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L’architecte mondial de la résilience numérique

Le Global Forum on Cyber Expertise (GFCE) représente sans doute la perte la plus significative de ce désengagement américain. Créé en 2015 lors de la Conférence mondiale sur l’espace cybernétique à La Haye, le GFCE s’est imposé comme la plateforme mondiale de coordination du renforcement des capacités cybernétiques. Cette organisation unique dans son genre rassemble gouvernements, entreprises technologiques et organisations internationales pour développer des solutions concrètes aux cybermenaces. Avec plus de 100 membres incluant des poids lourds comme Hewlett Packard, Mastercard et Palo Alto Networks, le GFCE fonctionne comme une sorte d’OTAN du cyberespace, coordonnant les efforts de renforcement des capacités et partageant les meilleures pratiques en matière de cybersécurité.

La mission du GFCE est particulièrement cruciale à notre époque numérique : « renforcer la capacité et l’expertise cybernétiques au niveau mondial grâce à la collaboration et à la coopération internationales ». Concrètement, cela se traduit par des projets de renforcement des capacités dans les pays les plus vulnérables, la formation d’experts en cybersécurité, et le développement de cadres politiques pour protéger les infrastructures critiques. Le Forum a développé une remarquable expertise dans des domaines aussi variés que la protection des infrastructures critiques, la cybercriminalité, les compétences numériques et les politiques émergentes en matière de technologies. En quittant cette organisation, les États-Unis perdent non seulement leur influence sur ces développements stratégiques, mais aussi accès à un réseau inestimable de connaissances et d’expertises partagées.

Le vide américain rempli par les adversaires

Chris Painter, ancien président de la Fondation GFCE et ancien diplomate cybernétique principal du département d’État américain, a exprimé sa « surprise » face à ce retrait, soulignant qu’il s’agit d’« une plateforme de renforcement des capacités non politique que les États-Unis ont aidé à établir et qui a fait un bon travail dans les Balkans occidentaux et en Asie-Pacifique, entre autres lieux, ce qui, à mon avis, fait avancer les intérêts américains ». Cette analyse met en lumière le paradoxe fondamental de cette décision : en tentant de protéger la souveraineté américaine, l’administration Trump sabote précisément les mécanismes qui renforcent la sécurité nationale à long terme.

Plus grave encore, ce retrait crée un vacuum de pouvoir que d’autres acteurs, notamment la Chine et la Russie, seront rapides à exploiter. Ces pays ont déjà démontré leur volonté de promouvoir des visions alternatives de la gouvernance d’Internet, basées sur un contrôle étatique plus strict et une souveraineté numérique accrue au détriment des libertés individuelles. Sans la présence américaine au GFCE, ces visions autoritaires de la cybersécurité pourraient devenir dominantes, remodelant les normes internationales d’une manière qui menacerait directement les intérêts américains et les valeurs démocratiques. Le Forum risque de devenir progressivement une plateforme où les normes cybernétiques sont définies sans l’input américain, avec des conséquences potentiellement désastreuses pour la compétitivité économique et la sécurité nationale des États-Unis.

Je suis profondément troublé par cette vision à court terme. Vraiment, est-ce que quelqu’un à la Maison Blanche comprend que la cybersécurité est par nature transnationale ? Les pirates informatiques ne s’arrêtent pas aux frontières, les ransomwares ne respectent pas les souverainetés nationales. En nous retirant du GFCE, nous ne faisons pas que perdre notre influence ; nous rendons le monde entier plus dangereux, y compris pour nous-mêmes. C’est comme si nous décidions de démonter les systèmes d’alerte précoce parce qu’ils coûtent cher. La stupidité de cette décision me donne la nausée.

Sources

Sources primaires

Mémorandum présidentiel de la Maison Blanche, « Withdrawing the United States from International Organizations, Conventions, and Treaties that Are Contrary to the Interests of the United States », 7 janvier 2026

Déclaration du Secrétaire d’État Marco Rubio sur le retrait des organisations internationales, 7 janvier 2026

Site officiel du Global Forum on Cyber Expertise (GFCE), consulté en janvier 2026

Site officiel de la Freedom Online Coalition, consulté en janvier 2026

Sources secondaires

Tim Starks, « Trump pulls US out of international cyber orgs », CyberScoop, 8 janvier 2026

Jasper Ward et Valerie Volcovici, « Trump withdraws US from dozens of international and UN entities », Reuters, 8 janvier 2026

Déclarations de Chris Painter, ancien diplomate cybernétique américain, janvier 2026

Analyses de Ron Deibert, Citizen Lab, Université de Toronto, janvier 2026

Déclarations d’Alexandra Givens, Center for Democracy and Technology, janvier 2026

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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