Le mythe de la menace chinoise et russe
Pour justifier ses ambitions territoriales, Trump invoque la menace chinoise et russe. Selon lui, le Groenland « wemelt » (grouille) de navires de guerre chinois et russes. Il affirme que les États-Unis doivent « posséder » l’île pour empêcher Pékin et Moscou de s’en emparer. Cette rhétorique n’est pas nouvelle. Elle rappelle les discours de la guerre froide, quand Washington justifiait ses interventions militaires par la nécessité de contenir le communisme. Mais il y a un problème majeur : cette menace est largement exagérée, voire inventée de toutes pièces. Aucune source crédible ne confirme que des navires chinois ou russes « grouillent » autour du Groenland. Les États-Unis disposent déjà d’une base militaire sur l’île, la base aérienne de Thule, où sont stationnés environ 100 militaires américains. Un traité de 1951 avec le Danemark leur permet d’augmenter ce nombre à volonté. Autrement dit, les États-Unis contrôlent déjà la sécurité du Groenland.
Mais Trump ne se contente pas de cette présence militaire. Il veut la propriété. Il veut que le drapeau américain flotte sur Nuuk, la capitale groenlandaise. Il veut pouvoir dire qu’il a agrandi le territoire des États-Unis, qu’il a réalisé ce que personne avant lui n’avait osé faire. C’est une obsession personnelle, pas une nécessité stratégique. Le Danemark a d’ailleurs investi massivement dans la sécurité arctique : en 2025, Copenhague a alloué 90 milliards de couronnes (1,2 milliard d’euros) à la défense de la région. Frederiksen a raison de dire que « la sécurité dans l’Arctique est assurée ». Le problème n’est pas la sécurité — c’est l’ego de Trump. C’est son besoin maladif de laisser une trace dans l’histoire, quitte à détruire l’ordre international pour y parvenir. Et c’est précisément ce qui rend cette situation si dangereuse.
La doctrine Monroe version 2026 : un impérialisme décomplexé
Les déclarations de Trump s’inscrivent dans une logique impérialiste qui rappelle la doctrine Monroe du XIXe siècle. À l’époque, les États-Unis affirmaient leur droit à contrôler l’ensemble du continent américain, rejetant toute ingérence européenne dans la région. Aujourd’hui, Trump va plus loin : il revendique le droit d’annexer des territoires qui ne lui appartiennent pas, au mépris du droit international et de la volonté des populations concernées. Cette vision du monde est profondément archaïque. Elle appartient à une époque révolue, celle des empires coloniaux et des conquêtes territoriales. Mais Trump la ressuscite, la modernise, la présente comme une nécessité stratégique. Il parle de « protéger » le Groenland, alors qu’il s’agit en réalité de le conquérir. Il évoque la « sécurité nationale », alors qu’il poursuit des objectifs purement expansionnistes.
Cette rhétorique est d’autant plus dangereuse qu’elle trouve un écho favorable auprès d’une partie de l’opinion publique américaine. Pour beaucoup d’Américains, l’idée que leur pays « possède » le Groenland semble naturelle, évidente, presque logique. Ils ne voient pas le problème. Ils ne comprennent pas que cette vision du monde est incompatible avec les valeurs démocratiques que les États-Unis prétendent défendre. Trump a réussi à normaliser l’impérialisme, à le rendre acceptable, voire désirable. Et c’est peut-être là son plus grand crime : avoir convaincu des millions de personnes que la force prime sur le droit, que la puissance justifie tout, que les États-Unis peuvent faire ce qu’ils veulent parce qu’ils sont les plus forts. Cette idéologie est toxique. Elle détruit les fondements mêmes de l’ordre international. Et elle ouvre la voie à un monde où la loi du plus fort redevient la seule règle.
Ce qui me frappe le plus, c’est l’absence totale de honte. Trump ne cherche même pas à dissimuler ses intentions. Il ne prétend pas agir au nom de la démocratie ou des droits de l’homme. Il dit simplement : « Nous voulons le Groenland, nous allons le prendre. » Point final. Cette brutalité, cette franchise dans l’agressivité, c’est nouveau. Et c’est terrifiant. Car si Trump peut menacer le Danemark impunément, qui sera le prochain ? L’Islande ? Le Canada ? Où s’arrêtera cette folie expansionniste ?
L'Europe face à Trump : entre solidarité et impuissance
Les déclarations de soutien au Danemark
Face aux menaces américaines, l’Europe a réagi avec une unanimité rare. La France, par la voix de son porte-parole diplomatique Pascal Confavreux, a affirmé qu' »il ne peut pas y avoir de modification des frontières par la force », assurant le Danemark de sa « solidarité ». Les pays nordiques — Suède, Norvège, Finlande — ont publié des messages de soutien sur les réseaux sociaux. Le président finlandais Alexander Stubb a été particulièrement clair : « Personne ne décide pour le Groenland et le Danemark à l’exception du Groenland et du Danemark eux-mêmes. » Le premier ministre britannique Keir Starmer a également apporté son soutien à Frederiksen, affirmant que « le Groenland et le Royaume du Danemark, et seulement le Groenland et le Royaume du Danemark, doivent décider de l’avenir du Groenland ». L’Union européenne a elle aussi réagi, sa porte-parole Anitta Hipper déclarant que « l’UE continuera à défendre les principes de souveraineté nationale, d’intégrité territoriale et d’inviolabilité des frontières ».
Ces déclarations sont importantes. Elles montrent que l’Europe n’est pas prête à accepter passivement les diktats de Trump. Elles témoignent d’une solidarité européenne qui, pour une fois, semble réelle et sincère. Mais elles soulèvent aussi une question cruciale : que fera l’Europe si Trump passe à l’acte ? Que se passera-t-il si des troupes américaines débarquent au Groenland ? L’Europe est-elle prête à rompre avec Washington ? Est-elle prête à imposer des sanctions économiques aux États-Unis ? Est-elle prête à expulser les bases militaires américaines de son territoire ? La réponse à ces questions est loin d’être évidente. Car l’Europe dépend des États-Unis pour sa sécurité. Elle dépend de l’OTAN pour se protéger de la Russie. Et cette dépendance la place dans une position de faiblesse face à Trump. Elle peut protester, condamner, exprimer sa solidarité — mais peut-elle vraiment agir ?
La fin de l’OTAN : un scénario de plus en plus plausible
L’avertissement de Mette Frederiksen est sans ambiguïté : une attaque américaine contre le Groenland signifierait « la fin de l’OTAN ». Cette perspective, qui aurait semblé absurde il y a encore quelques années, est aujourd’hui devenue crédible. L’OTAN repose sur un principe fondamental : l’article 5 du traité de Washington, qui stipule qu’une attaque contre un membre de l’alliance est considérée comme une attaque contre tous. Mais que se passe-t-il si l’agresseur est lui-même un membre de l’alliance ? Que se passe-t-il si les États-Unis, pilier central de l’OTAN, attaquent le Danemark, autre membre de l’alliance ? Le traité ne prévoit pas ce scénario. Il n’a jamais été conçu pour gérer une situation où le protecteur devient l’agresseur. Si Trump annexe le Groenland par la force, l’OTAN implosera. C’est inévitable. Les pays européens ne pourront pas rester dans une alliance dont le leader viole les principes fondamentaux.
Cette implosion aurait des conséquences catastrophiques pour la sécurité européenne. Sans l’OTAN, l’Europe se retrouverait seule face à la Russie. Elle devrait construire sa propre défense collective, investir massivement dans son armée, développer sa propre dissuasion nucléaire. Un projet titanesque qui prendrait des années, voire des décennies. Pendant ce temps, la Russie pourrait profiter de cette faiblesse pour étendre son influence en Europe de l’Est. La Pologne, les pays baltes, la Roumanie se retrouveraient en première ligne, sans la protection du parapluie américain. C’est un scénario cauchemardesque. Et pourtant, c’est exactement ce vers quoi nous nous dirigeons si Trump persiste dans sa folie. Il est en train de détruire l’alliance qui a garanti la paix en Europe pendant près de 80 ans. Et il le fait pour un caprice, pour un trophée territorial qui ne servira à rien d’autre qu’à flatter son ego.
Je ressens une colère immense face à cette situation. Trump est en train de sacrifier la sécurité de l’Occident sur l’autel de sa vanité personnelle. Il se fiche éperdument des conséquences de ses actes. Il ne pense qu’à lui, à son héritage, à sa place dans l’histoire. Et pendant ce temps, des millions de personnes vont payer le prix de sa mégalomanie. Les Européens vont devoir vivre dans un monde plus dangereux, plus instable, plus imprévisible. Tout cela parce qu’un homme a décidé que le Groenland devait être américain. C’est d’une absurdité révoltante.
Le Groenland : un territoire convoité pour ses richesses
Les ressources minières : l’eldorado arctique
Si Trump veut tant le Groenland, ce n’est pas seulement pour des raisons stratégiques. C’est aussi — et peut-être surtout — pour ses ressources naturelles. Cette immense île arctique regorge de minerais rares : terres rares, uranium, zinc, plomb, or, diamants. Le réchauffement climatique rend ces ressources de plus en plus accessibles, à mesure que la glace fond et dévoile les richesses du sous-sol groenlandais. Les terres rares, en particulier, sont essentielles pour la fabrication de technologies modernes : smartphones, batteries de voitures électriques, éoliennes, équipements militaires. Actuellement, la Chine domine le marché mondial des terres rares, contrôlant environ 80% de la production. Les États-Unis cherchent désespérément à réduire cette dépendance. Et le Groenland pourrait être la solution. Selon certaines estimations, l’île pourrait contenir les plus grandes réserves de terres rares au monde.
Mais l’exploitation de ces ressources pose de nombreux problèmes. D’abord, elle nécessite des investissements colossaux. Les conditions climatiques extrêmes, l’isolement géographique, l’absence d’infrastructures rendent l’extraction minière extrêmement coûteuse. Ensuite, elle soulève des questions environnementales majeures. L’exploitation minière en Arctique risque de détruire des écosystèmes fragiles, de polluer les eaux, de perturber la faune. Les Groenlandais eux-mêmes sont divisés sur cette question. Certains y voient une opportunité de développement économique, une chance de réduire leur dépendance vis-à-vis du Danemark. D’autres craignent les conséquences écologiques et sociales d’une industrialisation massive. Mais Trump se fiche de ces débats. Il ne voit que les dollars, les ressources, le potentiel économique. Il veut mettre la main sur ces richesses, quitte à écraser la volonté des Groenlandais.
La position stratégique : contrôler l’Arctique
Au-delà des ressources minières, le Groenland occupe une position stratégique cruciale. Situé entre l’Amérique du Nord et l’Europe, il contrôle l’accès à l’océan Arctique. Avec le réchauffement climatique, de nouvelles routes maritimes s’ouvrent dans l’Arctique, réduisant considérablement les distances entre l’Asie et l’Europe. Ces routes pourraient révolutionner le commerce mondial, permettant aux navires d’éviter le canal de Suez ou le canal de Panama. Mais elles soulèvent aussi des enjeux de souveraineté. Qui contrôlera ces nouvelles routes ? Qui en fixera les règles ? La Russie, qui possède la plus longue côte arctique, revendique déjà des droits étendus sur ces eaux. La Chine, bien qu’elle ne soit pas un pays arctique, se présente comme une « puissance quasi-arctique » et investit massivement dans la région. Les États-Unis ne veulent pas être en reste.
Le Groenland leur offre un point d’ancrage idéal pour projeter leur puissance dans l’Arctique. La base de Thule, située au nord-ouest de l’île, abrite un système de radar d’alerte précoce qui surveille les missiles balistiques. Elle joue un rôle crucial dans la défense antimissile américaine. Mais Trump veut aller plus loin. Il veut transformer le Groenland en une véritable forteresse américaine, capable de contrôler l’ensemble de l’Arctique. Il veut installer de nouvelles bases militaires, déployer des navires de guerre, surveiller les mouvements russes et chinois. Cette vision militariste ignore totalement les aspirations des Groenlandais. Elle les réduit à de simples pions sur un échiquier géopolitique. Elle nie leur droit à l’autodétermination, leur droit à décider de leur propre avenir. Et c’est précisément ce qui rend cette situation si révoltante.
Il y a quelque chose de profondément cynique dans cette logique. Trump parle de « protéger » le Groenland, mais en réalité, il veut l’exploiter. Il veut piller ses ressources, militariser son territoire, transformer ses habitants en citoyens de seconde zone. Et il présente tout cela comme un acte de générosité, comme si les Groenlandais devaient être reconnaissants d’être annexés par les États-Unis. C’est du colonialisme pur et simple, habillé dans un discours de sécurité nationale. Et le plus choquant, c’est que personne ne semble vraiment s’en offusquer aux États-Unis.
La population groenlandaise : une voix ignorée
Un rejet massif de l’annexion américaine
Les Groenlandais ont été clairs : ils ne veulent pas devenir américains. Un sondage réalisé en janvier 2025 et publié dans la presse danoise et groenlandaise révèle que 85% des Groenlandais s’opposent à leur rattachement aux États-Unis. Seuls 6% y sont favorables. Ces chiffres sont sans appel. Ils montrent que l’immense majorité de la population rejette catégoriquement les ambitions de Trump. Mais le président américain semble totalement indifférent à cette réalité. Il continue de parler du Groenland comme s’il s’agissait d’un territoire vide, d’une terre sans peuple, d’un simple morceau de glace à conquérir. Cette attitude est profondément méprisante. Elle nie l’existence même des Groenlandais en tant que peuple, en tant que nation. Elle les traite comme des obstacles à éliminer, plutôt que comme des êtres humains dont les opinions comptent.
Les Groenlandais ont pourtant une identité propre, une culture riche, une histoire millénaire. Ils sont majoritairement inuits, descendants des peuples qui ont colonisé l’Arctique il y a des milliers d’années. Ils ont développé un mode de vie adapté aux conditions extrêmes de l’Arctique, basé sur la chasse, la pêche, l’élevage de rennes. Pendant des siècles, ils ont vécu en harmonie avec leur environnement, respectant les cycles naturels, préservant les ressources. Puis sont arrivés les colonisateurs européens — d’abord les Vikings, puis les Danois. Le Groenland est devenu une colonie danoise en 1721. Pendant des siècles, les Groenlandais ont été opprimés, exploités, privés de leurs droits. Ce n’est qu’en 1979 qu’ils ont obtenu l’autonomie, et en 2009 qu’ils ont acquis le droit à l’autodétermination. Aujourd’hui, ils gèrent eux-mêmes la plupart de leurs affaires intérieures, même si le Danemark conserve la responsabilité de la défense et des affaires étrangères.
L’aspiration à l’indépendance : un rêve menacé
Beaucoup de Groenlandais rêvent d’indépendance totale. Ils veulent se libérer de la tutelle danoise, devenir un État souverain à part entière. Ce rêve est légitime. Il s’inscrit dans un mouvement mondial de décolonisation, de reconnaissance des droits des peuples autochtones. Mais l’indépendance pose des défis immenses. Le Groenland compte seulement 57 000 habitants, dispersés sur un territoire immense. Son économie dépend largement des subventions danoises, qui représentent environ 60% du budget public. Sans ces subventions, le Groenland aurait du mal à financer ses services publics, ses infrastructures, son système de santé. L’exploitation des ressources minières pourrait théoriquement compenser cette perte de revenus. Mais elle nécessite des investissements que le Groenland ne peut pas se permettre seul. Il aurait besoin de partenaires étrangers — et c’est là que les choses se compliquent.
Car qui seraient ces partenaires ? La Chine a déjà manifesté son intérêt pour le Groenland, proposant de financer des projets d’infrastructure en échange de droits d’exploitation minière. Mais cette perspective inquiète les États-Unis et le Danemark, qui craignent une influence chinoise croissante dans l’Arctique. Trump utilise d’ailleurs cet argument pour justifier ses ambitions : il prétend vouloir « protéger » le Groenland de la Chine. Mais en réalité, il ne fait qu’aggraver la situation. Ses menaces d’annexion poussent les Groenlandais à chercher des alternatives, à se tourner vers d’autres partenaires. Paradoxalement, la politique agressive de Trump pourrait finir par rapprocher le Groenland de la Chine — exactement l’inverse de ce qu’il prétend vouloir. C’est une illustration parfaite de l’incompétence et de la myopie de sa diplomatie. Il croit pouvoir tout obtenir par la force et l’intimidation. Mais il ne fait que créer du ressentiment, de la méfiance, de l’hostilité.
Ce qui me révolte le plus, c’est le mépris total pour la volonté des Groenlandais. Trump parle d’eux comme s’ils n’existaient pas. Il ne les consulte pas, ne les écoute pas, ne les respecte pas. Il décide à leur place, comme si leur avis n’avait aucune importance. C’est du colonialisme pur et dur. Et cela devrait nous rappeler les heures les plus sombres de l’histoire occidentale, quand les puissances européennes se partageaient l’Afrique sans demander leur avis aux Africains. Nous pensions avoir dépassé cette époque. Mais Trump nous prouve que le colonialisme n’est jamais vraiment mort. Il a juste changé de visage.
Les précédents historiques : quand l'Amérique achetait des territoires
L’Alaska : un achat qui a changé l’histoire
Trump aime à rappeler que les États-Unis ont déjà acheté des territoires par le passé. L’exemple le plus célèbre est celui de l’Alaska, acheté à la Russie en 1867 pour 7,2 millions de dollars — environ 140 millions de dollars d’aujourd’hui. À l’époque, cette transaction avait été largement critiquée. Les Américains surnommaient l’Alaska « la folie de Seward », du nom du secrétaire d’État qui avait négocié l’achat. Ils ne voyaient pas l’intérêt de ce territoire glacé, apparemment sans valeur. Mais l’histoire leur a donné tort. L’Alaska s’est révélé être une mine d’or — littéralement. On y a découvert de l’or, du pétrole, du gaz naturel. Aujourd’hui, c’est l’un des États les plus riches des États-Unis en ressources naturelles. Trump voit dans cet exemple la preuve que l’achat du Groenland serait une excellente affaire. Il imagine déjà les richesses qu’il pourrait en tirer, les ressources qu’il pourrait exploiter.
Mais il y a une différence fondamentale entre l’Alaska de 1867 et le Groenland de 2026. L’Alaska était une colonie russe peu peuplée, habitée principalement par des peuples autochtones qui n’avaient pas leur mot à dire dans la transaction. La Russie voulait s’en débarrasser, craignant de ne pas pouvoir le défendre en cas de conflit avec la Grande-Bretagne. Les États-Unis ont saisi l’opportunité. C’était une transaction entre deux empires, qui se sont partagé un territoire sans consulter ses habitants. Aujourd’hui, une telle pratique serait considérée comme inacceptable. Le droit international moderne reconnaît le principe d’autodétermination des peuples. On ne peut plus acheter et vendre des territoires comme s’il s’agissait de marchandises. Les populations concernées doivent être consultées, leur consentement doit être obtenu. Trump ignore totalement cette évolution. Il raisonne comme un homme du XIXe siècle, comme si le monde n’avait pas changé depuis 150 ans.
La Louisiane, la Floride : des achats d’une autre époque
D’autres exemples historiques viennent à l’esprit. En 1803, les États-Unis ont acheté la Louisiane à la France pour 15 millions de dollars — un territoire immense qui représentait environ un tiers du territoire actuel des États-Unis. En 1819, ils ont acheté la Floride à l’Espagne pour 5 millions de dollars. Ces transactions ont façonné la géographie américaine, permettant aux États-Unis de s’étendre vers l’ouest et le sud. Mais là encore, ces achats se sont faits dans un contexte colonial. Les puissances européennes vendaient des territoires qu’elles avaient elles-mêmes conquis, sans se soucier des peuples autochtones qui y vivaient. Les Amérindiens ont été chassés de leurs terres, massacrés, parqués dans des réserves. C’est un chapitre sombre de l’histoire américaine, que Trump semble vouloir répéter.
Car c’est bien de cela qu’il s’agit : Trump veut ressusciter l’expansionnisme américain du XIXe siècle. Il veut revenir à une époque où les États-Unis pouvaient s’agrandir par la force ou par l’achat, sans se soucier des conséquences humaines. Il ne comprend pas — ou refuse de comprendre — que le monde a changé. Que les règles ont évolué. Que ce qui était acceptable en 1867 ne l’est plus en 2026. Cette nostalgie d’un passé impérial est dangereuse. Elle menace de faire reculer l’humanité de plusieurs siècles, de ramener le monde à une époque où la force primait sur le droit. Et c’est précisément ce que Trump est en train de faire : il détruit l’ordre international moderne pour le remplacer par un ordre archaïque, basé sur la loi du plus fort.
Je ne peux m’empêcher de penser aux leçons que nous sommes censés avoir tirées de l’histoire. Nous avons condamné le colonialisme, reconnu les crimes commis contre les peuples autochtones, promis de ne jamais répéter ces erreurs. Et voilà que Trump veut tout recommencer. Il veut annexer un territoire contre la volonté de ses habitants. Il veut exploiter ses ressources sans se soucier des conséquences. Il veut effacer des siècles de progrès moral et juridique. C’est terrifiant. Et cela devrait nous rappeler que l’histoire n’avance pas toujours dans le bon sens. Que les acquis démocratiques sont fragiles. Qu’ils peuvent être balayés par un seul homme, s’il est suffisamment puissant et suffisamment déterminé.
Les réactions internationales : un monde divisé
La Chine et la Russie : des spectateurs intéressés
Pendant que l’Occident s’alarme des menaces de Trump, la Chine et la Russie observent avec intérêt. Le 6 janvier 2026, le ministère des Affaires étrangères chinois a publié un communiqué exhortant les États-Unis à « cesser d’utiliser la prétendue menace chinoise comme prétexte pour chercher des gains personnels ». Pékin nie catégoriquement que ses navires « grouillent » autour du Groenland, comme l’affirme Trump. Mais au-delà de cette dénégation, la Chine voit dans cette crise une opportunité. Elle observe l’effondrement de l’alliance transatlantique, la division de l’Occident, l’affaiblissement de l’OTAN. Et elle se réjouit. Car une Europe affaiblie, une OTAN en crise, c’est autant de marge de manœuvre pour Pékin. La Chine pourrait profiter de cette situation pour renforcer ses liens avec les pays européens, leur proposer des partenariats économiques, se présenter comme une alternative crédible aux États-Unis.
La Russie, de son côté, ne cache pas sa satisfaction. Vladimir Poutine a toujours rêvé de voir l’OTAN imploser. Il a passé des années à essayer de diviser l’alliance, à semer la discorde entre les États-Unis et l’Europe. Et voilà que Trump fait le travail à sa place. Le président américain est en train de détruire l’OTAN de l’intérieur, sans que Poutine ait besoin de lever le petit doigt. C’est un cadeau inespéré pour Moscou. Si l’OTAN disparaît, la Russie aura les mains libres en Europe de l’Est. Elle pourra intimider ses voisins, étendre son influence, reconstituer son empire. Les pays baltes, la Pologne, la Roumanie tremblent déjà à cette perspective. Ils savent que sans la protection américaine, ils seront à la merci de Moscou. Et ils voient Trump en train de sacrifier leur sécurité pour un caprice territorial.
Les pays du Sud : une indifférence préoccupante
Pendant ce temps, les pays du Sud global observent cette crise avec une certaine indifférence. Pour beaucoup d’entre eux, les querelles entre l’Occident et Trump ne sont qu’un énième épisode d’une saga qui ne les concerne pas directement. Ils ont leurs propres problèmes : la pauvreté, les conflits, le changement climatique. La question du Groenland leur semble lointaine, abstraite. Mais cette indifférence est trompeuse. Car ce qui se joue au Groenland, c’est l’avenir de l’ordre international. Si Trump réussit à annexer le Groenland par la force, il créera un précédent dangereux. Il montrera que les grandes puissances peuvent encore s’emparer de territoires qui ne leur appartiennent pas, au mépris du droit international. Et ce précédent pourrait être utilisé par d’autres pays, dans d’autres régions du monde.
Imaginons que la Chine décide d’annexer Taïwan par la force, en invoquant des raisons de sécurité nationale similaires à celles de Trump. Comment l’Occident pourrait-il protester, après avoir toléré l’annexion du Groenland ? Imaginons que la Russie décide d’envahir les pays baltes, en prétextant qu’elle doit les « protéger » de l’OTAN. Comment l’Europe pourrait-elle réagir, après avoir laissé Trump détruire l’alliance atlantique ? Les conséquences de cette crise dépassent largement le cadre du Groenland. Elles touchent à l’essence même de l’ordre international, aux principes qui régissent les relations entre États. Et c’est pour cela que les pays du Sud devraient s’en préoccuper. Car si l’ordre international s’effondre, personne ne sera épargné. Nous entrerons dans un monde où la force primera sur le droit, où les grandes puissances pourront faire ce qu’elles veulent, où les petits pays seront à la merci des grands.
Ce qui me frappe, c’est l’aveuglement général. Nous sommes en train d’assister à l’effondrement de l’ordre international, et personne ne semble vraiment s’en rendre compte. Ou plutôt, tout le monde s’en rend compte, mais personne ne sait quoi faire. Nous sommes paralysés, tétanisés par l’ampleur de la catastrophe qui se profile. Et pendant ce temps, Trump continue sa marche en avant, détruisant tout sur son passage. C’est comme regarder un accident de voiture au ralenti, en sachant qu’on ne peut rien faire pour l’empêcher.
Les scénarios possibles : entre négociation et confrontation
Le scénario optimiste : un retour à la raison
Dans le meilleur des cas, Trump finira par renoncer à ses ambitions sur le Groenland. Il réalisera que le coût politique et diplomatique d’une annexion forcée est trop élevé. Il comprendra que l’Europe ne le laissera pas faire, que l’OTAN implosera, que les États-Unis se retrouveront isolés sur la scène internationale. Il acceptera de négocier avec le Danemark et le Groenland, de trouver un compromis qui respecte la souveraineté de l’île tout en répondant aux préoccupations de sécurité américaines. Ce compromis pourrait prendre la forme d’un accord de défense renforcé, permettant aux États-Unis d’augmenter leur présence militaire au Groenland en échange de garanties sur le respect de l’autonomie groenlandaise. Il pourrait aussi inclure des investissements américains dans les infrastructures groenlandaises, aidant l’île à se développer économiquement sans tomber dans la dépendance vis-à-vis de la Chine.
Mais soyons honnêtes : ce scénario optimiste semble peu probable. Trump n’a jamais montré la moindre capacité à faire marche arrière. Il ne recule jamais, ne s’excuse jamais, ne reconnaît jamais ses erreurs. Au contraire, il double la mise, il escalade, il provoque. C’est sa stratégie depuis toujours : créer le chaos, puis se présenter comme le seul capable de le résoudre. Il a utilisé cette tactique en affaires, en politique, en diplomatie. Et jusqu’à présent, cela a plutôt bien fonctionné pour lui. Alors pourquoi changerait-il maintenant ? Pourquoi renoncerait-il au Groenland, alors qu’il a déjà investi tant de capital politique dans cette affaire ? Reculer serait perçu comme une faiblesse, une défaite. Et Trump déteste perdre. Il préférera aller jusqu’au bout, quitte à déclencher une crise internationale majeure.
Le scénario pessimiste : l’annexion forcée
Dans le pire des cas, Trump passera à l’acte. Il enverra des troupes au Groenland, prétextant une menace imminente de la Chine ou de la Russie. Il organisera un référendum truqué, où les Groenlandais seront « invités » à voter pour leur rattachement aux États-Unis. Il offrira des sommes d’argent considérables à chaque habitant — certaines sources parlent de 10 000 dollars par personne — pour acheter leur consentement. Et si cela ne suffit pas, il utilisera la force. Les troupes américaines occuperont les principales villes, prendront le contrôle des infrastructures stratégiques, installeront un gouvernement fantoche. Le Danemark protestera, mais ne pourra rien faire. L’Europe condamnera, imposera peut-être des sanctions symboliques, mais n’ira pas jusqu’à rompre avec Washington. L’OTAN implosera, comme l’a prédit Frederiksen. Et le Groenland deviendra américain, contre la volonté de ses habitants.
Ce scénario cauchemardesque n’est pas de la science-fiction. Il s’est déjà produit dans l’histoire récente. En 2014, la Russie a annexé la Crimée en utilisant exactement les mêmes méthodes : occupation militaire, référendum truqué, installation d’un gouvernement fantoche. La communauté internationale a protesté, imposé des sanctions, mais n’a rien pu faire pour empêcher l’annexion. La Crimée est aujourd’hui russe, et personne ne semble capable de changer cette réalité. Trump pourrait s’inspirer de cet exemple. Il pourrait se dire que si Poutine a réussi en Crimée, pourquoi ne réussirait-il pas au Groenland ? Après tout, les États-Unis sont bien plus puissants que la Russie. Qui oserait s’opposer à eux ? L’Europe ? Elle est trop divisée, trop faible. La Chine ? Elle a ses propres problèmes. L’ONU ? Elle est paralysée par le droit de veto américain. Trump pourrait donc agir en toute impunité, sachant que personne ne pourra l’arrêter.
Je ne veux pas croire à ce scénario. Je refuse de croire que nous en sommes arrivés là. Mais je ne peux pas l’écarter non plus. Car Trump a déjà franchi tant de lignes rouges, violé tant de normes, détruit tant d’institutions. Pourquoi s’arrêterait-il maintenant ? Qu’est-ce qui pourrait le retenir ? Sa conscience ? Il n’en a pas. Le droit international ? Il s’en moque. L’opinion publique ? Elle l’applaudit. Nous sommes face à un homme qui ne connaît aucune limite, aucun scrupule, aucune retenue. Et c’est précisément ce qui le rend si dangereux.
Les implications pour l'ordre mondial : vers un nouveau chaos
La fin du multilatéralisme
Si Trump annexe le Groenland, ce sera la fin du multilatéralisme. Ce système, construit patiemment après la Seconde Guerre mondiale, repose sur l’idée que les États doivent coopérer, négocier, respecter des règles communes. Il a permis d’éviter une troisième guerre mondiale, de réduire la pauvreté, de promouvoir les droits de l’homme. Mais il est fragile. Il dépend de la volonté des grandes puissances de jouer le jeu, de respecter les règles qu’elles ont elles-mêmes établies. Si les États-Unis — pilier central de ce système — décident de s’en affranchir, tout s’effondre. Car si Washington peut annexer le Groenland en toute impunité, pourquoi d’autres pays ne feraient-ils pas de même ? Pourquoi la Chine ne prendrait-elle pas Taïwan ? Pourquoi la Russie ne s’emparerait-elle pas des pays baltes ? Pourquoi l’Inde ne réglerait-elle pas ses différends avec le Pakistan par la force ?
Nous entrerions alors dans un monde où la loi du plus fort redevient la règle. Un monde où les petits pays vivent dans la terreur d’être envahis par leurs voisins plus puissants. Un monde où les alliances ne valent plus rien, où les traités peuvent être déchirés du jour au lendemain, où la parole donnée n’a aucune valeur. C’est le monde d’avant 1945, le monde des empires et des conquêtes, le monde qui a produit deux guerres mondiales et des dizaines de millions de morts. Nous pensions avoir dépassé cette époque. Nous pensions avoir construit un ordre international plus juste, plus stable, plus pacifique. Mais Trump est en train de détruire tout cela. Il nous ramène en arrière, vers un passé que nous voulions oublier. Et le plus terrifiant, c’est qu’il le fait consciemment, délibérément, en toute connaissance de cause.
L’émergence d’un monde multipolaire chaotique
L’effondrement de l’ordre international américain ne signifie pas nécessairement l’émergence d’un nouvel ordre. Au contraire, nous risquons d’entrer dans une période de chaos multipolaire, où plusieurs grandes puissances se disputent l’hégémonie sans qu’aucune ne parvienne à s’imposer. Les États-Unis resteront la première puissance militaire mondiale, mais ils auront perdu leur légitimité morale. Ils ne pourront plus se présenter comme les défenseurs de la démocratie et du droit international, puisqu’ils auront eux-mêmes violé ces principes. La Chine en profitera pour étendre son influence, proposant son propre modèle de gouvernance autoritaire comme alternative au modèle occidental. La Russie continuera à déstabiliser ses voisins, à semer le chaos en Europe. L’Europe, affaiblie et divisée, peinera à trouver sa place dans ce nouveau monde.
Ce monde multipolaire chaotique sera marqué par l’instabilité, les conflits, l’imprévisibilité. Les guerres régionales se multiplieront, car les grandes puissances n’auront plus aucun intérêt à les empêcher. Au contraire, elles les utiliseront pour affaiblir leurs rivaux, pour étendre leur influence, pour tester leurs nouvelles armes. Les crises humanitaires se multiplieront également, car personne ne voudra assumer la responsabilité de les résoudre. Les réfugiés afflueront vers les pays riches, créant des tensions sociales et politiques. Le changement climatique aggravera tous ces problèmes, provoquant des sécheresses, des inondations, des famines. Et pendant ce temps, les grandes puissances continueront à se disputer, incapables de coopérer pour faire face aux défis communs de l’humanité. C’est un avenir sombre, terrifiant. Mais c’est l’avenir vers lequel nous nous dirigeons si nous laissons Trump détruire l’ordre international.
Je ressens une profonde tristesse face à cette perspective. Nous avions construit quelque chose de précieux, quelque chose de fragile mais de réel : un monde où le droit comptait plus que la force, où les petits pays pouvaient vivre en sécurité, où les conflits se réglaient par la négociation plutôt que par la guerre. Ce n’était pas un monde parfait, loin de là. Mais c’était un monde meilleur que celui qui l’avait précédé. Et nous sommes en train de le détruire. Nous sommes en train de tout gâcher, de tout sacrifier sur l’autel de l’ego d’un seul homme. C’est d’une stupidité révoltante.
Que peut faire l'Europe ? Les options limitées face à la puissance américaine
Renforcer l’autonomie stratégique européenne
Face aux menaces de Trump, l’Europe doit urgemment renforcer son autonomie stratégique. Elle ne peut plus compter sur les États-Unis pour assurer sa sécurité. Elle doit construire sa propre défense collective, indépendante de l’OTAN. Cela signifie augmenter massivement les budgets militaires, développer une industrie de défense européenne, créer une armée européenne intégrée. Plusieurs pays ont déjà commencé à aller dans cette direction. La France, sous Emmanuel Macron, plaide depuis des années pour une « Europe de la défense ». L’Allemagne a annoncé en 2022 un plan de réarmement massif, avec 100 milliards d’euros d’investissements supplémentaires dans la défense. Les pays nordiques et baltes, directement menacés par la Russie, augmentent également leurs dépenses militaires. Mais ces efforts restent insuffisants et mal coordonnés. L’Europe manque d’une vision commune, d’une stratégie cohérente.
Le principal obstacle à l’autonomie stratégique européenne reste la dépendance technologique vis-à-vis des États-Unis. L’Europe achète la plupart de ses équipements militaires à Washington : avions de chasse, systèmes de défense antimissile, satellites de surveillance. Elle dépend également des États-Unis pour le renseignement, la logistique, le commandement. Rompre cette dépendance prendrait des années, voire des décennies. Il faudrait développer des alternatives européennes à tous ces systèmes, former des milliers d’ingénieurs et de techniciens, construire de nouvelles usines. C’est un projet titanesque, qui nécessiterait des investissements colossaux et une volonté politique exceptionnelle. Mais c’est le seul moyen pour l’Europe de retrouver sa souveraineté, de ne plus être à la merci des caprices de Washington. La crise du Groenland devrait servir de déclic, de signal d’alarme. Elle devrait pousser les Européens à prendre enfin au sérieux la question de leur autonomie stratégique.
Construire des alliances alternatives
L’Europe doit également repenser ses alliances internationales. Si les États-Unis ne sont plus un partenaire fiable, avec qui l’Europe peut-elle coopérer ? Le Canada semble être un allié naturel. Comme l’Europe, il est menacé par les ambitions expansionnistes de Trump. Le président américain a d’ailleurs évoqué à plusieurs reprises l’idée d’annexer le Canada, ou du moins certaines de ses provinces. Ottawa et Bruxelles pourraient donc avoir intérêt à se rapprocher, à coordonner leurs réponses face à Washington. Le Japon et la Corée du Sud sont également des partenaires potentiels. Ces deux pays dépendent des États-Unis pour leur sécurité, mais ils sont de plus en plus inquiets de l’imprévisibilité de Trump. Ils pourraient être intéressés par une coopération renforcée avec l’Europe, notamment dans le domaine de la défense et de la technologie.
Mais l’Europe doit aussi être réaliste. Elle ne peut pas se couper complètement des États-Unis. Les liens économiques, culturels, historiques entre les deux rives de l’Atlantique sont trop profonds pour être rompus du jour au lendemain. L’objectif n’est pas de remplacer l’alliance américaine par une autre alliance, mais de diversifier les partenariats, de ne plus mettre tous ses œufs dans le même panier. L’Europe doit apprendre à naviguer dans un monde multipolaire, à jouer sur plusieurs tableaux, à maintenir des relations avec tous les acteurs majeurs sans dépendre d’aucun. C’est un exercice d’équilibriste délicat, qui nécessite une diplomatie subtile et une vision stratégique claire. Mais c’est le seul moyen pour l’Europe de préserver son indépendance et ses intérêts dans le monde chaotique qui se profile.
Je suis partagé entre l’espoir et le désespoir. D’un côté, je vois l’Europe commencer à se réveiller, à prendre conscience de la nécessité de son autonomie. De l’autre, je vois à quel point le chemin est long, à quel point les obstacles sont nombreux. L’Europe est divisée, affaiblie, hésitante. Elle manque de leadership, de vision, de courage. Et pendant ce temps, Trump continue à avancer, à détruire, à conquérir. Nous sommes dans une course contre la montre. Soit l’Europe se ressaisit rapidement, soit elle sera balayée par la tempête qui arrive.
Conclusion : le Groenland comme symbole d'une époque qui bascule
Un tournant historique dont nous mesurons à peine l’ampleur
La crise du Groenland n’est pas un simple incident diplomatique. C’est un tournant historique, un moment où l’histoire bascule, où un monde s’effondre et où un autre émerge. Nous sommes en train d’assister à la fin de l’ordre international libéral, cet ordre construit après 1945 sur les ruines de la Seconde Guerre mondiale. Cet ordre reposait sur des principes simples mais puissants : le respect de la souveraineté des États, l’interdiction de l’usage de la force pour régler les différends, la primauté du droit international. Ces principes n’ont jamais été parfaitement respectés, loin de là. Les grandes puissances ont souvent violé la souveraineté des petits pays, utilisé la force quand cela les arrangeait, ignoré le droit international quand il les gênait. Mais au moins, ces principes existaient. Ils constituaient une référence, un idéal vers lequel tendre. Ils permettaient de distinguer le bien du mal, le légitime de l’illégitime.
Aujourd’hui, Trump est en train de détruire ces principes. Il affirme ouvertement que les États-Unis peuvent s’emparer du Groenland par la force, que la souveraineté du Danemark ne compte pas, que le droit international est une fiction. Et le plus terrifiant, c’est qu’il n’est pas seul. Des millions d’Américains partagent sa vision. Ils applaudissent quand il menace le Danemark, quand il parle d’annexion forcée, quand il piétine les règles internationales. Ils voient dans cette agressivité une forme de force, de virilité, de grandeur. Ils ne comprennent pas — ou refusent de comprendre — que cette vision du monde nous ramène à une époque barbare, à un temps où la force primait sur le droit, où les grands dévoraient les petits, où la guerre était la continuation de la politique par d’autres moyens. Nous pensions avoir dépassé cette époque. Nous pensions avoir appris les leçons de l’histoire. Mais Trump nous prouve que nous n’avons rien appris, que nous sommes toujours capables de retomber dans les mêmes erreurs, les mêmes horreurs.
L’urgence d’une résistance collective
Face à cette dérive, la résistance est impérative. Nous ne pouvons pas laisser Trump détruire l’ordre international sans réagir. Nous ne pouvons pas accepter que le Groenland soit annexé par la force. Nous ne pouvons pas tolérer que la souveraineté des États soit violée, que le droit international soit bafoué, que les principes démocratiques soient piétinés. Cette résistance doit être collective. Elle doit unir l’Europe, le Canada, le Japon, tous les pays qui croient encore en un ordre international fondé sur le droit. Elle doit être ferme, déterminée, sans compromis. Car si nous cédons maintenant, si nous laissons Trump agir en toute impunité, nous ouvrirons la boîte de Pandore. Nous entrerons dans un monde où tout sera permis, où les grandes puissances pourront faire ce qu’elles veulent, où les petits pays vivront dans la terreur permanente.
Cette résistance ne sera pas facile. Elle exigera des sacrifices, du courage, de la détermination. Elle nous obligera à repenser nos alliances, à renforcer notre défense, à affirmer notre souveraineté. Mais nous n’avons pas le choix. Car l’alternative est pire. L’alternative, c’est un monde où Trump et ses émules dictent leur loi, où la force prime sur le droit, où la démocratie recule face à l’autoritarisme. C’est un monde que nous ne voulons pas, que nous ne devons pas accepter. Le Groenland est devenu le symbole de cette lutte. C’est là que se joue l’avenir de l’ordre international. C’est là que nous devons tracer une ligne rouge, dire « non » à Trump, affirmer que certaines choses ne sont pas négociables. La souveraineté des États. Le droit des peuples à l’autodétermination. Le respect du droit international. Ces principes valent la peine d’être défendus. Ils valent la peine de se battre pour eux.
Je termine cet article avec un sentiment d’urgence. Nous n’avons plus le temps d’hésiter, de tergiverser, de nous perdre en débats stériles. Trump est en train d’agir. Il est en train de détruire l’ordre international. Et nous devons réagir. Maintenant. Pas demain, pas la semaine prochaine — maintenant. Car chaque jour qui passe nous rapproche un peu plus du point de non-retour. Chaque jour qui passe rend la catastrophe un peu plus inévitable. Nous sommes à un moment charnière de l’histoire. Un moment où nos choix auront des conséquences pour les générations futures. Nous pouvons choisir de résister, de nous battre, de défendre les principes auxquels nous croyons. Ou nous pouvons choisir de nous soumettre, d’accepter la loi du plus fort, de laisser Trump façonner le monde à son image. Je sais quel choix je fais. Et vous ?
Sources
Sources primaires
NOS (Nederlandse Omroep Stichting), « Trump: Groenland wordt Amerikaans, ‘goedschiks of kwaadschiks' », publié le 10 janvier 2026. Reuters, « Trump says US needs to own Greenland to deter Russia, China », publié le 9 janvier 2026. Le Monde, « Groenland : « Si les Etats-Unis choisissent d’attaquer militairement un autre pays de l’OTAN, alors tout s’arrête », prévient la première ministre danoise », publié le 5 janvier 2026, modifié le 6 janvier 2026. The Atlantic, interview de Donald Trump sur le Venezuela et le Groenland, publié le 4 janvier 2026.
Sources secondaires
BBC News, « US discussing options to acquire Greenland including using military », publié en janvier 2026. CNN, « House Republicans grapple with Trump’s Greenland threat », publié le 7 janvier 2026. Al Jazeera, « Europe should prepare for Greenland’s annexation and end of NATO », publié le 9 janvier 2026. The Guardian, « Why is Donald Trump renewing calls for takeover of Greenland? », publié le 6 janvier 2026. France 24, « Groenland : Marco Rubio annonce des entretiens avec le Danemark », publié le 7 janvier 2026. La Croix, « Groenland : Trump étudie « activement » l’idée d’un « achat » », publié le 7 janvier 2026. Le Nouvel Observateur, « Il veut un trophée territorial pour son héritage personnel : Donald Trump peut-il vraiment acheter le Groenland », publié le 9 janvier 2026. Touteleurope.eu, « Groenland : que permettent les traités européens et de l’OTAN en cas d’annexion par les États-Unis? », publié en janvier 2026.
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