L’or noir d’hier, l’or blanc d’aujourd’hui
Imaginez un processeur. Ce petit carré de silicium qui alimente votre téléphone, votre ordinateur, les data centers qui font tourner ChatGPT. Derrière cette technologie, il y a des éléments que vous n’avez probablement jamais entendus. Gallium. Germanium. Dysprosium. Terbium. Des noms qui ressemblent à des planètes lointaines. Des métaux rares que l’on trouve en infimes quantités dans la croûte terrestre. Sans eux, pas d’IA. Pas de smartphones. Pas de voitures électriques. Pas de satellites. Pas de missiles guidés. Rien. Le monde moderne s’arrête.
Le problème ? La Chine les contrôle. Presque tous. Quatre-vingt-dix-huit pour cent de la production mondiale de gallium primaire. Soixante pour cent du raffinage du germanium. Soixante-dix pour cent des terres rares en 2024. Et quand Trump a imposé des tarifs douaniers à Pékin en 2025, la Chine a frappé là où ça fait mal. Elle a arrêté d’exporter le gallium et le germanium. Pourquoi ? Parce que c’est exactement ce dont l’Amérique a besoin pour son industrie de défense, pour ses technologies avancées, pour son avenir numérique. Eldur Ólafsson, PDG d’Amaroq, l’a dit clairement : « Vous en avez besoin pour l’IA, pour la défense, pour la tech. C’est absolument critique. »
La course aux terres rares lourdes
C’est là que le Groenland entre en scène. Sous ses glaciers, sous sa toundra glacée, dorment des quantités astronomiques de ces minéraux critiques. Pas juste du gallium ou du germanium. Des terres rares lourdes. Yttrium. Gadolinium. Dysprosium. Holmium. Erbium. Des éléments qui permettent de créer des aimants ultra-puissants pour les éoliennes, les véhicules électriques, les robots. Pour faire voler des fusées dans l’espace. Pour construire des sous-marins nucléaires. Pour fabriquer les avions de chasse de la prochaine génération. Tony Sage l’a dit sans hésitation : « Nous ne pouvons pas faire voler des fusées dans l’espace, construire des sous-marins nucléaires ou des avions de combat de prochaine génération sans ces matériaux. »
Et là, je comprends l’urgence. Je comprends pourquoi Gates, Bezos et Altman investissent. Ce n’est pas juste de l’avidité. C’est de la survie. L’Amérique est dépendante de la Chine pour des matériaux essentiels à son économie et à sa sécurité. C’est une vulnérabilité stratégique énorme. Mais est-ce que ça justifie de s’emparer d’un territoire ? De traiter 57 000 êtres humains comme des obstacles mineurs ? J’ai mal à l’estomac à y penser. Il y a quelque chose de profondément troublant dans cette idée que la fin justifie les moyens. Que la « sécurité nationale » donne le droit d’écraser les droits d’autrui. Est-ce que c’est ça, le prix du progrès ?
Section 3 : L'empire du ciel et ceux qui vivent en dessous
Les nouveaux conquistadors de la Silicon Valley
Bill Gates a investi dans KoBold Metals en 2019. Jeff Bezos l’a rejoint. Trois ans plus tard, Sam Altman, le PDG d’OpenAI, a mis son argent dans la même entreprise. KoBold utilise l’intelligence artificielle pour détecter des gisements minéraux. L’ironie est poignante : l’IA qui cherche les matériaux qui permettront à l’IA d’exister. Un cercle vertueux ? Ou un cercle vicieux ? Pendant ce temps, Peter Thiel, cofondateur de PayPal et de Palantir, a une vision encore plus audacieuse. Il a investi dans Praxis, une startup qui veut construire des « villes de liberté » sur l’île. Des micro-États techno-libertariennes. Des paradis pour les milliardaires qui veulent échapper aux régulations. Qui veulent créer leur propre monde.
Ces hommes possèdent des fortunes cumulées de plusieurs centaines de milliards de dollars. Ils peuvent acheter des entreprises. Financer des campagnes politiques. Influencer des gouvernements. Et maintenant, ils ont les yeux rivés sur le Groenland. Pas pour la beauté de ses paysages. Pas pour sa culture millénaire. Pour ce qui se trouve en dessous. Pour les ressources qu’ils peuvent extraire. Pour le profit qu’ils peuvent générer. Pendant ce temps, les Inuits qui habitent l’île depuis des millénaires regardent arriver ces nouveaux conquistadors. Comme leurs ancêtres ont regardé arriver les Danois. Comme leurs ancêtres ont regardé arriver les chasseurs de baleines. Sauf que cette fois, la conquête n’est pas faite avec des fusils. Elle est faite avec des chèques. Avec des algorithmes. Avec des contrats miniers.
Le silence de la toundra
Fermez les yeux. Imaginez le Groenland. Des glaciers qui s’étendent à l’infini. Des fjords profonds où l’eau est d’un bleu si pur que ça fait mal aux yeux. Le vent qui siffle à travers la glace. Le silence absolu de la toundra, interrompu seulement par le craquement de la banquise. C’est l’un des derniers endroits sauvages sur Terre. Un endroit où l’homme n’a pas encore tout saccagé. Mais tout ça est sur le point de changer. Les sociétés minières préparent leurs forages. Les gouvernements préparent leurs négociations. Les investisseurs préparent leurs calculs de rentabilité.
Et moi je me demande : est-ce qu’on va entendre le bruit des foreuses dans ce silence ? Est-ce qu’on va voir la pollution des mines salir cette neige immaculée ? Combien de générations de Greenlandais ont vécu sur cette terre en respectant son équilibre ? Et maintenant, dans quelques décennies, tout pourrait être détruit au nom du « progrès ». Au nom de l’intelligence artificielle. Est-ce que c’est vraiment intelligent, de détruire ce qu’on ne peut pas recréer ? Est-ce que ça vaut le coup, de sacrifier l’un des derniers paradis terrestres pour quelques années de domination technologique ? J’ai peur. Vraiment peur.
Section 4 : L'illusion de l'indépendance
La réalité temporelle de l’exploitation minière
Il y a un détail que tout le monde semble oublier dans cette frénésie. Le temps. Tony Sage, Eldur Ólafsson, tous les PDG de sociétés minières le savent. Mais personne n’en parle vraiment. De la découverte d’un gisement à la première extraction de minerai, il faut en moyenne seize ans. Seize ans. Pendant ce temps, la Chine continue de dominer le marché. Pendant ce temps, l’IA continue de se développer. Pendant ce temps, les tensions géopolitiques continuent de s’exacerber. Tracy Hughes, directrice exécutive du Critical Minerals Institute, est catégorique : « Les terres rares du Groenland ne feront pas bouger les marchés de manière significative dans la prochaine décennie. »
Alors pourquoi cet empressement ? Pourquoi ces menaces d’annexion ? Pourquoi cet argent qui afflue vers les sociétés minières du Groenland ? Parce que c’est un pari sur l’avenir. Un pari que dans seize ans, vingt ans, le Groenland sera essentiel. Que les réserves chinoises s’épuiseront. Que les tensions géopolitiques rendront les approvisionnements actuels trop risqués. Les investisseurs misent sur le long terme. Mais dans le long terme, seize ans, c’est une éternité. Une génération entière d’enfants groenlandais grandira pendant que les sociétés minières préparent leurs opérations. Et quand les premières machines arriveront, ces enfants seront adultes. Ils verront leur terre changer sous leurs yeux. Pourront-ils s’y opposer ? Auront-ils leur mot à dire ?
L’équation impossible du raffinage
Et même quand le Groenland extraira ces minéraux, ce n’est que la moitié du problème. Le vrai défi, c’est le raffinage. La transformation du minerai brut en matériaux utilisables. Et là encore, la Chine règne en maître. Quatre-vingt-dix pour cent du raffinage des terres rares se fait en Chine. Les États-Unis n’ont que trois fonderies de cuivre. Leur capacité de traitement des minéraux critiques est minime. Donc même si le Groenland extrait du gallium, du germanium, des terres rares, ces minéraux devront probablement être expédiés en Chine pour être traités. Ou les États-Unis devront construire des infrastructures de raffinage nationales. Ce qui prendra encore des années. Et des milliards de dollars.
Vous savez ce que je vois dans cette histoire ? Une illusion. Une chimère. L’idée qu’on peut s’affranchir de la Chine simplement en s’emparant du Groenland. Mais la réalité est plus complexe. La domination chinoise n’est pas juste une question de ressources. C’est une question de capacité industrielle. D’infrastructure. D’expertise. Des choses qui prennent des décennies à construire. Et pendant que l’Amérique rêve d’indépendance, les années passent. Les enfants grandissent. Les glaciers fondent. Le monde continue de tourner. Et je me demande : est-ce qu’on est en train de faire le mauvais pari ? Est-ce qu’on devrait investir dans le recyclage, dans les alternatives, dans la réduction de notre dépendance aux minéraux critiques plutôt que de chercher à conquérir de nouvelles ressources ?
Section 5 : La Chine et le miroir
L’empire du milieu et ses ombres
La Chine contrôle la chaîne d’approvisionnement des minéraux critiques. C’est un fait indéniable. Mais comment en est-on arrivé là ? Pourquoi Pékin domine-t-il ce secteur stratégique ? La réponse est dans l’histoire. Dans les décennies d’investissement massif. Dans les subventions gouvernementales. Dans la volonté politique de construire une industrie nationale de minéraux critiques. L’industrie de l’aluminium chinoise a augmenté sa production de dix fois entre 2000 et 2022, cimentant ainsi le contrôle mondial sur le gallium qui est extrait comme sous-produit de l’aluminium.
Mais cette domination a un prix. Des enquêtes ont documenté plus de cent allégations de violations des droits de l’homme et du travail dans les projets chinois de minéraux critiques. En 2024, les États-Unis ont interdit les importations de cuivre d’une entreprise chinoise pour travail forcé des Ouïghours. L’extraction de gallium en Chine génère des déchets chimiques qui peuvent polluer l’eau et le sol. Le traitement du germanium à partir des cendres de charbon pose des risques pour la qualité de l’air et la gestion des déchets. Les travailleurs dans les installations de traitement du germanium sont exposés à des composés inorganiques qui peuvent causer des problèmes respiratoires, rénaux et hépatiques. La domination chinoise a été construite sur l’exploitation. Sur la négligence environnementale. Sur le mépris des droits humains.
La responsabilité des consommateurs occidentaux
Et nous ? Les consommateurs occidentaux ? Nous qui nous offusquons de ces pratiques ? Nous qui prônons les droits de l’homme et la protection de l’environnement ? Nous sommes complices. Chaque fois que nous achetons un smartphone, chaque fois que nous utilisons une application d’IA, chaque fois que nous profitons de la technologie moderne, nous contribuons à cette économie. Nous créons la demande. Et cette demande est satisfaite par des chaînes d’approvisionnement qui détruisent des vies et des environnements à l’autre bout du monde. C’est inconfortable à admettre. Mais c’est la vérité.
Et là, je me sens coupable. Je me sens complice. J’écris ces mots sur un ordinateur qui contient probablement des minéraux extraits dans des conditions terribles. Je suis en train de publier cet article sur internet, grâce à des serveurs qui consomment des quantités astronomiques de cuivre, de palladium, de terres rares. Je suis partie du problème. Nous le sommes tous. Alors quelle est la solution ? Continuer comme si de rien n’était ? Ou chercher une alternative ? Une alternative qui ne passe pas par le sacrifice d’autres populations, d’autres environnements ? Je ne sais pas. Mais je sais que je ne peux plus faire semblant d’ignorer.
Section 6 : Le Groenland dans la géopolitique arctique
Un carrefour stratégique entre l’Est et l’Ouest
Le Groenland n’est pas juste une réserve de minéraux. C’est une position stratégique unique dans l’Arctique. L’île contrôle les détroits entre l’Atlantique et l’Arctique. Elle abrite des bases militaires américaines cruciales. Elle offre un accès direct aux richesses naturelles de l’Arctique. Et maintenant que la fonte des glaces ouvre de nouvelles routes commerciales, le Groenland devient encore plus important. La Russie renforce sa présence militaire dans l’Arctique. La Chine investit massivement dans des infrastructures arctiques. Les États-Unis ne peuvent pas se permettre de perdre cette position.
Mais le Groenland n’est pas un territoire vide. C’est une nation avec son histoire, sa culture, ses aspirations. En 2009, les Groenlandais ont voté pour une plus grande autonomie vis-à-vis du Danemark. Ils aspirent à l’indépendance complète. Mais cette indépendance dépendra de leur capacité à se développer économiquement. Et les minéraux critiques sous leurs glaces pourraient être leur ticket vers cette indépendance. Ou leur prison. S’ils exploitent ces ressources eux-mêmes, avec des normes environnementales et sociales strictes, ils pourraient créer une économie prospère et durable. S’ils laissent des sociétés étrangères venir piller leurs terres, ils pourraient se retrouver encore plus dépendants qu’avant.
Le dilemme du développement
Maliina Abelsen, une activiste groenlandaise, a exprimé ce dilemme avec une poignante simplicité : « Nous voulons l’indépendance. Mais nous ne voulons pas devenir un autre exemple de pays qui a vendu ses ressources pour rester pauvre. » Le Groenland fait face à un choix impossible. Développer ses ressources et risquer de détruire son environnement et son mode de vie. Ou renoncer à cette opportunité économique et rester dépendant de l’aide danoise. C’est un choix qui définit les nations. Un choix qui déterminera l’avenir du Groenland pour les générations à venir.
Et moi, là, à lire ces histoires, je sens le poids de ce choix. Je sens l’ampleur de ce dilemme. Parce que ce n’est pas juste le choix du Groenland. C’est notre choix à tous. Chaque fois que nous réclamons plus de technologie, plus de confort, plus de puissance, nous faisons pression sur des endroits comme le Groenland. Nous créons la demande qui les pousse à extraire leurs ressources. Nous sommes complices. Inévitablement. Je ne sais pas quelle est la bonne réponse. Je sais juste que nous ne pouvons plus ignorer les conséquences de nos choix. Nous ne pouvons plus fermer les yeux sur ce que signifie réellement notre mode de vie.
Section 7 : L'IA et l'insatiable appétit énergétique
La faim de silicium
L’intelligence artificielle consomme. Consomme de l’électricité, bien sûr. Les data centers qui font tourner les modèles d’IA consomment autant d’électricité que des villes entières. Mais l’IA consomme aussi des minéraux. Beaucoup de minéraux. Entraîner un seul grand modèle de langage nécessite des milliers de processeurs haute performance contenant des semi-conducteurs à l’arséniure de gallium. L’infrastructure d’accompagnement exige des câbles à fibres optiques au germanium. Ces dépendances superposées créent des risques d’approvisionnement composés, particulièrement à mesure que les régimes de contrôle des exportations évoluent et que les tensions géopolitiques s’intensifient.
Et ce n’est que le début. La demande de minéraux critiques devrait quadrupler d’ici 2040. L’infrastructure nécessaire à la technologie de l’IA, y compris les data centers et les microprocesseurs avancés, entraîne une demande supplémentaire substantielle. L’Agence internationale de l’énergie projette que le développement des data centers pourrait augmenter la demande mondiale de cuivre d’environ 2% d’ici 2030, de terres rares de 3%, et de gallium jusqu’à 11%. Cela représente 512 000 tonnes supplémentaires de cuivre nécessaires d’ici 2030 pour les data centers. Pendant ce temps, l’approvisionnement mondial en cuivre devrait faire face à un déficit d’ici 2035.
Le paradoxe de l’intelligence
Il y a quelque chose d’ironique dans cette histoire. L’IA, cette technologie censée nous rendre plus intelligents, dépend de l’extraction primitive de ressources naturelles. Elle repose sur la destruction d’environnements fragiles. Elle nécessite l’exploitation de travailleurs dans des conditions terribles. C’est le paradoxe de l’intelligence artificielle : plus elle devient sophistiquée, plus elle dépend de processus rudimentaires et destructeurs. Et cette dépendance ne fera qu’augmenter à mesure que l’IA se développera.
Silence.Juste un moment de silence pour réfléchir à cette absurdité.Nous construisons des machines capables de penser, de créer, de résoudre des problèmes complexes. Mais ces machines sont nourries par la destruction du monde naturel. Par l’exploitation des plus vulnérables. C’est un paradoxe qui me hante. Comment pouvons-nous prétendre à l’intelligence quand nous détruisons les fondations même de notre existence ? Comment pouvons-nous appeler ça progrès ? J’ai l’impression que nous sommes en train de construire une cathédrale intellectuelle sur les ruines de notre maison.
Section 8 : Le futur déjà là
La cascade technologique
Imaginez l’année 2040. Les data centers d’IA sont partout. Ils alimentent des systèmes qui pilotent nos voitures, gèrent nos villes, créent notre art, prennent nos décisions. Ces data centers consomment des quantités astronomiques de cuivre pour le câblage et le refroidissement. Des aimants en terres rares pour les ventilateurs et les systèmes robotiques. Du palladium pour les contacts électriques des processeurs avancés. Et tout ça vient d’où ? Une partie vient du recyclage, espérons-le. Mais la plupart vient toujours de mines. Des mines qui détruisent des forêts, polluent des rivières, déplacent des communautés.
Et pendant que cette cascade technologique se déploie, le climat continue de changer. Les températures augmentent. Les événements météorologiques extrêmes deviennent plus fréquents. Les écosystèmes s’effondrent. Et ironiquement, c’est cette même technologie d’IA qu’on espère utiliser pour résoudre ces crises climatiques. C’est un cercle vicieux. Nous détruisons l’environnement pour construire la technologie qui pourrait peut-être nous sauver. Ou qui pourrait nous entraîner encore plus loin vers l’abîme.
La course contre la montre
Trump veut le Groenland maintenant. Les investisseurs de la tech veulent les minéraux maintenant. Les gouvernements occidentaux veulent l’indépendance maintenant. Mais la réalité est que tout ça prend du temps. Seize ans pour qu’une mine devienne opérationnelle. Des décennies pour construire des capacités de raffinage. Des générations pour changer les infrastructures mondiales. Pendant ce temps, la Chine continue de dominer. Pendant ce temps, le climat continue de se dégrader. Pendant ce temps, les inégalités continuent de s’aggraver.
Et là, je sens l’urgence. Pas l’urgence des milliardaires qui veulent sécuriser leurs approvisionnements. Pas l’urgence des politiciens qui veulent des victoires diplomatiques rapides. Mais l’urgence du monde réel. L’urgence des communautés qui voient leur terre être détruite. L’urgence des travailleurs qui sont exploités dans des conditions inhumaines. L’urgence de la planète qui se meurt sous l’exploitation incessante de ses ressources. Est-ce qu’on comprend vraiment ce qui est en jeu ? Ce n’est pas juste une question de qui contrôlera les minéraux critiques. C’est une question de quel monde nous voulons laisser à nos enfants. Et je ne parle pas de gadgets high-tech. Je parle d’un monde où il est possible de vivre. De respirer. D’exister.
Section 9 : Vers un avenir incertain
Les alternatives qui existent
Il n’y a pas que l’extraction minière. Il y a d’autres voies. Le recyclage, par exemple. L’Agence internationale de l’énergie estime que l’augmentation du recyclage pourrait réduire la croissance de l’exploitation minière pour les minéraux critiques de 25 à 40% d’ici 2050. Actuellement, seulement 22% des déchets électroniques mondiaux sont formellement recyclés. Il y a un potentiel énorme là. Des opportunités de créer une économie circulaire qui réduit la demande de nouvelles mines.
Il y a aussi la substitution. Le développement d’alternatives aux minéraux critiques. Des aimants sans terres rares. Des semi-conducteurs sans gallium. Des câbles sans germanium. C’est difficile, c’est coûteux, c’est long. Mais c’est possible. Le Pacific Northwest National Laboratory dans l’État de Washington travaille sur des méthodologies avancées pour récupérer des minéraux précieux comme le néodyme à partir de déchets électroniques. Ils explorent même l’extraction de terres rares à partir d’algues marines en croissance rapide, une « biominerai » qui pourrait offrir une alternative durable à l’extraction minière traditionnelle.
La nécessité d’un changement de paradigme
Mais ces alternatives nécessitent un changement de paradigme. Un changement de la façon dont nous pensons à la technologie, à l’économie, au progrès. Au lieu de chercher constamment de nouvelles ressources à exploiter, nous devrions chercher à utiliser plus efficacement celles que nous avons déjà. Au lieu de construire des systèmes qui nécessitent des quantités croissantes de minéraux critiques, nous devrions concevoir des systèmes qui nécessitent moins. Au lieu de viser la croissance infinie, nous devrions viser la durabilité.
Je sais que ça semble utopique. Je sais que ça va à l’encontre de tout ce que notre économie valorise. Mais je regarde ce qui se passe au Groenland, et je ne peux pas m’empêcher de penser que l’utopie est peut-être la seule alternative réaliste. Parce que la voie sur laquelle nous sommes, la voie de l’extraction sans fin, de la croissance perpétuelle, de l’exploitation incessante, elle nous mène quelque part. Mais ce n’est pas un endroit où je veux aller. Et ce n’est pas un endroit où je veux que mes enfants vivent. Alors quelle est la vraie utopie ? Celle de croire que nous pouvons continuer comme si de rien n’était ? Ou celle de croire que nous pouvons changer de cap avant qu’il ne soit trop tard ?
Conclusion : Le prix du progrès
La terre et ses enfants
Tony Sage a vu les investisseurs de la tech venir. Il a vu les opportunités se multiplier. Il a vu le stock de son entreprise grimper de 116% en quelques semaines. Eldur Ólafsson a vu les gouvernements s’intéresser à son entreprise. Il a vu les possibilités économiques pour le Groenland. Bill Gates, Jeff Bezos, Sam Altman, Peter Thiel ont vu l’avenir de l’IA qui dépend de ces minéraux critiques. Ils ont tous vu des opportunités.
Mais à 57 000 habitants du Groenland, qu’est-ce qu’ils ont vu ? Ils ont vu leur terre devenir l’objet de convoitises internationales. Ils ont vu leur avenir se négocier sans eux. Ils ont vu des milliardaires décider de leur destin. Ils ont vu des machines lourdes se préparer à venir perturber leur environnement. Ils ont vu des cultures menacées. Ils ont vu des modes de vie compromis. Ils ont vu des enfants qui grandiront dans un monde qui n’a plus rien à voir avec celui de leurs ancêtres.
La dernière question
Et nous ? Que voyons-nous ? Voyons-nous le progrès technologique ? Voyons-nous la sécurité nationale ? Voyons-nous les opportunités d’investissement ? Ou voyons-nous ce qui est vraiment en jeu ? Voyons-nous les inégalités criantes ? Voyons-nous la destruction environnementale ? Voyons-nous l’exploitation perpétuelle des plus vulnérables ?
Tony Sage reçoit des appels d’investisseurs. Trump menace d’annexer le Groenland. Gates, Bezos, Altman, Thiel investissent des milliards. Tout le monde court après les minéraux critiques. Tout le monde court après l’avenir de l’IA. Mais personne ne semble se demander combien ça va coûter. Pas en dollars. En vies. En environnements détruits. En cultures éradiquées. En avenir sacrifié.57 000 habitants du Groenland. Des milliers de travailleurs dans les mines chinoises. Des communautés indigènes déplacées partout dans le monde. Des écosystèmes saccagés. Des générations futures qui hériteront d’une planète dévastée.Tout ça pour quoi ? Pour que nous puissions avoir des smartphones plus rapides ? Pour que nous puissions parler avec des IA plus sophistiquées ? Pour que nous puissions automatiser encore plus de nos vies ?Je ne suis pas contre le progrès. Je ne suis pas contre la technologie. Mais je suis contre l’idée que le progrès doit toujours se faire aux dépens des autres. Je suis contre l’idée que notre confort justifie la souffrance des autres. Je suis contre l’idée que notre avenir nécessite la destruction de leur présent.Et je me demande : quand est-ce que nous arrêterons de payer ce prix ? Quand est-ce que nous comprendrons que le vrai progrès, c’est celui qui bénéficie à tous, pas seulement à quelques-uns ? Quand est-ce que nous réaliserons que la vraie intelligence, c’est celle qui nous permet de vivre en harmonie avec notre planète, pas contre elle ?57 000 habitants du Groenland attendent de voir ce qui va arriver à leur terre. Nous attendons tous de voir ce qui va arriver à notre monde.La réponse, nous l’écrivons maintenant. Chaque jour. Avec chaque choix que nous faisons. Avec chaque dollar que nous dépensons. Avec chaque technologie que nous utilisons.La question est : quelle histoire voulons-nous raconter ?
Sources
Sources primaires
The Indian Express – « Beyond oil: Why Trump and tech billionaires are racing to secure Greenland’s ‘vast riches’ for future of AI » – 14 janvier 2026
CNBC – « Tech investors assess minerals mining as U.S. takeover talk on Greenland grows, CEO tells CNBC » – 12 janvier 2026
FP Analytics – « Artificial Intelligence and the Critical Minerals Crunch » – Octobre 2025
Sources secondaires
Critical Minerals Institute – Analyses sur la chaîne d’approvisionnement des minéraux critiques
International Energy Agency – Rapports sur l’impact de l’IA sur la demande de minéraux
U.S. Geological Survey – Études sur la dépendance américaine aux importations de minéraux critiques
Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.