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Le mythe de la menace chinoise et russe

Pour justifier ses ambitions territoriales, Trump invoque la menace chinoise et russe. Selon lui, le Groenland « wemelt » (grouille) de navires de guerre chinois et russes. Il affirme que les États-Unis doivent « posséder » l’île pour empêcher Pékin et Moscou de s’en emparer. Cette rhétorique n’est pas nouvelle. Elle rappelle les discours de la guerre froide, quand Washington justifiait ses interventions militaires par la nécessité de contenir le communisme. Mais il y a un problème majeur : cette menace est largement exagérée, voire inventée de toutes pièces. Aucune source crédible ne confirme que des navires chinois ou russes « grouillent » autour du Groenland. Les États-Unis disposent déjà d’une base militaire sur l’île, la base aérienne de Thule, où sont stationnés environ 100 militaires américains. Un traité de 1951 avec le Danemark leur permet d’augmenter ce nombre à volonté. Autrement dit, les États-Unis contrôlent déjà la sécurité du Groenland.

Mais Trump ne se contente pas de cette présence militaire. Il veut la propriété. Il veut que le drapeau américain flotte sur Nuuk, la capitale groenlandaise. Il veut pouvoir dire qu’il a agrandi le territoire des États-Unis, qu’il a réalisé ce que personne avant lui n’avait osé faire. C’est une obsession personnelle, pas une nécessité stratégique. Le Danemark a d’ailleurs investi massivement dans la sécurité arctique : en 2025, Copenhague a alloué 90 milliards de couronnes (1,2 milliard d’euros) à la défense de la région. Frederiksen a raison de dire que « la sécurité dans l’Arctique est assurée ». Le problème n’est pas la sécurité — c’est l’ego de Trump. C’est son besoin maladif de laisser une trace dans l’histoire, quitte à détruire l’ordre international pour y parvenir. Et c’est précisément ce qui rend cette situation si dangereuse.

La doctrine Monroe version 2026 : un impérialisme décomplexé

Les déclarations de Trump s’inscrivent dans une logique impérialiste qui rappelle la doctrine Monroe du XIXe siècle. À l’époque, les États-Unis affirmaient leur droit à contrôler l’ensemble du continent américain, rejetant toute ingérence européenne dans la région. Aujourd’hui, Trump va plus loin : il revendique le droit d’annexer des territoires qui ne lui appartiennent pas, au mépris du droit international et de la volonté des populations concernées. Cette vision du monde est profondément archaïque. Elle appartient à une époque révolue, celle des empires coloniaux et des conquêtes territoriales. Mais Trump la ressuscite, la modernise, la présente comme une nécessité stratégique. Il parle de « protéger » le Groenland, alors qu’il s’agit en réalité de le conquérir. Il évoque la « sécurité nationale », alors qu’il poursuit des objectifs purement expansionnistes.

Cette rhétorique est d’autant plus dangereuse qu’elle trouve un écho favorable auprès d’une partie de l’opinion publique américaine. Pour beaucoup d’Américains, l’idée que leur pays « possède » le Groenland semble naturelle, évidente, presque logique. Ils ne voient pas le problème. Ils ne comprennent pas que cette vision du monde est incompatible avec les valeurs démocratiques que les États-Unis prétendent défendre. Trump a réussi à normaliser l’impérialisme, à le rendre acceptable, voire désirable. Et c’est peut-être là son plus grand crime : avoir convaincu des millions de personnes que la force prime sur le droit, que la puissance justifie tout, que les États-Unis peuvent faire ce qu’ils veulent parce qu’ils sont les plus forts. Cette idéologie est toxique. Elle détruit les fondements mêmes de l’ordre international. Et elle ouvre la voie à un monde où la loi du plus fort redevient la seule règle.

Ce qui me frappe le plus, c’est l’absence totale de honte. Trump ne cherche même pas à dissimuler ses intentions. Il ne prétend pas agir au nom de la démocratie ou des droits de l’homme. Il dit simplement : « Nous voulons le Groenland, nous allons le prendre. » Point final. Cette brutalité, cette franchise dans l’agressivité, c’est nouveau. Et c’est terrifiant. Car si Trump peut menacer le Danemark impunément, qui sera le prochain ? L’Islande ? Le Canada ? Où s’arrêtera cette folie expansionniste ?

Sources

Sources primaires

NOS (Nederlandse Omroep Stichting), « Trump: Groenland wordt Amerikaans, ‘goedschiks of kwaadschiks' », publié le 10 janvier 2026. Reuters, « Trump says US needs to own Greenland to deter Russia, China », publié le 9 janvier 2026. Le Monde, « Groenland : « Si les Etats-Unis choisissent d’attaquer militairement un autre pays de l’OTAN, alors tout s’arrête », prévient la première ministre danoise », publié le 5 janvier 2026, modifié le 6 janvier 2026. The Atlantic, interview de Donald Trump sur le Venezuela et le Groenland, publié le 4 janvier 2026.

Sources secondaires

BBC News, « US discussing options to acquire Greenland including using military », publié en janvier 2026. CNN, « House Republicans grapple with Trump’s Greenland threat », publié le 7 janvier 2026. Al Jazeera, « Europe should prepare for Greenland’s annexation and end of NATO », publié le 9 janvier 2026. The Guardian, « Why is Donald Trump renewing calls for takeover of Greenland? », publié le 6 janvier 2026. France 24, « Groenland : Marco Rubio annonce des entretiens avec le Danemark », publié le 7 janvier 2026. La Croix, « Groenland : Trump étudie « activement » l’idée d’un « achat » », publié le 7 janvier 2026. Le Nouvel Observateur, « Il veut un trophée territorial pour son héritage personnel : Donald Trump peut-il vraiment acheter le Groenland », publié le 9 janvier 2026. Touteleurope.eu, « Groenland : que permettent les traités européens et de l’OTAN en cas d’annexion par les États-Unis? », publié en janvier 2026.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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