Le « Dôme d’Or » et autres prétextes
Pour justifier l’injustifiable, Donald Trump a sorti l’artillerie rhétorique habituelle : la sécurité nationale. Ce mercredi 14 janvier, il a encore martelé que les États-Unis « ont besoin du Groenland » pour construire leur projet de bouclier antimissile, le fameux « Dôme d’Or ». Selon lui, ce territoire arctique serait « vital » pour protéger l’Amérique contre les missiles ennemis. L’argument semble sérieux. Il est surtout complètement faux.
Les États-Unis possèdent déjà la base militaire de Pituffik au Groenland — la plus septentrionale de l’US Space Force. Cette base existe depuis 1951. Elle est opérationnelle. Elle surveille l’espace arctique et fait partie intégrante du système de défense antimissile américain. Washington n’a pas besoin d’annexer le Groenland pour le défendre. Il le défend déjà. Les accords avec le Danemark permettent une présence militaire américaine sans limite. Alors pourquoi cette obsession soudaine pour la souveraineté totale ? La réponse n’est pas dans le ciel. Elle est sous la glace.
La vraie raison : les terres rares
Le Groenland repose sur l’un des plus grands gisements de terres rares au monde. Ces minéraux — néodyme, dysprosium, terbium — sont indispensables à la fabrication des smartphones, des voitures électriques, des éoliennes, des missiles guidés. Actuellement, la Chine contrôle 70% de l’extraction mondiale et plus de 90% du raffinage. C’est un quasi-monopole qui donne à Pékin un levier stratégique considérable sur l’économie occidentale.
Le Groenland pourrait briser ce monopole. Ses réserves sont estimées à plusieurs millions de tonnes. De quoi alimenter l’industrie américaine pendant des décennies. Et c’est là que l’argument sécuritaire s’effondre : Trump ne veut pas le Groenland pour le protéger. Il le veut pour l’exploiter. La spécialiste de l’Arctique Cécile Pelaudeix l’a dit clairement dans Le Monde : « Trump veut un trophée territorial pour son héritage personnel, selon un expansionnisme décomplexé. » La sécurité nationale, c’est l’emballage. Les terres rares, c’est le cadeau.
Vous voulez la vérité ? La voilà. Ce n’est pas une question de missiles russes ou de sous-marins chinois. C’est une question de RESSOURCES. De qui va contrôler les minerais du futur. De qui va dominer l’économie du 21e siècle. Trump ne protège pas l’Amérique. Il l’enrichit. Sur le dos d’un peuple qui vit là depuis 4 500 ans. Et il ose appeler ça de la « sécurité nationale ». C’est à vomir.
La Russie et la Chine : l'épouvantail commode
Des menaces réelles mais instrumentalisées
« Si nous ne le prenons pas, la Russie ou la Chine le fera », répète Trump comme un mantra. Et il n’a pas totalement tort sur le diagnostic. L’Arctique est devenu un enjeu géopolitique majeur. Le réchauffement climatique ouvre de nouvelles routes maritimes. La Russie a militarisé ses côtes nordiques. La Chine s’est autoproclamée « État proche-arctique » et investit massivement dans la région. Les sous-marins et destroyers dont parle Trump existent vraiment. La menace n’est pas imaginaire.
Mais il y a un gouffre entre reconnaître une menace et prétendre que la seule réponse est l’annexion. Le Groenland est lié au Danemark, membre fondateur de l’OTAN. Une attaque contre le Groenland déclencherait l’Article 5 — la défense collective. La Russie et la Chine le savent. Elles ne vont pas envahir un territoire de l’Alliance atlantique. C’est du suicide stratégique. Trump utilise ces épouvantails pour justifier une action que personne ne lui demande. Comme si la seule façon de protéger quelqu’un était de le conquérir.
L’ironie cruelle : l’allié devient la menace
C’est là que la situation bascule dans l’absurde tragique. Cécile Pelaudeix, docteure en sciences politiques et spécialiste de l’Arctique, l’a formulé avec une clarté glaçante : « Paradoxalement, ce sont les États-Unis qui deviennent la menace immédiate et sérieuse pour le Groenland. » Pas la Russie. Pas la Chine. Les États-Unis. L’allié de 75 ans. Le partenaire de l’OTAN. Le « leader du monde libre. »
Le Danemark et le Groenland se retrouvent dans une position impossible. Leur défense repose sur l’Alliance atlantique, donc sur les États-Unis. Mais c’est précisément leur allié principal qui les menace aujourd’hui. C’est comme demander protection à quelqu’un qui vous braque un pistolet sur la tempe. Comment faire confiance ? Comment planifier ? Comment exister comme nation souveraine quand celui qui devrait vous défendre parle ouvertement de vous « prendre » ?
Il y a quelque chose de profondément malade dans cette situation. Pendant des décennies, on nous a dit que l’Amérique était le rempart contre les dictatures. Le champion de la liberté. Le défenseur des petites nations contre les grandes. Et aujourd’hui ? Aujourd’hui, le président américain utilise exactement les mêmes arguments que Poutine pour l’Ukraine. « C’est pour notre sécurité. » « Si on ne le prend pas, d’autres le feront. » « Ils ont plus besoin de nous que nous d’eux. » Mot pour mot. Argument pour argument. L’Amérique est devenue ce qu’elle prétendait combattre.
L'Europe face au mur : la paralysie des valeurs
Six pays osent parler
La semaine dernière, six pays européens ont fait un geste rare : la France, l’Allemagne, l’Italie, la Pologne, l’Espagne et le Royaume-Uni ont publié une déclaration commune de soutien au Groenland et au Danemark. C’est symboliquement fort. C’est diplomatiquement important. C’est aussi désespérément insuffisant. Une déclaration, ce sont des mots. Face à un homme qui parle d’utiliser « la manière forte », les mots sont des confettis.
Le gouvernement groenlandais — le Naalakkersuisut — a immédiatement saisi la perche tendue. Il a annoncé vouloir « intensifier ses efforts » pour que la défense du Groenland s’inscrive dans le cadre de l’OTAN. Autrement dit : si les Américains nous menacent, peut-être que les Européens nous protégeront. C’est un renversement historique. Un territoire qui cherche protection auprès de l’Europe… contre les États-Unis. Il y a dix ans, cette phrase aurait semblé délirante. Aujourd’hui, c’est la réalité.
Le piège danois
Le Danemark est dans la position la plus inconfortable. Ce petit pays de 6 millions d’habitants a construit toute sa stratégie de défense sur l’Alliance atlantique. Son armée est dimensionnée pour opérer aux côtés des Américains, pas contre eux. Ses bases, ses équipements, ses doctrines — tout est intégré au système américain. Et soudain, ce système se retourne contre lui.
Comment le Danemark peut-il défier les États-Unis ? Comment peut-il dire « non » à une superpuissance qui représente 70% du budget militaire de l’OTAN ? Les ministres danois et groenlandais des Affaires étrangères sont reçus ce 14 janvier à la Maison-Blanche par le vice-président JD Vance et le secrétaire d’État Marco Rubio. Ils vont probablement entendre les mêmes menaces en face-à-face. Et ils vont devoir sourire, négocier, temporiser. Parce qu’ils n’ont aucune autre option. Du moins, c’est ce qu’ils croient.
Je regarde cette situation et je vois l’Europe telle qu’elle est vraiment : une géante économique, une naine politique, une handicapée militaire. Soixante ans à sous-traiter notre défense aux Américains. Soixante ans à croire que l’Alliance atlantique nous protégerait de tout. Et maintenant ? Maintenant, l’allié est devenu le danger, et on réalise qu’on ne sait pas se défendre seuls. C’est pathétique. C’est tragique. Et c’est entièrement notre faute.
Le peuple invisible : 56 000 voix qu'on n'entend pas
Une terre, une culture, une identité
Dans tout ce bruit géopolitique, une voix manque cruellement : celle des Groenlandais eux-mêmes. 56 000 personnes vivent sur cette île. Des Inuits pour la plupart, dont les ancêtres ont foulé cette terre il y a 4 500 ans. Bien avant que l’Amérique n’existe. Bien avant que le Danemark ne colonise. Bien avant que Trump ne naisse. Cette terre est leur terre. Cette histoire est leur histoire. Et personne ne leur demande leur avis.
Le Groenland possède un statut d’autonomie depuis 1979, élargi en 2009. Les Groenlandais gèrent leurs affaires internes, leur éducation, leur santé, leurs ressources naturelles. Ils ont leur propre gouvernement, leur propre parlement, leur propre drapeau. Beaucoup rêvent d’indépendance complète — vis-à-vis du Danemark. Pas pour devenir américains. Pour devenir eux-mêmes. Et voilà qu’un milliardaire de New York débarque et parle de les « prendre » comme on prend un paquet sur une étagère.
Le premier ministre qui tient tête
Jens-Frederik Nielsen, le jeune premier ministre groenlandais, a répondu à Trump avec une dignité remarquable. « Le Groenland n’est pas à vendre. » Une phrase simple, claire, définitive. Mais face à un homme qui parle de « manière forte », les mots de résistance semblent fragiles. Que peut faire un pays de 56 000 habitants contre une superpuissance de 340 millions ? Que peuvent faire des pêcheurs et des chasseurs contre la plus grande armée du monde ?
La réponse est : pas grand-chose. Du moins, pas seuls. C’est pourquoi le gouvernement groenlandais mise tout sur l’Europe. Sur l’OTAN — version européenne. Sur la solidarité internationale. Sur l’idée que le droit compte encore. Que la souveraineté des peuples n’est pas qu’un concept vide. Que le monde civilisé ne laissera pas une nation se faire avaler au 21e siècle comme on avalait des colonies au 19e. C’est un pari. Un pari désespéré.
56 000 personnes. Je répète ce chiffre parce qu’il faut l’entendre. 56 000 êtres humains dont le destin se joue dans des salons dorés où ils ne sont pas invités. Des enfants qui vont à l’école sans savoir si leur pays existera encore dans dix ans. Des anciens qui ont vu la banquise fondre et qui voient maintenant leur souveraineté fondre aussi. Et Trump parle de les « prendre ». Comme des objets. Comme du mobilier. Comme si leur humanité ne comptait pas. Ça me révolte. Profondément.
Le précédent ukrainien : quand l'histoire bégaie
Les mêmes mots, les mêmes justifications
Il y a trois ans, un autre dirigeant invoquait la « sécurité nationale » pour justifier l’annexion d’un territoire voisin. Vladimir Poutine expliquait que la Russie « avait besoin » de l’Ukraine pour se protéger de l’OTAN. Que si Moscou ne prenait pas le contrôle, d’autres le feraient. Que les populations concernées seraient « mieux protégées » sous tutelle russe. Le monde occidental avait unanimement condamné cette rhétorique impériale. Et aujourd’hui ?
Aujourd’hui, le président des États-Unis utilise exactement les mêmes arguments. « Sécurité nationale. » « Si on ne le prend pas, d’autres le feront. » « Ils ont plus besoin de nous que nous d’eux. » Les mots sont interchangeables. La logique est identique. L’arrogance est la même. La seule différence ? Quand Poutine le fait, c’est de l’impérialisme. Quand Trump le fait, on appelle ça de la « diplomatie musclée ». L’hypocrisie est à couper au couteau.
L’ordre international en lambeaux
Si les États-Unis peuvent menacer d’annexer un territoire allié sans conséquences, que reste-t-il de l’ordre international ? Que reste-t-il des règles que l’Amérique elle-même a écrites après 1945 ? Que reste-t-il de la Charte des Nations Unies, qui garantit l’intégrité territoriale des États ? Que reste-t-il de l’OTAN, censée protéger ses membres les uns les autres ?
La réponse est douloureuse : il ne reste que ce que les puissants veulent bien respecter. Et quand le plus puissant d’entre tous décide que les règles ne s’appliquent pas à lui, alors il n’y a plus de règles. Seulement la loi du plus fort. C’est exactement ce que Trump affirme quand il dit : « Ils ont plus besoin de nous que nous d’eux. » C’est l’aveu nu de la domination. Le droit du plus fort, formulé sans honte, sans filtre, sans excuse.
On a passé trois ans à expliquer que Poutine était un criminel de guerre parce qu’il envahissait un pays souverain. Et on avait raison. Mais maintenant ? Maintenant, le « leader du monde libre » utilise les mêmes mots, les mêmes justifications, les mêmes menaces. Et on fait quoi ? On organise des « dialogues constructifs » ? On « exprime des préoccupations » ? Si l’Amérique peut annexer ses alliés par la force, alors tout ce qu’on a dit sur la Russie n’était que du vent. De l’hypocrisie monumentale. Et ça, le monde entier le voit. Le monde entier le comprend. Et le monde entier nous méprise pour ça.
Les scénarios possibles : du pire au moins pire
Scénario 1 : L’achat forcé
Trump a dit que « conclure un accord, c’est le plus facile ». La première option serait donc un « achat » du Groenland — même si ce territoire n’est pas à vendre. Comment forcer une vente ? En asphyxiant économiquement le Danemark. En menaçant des tarifs commerciaux dévastateurs. En conditionnant l’aide militaire à une cession. En isolant diplomatiquement Copenhague jusqu’à ce que le gouvernement cède. C’est du chantage, pas une négociation. Mais Trump appelle ça un « accord. »
Le Danemark résisterait-il ? Difficile à dire. L’économie danoise est vulnérable aux pressions américaines. L’opinion publique est divisée. Certains estiment qu’il vaudrait mieux « vendre » le Groenland plutôt que de le perdre par la force. D’autres considèrent que céder serait une humiliation nationale définitive. Le gouvernement actuel refuse catégoriquement. Mais si Trump maintient la pression pendant des mois, voire des années, la position danoise pourrait s’effriter.
Scénario 2 : L’intervention militaire
Trump a mentionné « la manière forte ». Ce n’est pas une métaphore. Une intervention militaire américaine au Groenland est techniquement possible. Les États-Unis ont déjà une base sur place. Ils pourraient déployer des troupes supplémentaires en quelques jours. Le Danemark n’a pas les moyens militaires de résister. L’Europe non plus, soyons honnêtes. Une invasion américaine du Groenland serait une promenade sur le plan strictement militaire.
Mais les conséquences seraient cataclysmiques. L’OTAN exploserait. L’alliance transatlantique serait morte. Les États-Unis deviendraient un État paria — du moins aux yeux de l’Europe. Le Congrès américain accepterait-il une telle aventure ? Probablement pas. Même les Républicains les plus trumpistes auraient du mal à justifier l’invasion d’un allié. Mais avec Trump, l’impensable est devenu possible. Et c’est précisément ce qui terrifie tout le monde.
Scénario 3 : Le statu quo empoisonné
Le scénario le plus probable à court terme est un enlisement. Trump continue de menacer. Le Danemark continue de refuser. L’Europe continue de protester mollement. Et le Groenland reste dans les limbes — ni annexé, ni vraiment protégé. Cette incertitude permanente empoisonnerait la région pendant des années. Les investissements fuiraient. Les relations transatlantiques se dégraderaient. La confiance dans l’OTAN s’effondrerait.
C’est peut-être ce que Trump veut réellement. Créer le chaos. Affaiblir les alliances. Montrer que l’Amérique peut faire ce qu’elle veut, quand elle veut, à qui elle veut. Le Groenland n’est peut-être pas le vrai objectif. C’est peut-être juste un symbole. Une démonstration de puissance. Un message au monde entier : « Les règles ne s’appliquent pas à nous. »
Quel que soit le scénario, une chose est certaine : quelque chose s’est brisé. La confiance entre l’Amérique et l’Europe ne sera plus jamais la même. L’idée que l’Alliance atlantique nous protège vient de mourir. Et 56 000 Groenlandais viennent de découvrir que leur existence même est négociable. Que leur terre peut être « prise » si un homme suffisamment puissant le décide. C’est ça, le monde de Trump. Un monde où seule la force compte. Où le droit n’existe que pour les faibles. Où les petits peuples ne sont que des pions sur l’échiquier des grands.
L'Europe à la croisée des chemins
Le réveil ou la soumission
Cette crise peut être un électrochoc pour l’Europe. Le moment où le continent réalise enfin qu’il ne peut plus compter sur les États-Unis. Que la défense européenne doit devenir une réalité, pas un slogan. Que l’autonomie stratégique n’est plus une option, mais une nécessité vitale. La France en parle depuis des années. L’Allemagne y résiste. Mais face aux menaces de Trump, les réticences allemandes semblent soudain dérisoires.
L’Europe a les moyens de se défendre. Un PIB supérieur à celui de la Chine. Une population de 450 millions d’habitants. Des armées professionnelles, des industries de défense, une base technologique solide. Ce qui manque, c’est la volonté politique. Le courage de dire : « Nous n’avons plus besoin de tuteur. » Le courage de construire une défense indépendante. Le courage d’affronter un allié devenu menaçant. Ce courage existe-t-il ? Nous allons bientôt le savoir.
Le test groenlandais
Cécile Pelaudeix l’a dit clairement : « Les menaces qui pèsent sur le Groenland sont un test pour l’UE. » Un test de crédibilité. Un test de solidarité. Un test de courage. Si l’Europe abandonne le Groenland face aux pressions américaines, elle enverra un message dévastateur au monde entier : nous sommes lâches. Nous parlons de valeurs, mais nous ne les défendons pas. Nous condamnons les impérialismes, mais seulement quand ça nous arrange.
À l’inverse, si l’Europe tient bon — si elle déploie des troupes, si elle offre des garanties de sécurité, si elle fait comprendre à Washington que le Groenland n’est pas négociable — alors quelque chose de nouveau pourrait émerger. Une Europe debout. Une Europe souveraine. Une Europe qui ne se définit plus par son alignement sur les États-Unis, mais par ses propres valeurs et ses propres intérêts. Ce serait une révolution. Ce serait aussi, peut-être, notre dernière chance.
Je vais être honnête : je ne sais pas si l’Europe en est capable. Soixante ans de confort américain ont ramolli nos dirigeants. Nos armées sont sous-équipées. Nos peuples ne veulent pas entendre parler de sacrifices. Mais parfois, l’histoire force les nations à choisir. À se lever ou à s’agenouiller. Le Groenland, c’est ce moment pour l’Europe. Ce qu’on fera dans les prochains mois définira ce que nous sommes vraiment. Des valeurs ou du vent ? Des principes ou des lâches ? On va voir. On va tous voir.
Conclusion : La glace et le feu
Ce que révèle cette crise
La crise du Groenland n’est pas une crise isolée. C’est le symptôme d’un monde qui bascule. Un monde où le plus grand défenseur autoproclamé de la liberté menace d’envahir ses alliés. Où les règles internationales ne valent que pour ceux qui n’ont pas les moyens de les ignorer. Où un milliardaire de New York peut décider du sort d’un peuple arctique en buvant son café dans Air Force One. Ce monde est terrifiant. Et nous y sommes déjà.
56 000 Groenlandais se sont couchés ce soir sans savoir ce que demain leur réserve. Des enfants inuits qui ne comprennent pas pourquoi un homme lointain parle de « prendre » leur maison. Des pêcheurs qui se demandent si leurs petits-enfants vivront encore sur cette terre. Des anciens qui ont vu tant de changements — la colonisation danoise, l’autonomie, le réchauffement climatique — et qui assistent maintenant à la menace la plus directe de leur histoire. Leur terre. Leur vie. Leur identité. Tout est en jeu. Et le monde regarde.
Il y a une image qui ne me quitte pas. Un soldat français photographié à Kangerlussuaq, au Groenland, en septembre 2025. Un soldat européen, envoyé pour protéger un territoire… contre les États-Unis. Contre notre allié. Contre le pays qui nous a libérés en 1944. À quel moment on en est arrivés là ? À quel moment le protecteur est devenu le prédateur ? Je n’ai pas de réponse. Je n’ai que cette certitude : quelque chose s’est brisé qui ne se réparera pas. Et quelque part sur cette île de glace, 56 000 personnes attendent de savoir si leur existence compte encore. Si leur souveraineté vaut quelque chose. Si le monde civilisé existe vraiment, ou si ce n’était qu’une illusion. La réponse à ces questions définira le siècle qui vient.
Sources
Sources primaires
Le Monde (12 janvier 2026) : 66614623210.html »> »Les États-Unis auront le Groenland d’une manière ou d’une autre », affirme Donald Trump
Le Monde (13 janvier 2026) : 66620003232.html »>Tribune Cécile Pelaudeix — « Trump veut un trophée territorial pour son héritage personnel »
HuffPost (14 janvier 2026) : Pourquoi l’argument de la sécurité utilisé par Trump pour annexer le Groenland ne tient pas
Sources secondaires
La Croix (12 janvier 2026) : Groenland : pourquoi l’Europe n’ose pas défier les États-Unis et Donald Trump
Le Figaro (11 janvier 2026) : Les scénarios envisagés par Trump pour se saisir du Groenland
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