Naissance d’un parti qui promet de remuer la cage
Bon, une nouvelle formation politique débarque dans l’arène québécoise. C’est toujours un événement, vous ne trouvez pas ? On dirait que le paysage politique n’est jamais vraiment tranquille. Cette fois, c’est le Parti populaire du Québec (PPQ) qui vient d’obtenir l’autorisation officielle de fonctionner. L’information est tombée vendredi dernier, directement du bureau du directeur général des élections du Québec (DGEQ, pour les intimes).
Ce qui marque tout de suite, c’est la couleur du parti. Ses fondateurs, vous savez, se définissent comme nationalistes, proliberté, anti-wokes, antivaccins et contre l’immigration de masse. Un mélange qui va certainement faire parler, c’est le moins qu’on puisse dire. Et il y a un nom qui revient : celui de l’ancien député fédéral Maxime Bernier. Les créateurs du PPQ disent avoir eu sa « bénédiction ».
Le chef de cette nouvelle aventure s’appelle Sylvain Pariseau. Il est présenté comme un ancien candidat du Parti populaire du Canada (PPC) de M. Bernier, tout comme son directeur général, Daniel Brisson. Ce dernier est même décrit comme le « lieutenant québécois » de Maxime Bernier. C’est dire les liens, même si on va y revenir. L’idée, selon M. Pariseau, est de contester une classe politique qu’il juge trop homogène. Il veut ramener à l’avant-scène des questions « inconfortables ». Vous sentez le ton ?
Les liens avec Bernier et un parti « de conviction »
Alors, parlons de ces liens avec le parti fédéral. Le PPC a bien été informé de la création du PPQ, mais son porte-parole, Martin Masse, tient à préciser les choses. « Ce n’est pas une initiative du PPC et nous n’y avons consacré aucune ressource », a-t-il affirmé. Il n’y a donc aucun lien formel entre les deux. Le parti de Bernier se veut purement fédéral, explique son porte-parole, en ajoutant qu’il a « toujours eu comme position officielle de se focaliser sur la politique fédérale et de ne pas s’impliquer directement en politique provinciale ».
Mais voilà, il encourage quand même ses partisans à s’impliquer à tous les niveaux. C’est pas la première fois qu’une version provinciale du PPC émerge, remarquez. En Ontario, le Populist Party of Ontario a été fondé en 2022 par d’anciens candidats de Bernier. Ses résultats électoraux, par contre, ont été… disons négligeables. Un précédent à méditer.
Sylvain Pariseau, lui, insiste : il ne faut pas voir cette création comme une critique de Maxime Bernier. « C’est juste qu’on fait face à une guerre de culture qui a deux fronts : le fédéral et le provincial », explique-t-il. Il se décrit comme un libéral classique avec des tendances libertariennes et des valeurs familiales très conservatrices. Son ennemi ? L’activisme du mouvement « woke », surtout dans les écoles, et une classe politique « mondialiste » qui, à ses yeux, répète toujours la même chose.
Un de ses chevaux de bataille, c’est la question des vaccins. Il déplore qu’aucun parti ne parle des « dommages causés par les vaccins », un sujet ultra-polarisé, même si la science, elle, a largement tranché. « Moi, toutes ces questions-là qui ne sont pas confortables, je les ramène », lance-t-il.
Le parti n’a pas encore de programme officiel, mais son DG, Daniel Brisson, assure qu’il est en préparation. « Le Parti populaire du Québec sera un parti de convictions », promet-il. Nationaliste mais pas souverainiste, il défendra « la liberté sur tous les fronts ». Sa phrase choc : « On n’aura pas peur de dire les vraies choses, sans censure ».
L’immigration est un autre pilier. Sylvain Pariseau parle sans détour : « Les Québécois se font envahir. Il y a beaucoup trop de gens qui arrivent. La demande surchauffe, surtout dans l’habitation. » Il se veut cependant compatissant envers les immigrants qu’il voit « comme des victimes ». « Je n’ai pas envie de déporter personne… Mais là, il faut que ça arrête. » Malgré ces positions, les deux hommes rejettent l’étiquette de droite. Ils visent le « centre », parlent d’« équilibre » et de « gros bon sens ». Un positionnement assez… particulier, on en conviendra.
Le parcours des fondateurs et un casse-tête pour la droite

Qui sont ces hommes qui lancent ce parti ? Regardons leur parcours, c’est souvent révélateur. Sylvain Pariseau a tenté sa chance deux fois sous la bannière du PPC. En 2021, dans Saint-Hyacinthe–Bagot, il a récolté 2,7 % des voix. En 2025, dans la même circonscription renommée Saint-Hyacinthe–Bagot–Acton, son score est tombé à 0,7 %, et il reconnaît n’avoir « pas vraiment fait campagne ».
Daniel Brisson, lui, a une feuille de route plus fournie… en tentatives. Il a brigué sept postes électifs depuis 2005, au fédéral, au provincial et même au municipal, sans jamais réussir. En 2017, il a essayé de devenir maire de Québec, obtenant 0,67 % du vote. Et en 2021, il s’est présenté contre Éric Duhaime pour la chefferie du Parti conservateur du Québec… sans succès, évidemment. Il précise d’ailleurs ne plus être membre de ce parti, n’ayant pas « renouvelé sa carte ».
Justement, parlons d’Éric Duhaime. La naissance du PPQ, c’est peut-être un cadeau empoisonné pour lui. C’est en tout cas l’analyse d’Éric Montigny, professeur de science politique à l’Université Laval et auteur d’un livre récent sur le populisme. Il n’est pas surpris que les fondateurs du PPQ refusent l’étiquette de droite. « Il existe encore une gauche et une droite classiques concernant l’intervention de l’État, mais lorsqu’on parle de populisme, il y a des choses qui se rejoignent », explique-t-il.
Selon lui, ces mouvements aiment présenter « les élites comme responsables des conditions économiques de la classe ouvrière », une idée historiquement plutôt de gauche. Mais sur l’immigration, la ligne de fracture est claire : « À droite, on va davantage blâmer l’immigration. » Il note que le PPC fédéral s’est « radicalisé » ces dernières années avec un discours « nativiste » très dur.
Et c’est là que ça coince pour Duhaime. Le PPQ et le Parti conservateur du Québec vont probablement courtiser le même électorat et les mêmes militants, estime le professeur. Pire, l’apparition du PPQ pourrait être le « symptôme d’un schisme », au moment même où Éric Duhaime tente de « d’élargir sa base vers le centre ». Daniel Brisson étant un ancien militant conservateur, l’hypothèse n’est pas folle.
La route vers les élections de 2026 et les détails pratiques

Maintenant, concrètement, où en est ce nouveau parti ? Avec l’aval du DGEQ, le PPQ devient la 23e formation politique autorisée dans la province. Ça lui donne le droit de participer aux prochaines élections générales, qui doivent avoir lieu au plus tard le 5 octobre 2026, et de présenter des candidats.
Le nom « Parti populaire du Québec » avait d’ailleurs été réservé par Sylvain Pariseau dès le mois de juin. À l’époque, ils avaient même pensé accélérer les choses pour participer à l’élection partielle dans Arthabaska. Mais le premier ministre Legault a devancé le vote à la fin de l’été, et ils ont été pris de court. C’est finalement le péquiste Alex Boissonneault qui a remporté cette partielle.
Petite anecdote : c’était la cinquième fois depuis 2018 que ce nom faisait l’objet d’une demande de réservation auprès du DGEQ. Les quatre tentatives précédentes n’avaient jamais abouti à la création d’un vrai parti. Pour obtenir son autorisation, un parti doit réunir un minimum de 100 membres fondateurs. Le PPQ affirme avoir soumis une liste de 107 noms. Radio-Canada précise qu’au moment de publier l’article, elle n’avait pas encore pu consulter cette fameuse liste.
Alors, que va donner cette nouvelle aventure ? Est-ce que le PPQ va réussir à exister plus que sur le papier ? Va-t-il attirer des votes ou simplement fragmenter un peu plus un électorat déjà divisé ? Les élections de 2026 nous le diront. En attendant, le paysage politique québécois vient de gagner une nouvelle couleur, et elle ne passe pas inaperçue.
Un nouveau parti voit le jour au Québec : le PPQ
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