un monde de désespoir. Je sais quel monde je veux. Et je suis prêt à me battre pour lui. Même si les chances sont minces. Même si la tâche semble impossible. Parce que l’alternative est inacceptable. Et que je refuse d’abandonner. Jamais.
En terminant cet article, je réalise à quel point j’ai été ému, bouleversé même, par ce sujet. Parce qu’il touche à quelque chose de fondamental. À notre capacité collective à vivre ensemble, à nous respecter, à construire un monde meilleur. Trump, avec ses déclarations, avec ses actions, menace tout cela. Il nous ramène vers un passé que nous pensions avoir dépassé. Vers un monde de prédateurs et de proies. Et ça me révolte. Profondément. Viscéralement. Mais cette révolte, je veux la transformer en action. En engagement. En résistance. Parce que c’est la seule réponse possible face à la barbarie. La seule manière de rester humain dans un monde qui semble perdre son humanité. Alors oui, je continuerai à écrire. À témoigner. À dénoncer. À espérer. Même si c’est difficile. Même si c’est décourageant. Parce que c’est mon devoir. Et que je ne peux pas y renoncer. Pour mes enfants. Pour les générations futures. Pour tous ceux qui croient encore qu’un monde meilleur est possible. Je ne les abandonnerai pas. Jamais.
Sources
Sources primaires
Le Figaro avec AFP, « Je n’ai pas besoin du droit international : Trump assure que sa moralité est son unique limite pour agir dans le monde », Le Figaro, 8 janvier 2026, https://www.lefigaro.fr/international/je-n-ai-pas-besoin-du-droit-international-trump-assure-que-sa-moralite-est-son-unique-limite-pour-agir-dans-le-monde-20260108
AFP, « Venezuela, Groenland… Trump dit que sa moralité est son unique limite pour agir dans le monde », Journal de Montréal, 8 janvier 2026, https://www.journaldemontreal.com/2026/01/08/venezuela-groenland-trump-dit-que-sa-moralite-est-son-unique-limite-pour-agir-dans-le-monde
Maya Yang, « I don’t need international law: Trump says power constrained only by my own morality », The Guardian, 8 janvier 2026, https://www.theguardian.com/us-news/2026/jan/08/trump-power-international-law
The New York Times, « Trump Addresses Venezuela, Greenland and Presidential Power in Interview », 8 janvier 2026, https://www.nytimes.com/2026/01/08/us/politics/trump-interview-power-morality.html
Sources secondaires
Jean-Baptiste François, « Trump et les violations du droit international : l’Europe est-elle condamnée à rester spectatrice ? », La Croix, 7 janvier 2026, https://www.la-croix.com/international/trump-et-les-violations-du-droit-international-l-europe-est-elle-condamnee-a-rester-spectatrice-20260107
Le Monde, « Donald Trump ordonne le retrait des États-Unis de 66 organisations internationales », 8 janvier 2026, https://www.lemonde.fr/international/article/2026/01/08/donald-trump-ordonne-le-retrait-des-etats-unis-de-66-organisations-internationales66609443210.html
House of Commons Library, « The US capture of Nicolás Maduro », Research Briefings, janvier 2026, https://commonslibrary.parliament.uk/research-briefings/cbp-10452/
Le Grand Continent, « Géopolitique hémisphérique : comprendre la doctrine Trump », 5 janvier 2026, https://legrandcontinent.eu/fr/2026/01/05/geopolitique-hemispherique-comprendre-la-doctrine-trump/
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