Le départ d’une figure marquante du cinéma québécois

Quel coup pour la culture d’ici. Je me souviens encore, enfant, avoir été à la fois captivé et terrifié par ce film. La comédienne Yvonne Laflamme s’est éteinte. Elle avait 86 ans, nous apprend-on. Selon ce que rapporte l’Union des artistes, le décès est survenu le 31 décembre dernier.
Curieusement, ou peut-être par respect pour l’intimité de la famille, aucune information n’a filtré concernant la cause de son décès. On peut le comprendre, mais ça laisse un petit vide, une question sans réponse.
Pour la plupart d’entre nous, son nom restera à jamais lié à un seul rôle, mais quel rôle ! Yvonne Laflamme, c’était Aurore Gagnon. Elle n’avait que onze ans quand elle a incarné cette enfant martyre dans le film de Jean-Yves Bigras sorti en 1952, « La petite Aurore, l’enfant martyre ». Un film qui, il faut bien le dire, a profondément marqué l’imaginaire de toute une génération, et même au-delà. C’était plus qu’un film, c’était une sorte de traumatisme collectif devenu partie de notre histoire.
Le poids d’un rôle mythique : entre plaisir d’enfant et sentiment de culpabilité

Ce qui est fascinant, c’est de voir comment son rapport à ce rôle a évolué avec le temps. Sur le moment, pour la petite fille de 11 ans qu’elle était, tourner a été un véritable plaisir. Elle l’a d’ailleurs répété à plusieurs reprises dans des entrevues à Radio-Canada. Jouer aux côtés d’actrices comme Lucie Mitchell ou Janette Bertrand, c’était une aventure.
Elle racontait même, avec un petit sourire en coin j’imagine, des anecdotes sur le tournage. En 2018, elle avait révélé un détail qui m’avait beaucoup touché : cette fameuse scène où on lui met du savon dans la bouche… eh bien, c’était en réalité du sucre d’érable. Un petit truc de cinéma pour protéger l’enfant tout en créant l’illusion. Malin, non ?
Mais le regard change quand on vieillit. La comédienne adulte, la femme, a développé un sentiment plus complexe. En 2020, lors d’un article marquant le centenaire du décès de la vraie Aurore Gagnon, elle avait confié quelque chose de très poignant. « J’ai vécu une belle expérience [sur le plateau] et je me sens un peu coupable vis-à-vis la vraie Aurore, qui a tellement souffert. » Cette phrase, elle reste. Elle montre toute la sensibilité et l’empathie de Yvonne Laflamme, cette prise de conscience que son jeu renvoyait à une souffrance bien réelle, à une histoire tragique.
Une carrière riche et une soif d’apprendre jamais éteinte

On aurait tort de réduire sa vie à ce seul rôle, aussi marquant soit-il. Après « La petite Aurore », Yvonne Laflamme a continué sa route dans le monde du spectacle. Elle a notamment été une figure des émissions jeunesse de la télévision de Radio-Canada. Beaucoup se souviendront d’elle dans « La Boîte à surprise », ou encore dans « Le Pirate Maboule » où elle jouait le rôle de Rosa Petitpas de 1968 à 1971. Elle a aussi fait partie de la distribution de « Jeunesse oblige ».
Mais sa vie artistique ne s’est pas limitée à la caméra. Elle avait une autre corde à son arc, et pas des moindres : la danse. Elle a été danseuse pour Les Grands Ballets Canadiens et s’est aussi produite dans des cabarets. Une artiste complète, en somme.
Et puis, il y a cet épisode de sa vie que je trouve vraiment admirable et qui parle d’une grande curiosité intellectuelle. Alors qu’elle avait une cinquantaine d’années, elle a décidé de reprendre ses études. Pas n’importe comment. Elle s’est lancée dans un baccalauréat de théâtre, poussant même jusqu’à une maîtrise. Le sujet de ses recherches ? La visualisation chez l’acteur comme outil de connaissance de soi. C’est profond, ça. Ça montre une personne qui a continué à creuser son art, à réfléchir à son métier bien au-delà de la notoriété précoce.
Conclusion : Un héritage durable, entre mythe et souvenir

Alors voilà. La petite fille de 11 ans qui a fait pleurer le Québec entier nous a quittés à 86 ans. Son parcours, de l’enfant-star à la danseuse, puis à l’étudiante passionnée, est le témoignage d’une vie riche et bien remplie. Elle laisse derrière elle un personnage cinématographique qui fait partie de notre patrimoine culturel, pour le meilleur et pour le pire.
L’article original de Fanny Bourel, publié hier à 18 h 26 HNE, pointait aussi vers d’autres contenus pour ceux qui voudraient aller plus loin : un audio intitulé « Yvonne Laflamme, 66 ans après La petite Aurore, l’enfant martyre » et un documentaire « Au-delà du mythe, l’histoire d’Aurore racontée dans un documentaire ». Des pistes pour mieux comprendre à la fois l’actrice et l’histoire tragique qu’elle a incarnée.
C’est drôle, le pouvoir du cinéma. Une vie, une carrière, et pourtant, pour la postérité, on reste souvent accroché à une image, à un moment de grâce ou de douleur capturé sur la pellicule. Yvonne Laflamme était plus que la petite Aurore, mais elle aura à jamais donné un visage à cette souffrance historique. Et ça, ce n’est pas rien. Reposez en paix, madame Laflamme.
La comédienne Yvonne Laflamme, l’incarnation mémorable de la petite Aurore, nous a quittés
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