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La guerre commerciale qui a tout déstabilisé

Les relations sino-canadiennes ont traversé une période particulièrement difficile au cours des dernières années, marquée par des mesures protectionnistes qui ont considérablement compliqué les échanges entre les deux nations. En 2024, l’administration précédente canadienne avait suivi l’exemple américain en imposant des droits de douane particulièrement sévères sur les produits chinois, dans une logique de alignement avec la politique commerciale de Washington à l’époque. Ottawa avait ainsi instauré un tarif de cent pour cent sur les véhicules électriques fabriqués en Chine, une mesure draconnienne qui visait clairement à protéger l’industrie automobile nord-américaine contre la concurrence asiatique qui commençait à inonder les marchés mondiaux avec des véhicules électriques à la fois abordables et technologiquement avancés. De plus, des droits de vingt-cinq pour cent avaient été appliqués sur l’acier et l’aluminium chinois, dans le prolongement de mesures similaires prises par les États-Unis sous la première administration Trump.

Pékin n’avait pas tardé à réagir à ce que les autorités chinoises considéraient comme des mesures discriminatoires et injustifiées, déclenchant une série de contre-mesures qui ont frappé directement les secteurs économiques canadiens les plus vulnérables. La Chine avait riposté en imposant des droits de douane sur plusieurs produits agricoles canadiens, notamment le canola, le porc et les fruits de mer, autant de secteurs qui dépendent considérablement de l’accès au marché chinois pour leur viabilité économique. Ces représailles ont eu des conséquences dévastatrices pour les agriculteurs des provinces de l’Ouest canadien, particulièrement en Saskatchewan et au Manitoba, où la production de canola représente une part essentielle de l’économie agricole locale. Le Canada China Business Council a estimé que l’impact de ces contre-tariffs se chiffre en milliards de dollars, une perte économique considérable qui a fortement érodé le soutien politique aux mesures protectionnistes initiées par Ottawa.

Ce qui me choque le plus dans cette séquence d’événements, c’est à quel point notre pays s’est laissé entraîner dans une logique de guerre commerciale qui ne servait pas réellement nos intérêts nationaux. En suivant aveuglément l’exemple américain, nous avons sacrifié nos producteurs agricoles sur l’autel d’une protection automobile dont le bénéfice restait à démontrer. Je ressens une certaine colère en pensant aux agriculteurs qui ont vu leurs marchés s’effondrer à cause de décisions prises à des milliers de kilomètres de leurs champs, sans que leurs voix ne soient vraiment entendues dans les couloirs du pouvoir à Ottawa. Il est d’autant plus ironique de constater que les mêmes véhicules électriques que nous rejetions avec ces tarifs sont aujourd’hui perçus comme une opportunité potentielle pour accélérer la transition énergétique du Canada et offrir aux consommateurs canadiens des options abordables pour réduire leur empreinte carbone.

Les dommages collatéraux d’une alignement aveugle

Les conséquences de ces mesures protectionnistes se sont fait ressentir bien au-delà du secteur agricole, affectant l’ensemble de la relation commerciale entre le Canada et la Chine. Les exportations canadiennes vers la Chine, qui s’élevaient à environ trente milliards de dollars en 2024, ne représentent encore qu’environ cinq pour cent du total des exportations du pays, une proportion considérablement inférieure aux soixante-quinze pour cent des exportations canadiennes qui se dirigent vers les États-Unis. Cette dépendance disproportionnée au marché américain a longtemps été présentée comme une force, mais elle se révèle aujourd’hui être une vulnérabilité stratégique majeure alors que les relations entre Ottawa et Washington traversent l’une des périodes les plus turbulentes de leur histoire commune. Les experts soulignent que cette guerre commerciale avec la Chine avait de moins en moins de sens économique à mesure que les relations avec les États-Unis se détérioraient.

Les divisions internes au Canada concernant la politique commerciale à adopter envers la Chine sont devenues de plus en plus visibles et profondes au fil des mois. D’un côté, le Premier ministre de l’Ontario, Doug Ford, a publiquement exhorté le gouvernement fédéral à maintenir les tarifs sur les véhicules électriques chinois afin de protéger l’industrie automobile traditionnelle de la province, qui reste profondément intégrée à la chaîne de production nord-américaine centrée sur Détroit. De l’autre, les Premiers ministres des provinces de l’Ouest ont fait pression avec une intensité croissante pour que le gouvernement fédéral parvienne à un accord avec Pékin afin de soulager leurs agriculteurs et producteurs qui subissent de plein fouet les contremesures chinoises. Cette fracture géographique et politique reflète les réalités économiques divergentes d’un pays qui tente de naviguer entre la protection de ses industries manufacturières historiques et la nécessité de soutenir ses secteurs exportateurs traditionnels.

Cette division intérieure me frappe de plein fouet et me laisse perplexe sur la capacité du Canada à définir une stratégie commerciale cohérente et unifiée. D’un côté, nous avons des provinces qui craignent pour leur avenir manufacturier et de l’autre, des régions qui luttent pour leur survie agricole. Comment pouvons-nous prétendre à une politique étrangère conséquente lorsque nous sommes ainsi divisés sur des questions aussi fondamentales ? Je comprends les inquiétudes de l’Ontario face à la concurrence asiatique, mais je ressens aussi profondément la détresse des Prairies. Ce qui me semble évident, c’est que nous ne pouvons plus continuer à sacrifier les uns pour les autres en fonction de décisions prises à Washington. Il est temps que le Canada définisse ses propres intérêts et négocie en position de force plutôt que de subir passivement les conséquences des politiques américaines.

Sources

Sources primaires

South China Morning Post, « China, Canada poised to reset trade ties after Trump’s tariffs force rethink », publié le 13 janvier 2026, par Ralph Jennings et Kandy Wong

Radio-Canada/CBC News, « 3 ways Canada and China can reset their relations in Trump’s new trade world », publié le 23 novembre 2025, par Lisa Xing

Bloomberg, « China to Offer Canola Relief for Easing EV Curbs During Carney Visit », publié le 13 janvier 2026, par Bloomberg News

Electrek, « Canada and China near deal to drop EV tariffs as Trump pushes allies away », publié le 13 janvier 2026, par Fred Lambert

Sources secondaires

Canadian Global Affairs Institute, analyses sur les relations sino-canadiennes et les opportunités de partenariat stratégique, 2025-2026

Canada China Business Council, rapports et déclarations sur l’impact des tarifs commerciaux et les perspectives de rétablissement des relations, 2024-2026

Conference Board du Canada, profils des partenaires commerciaux et analyses des exportations canadiennes vers la Chine, 2024-2026

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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