L’opération Caracas et ses conséquences
La capture de Maduro le 3 janvier 2026 a marqué un tournant. Les forces spéciales américaines ont pénétré dans Caracas, neutralisé les gardes présidentiels et extrait Maduro. Cette intervention sans précédent a envoyé un message clair : personne n’est intouchable. L’administration Trump a justifié cette action par la « doctrine Donroe », référence à la doctrine Monroe du XIXe siècle qui faisait de l’Amérique latine une chasse gardée américaine. L’opération a été planifiée par Rubio, faucon notoire en politique latino-américaine. En éliminant le principal allié de Cuba, Washington espérait isoler complètement l’île.
Depuis, Washington fait pression sur Delcy Rodriguez, présidente vénézuélienne par intérim, pour qu’elle cesse les livraisons de pétrole vers Cuba. Les États-Unis proposent un marché : le pétrole vénézuélien sera vendu aux compagnies américaines, à condition que Cuba soit exclue. C’est du chantage. Les services de renseignement américains évoquent une économie cubaine fragile, minée par les sanctions, les coupures d’électricité et les difficultés agricoles. Mais ils ne confirment pas que Cuba soit « prête à tomber », comme l’affirme Trump.
Utiliser la faim comme arme politique. Voilà où nous en sommes. Comment peut-on, en 2026, décider froidement de priver des millions de personnes d’électricité et de nourriture pour renverser un gouvernement ? C’est une forme de violence collective, un crime contre l’humanité déguisé en politique étrangère.
Marco Rubio, l'architecte de la pression maximale
Un exilé cubain devenu faucon
Marco Rubio, né en 1971 à Miami de parents cubains, incarne la génération des exilés qui n’ont jamais pardonné à La Havane. Sénateur de Floride depuis 2011, il s’est imposé comme l’opposant le plus virulent au régime cubain. Pour lui, pas de compromis – seulement la capitulation totale ou le renversement par la force. Sa nomination comme secrétaire d’État a été perçue à La Havane comme une déclaration de guerre. Rubio ne cache pas son objectif : voir tomber le régime cubain de son vivant. Il compare Cuba à l’Allemagne de l’Est, croyant qu’elle s’effondrera sous la pression. Mais Cuba a développé une identité nationale forte, forgée dans la résistance à l’impérialisme américain.
Le fantasme d’un président cubain made in USA
L’idée que Rubio pourrait devenir président de Cuba relève de la fantaisie. Il n’a jamais vécu à Cuba, n’a aucune légitimité populaire à La Havane. Pourtant, Trump soutient publiquement cette idée. En suggérant que Rubio pourrait diriger Cuba, Trump envoie plusieurs messages : aux Cubains, que leur régime va tomber ; au régime, qu’un homme de Washington prendra le pouvoir ; à la communauté internationale, que Washington n’a aucun scrupule à violer la souveraineté des États. Cette stratégie n’est pas nouvelle. Au Guatemala en 1954, au Chili en 1973, au Nicaragua dans les années 1980 – à chaque fois, Washington a renversé des gouvernements pour installer des régimes amis. Ces interventions ont eu des conséquences désastreuses : guerres civiles, dictatures, massacres.
Il y a quelque chose de profondément cynique dans cette idée d’installer Rubio à Cuba. Comme si les Cubains n’avaient pas leur mot à dire. Trump et Rubio ont décidé, depuis Washington, de ce qui était bon pour Cuba. C’est du colonialisme pur et dur, habillé dans le langage de la démocratie.
La doctrine Donroe et l'Amérique latine assiégée
Retour à l’impérialisme assumé
La « doctrine Donroe » fait référence à la doctrine Monroe de 1823, qui proclamait l’Amérique latine zone d’influence exclusive américaine. Au fil des décennies, elle s’est transformée en justification de l’interventionnisme. Pour les Latino-Américains, elle est synonyme d’impérialisme. Trump l’a ressuscitée, assumant pleinement l’héritage impérialiste. Pour lui, l’Amérique latine n’est pas une région de partenaires égaux, mais une arrière-cour à contrôler. Cette vision signifie que Washington se réserve le droit d’intervenir militairement dans n’importe quel pays menaçant ses intérêts.
Une région dans le viseur
Cuba n’est pas la seule cible. Après le Venezuela, la Colombie a failli subir les foudres de Washington pour avoir critiqué l’opération à Caracas. Trump a menacé de sanctions dévastatrices. Le Mexique, le Brésil, l’Argentine se demandent s’ils seront les prochains. Trump ne cherche pas à construire des alliances durables. Il veut des vassaux qui obéissent. Cette approche pousse les pays vers la Chine et la Russie. Pékin a investi des milliards dans la région, devenant le principal partenaire commercial de nombreux pays. En voulant tout contrôler, Trump risque de tout perdre.
Cette arrogance américaine me sidère. Cette certitude d’avoir le droit de dicter leur conduite à des nations souveraines. Trump se comporte comme un empereur romain. Mais nous ne sommes plus au XIXe siècle. Les Latino-Américains ont leur propre histoire, leurs propres aspirations. Plus Trump les pousse, plus il les éloigne.
L'économie cubaine au bord du gouffre
Soixante-six ans d’embargo
Depuis 1962, les États-Unis imposent un blocus économique quasi-total à Cuba. Cet embargo, le plus long de l’histoire moderne, a été condamné 31 fois par l’ONU. Les conséquences sont dévastatrices. L’économie cubaine, privée de son marché naturel à 150 kilomètres, a dû se réorienter vers des partenaires lointains. Les pénuries sont chroniques. Les infrastructures se dégradent. L’ONU estime que l’embargo a coûté plus de 150 milliards de dollars à Cuba. Les hôpitaux manquent de médicaments. Les écoles manquent de matériel. Les coupures d’électricité sont devenues si fréquentes que les Cubains ont développé tout un vocabulaire pour les décrire. En 2025, plusieurs pannes massives ont plongé des millions de personnes dans le noir pendant des jours.
Agriculture et tourisme en crise
L’agriculture cubaine est gravement affectée. Cette île tropicale doit importer une grande partie de sa nourriture. L’embargo empêche Cuba d’acheter tracteurs, engrais, semences – tous les intrants nécessaires. Les agriculteurs travaillent avec du matériel datant de l’époque soviétique. Le tourisme, source majeure de revenus, a également souffert. Les restrictions américaines ont réduit le nombre de visiteurs. Les hôtels sont à moitié vides. Avec les menaces de Trump, les touristes européens et canadiens annulent leurs réservations. Moins de touristes signifie moins de devises, moins d’emplois, moins de revenus pour l’État.
Je pense à ces Cubains qui font la queue pendant des heures pour acheter du pain. À ces enfants qui étudient à la lumière des bougies. Comment peut-on justifier cela ? Comment peut-on prétendre défendre la démocratie tout en affamant délibérément une population ? L’embargo est une forme de violence collective, un châtiment infligé à des millions d’innocents.
Les réactions internationales : inquiétude et impuissance
L’Europe divisée
L’Union européenne, qui avait normalisé ses relations avec Cuba, se retrouve dans une position délicate. Bruxelles appelle au dialogue, mais ces appels restent lettre morte. Trump n’écoute pas l’Europe, qu’il considère comme faible. L’UE, divisée sur la question cubaine, peine à adopter une position commune. La France a exprimé sa « préoccupation », mais sans mesure concrète. L’Allemagne appelle au respect du droit international sans nommer les États-Unis. Cette pusillanimité révèle l’incapacité de l’Europe à s’affirmer comme acteur géopolitique indépendant.
La Chine et la Russie en embuscade
Pendant que Washington resserre son étau, Pékin et Moscou observent. La Chine voit une opportunité d’étendre son influence. Si les États-Unis coupent le pétrole vénézuélien, la Chine pourrait proposer une alternative. La Russie a également des intérêts à Cuba. Des navires de guerre russes font escale dans les ports cubains. Des conseillers militaires sont présents. Si la situation se détériore, la Russie pourrait proposer un soutien militaire substantiel, rappelant la crise des missiles de 1962. Personne ne souhaite revivre un tel scénario, mais la logique de confrontation de Trump pourrait conduire à une escalade incontrôlable.
Cette impuissance internationale me désespère. Nous avons construit un système de règles censé empêcher les grandes puissances d’écraser les petites. Et tout s’effondre. Trump viole le droit international en toute impunité. Il menace des pays souverains. Et personne ne fait rien. L’Europe proteste mollement. Les institutions sont paralysées.
Les précédents historiques qui hantent l'Amérique latine
Guatemala, Chili, Nicaragua
Le Guatemala en 1954 offre un exemple éclairant. Le président Arbenz avait lancé une réforme agraire menaçant la United Fruit Company. La CIA a organisé un coup d’État. Ce qui a suivi : 36 ans de guerre civile, 200 000 morts. Le Chili en 1973 : Salvador Allende, démocratiquement élu, a été renversé avec le soutien américain. Pinochet a instauré une dictature brutale de 17 ans. Des milliers de Chiliens torturés, assassinés. Le Nicaragua dans les années 1980 : Washington a financé les Contras contre le gouvernement sandiniste. Des dizaines de milliers de morts. Ces interventions ont eu des conséquences catastrophiques pour les populations locales.
Les leçons ignorées
Ces précédents sont cruciaux pour comprendre Cuba aujourd’hui. Trump et Rubio répètent un schéma vieux d’un siècle. Ils pensent pouvoir renverser le régime, installer un gouvernement ami, et tout ira bien. Mais l’histoire montre que ces interventions ont toujours des conséquences désastreuses. Le Panama en 1989, la République dominicaine en 1965 – à chaque fois, des milliers de morts, des décennies de souffrance. Cuba ne sera pas différente.
Cette histoire me hante. Ces coups d’État, ces invasions… Tout au nom de la démocratie. Mais quelle démocratie ? Les Guatémaltèques, les Chiliens, les Nicaraguayens ont payé le prix de l’arrogance américaine. Des générations sacrifiées. Et maintenant, on s’apprête à recommencer avec Cuba. Comme si on n’avait rien appris.
Les enjeux géostratégiques derrière les menaces
Une île stratégique
La proximité géographique de Cuba avec les États-Unis est au cœur de l’obsession américaine. À 150 kilomètres de la Floride, Cuba contrôle l’accès au golfe du Mexique, zone vitale pour le commerce américain. Si Cuba tombait sous influence chinoise ou russe, elle pourrait théoriquement menacer ces routes. Mais cet argument ne tient pas vraiment. Cuba n’a ni les moyens ni l’intention de bloquer le commerce. Au-delà de la géographie, c’est une question de prestige. L’existence d’un régime communiste à 150 kilomètres est une humiliation permanente. Castro a survécu à 11 présidents américains. Cette défaite symbolique est insupportable pour Washington.
Ressources et intérêts économiques
Cuba possède des ressources naturelles qui intéressent les compagnies américaines. Des gisements de pétrole offshore ont été découverts dans ses eaux territoriales. Les estimations parlent de plusieurs milliards de barils. Cuba possède également des réserves importantes de nickel, crucial pour les batteries électriques. Avec 11 millions d’habitants et une position idéale, Cuba pourrait devenir un hub commercial important. Les secteurs du tourisme, de l’agriculture, des télécommunications offrent des opportunités considérables. Aujourd’hui, ce sont les Européens, les Canadiens et les Chinois qui en profitent. Les hommes d’affaires américains regardent avec frustration leurs concurrents s’installer pendant qu’eux restent sur la touche.
Toujours l’argent. Toujours les ressources. Derrière les discours sur la liberté, il y a des compagnies pétrolières qui veulent exploiter les gisements. Des fabricants de batteries qui veulent le nickel. Des chaînes hôtelières qui veulent construire des resorts. Et pour satisfaire ces appétits, on est prêt à affamer une population entière.
Le rôle des exilés cubains dans la politique américaine
La communauté cubano-américaine de Floride
La communauté cubano-américaine de Floride joue un rôle crucial dans la politique américaine envers Cuba. Avec plus d’un million de personnes d’origine cubaine, la Floride est devenue un bastion de l’opposition au régime de La Havane. Ces exilés et leurs descendants forment un électorat puissant, capable d’influencer les élections présidentielles dans cet État pivot. Leur vote est courtisé par les deux partis, mais ce sont les Républicains qui ont le mieux su capter leur soutien en adoptant une ligne dure contre Cuba. Marco Rubio incarne parfaitement cette dynamique : sénateur de Floride, il représente les aspirations de cette communauté qui rêve de voir tomber le régime cubain et de récupérer les propriétés confisquées par la révolution. Ces exilés ont maintenu pendant des décennies un lobby puissant à Washington, bloquant toute tentative de normalisation des relations avec Cuba.
Mais cette communauté n’est pas monolithique. Les générations se divisent sur la question cubaine. Les plus âgés, qui ont vécu la révolution et l’exil, restent farouchement opposés à tout dialogue avec La Havane. Ils veulent la chute du régime, rien de moins. Les plus jeunes, nés aux États-Unis, ont une vision plus nuancée. Beaucoup n’ont jamais mis les pieds à Cuba. Ils se sentent américains avant tout. Pour eux, l’obsession anti-castriste de leurs parents et grands-parents appartient au passé. Ils sont plus ouverts à la normalisation, à condition que cela s’accompagne de réformes démocratiques. Cette division générationnelle pourrait, à terme, affaiblir le lobby anti-cubain. Mais pour l’instant, ce sont encore les durs qui dominent, et Trump sait qu’il peut compter sur leur soutien pour sa politique agressive envers Cuba.
Cette instrumentalisation de la souffrance des exilés me met mal à l’aise. Leurs histoires sont réelles, leurs traumatismes légitimes. Mais ils sont utilisés comme justification pour des politiques qui font souffrir d’autres Cubains, ceux restés sur l’île. C’est une tragédie qui en engendre une autre. Les exilés veulent récupérer ce qu’ils ont perdu, c’est compréhensible. Mais à quel prix ? Au prix de la faim, de la misère, de la mort de millions de personnes qui n’ont rien à voir avec la révolution de 1959 ?
Les intérêts économiques derrière le lobby
Au-delà des considérations politiques et émotionnelles, il y a aussi des intérêts économiques considérables en jeu. De nombreux exilés cubains ont fait fortune aux États-Unis dans l’immobilier, la finance, le commerce. Ils rêvent de retourner à Cuba et d’y investir massivement une fois le régime tombé. Certains ont conservé les titres de propriété de leurs anciennes maisons, de leurs terres, de leurs entreprises confisquées. Ils espèrent pouvoir les récupérer et reconstruire leur empire perdu. Ces intérêts économiques alimentent le lobby anti-cubain et expliquent en partie son acharnement. Il ne s’agit pas seulement de politique ou d’idéologie – il s’agit aussi d’argent, de propriétés, de pouvoir économique. Les compagnies américaines, elles aussi, attendent leur heure. Elles savent qu’un changement de régime à Cuba ouvrirait un marché de 11 millions de consommateurs, des opportunités d’investissement dans tous les secteurs, un accès aux ressources naturelles de l’île.
L'impact humanitaire de la crise sur la population cubaine
La vie quotidienne sous embargo
Pour comprendre l’ampleur de la crise qui menace Cuba, il faut regarder la vie quotidienne des Cubains ordinaires. Chaque jour est une lutte pour la survie. Les files d’attente devant les magasins commencent avant l’aube. Les gens attendent des heures pour acheter du pain, du riz, des haricots – les produits de base. Les rayons sont souvent vides. Quand un camion de livraison arrive, c’est la ruée. Les familles doivent rationner leur nourriture, calculer chaque repas. Les enfants vont à l’école le ventre vide. Les personnes âgées sautent des repas pour que leurs petits-enfants puissent manger. Cette réalité, c’est celle de millions de Cubains depuis des décennies. Et maintenant, avec les menaces de Trump de couper complètement l’approvisionnement en pétrole, cette situation déjà désespérée risque de devenir catastrophique. Sans électricité, les réfrigérateurs ne fonctionnent plus. La nourriture pourrit. Les médicaments qui nécessitent d’être réfrigérés deviennent inutilisables. Les hôpitaux ne peuvent plus opérer. Les écoles ferment. C’est une spirale infernale.
Le système de santé cubain, autrefois fierté du régime, est au bord de l’effondrement. Les hôpitaux manquent de tout : médicaments, équipements, fournitures de base. Les médecins font des miracles avec presque rien. Ils réutilisent des seringues, improvisent des traitements, rationalisent les soins. Les patients doivent apporter leurs propres draps, leur propre nourriture. Les opérations chirurgicales sont reportées indéfiniment faute de matériel. Les malades chroniques ne peuvent plus se procurer leurs médicaments. Les diabétiques manquent d’insuline. Les asthmatiques manquent d’inhalateurs. Les cancéreux ne peuvent plus recevoir de chimiothérapie. C’est une catastrophe sanitaire qui se déroule au ralenti, invisible pour le reste du monde. Et Trump veut aggraver cette situation en coupant les dernières ressources de l’île. C’est de la cruauté pure et simple, déguisée en politique étrangère.
Quand je lis ces témoignages de Cubains qui luttent pour survivre, je ne peux m’empêcher de penser à ma propre vie confortable. J’ai de l’électricité 24 heures sur 24. J’ai de la nourriture en abondance. J’ai accès aux soins médicaux. Et tout cela, je le tiens pour acquis. Mais pour des millions de Cubains, ce sont des luxes inaccessibles. Et ce n’est pas de leur faute. Ils n’ont pas choisi de naître à Cuba. Ils n’ont pas choisi l’embargo. Ils n’ont pas choisi cette guerre froide qui dure depuis plus de 60 ans. Ils sont les victimes collatérales d’un conflit qui les dépasse. Et maintenant, on veut les punir encore plus, les affamer encore plus, les faire souffrir encore plus. Pour quoi ? Pour satisfaire l’ego de Trump ? Pour réaliser les fantasmes de Rubio ? C’est inhumain.
L’exode et la diaspora
Face à cette situation désespérée, de nombreux Cubains n’ont qu’une solution : fuir. Chaque année, des milliers de personnes tentent de traverser le détroit de Floride sur des embarcations de fortune. Beaucoup meurent en mer, noyés ou dévorés par les requins. Ceux qui survivent arrivent aux États-Unis traumatisés, sans rien, obligés de tout recommencer. D’autres empruntent des routes terrestres, traversant l’Amérique centrale et le Mexique pour atteindre la frontière américaine. Le voyage est long, dangereux, coûteux. Les passeurs demandent des sommes astronomiques. Les migrants sont victimes de violences, d’extorsions, de viols. Mais ils préfèrent risquer leur vie plutôt que de rester à Cuba sans avenir. Cet exode massif prive l’île de ses forces vives. Les jeunes diplômés, les médecins, les ingénieurs, les artistes – tous partent. Cuba perd ses talents, son avenir. Et si la situation s’aggrave avec les nouvelles sanctions de Trump, cet exode pourrait devenir un tsunami. Des centaines de milliers de Cubains pourraient tenter de fuir, créant une crise migratoire sans précédent dans les Caraïbes et en Floride.
Les scénarios possibles pour l'avenir de Cuba
Négociation ou effondrement
Dans le meilleur des cas, les menaces pourraient pousser Cuba à négocier. Les États-Unis exigeraient des réformes politiques : élections multipartites, libération des prisonniers, liberté de la presse. En échange, levée progressive de l’embargo. Ce scénario ressemble au Vietnam dans les années 1990. Mais il se heurte à des obstacles : méfiance mutuelle, refus des exilés cubains d’accepter un compromis, divisions internes à Cuba. Le scénario le plus probable est l’effondrement économique. En coupant le pétrole, en renforçant l’embargo, Washington espère provoquer une crise si grave que le régime s’effondrera. Mais cela signifierait des pénuries massives, des hôpitaux qui ne fonctionnent plus, des écoles fermées. Un coût humain énorme.
L’intervention militaire
Si les négociations échouent, Trump pourrait opter pour une intervention militaire. Ce scénario, impensable il y a quelques années, est devenu plausible après la capture de Maduro. Une opération de forces spéciales visant à capturer les dirigeants cubains est possible. Mais Cuba dispose d’une armée bien entraînée, de systèmes de défense sophistiqués, d’une population qui pourrait résister. Une invasion à grande échelle nécessiterait des mois de préparation, serait extrêmement coûteuse, provoquerait une condamnation internationale massive. Elle ferait des milliers de morts, détruirait les infrastructures, créerait une crise humanitaire. Les réfugiés afflueraient vers la Floride. Les États-Unis s’enliseraient dans une occupation coûteuse, comme en Irak et en Afghanistan.
Tous ces scénarios me glacent. Négociation, intervention, effondrement – dans tous les cas, ce sont les Cubains ordinaires qui souffriront. Ceux qui veulent juste vivre leur vie, élever leurs enfants. Mais leur sort ne compte pas dans les calculs de Trump et Rubio. Ce qui compte, c’est le prestige, le pouvoir, la revanche historique.
Conclusion : l'avenir incertain d'une île assiégée
Cuba à la croisée des chemins
Janvier 2026 marque un tournant historique pour Cuba. Les menaces de Trump s’inscrivent dans une stratégie cohérente visant à renverser le régime. La capture de Maduro a montré que Washington était prêt à agir. La suggestion que Rubio pourrait devenir président révèle l’ampleur des ambitions. La menace de couper le pétrole vise à étrangler économiquement l’île. Face à cette pression, Cuba a trois options : résister coûte que coûte, négocier en acceptant des réformes, ou se tourner vers la Chine et la Russie. Aucune n’est satisfaisante. Toutes comportent des risques énormes pour la population.
Les prochains mois seront décisifs. Si le pétrole vénézuélien cesse d’arriver, Cuba connaîtra une crise sans précédent. Les coupures d’électricité deviendront permanentes. Les pénuries s’aggraveront. Le système de santé s’effondrera. La population pourrait atteindre son point de rupture. Des manifestations massives pourraient éclater. Dans ce contexte, un effondrement du régime devient possible. Mais ce qui viendrait après reste une énorme inconnue : gouvernement de transition, guerre civile, intervention militaire ? Personne ne peut le prédire. Ce qui est sûr, c’est que les Cubains ordinaires seront les premières victimes.
Je termine avec tristesse et colère. Tristesse pour le peuple cubain qui va souffrir de décisions prises à des milliers de kilomètres. Colère contre Trump, Rubio, et tous ceux qui jouent avec des vies humaines. J’espère que cette retraitée de La Havane a raison, que les présidents « parlent mais n’agissent pas ». Mais j’ai peur qu’elle ait tort. J’ai peur que dans quelques mois, nous regardions Cuba plongée dans le chaos. L’histoire nous jugera. Elle jugera Trump et Rubio pour leurs actions. Mais elle nous jugera aussi pour notre inaction, notre indifférence, notre acceptation de l’inacceptable. Il est encore temps d’agir. Il est encore temps de dire non. Il est encore temps de défendre Cuba, non pas parce que son régime est parfait, mais parce que son peuple mérite de vivre en paix, de choisir son propre destin, sans qu’une puissance étrangère ne lui impose sa volonté par la force.
Sources
Sources primaires
Le Monde, Donald Trump menace Cuba, La Havane dit se préparer, prête à défendre la Patrie, publié le 11 janvier 2026. Journal de Québec, Marco Rubio prochain dirigeant de Cuba, Cela me paraît très bien dit Trump, publié le 11 janvier 2026. L’Express, Marco Rubio prochain dirigeant de Cuba, Donald Trump fait pression pour un accord avec La Havane, publié le 11 janvier 2026. La Presse, Cuba rejette l’appel de Trump à accepter un accord, publié le 11 janvier 2026.
Sources secondaires
Reuters, données d’expédition maritime et documents PDVSA concernant les livraisons de pétrole vénézuélien à Cuba, janvier-novembre 2025. Agence France-Presse, dépêches sur les tensions États-Unis-Cuba, janvier 2026. Truth Social, publications de Donald Trump, 11 janvier 2026. Réseau social X, déclarations de Miguel Diaz-Canel et Bruno Rodriguez, 11 janvier 2026.
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