Une île au cœur des convoitises
Pour comprendre l’obsession de Trump, il faut regarder une carte. Le Groenland, c’est 2,16 millions de kilomètres carrés de glace et de roche, coincé entre l’Amérique du Nord et l’Europe, au cœur de l’Arctique. Une position géostratégique de premier ordre, surtout avec le réchauffement climatique qui ouvre de nouvelles routes maritimes et rend accessibles des ressources naturelles jusqu’ici inaccessibles. Le sous-sol groenlandais regorge de terres rares, ces métaux indispensables à la fabrication de smartphones, d’éoliennes et d’armements modernes. La Chine en contrôle actuellement 90% de la production mondiale. Vous commencez à comprendre l’intérêt américain.
Mais ce n’est pas tout. Le Groenland abrite la base aérienne de Thule, installation militaire américaine depuis 1951, cruciale pour la surveillance de l’Arctique et la défense antimissile. Avec la montée en puissance de la Russie et de la Chine dans la région, Washington voit le Groenland comme un verrou stratégique qu’il ne peut pas se permettre de perdre. Les sous-marins russes patrouillent de plus en plus dans les eaux arctiques, et Pékin a officiellement déclaré vouloir devenir une « puissance polaire ». Dans ce contexte, Trump considère le contrôle total du Groenland comme une question de sécurité nationale. Le problème, c’est que personne ne lui a demandé son avis.
Un territoire qui ne veut pas être américain
Les Groenlandais ont été clairs, et ils l’ont répété à plusieurs reprises : ils ne veulent pas devenir américains. Un sondage publié en janvier 2025 dans la presse danoise et groenlandaise révèle que 85% des habitants s’opposent à un rattachement aux États-Unis. Seuls 6% y sont favorables. Ces chiffres parlent d’eux-mêmes. Le premier ministre groenlandais a appelé à l’unité face aux menaces de Washington, et les partis politiques locaux, pourtant souvent divisés, se sont rassemblés pour défendre la souveraineté de leur territoire.
Le Groenland est un territoire autonome depuis 1979, avec son propre parlement et son propre gouvernement. Il gère ses affaires intérieures, tandis que le Danemark conserve la responsabilité de la défense et des affaires étrangères. Mais l’île aspire à l’indépendance totale, un projet de longue haleine qui nécessite une autonomie économique que le territoire n’a pas encore atteinte. En attendant, les Groenlandais tiennent à leur identité, à leur culture inuite, et à leur droit à l’autodétermination. Trump peut bien agiter ses menaces et ses dollars, la population locale n’est pas à vendre.
Et c’est là que ça devient vraiment choquant. On parle de 56 000 personnes qui ont le droit de décider de leur avenir. 56 000 êtres humains qui disent non, massivement, à 85%. Mais Trump s’en fiche. Il veut son titre de propriété. Comme si les Groenlandais étaient des meubles qui viennent avec la maison. Cette vision coloniale, impérialiste, me donne la nausée. On est en 2026, pas en 1826. Les peuples ont le droit de disposer d’eux-mêmes. C’est un principe fondamental du droit international. Mais visiblement, pour Trump, le droit international c’est juste un obstacle à contourner.
Section 3 : les réactions internationales, entre stupeur et colère
Le Danemark sur le pied de guerre
À Copenhague, la stupeur a rapidement cédé la place à la détermination. Mette Frederiksen a publié un message ferme sur Facebook et Instagram dimanche, affirmant que le Danemark est « un allié loyal et solide » en plein « réarmement important », et qu’il est « prêt à défendre ses valeurs — partout où cela est nécessaire — y compris dans l’Arctique ». Elle a rappelé que son pays croit « au droit international et au droit des peuples à disposer d’eux-mêmes », et qu’il défend « les principes de souveraineté, d’autodétermination et d’intégrité territoriale ». Des mots choisis avec soin, qui sonnent comme un avertissement.
Plus tôt dans la semaine, la première ministre danoise avait été encore plus directe, estimant qu’une attaque américaine contre un membre de l’OTAN signifierait « la fin de tout ». La fin de l’Alliance atlantique, la fin du système de sécurité établi après 1945, la fin de l’ordre international tel qu’on le connaît. Ce n’est pas une exagération. L’article 5 du traité de l’OTAN stipule qu’une attaque contre un membre est considérée comme une attaque contre tous. Si les États-Unis attaquent le Danemark, techniquement, ils s’attaquent à eux-mêmes. Un paradoxe qui pourrait faire exploser l’Alliance de l’intérieur. Et Trump semble prêt à prendre ce risque, déclarant que « si cela affecte l’OTAN, alors ça l’affecte. Mais, vous savez, ils ont plus besoin de nous que nous d’eux ».
L’Europe en état d’alerte
Les capitales européennes observent la situation avec une inquiétude croissante. Si Trump peut menacer le Danemark aujourd’hui, qui sera le prochain ? L’Union européenne a appelé au respect du droit international et de la souveraineté des États, mais les mots sonnent creux face à la détermination affichée par Washington. Certains dirigeants européens commencent à se demander si l’Alliance atlantique a encore un sens quand le principal garant de la sécurité collective devient lui-même une menace pour ses alliés.
Le commissaire européen à la défense, Andrius Kubilius, a même suggéré dimanche que les pays de l’UE devraient envisager de mettre sur pied une force militaire commune qui pourrait remplacer les troupes américaines stationnées en Europe. Une idée qui aurait semblé impensable il y a quelques années, mais qui gagne du terrain face à l’imprévisibilité de Trump. L’Europe réalise qu’elle ne peut plus compter aveuglément sur les États-Unis pour sa sécurité. Le réveil est brutal, mais nécessaire.
Et voilà où on en est. Les États-Unis, censés être le pilier de l’OTAN, menacent un membre de l’Alliance. L’Europe, qui a passé 80 ans à se reposer sur le parapluie américain, se retrouve à devoir envisager son autonomie stratégique en urgence. C’est à la fois terrifiant et, d’une certaine manière, libérateur. Terrifiant parce qu’on réalise à quel point l’ordre international est fragile. Libérateur parce que l’Europe n’a plus le choix : elle doit grandir, s’assumer, se défendre elle-même. Trump aura au moins eu ce mérite : forcer l’Europe à sortir de son confort.
Section 4 : une stratégie trumpienne qui divise jusqu'aux républicains
Des élus républicains sonnés
Ce qui est frappant dans cette affaire, c’est la réaction au sein même du Parti républicain. Habituellement, les élus GOP font bloc derrière Trump, quelles que soient ses déclarations. Mais là, plusieurs voix s’élèvent pour critiquer ouvertement le président. Blake Moore, coprésident républicain du groupe des amis du Danemark au Congrès, a qualifié la menace d’annexion d' »inutilement dangereuse », rappelant que cela constituerait « tragiquement » une attaque contre l’OTAN. Des mots forts, qui témoignent d’un malaise profond.
Don Bacon, député républicain qui a déjà critiqué Trump par le passé, n’a pas mâché ses mots : « C’est une idée complètement débile. Menacer un allié ne fait que nous affaiblir, ce qu’adorent la Russie et la Chine ». Une analyse lucide qui pointe du doigt le paradoxe de la stratégie trumpienne : en voulant contrer Moscou et Pékin, Washington affaiblit ses propres alliances et fait exactement le jeu de ses adversaires. Rand Paul, sénateur libertarien souvent aligné sur Trump, avoue lui-même ne pas savoir « à quel point c’est de la fanfaronnade ». Même ses soutiens sont perdus.
La Maison-Blanche tente de rassurer
Mike Johnson, le président républicain de la Chambre des représentants, a tenté de calmer le jeu mercredi, affirmant que la Maison-Blanche « étudie les canaux diplomatiques » et que « l’option militaire faisait partie de propos généraux ». Une tentative de minimiser les déclarations présidentielles, mais qui convainc peu. Marco Rubio, le chef de la diplomatie américaine, doit rencontrer des responsables danois la semaine prochaine. On imagine l’ambiance.
Le problème, c’est que Trump a été très clair : il ne parle pas de location, il veut « un titre de propriété ». Il ne s’agit pas de négocier un accord de défense renforcé ou un partenariat économique. Il veut l’annexion pure et simple. Et quand on lui demande si cela pourrait affecter l’OTAN, il répond sans sourciller : « Si cela affecte l’OTAN, alors ça l’affecte. Mais, vous savez, ils ont plus besoin de nous que nous d’eux ». Une phrase qui résume toute sa vision des alliances : transactionnelle, unilatérale, et profondément méprisante.
Ce qui me sidère, c’est cette certitude. Cette arrogance. Trump ne doute jamais. Il ne se demande jamais si, peut-être, il va trop loin. Non. Il fonce, il menace, il méprise. Et le pire, c’est qu’il a raison sur un point : les Européens ont effectivement plus besoin des États-Unis que l’inverse, du moins militairement. Mais est-ce une raison pour traiter ses alliés comme des vassaux ? Pour les humilier publiquement ? Pour menacer leur intégrité territoriale ? Non. Mille fois non. Ce n’est pas comme ça qu’on construit des alliances durables. C’est comme ça qu’on les détruit.
Section 5 : les précédents historiques et les enjeux futurs
Trump et le Groenland, une obsession ancienne
Ce n’est pas la première fois que Donald Trump lorgne sur le Groenland. Déjà lors de son premier mandat, en 2019, il avait évoqué l’idée d’acheter l’île, provoquant l’hilarité puis l’indignation au Danemark. À l’époque, Mette Frederiksen avait qualifié l’idée d' »absurde », ce qui avait valu au Danemark l’annulation d’une visite présidentielle. Trump avait boudé, mais n’avait pas oublié. Sept ans plus tard, il revient à la charge, mais cette fois avec des menaces explicites d’action militaire. L’escalade est vertigineuse.
L’idée d’acheter le Groenland n’est pas nouvelle dans l’histoire américaine. En 1867, les États-Unis avaient acheté l’Alaska à la Russie pour 7,2 millions de dollars. En 1946, Washington avait proposé 100 millions de dollars au Danemark pour acquérir le Groenland, une offre poliment déclinée. Mais nous ne sommes plus au XIXe siècle. Les règles ont changé. Le droit international reconnaît le droit des peuples à l’autodétermination. On ne peut plus acheter et vendre des territoires habités comme des marchandises. Sauf que Trump semble vivre dans un autre siècle.
Un précédent dangereux pour l’ordre mondial
Si les États-Unis annexaient le Groenland par la force ou la contrainte, ce serait un précédent catastrophique pour l’ordre international. Cela légitimerait toutes les annexions futures, de la Crimée par la Russie aux revendications chinoises sur Taïwan. Comment Washington pourrait-il condamner Moscou ou Pékin s’il fait exactement la même chose avec un allié de l’OTAN ? La crédibilité américaine serait anéantie. Le système international basé sur le respect des frontières et de la souveraineté s’effondrerait.
Les conséquences seraient également désastreuses pour l’Alliance atlantique. Si un membre peut être menacé d’annexion par le leader de l’Alliance, à quoi sert l’OTAN ? Les pays baltes, la Pologne, tous ceux qui comptent sur la protection américaine face à la Russie, se poseraient légitimement la question. La confiance, une fois brisée, est presque impossible à reconstruire. Trump est peut-être en train de détruire en quelques semaines ce que des générations de dirigeants américains ont mis des décennies à bâtir.
Et c’est ça qui me terrifie le plus. Pas juste le sort du Groenland, aussi important soit-il. Mais ce que ça dit de l’état du monde. Si les États-Unis peuvent menacer un allié démocratique en toute impunité, si le droit international ne vaut plus rien, si la force prime sur le droit, alors on retourne à la loi de la jungle. Au règne du plus fort. À un monde où les petits pays n’ont aucune garantie, aucune protection. C’est terrifiant. Et c’est exactement ce que Trump est en train de construire : un monde où seule la puissance compte. Un monde brutal, impitoyable, dangereux.
Conclusion : le Groenland, symbole d'un monde qui bascule
Un moment de vérité pour l’Occident
L’affaire du Groenland dépasse largement le sort d’une île arctique. C’est un test pour l’Alliance atlantique, pour le droit international, pour l’idée même que les démocraties peuvent s’unir autour de valeurs communes. Mette Frederiksen a raison de parler d’un « moment décisif ». Ce qui se joue aujourd’hui, c’est la question de savoir si les États-Unis restent un allié fiable ou deviennent une puissance imprévisible et dangereuse, même pour ses amis. La réponse à cette question déterminera l’avenir de l’ordre mondial.
Les Groenlandais, eux, n’ont pas demandé à être au centre de cette tempête géopolitique. Ils veulent juste vivre en paix, préserver leur culture, et décider eux-mêmes de leur avenir. Mais Donald Trump en a décidé autrement. Pour lui, le Groenland n’est qu’un pion sur l’échiquier de la rivalité avec la Chine et la Russie. Un territoire stratégique à acquérir, par la négociation ou par la force. Peu importe ce que pensent les 56 000 habitants. Peu importe le Danemark. Peu importe l’OTAN. Trump veut son titre de propriété, et il est prêt à tout pour l’obtenir.
Deux traîneaux à chiens. Voilà comment le président des États-Unis résume la souveraineté d’un peuple. Deux traîneaux à chiens contre des destroyers et des sous-marins. Comme si la légitimité se mesurait en tonnes d’acier. Comme si le droit se négociait à coups de menaces. Je regarde cette scène et je me demande : où va-t-on ? Dans quel monde vivons-nous quand le leader du monde libre menace d’annexer le territoire d’un allié ? Quand 85% d’une population qui dit non ne compte pour rien ? Quand la force prime sur le droit ? Le Groenland ne sera peut-être jamais américain. Mais cette crise aura révélé quelque chose de bien plus grave : l’Amérique de Trump n’est plus celle qui défendait les valeurs démocratiques. C’est celle qui les piétine. Et ça, c’est infiniment plus dangereux que n’importe quelle menace russe ou chinoise.
Sources
Sources primaires
Le Monde, « Les Etats-Unis auront le Groenland « d’une manière ou d’une autre », affirme Donald Trump », publié le 12 janvier 2026 à 10h09, modifié à 10h18.
Sources secondaires
France Inter, « Les menaces de Donald Trump sur le Groenland provoquent l’incompréhension dans son propre camp », publié le 7 janvier 2026 à 13h00.
La Presse, « Menaces d’annexion du Groenland | Le moment est « décisif », estime la première ministre danoise », publié le 11 janvier 2026 à 12h02.
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