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Rand Paul, le libertarien anti-guerre qui devient le héros inattendu

Au centre de cette rébellion parlementaire se trouve une figure aussi surprenante qu’essentielle : le sénateur Rand Paul du Kentucky. Fils du légendaire Ron Paul, Rand a toujours cultivé une image de libertarianisme pur, s’opposant systématiquement aux interventions militaires étrangères et défendant une lecture stricte de la Constitution. Mais ce qui rend son rôle dans cette affaire particulièrement fascinant, c’est qu’il parvient à rallier à sa cause des collègues républicains traditionnellement bien plus hawkish que lui. La résolution S.J.Res.90 qu’il a parrainée avec Tim Kaine et Adam Schiff n’est pas un simple gadget politique : c’est un instrument juridique puissant qui s’appuie sur la Section 1013 du Department of State Authorization Act de 1984 et 1985, ainsi que sur les procédures accélérées de l’International Security Assistance and Arms Export Control Act de 1976. En clair, ce texte dispose d’un statut prioritaire qui force le Congrès à se prononcer rapidement sur les engagements militaires non autorisés, un mécanisme rarement utilisé mais redoutablement efficace.

La position de Rand Paul dans ce débat dépasse largement les clivages partisans habituels. Dans ses interventions publiques, il a constamment rappelé que la Constitution confère explicitement au Congrès le pouvoir de déclarer la guerre (Article I, Section 8, Clause 11), un principe fondamental qui selon lui est systématiquement bafoué par les administrations successives. Mais ce qui distingue son approche cette fois-ci, c’est sa capacité à transformer un débat technique sur les pouvoirs de guerre en une croisade politique contre les ambitions impériales de Trump. Il a habilement utilisé les craintes croissantes au sein de son propre parti concernant l’engagement militaire au Venezuela, arguant que même les plus fervents supporters du président devraient s’opposer à une guerre non déclarée qui pourrait coûter cher en vies humaines et en ressources financières. Son argumentation a trouvé un écho particulièrement puissant auprès de vétérans militaires comme Josh Hawley et Todd Young, qui comprennent les dangers réels d’un enlisement au Venezuela, un pays au terrain difficile et à l’instabilité chronique.

Susan Collins et la peur d’un Vietnam sud-américain

Si Rand Paul représente l’idéologie anti-guerre, Susan Collins incarne elle le pragmatisme politique et la peur d’un désastre stratégique. La sénatrice du Maine, connue pour ses positions modérées et son indépendance d’esprit, avait initialement voté contre une résolution similaire en novembre dernier. Mais entre-temps, quelque chose a changé fondamentalement. La capture de Maduro et les déclarations de Trump sur la volonté américaine de « diriger » le Venezuela ont transformé la nature du débat. Collins a expliqué son revirement dans des termes remarquablement clairs : « Avec Maduro rightfully captured, les circonstances ont maintenant changé. Bien que je soutienne l’opération pour saisir Nicolás Maduro, qui était extraordinaire dans sa précision et sa complexité, je ne soutiens pas l’engagement de forces américaines supplémentaires ou une implication militaire à long terme au Venezuela ou au Groenland sans autorisation spécifique du Congrès. »

Cette déclaration révèle une angoisse profonde au sein de l’establishment républicain : la peur d’un Vietnam sud-américain. Collins fait référence non seulement au Venezuela mais aussi au Groenland, où Trump a récemment exprimé des ambitions expansionnistes tout aussi troublantes. Pour la sénatrice du Maine et pour beaucoup de ses collègues, le modèle qui les hante est celui des guerres interminables qui ont ensanglanté l’Amérique dans les décennies passées. Ils voient dans les déclarations de Trump les prémices d’un engrenage fatal : une opération militaire initiale présentée comme limitée qui pourrait progressivement s’étendre pour impliquer des centaines de milliers de soldats et des centaines de milliards de dollars. La référence au Vietnam n’est pas anodine : elle évoque les souvenirs d’une guerre qui a divisé l’Amérique, coûté la vie à plus de 58 000 soldats et finalement conduit à une défaite humiliante. Collins, comme beaucoup de républicains modérés, refuse de voir l’histoire se répéter.

Susan Collins me fascine. Cette femme a passé sa carrière politique à faire des compromis, à naviguer entre les eaux troubles de la politique partisane, à toujours choisir la voie de la prudence. Et aujourd’hui, elle découvre soudainement son âme. Elle découvre que certains principes valent plus que les avantages politiques, que la Constitution mérite d’être défendue même quand ça coûte cher. C’est beau et triste en même temps. Beau parce qu’elle montre que même les politiciens les plus pragmatiques peuvent avoir un moment de grâce. Triste parce qu’il a fallu attendre que Trump menace de transformer le Venezuela en un Vietnam pour qu’elle se réveille. Où était-elle quand Trump violait les autres principes démocratiques ? Où était-elle quand il attaquait la presse, quand il humiliait les institutions, quand il détruisait les normes ? Le sang militaire semble avoir plus de poids que les principes démocratiques. C’est triste mais c’est ainsi.

Sources

Sources primaires

Reuters – « Trump says U.S. oversight of Venezuela could last years » – Publié le 8 janvier 2026

The Hill – « Senate advances resolution to block Trump from using military in Venezuela » – Publié le 8 janvier 2026

Congress.gov – Texte officiel de la résolution S.J.Res.90 – Consulté le 9 janvier 2026

Sources secondaires

New York Times – « Senate Advances Measure to Curb Trump’s Use of Force in Venezuela » – Publié le 8 janvier 2026

CBS News – « Senate advances war powers resolution to limit further Trump strikes in Venezuela » – Publié le 8 janvier 2026

Defense Communities – « Senate Approves Limits on Military Action in Venezuela » – Publié le 8 janvier 2026

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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