Une institution sacralisée menacée
L’indépendance de la Réserve fédérale a longtemps été considérée comme un pilier fondamental du système économique américain, garantissant que la politique monétaire soit dictée par des considérations économiques objectives plutôt que par des calculs politiques à court terme. Cette autonomie a été soigneusement préservée par des générations de présidents et de législateurs qui comprenaient les dangers inhérents à une politisation excessive des décisions de taux d’intérêt. Jerome Powell, nommé à la tête de la Fed par Trump lui-même en 2018, a tenté jusqu’à récemment de maintenir cette tradition en évitant soigneusement d’entrer dans l’arène politique, malgré les attaques répétées du président et de ses alliés contre la politique monétaire de la banque centrale.
Pourtant, cette semaine de janvier 2026 marque un tournant décisif. Powell, dans une déclaration vidéo inhabituellement combatteuse, a accusé l’administration d’utiliser les procureurs fédéraux pour interférer avec la prise de décision de la Fed concernant les taux d’intérêt. Il a souligné que cette action sans précédent doit être replacée dans le contexte plus large des menaces et pressions constantes de l’administration. Cette sortie remarquée d’un président de Fed habituellement réserve témoigne de la gravité de la situation et du sentiment que l’institution elle-même est en danger. L’indépendance de la Fed n’est pas une abstraction théorique mais une protection concrète contre l’utilisation de la politique monétaire à des fins de manipulation politique, ce qui a conduit dans le passé à des catastrophes économiques dans de nombreux pays.
Il y a quelque chose de profondément dérangeant à voir un homme comme Jerome Powell, qui a passé sa carrière à naviguer dans les eaux troubles de la finance avec une prudence exemplaire, être forcé de sortir de sa réserve pour défendre ce qui devrait être acquis. L’indépendance de la Fed n’est pas un luxe, c’est une nécessité vitale. Je pense aux générations précédentes qui ont construit ce système, qui ont compris que l’argent ne doit pas être soumis aux caprices du pouvoir politique. Et aujourd’hui, cet héritage est en train d’être démantelé sous nos yeux. C’est comme si l’on décidait de retirer les fondations d’une maison parce qu’on trouve la pierre trop lourde. Le résultat prévisible est l’effondrement.
Les conséquences économiques redoutées
Les économistes et les experts financiers sonnent l’alarme sur les conséquences potentiellement désastreuses d’une érosion de l’indépendance de la Fed. Jamie Dimon, le directeur général de JPMorgan Chase, a déclaré publiquement que toute action qui fragilise l’indépendance de la banque centrale n’est pas une bonne idée et aura probablement l’effet inverse de celui recherché : elle augmentera les attentes d’inflation et finira probablement par faire monter les taux à long terme. Cette analyse est partagée par de nombreux professionnels de la finance qui craignent que la politisation de la politique monétaire ne conduise à une spirale inflationniste incontrôlable, forçant la Fed à des corrections brutales et douloureuses par la suite.
Robin Vince, directeur général de BNY Mellon, dont la banque joue un rôle critique dans les marchés de titres de la dette publique américaine qui sous-tendent le système financier mondial, a souligné que l’enquête sur les déclarations de Powell au Congrès risque d’ébranler les fondations du marché obligataire et de compromettre l’agenda d’accessibilité de Trump. Il a noté que cette démarche pourrait potentiellement faire monter les taux d’intérêt, ce qui irait à l’encontre des objectifs affichés de l’administration en matière de coûts pour les consommateurs et les entreprises. Cette analyse lucide illustre le paradoxe fondamental de l’approche trumpienne : tenter de forcer des taux plus bas par des moyens politiques risque en réalité de créer l’instabilité qui fera monter les taux naturellement, en réponse aux craintes des investisseurs sur la crédibilité de la politique monétaire américaine.
C’est ce qu’on appelle une belle ironie tragique. Trump veut des taux bas, et sa méthode pour les obtenir risque précisément de les faire exploser. J’ai vu ce scénario se jouer dans d’autres contextes, d’autres pays où les politiques ont essayé de manipuler les indicateurs économiques par la force. Ça ne finit jamais bien. Ce qui me frappe, c’est l’incapacité à comprendre que l’économie fonctionne comme un organisme vivant, pas comme une machine que l’on peut piloter à volonté. La confiance est le carburant de ce système. Quand on sème le doute sur les institutions qui garantissent cette confiance, on prépare le terrain pour une crise qui fera bien plus mal que les taux élevés que l’on essaie désespérément d’éviter.
Section 3 : La réaction internationale unanime
Les banques centrales européennes se mobilisent
La communauté internationale des banques centrales a réagi avec une force inhabituelle pour soutenir Jerome Powell et défendre le principe de l’indépendance des institutions monétaires. Christine Lagarde, présidente de la Banque centrale européenne, ainsi que les dirigeants des banques centrales des autres grandes économies, ont publiquement exprimé leur soutien à Powell, soulignant que l’indépendance des banques centrales constitue une pierre angulaire de la stabilité des prix, financière et économique. Cette déclaration collective coordonnée représente un avertissement sévère à l’administration Trump sur les risques systémiques que comporte son offensive contre la Fed.
En France, François Villeroy de Galhau, gouverneur de la Banque de France, a réaffirmé sa totale solidarité avec Powell face aux pressions de l’exécutif américain lors d’une déclaration publique lundi soir. Ce soutien international est particulièrement significatif car les grandes banques centrales ont traditionnellement évité de commenter les politiques internes d’autres pays pour respecter la souveraineté nationale. Le fait qu’elles aient choisi de briser cette réserve et de s’exprimer publiquement témoigne de la gravité exceptionnelle de la situation et de la crainte que les conséquences de cette crise ne se propagent bien au-delà des frontières américaines. La solidarité internationale transcende les lignes politiques et idéologiques, unissant des institutions qui parfois divergent sur les approches de politique monétaire mais s’accordent sur le principe fondamental de l’indépendance.
Quand Lagarde et Villeroy de Galhau se lèvent pour défendre la Fed, on comprend que quelque chose de très sérieux est en train de se jouer. Ces gens ne sont pas connus pour leurs sorties tonitruantes ou leurs prises de position sensationnalistes. Ils sont des technocrates, des prudents, des gens qui mesurent chaque mot. Les voir s’unir ainsi pour défendre un collègue attaqué, ça me donne envie d’applaudir mais aussi de trembler. Applaudir parce que c’est un acte de courage politique dans un monde où l’opportunisme règne souvent en maître. Trembler parce que si la communauté internationale ressent le besoin d’intervenir à ce point, c’est que le danger est réel, imminent, et qu’il menace tout le monde, pas seulement les Américains.
Les anciens présidents de la Fed s’unissent
Une coalition extraordinaire d’anciens présidents de la Réserve fédérale, de secrétaires au Trésor et de présidents du Conseil des conseillers économiques de la Maison Blanche a publié une déclaration commune dénonçant les efforts de l’administration Trump comme une tentative sans précédent d’utiliser des attaques judiciaires pour saper l’indépendance de la Fed. Janet Yellen, Ben Bernanke et Alan Greenspan, qui ont dirigé la Fed sous des administrations démocrates et républicaines différentes, ont mis de côté leurs différences idéologiques pour défendre une institution qui a servi les États-Unis à travers des crises économiques majeures.
Cette mobilisation historique d’anciens responsables économiques transcende les clivages partisans et témoigne d’un consensus profond parmi ceux qui ont dirigé la politique économique américaine au cours des décennies passées. Leur déclaration souligne que l’indépendance de la Fed n’est pas une préférence politique d’un parti ou d’un autre mais un principe fondamental qui a protégé l’économie américaine des pires excès de la politique partisane. Ce message est particulièrement puissant venant d’individus qui ont souvent été en désaccord sur des questions de politique économique spécifique mais s’accordent sur l’importance vitale de protéger l’autonomie de la banque centrale. Leur voix collective constitue un avertissement solennel sur les dangers de la voie que l’administration Trump est en train d’emprunter.
Voir Yellen, Bernanke et Greenspan unis dans la même déclaration, c’est un peu comme voir les membres d’un groupe de rock légendaire se réunir sur scène après des années de silence. Chacun a son style, son héritage, ses admirateurs et ses détracteurs. Mais ils savent que quand la maison brûle, on arrête de discuter de la musique pour aller chercher des seaux d’eau. Ce qui me touche dans cette réunion, c’est le sens du devoir, cette compréhension que l’institution qu’ils ont servie dépasse de loin leurs egos ou leurs différences. C’est une leçon de civisme qui fait cruellement défaut à une époque où la démolition des institutions est devenue un sport politique.
Section 4 : Les marchés financiers en état de choc
L’or atteint des sommets historiques
Les conséquences de ce conflit institutionnel se font sentir immédiatement sur les marchés financiers, avec une ruée spectaculaire vers les valeurs refuges. L’once d’or a brisé un nouveau record historique, franchissant la barre des 4 614 dollars, ce qui représente plus de 124 000 euros pour un lingot standard. Ce niveau sans précédent reflète l’anxiété profonde des investisseurs face à l’incertitude créée par l’offensive de Trump contre la Fed. L’or, traditionnellement considéré comme l’ultime refuge en temps de crise économique et politique, a vu son prix grimper de plus de 72 % en un an, témoignant de l’ampleur des craintes sur les marchés.
L’argent a également enregistré un bond spectaculaire, atteignant 88 dollars l’once, soit une augmentation de près de 10 %. Les analystes de marchés notent que ce mouvement simultané de l’or et de l’argent vers des sommets historiques constitue un signal d’alarme puissant envoyé par les investisseurs mondiaux. La ruée vers les métaux précieux n’est pas seulement une réaction tactique mais reflète une inquiétude fondamentale sur la stabilité du système financier américain et sur l’avenir de la monnaie dollar elle-même. Les investisseurs cherchent désespérément des actifs qui ne soient pas soumis aux caprices de la politique monétaire ou aux décisions d’un gouvernement qui semble prêt à remettre en cause les fondations institutionnelles qui ont garanti la stabilité financière pendant des décennies.
Quand l’or atteint ces niveaux, je ne peux m’empêcher de penser à mes grands-parents qui vivaient dans la peur de l’inflation et gardaient leur économie sous forme de bijoux et de pièces. Ils avaient vécu des périodes où l’argent papier ne valait plus rien, où les économies d’une vie s’évaporaient en quelques semaines. Je pensais que ces époques étaient révolues, que nous avions construit un système plus sage, plus stable. Et voilà que je vois les mêmes schémas se reproduire, pour des raisons différentes mais avec des conséquences potentiellement similaires. C’est un rappel brutal que la confiance dans les institutions, une fois brisée, est incroyablement difficile à rétablir. Et que l’or, avec sa permanence millénaire, reste le témoin silencieux mais implacable de nos erreurs collectives.
Le commerce de la vente de l’Amérique
Les analystes de marché ont baptisé la réaction actuelle des investisseurs le commerce de la vente de l’Amérique, un terme qui décrit la fuite des capitaux hors des actifs américains vers des investissements plus sûrs. Le dollar américain a chuté de 0,2 % tandis que les actions américaines ont connu des fluctuations erratiques, le Dow Jones Industrial Average chutant de près de 500 points à un moment donné des séances de lundi. JPMorgan a souligné que le thème de la vente de l’Amérique pourrait devenir le récit dominant sur les marchés, tandis que les marchés internationaux ont surperformé les actions américaines, soulignant le stress lié à la Fed qui pèse sur les investisseurs.
Krishna Guha, responsable de la stratégie mondiale de politique et de banques centrales chez Evercore ISI, a noté que la situation est sans ambiguïté un tournant vers la prudence. Il explique que le commerce de la vente de l’Amérique pourrait se jouer de manière similaire à ce qui a été observé en avril, lorsque le marché boursier s’était effondré après que Trump eut annoncé pour la première fois son plan de droits de douane larges et abrupts. Les investisseurs mondiaux appliqueront une prime de risque plus élevée aux actifs américains, tandis que les opérations de refuge comme l’or devraient grimper en réponse à la turmoil. Cette dynamique menace de saper la position prééminente des États-Unis dans le système financier mondial si elle persiste.
L’expression vente de l’Amérique me glisse le sang. Elle résonne comme une condamnation, comme un jugement porté non pas sur une politique mais sur une nation entière. Je pense aux millions d’Américains ordinaires dont les comptes de retraite, leurs économies, leurs projets de vie sont liés à ces marchés qui s’affolent. Ils ne sont pas responsables de ce qui se passe à Washington, mais ce sont eux qui vont en payer le prix. C’est l’injustice fondamentale de ces crises financières : celles et ceux qui ont créé le chaos sont souvent les derniers à en souffrir, tandis que les innocents trinquent sans avoir voix au chapitre. Quand je vois ces chiffres rouges défiler sur les écrans, je ne vois pas des abstractions économiques, je vois des vies bouleversées, des rêves différés, des angoisses qui s’accumulent.
Section 5 : Les républicains prennent leurs distances
Le sénateur Tillis tire la sonnette d’alarme
Dans un développement surprenant mais révélateur, des membres clés du Parti républicain commencent à exprimer publiquement leurs inquiétudes sur l’offensive de l’administration contre la Fed. Le sénateur Thom Tillis, républicain de Caroline du Nord, a écrit sur les réseaux sociaux que s’il subsistait le moindre doute quant au fait que les conseillers au sein de l’administration Trump cherchent activement à mettre fin à l’indépendance de la Réserve fédérale, il ne devrait plus y en avoir maintenant. Il a annoncé qu’il s’opposerait à la confirmation de tout candidat à la Fed, y compris pour le poste de président qui va bientôt devenir vacant, jusqu’à ce que cette affaire judiciaire soit entièrement résolue.
Cette prise de position d’un sénateur républicain est significative car Tillis n’est pas un critique habituel de l’administration Trump. Son intervention suggère que l’offensive contre Powell a franchi une ligne rouge même pour de nombreux membres du parti présidentiel qui comprennent l’importance vitale de l’indépendance de la Fed pour la stabilité économique à long terme. Le sénateur Tillis n’est pas le seul républicain à exprimer des réserves, et plusieurs autres sénateurs et représentants ont fait des commentaires dans le même sens en privé. Ce début de dissidence au sein des rangs républicains pourrait constituer un frein important aux ambitions de l’administration, particulièrement pour la confirmation du successeur de Powell dont le mandat de président expire en mai.
Quand Thom Tillis s’oppose publiquement à Trump, on sait que les choses sont sérieuses. Ce n’est pas un sénateur connu pour sa fronde ou son esprit d’indépendance. Il a généralement soutenu l’administration sur la plupart des dossiers. Voir ce type, ce loyaliste, prendre position contre la Maison Blanche sur une question aussi fondamentale, ça me donne un étrange mélange d’espoir et d’inquiétude. Espoir parce que cela montre qu’il y a encore des limites, que même dans ce climat de polarisation extrême, certains principes sont considérés comme intouchables. Inquiétude parce que si même les alliés politiques sont forcés de dire stop, c’est que l’administration est en train de foncer droit dans le mur.
La Cour suprême dans la balance
Un autre front judiciaire s’est ouvert dans ce conflit, la Cour suprême devant se prononcer sur la capacité de Trump de démettre le gouverneur de la Fed Lisa Cook de son poste. La Cour a jusqu’à présent permis à Cook de rester en poste, et une audience dans cette affaire est prévue la semaine prochaine. Ce cas constitue un précédent crucial car il testera les limites du pouvoir présidentiel sur les nominations à la Fed et pourrait avoir des implications majeures pour l’avenir de l’indépendance de l’institution. La décision de la Cour suprême pourrait soit renforcer l’autonomie de la Fed soit ouvrir la porte à une influence politique directe sur la composition de son conseil des gouverneurs.
Les analystes juridiques notent que cette affaire revêt une importance constitutionnelle exceptionnelle, car elle touche à l’équilibre des pouvoirs entre le pouvoir exécutif et les institutions semi-autonomes qui ont été créées pour protéger certains aspects de la gouvernance contre les pressions politiques immédiates. La Cour suprême, qui a déjà rendu plusieurs décisions importantes sur l’étendue du pouvoir présidentiel, va devoir se prononcer sur une question qui va au cœur de la conception du système financier américain. Sa décision pourrait soit confirmer la structure de gouvernance qui a servi l’économie américaine pendant près d’un siècle, soit inaugurer une nouvelle ère de politisation accrue de la politique monétaire avec toutes les conséquences incertaines que cela implique.
La Cour suprême au centre de cette bataille, c’est à la fois terrifiant et fascinant. Terrifiant parce que neuf juges en robe noire vont décider du sort d’une institution qui touche à la vie de milliards de personnes. Fascinant parce que cela rappelle que même dans ce moment de crise institutionnelle, les mécanismes constitutionnels conçus par les fondateurs du pays fonctionnent encore. Il y a quelque chose de presque sacré dans ce processus, cette idée que même le président doit se plier à la décision de la Cour. Mais en même temps, je ressens une angoisse sourde. Si la Cour décide en faveur de Trump, que restera-t-il des protections contre l’arbitraire ? Si elle décide contre lui, comment l’administration réagira-t-elle ? C’est une partie d’échris à très hauts enjeux.
Section 6 : Le mur de Wall Street
Les banques condamnent les attaques contre la Fed
Le secteur bancaire américain, traditionnellement allié des républicains et favorable à la dérégulation, a réagi avec une fermeté inhabituelle aux attaques de l’administration contre la Fed. Au-delà des déclarations de Jamie Dimon et Robin Vince, de nombreux dirigeants de grandes banques ont exprimé en privé leur profonde inquiétude sur les conséquences économiques de l’offensive de Trump contre Powell. Ces banquiers, qui comprennent mieux que quiconque les mécanismes financiers et l’importance de la crédibilité de la politique monétaire, craignent que l’instabilité créée par ces attaques ne se traduise par des coûts d’emprunt plus élevés pour tous les acteurs économiques, des ménages aux grandes entreprises.
Jeremy Barnum, directeur financier de JPMorgan Chase, a déclaré lors des appels sur les résultats trimestriels que les plafonds sur les taux d’intérêt des cartes de crédit seraient mauvais pour tout le monde et auraient l’effet inverse de ce que l’administration souhaite pour les consommateurs, arguant que cela réduirait la quantité de crédit disponible pour les consommateurs à faible revenu. Cette analyse illustre le paradoxe fondamental de l’approche économique de l’administration : les mesures populistes visant à réduire les coûts pour les consommateurs risquent en réalité de restreindre leur accès au crédit, ce qui pourrait avoir des conséquences économiques et sociales négatives importantes à long terme.
Quand Wall Street commence à s’inquiéter, on sait que le problème est réel. Ces gens ne sont pas exactement connus pour leur sensibilité sociale ou leur préoccupation pour le petit peuple. Mais quand ils voient leurs intérêts menacés, ils ont une capacité d’analyse assez remarquable. Ce qui me frappe, c’est l’ironie de voir Trump, qui s’est présenté comme le défenseur de l’homme ordinaire contre les élites financières, mener des politiques que même les banquiers jugent nuisibles aux consommateurs. C’est comme si l’administration avait perdu tout sens de la réalité économique, tout contact avec les mécanismes concrets qui font fonctionner l’économie. Et au bout du compte, ce sont les familles ordinaires qui vont trinquer, comme d’habitude.
Les répercussions sur le secteur financier
Les dirigeants du secteur financier craignent que l’incertitude créée par l’offensive contre la Fed ne se traduise par une volatilité accrue sur tous les marchés, rendant plus difficile pour les entreprises de planifier leurs investissements et pour les ménages de prendre des décisions financières importantes. Les banques elles-mêmes pourraient faire face à des coûts d’emprunt plus élevés, ce qui se répercuterait sur les taux qu’elles proposent à leurs clients, des prêts immobiliers aux cartes de crédit. Cette dynamique pourrait créer un cercle vicieux où l’instabilité financière alimente l’instabilité politique, qui à son tour alimente l’instabilité financière.
Les analystes notent que les marchés ont déjà commencé à intégrer une prime de risque supplémentaire sur les actifs américains en réponse à la crise de la Fed. Cette prime signifie que les investisseurs exigent un rendement plus élevé pour compenser le risque accru, ce qui se traduit par des coûts d’emprunt plus élevés pour tous les acteurs économiques américains, du gouvernement fédéral aux petites entreprises en passant par les ménages qui cherchent à financer l’achat d’une maison ou d’une voiture. À long terme, cette dynamique pourrait éroder la position compétitive des États-Unis dans l’économie mondiale, car les investisseurs et les entreprises pourraient préférer d’autres marchés offrant une stabilité institutionnelle supérieure.
Je pense à toutes ces personnes qui prévoient d’acheter une maison, de fonder une entreprise, de payer les études de leurs enfants. Toutes ces vies suspendues aux décisions prises dans des salles de réunion climatisées loin de toute réalité. Ce qui me révolte, c’est l’irresponsabilité de cette classe politique qui semble n’avoir aucune conscience des conséquences concrètes de ses actions. On joue à la géopolitique, à la politique monétaire, comme si c’était un jeu vidéo avec des boutons de reset. Mais pour les gens ordinaires, il n’y a pas de reset. Il n’y a que des prêts immobiliers qui deviennent plus chers, des projets d’entreprise qui sont abandonnés, des rêves qui sont mis en attente indéfiniment.
Section 7 : L'avenir incertain de la politique monétaire
La succession de Powell en jeu
Le mandat de Jerome Powell à la tête de la Fed expire en mai, et la procédure de nomination de son successeur promet d’être particulièrement tendue dans ce contexte de crise institutionnelle. Trump devra bientôt nommer le nouveau président de la Fed, et le Sénat devra confirmer cette nomination, ce qui garantit que le débat sur l’indépendance de la banque centrale restera au centre de l’attention politique dans les mois à venir. Plusieurs sénateurs, y compris des républicains comme Tillis, ont déjà indiqué qu’ils bloqueraient toute nomination tant que l’enquête judiciaire contre Powell ne serait pas résolue.
La question de savoir qui Trump nommera pour succéder à Powell est entourée d’incertitude, mais beaucoup craignent que le président ne choisisse quelqu’un qui soit plus disposé à suivre ses directives politiques en matière de politique monétaire. Une telle nomination constituerait une rupture radicale avec la tradition de nomination de technocrates respectés pour leur expertise plutôt que pour leur allégeance politique. Le Sénat, qui a la responsabilité constitutionnelle de confirmer ces nominations, se trouvera ainsi en première ligne pour défendre ou non l’indépendance de la Fed face à une Maison Blanche qui semble déterminée à exercer un contrôle direct sur la politique monétaire.
Cette succession de Powell me tracasse plus que tout le reste. C’est le moment où la vérité éclatera, où nous saurons si l’indépendance de la Fed n’était qu’une parenthèse historique ou un principe durable. Si Trump nomme un loyaliste politique, et si le Sénat confirme cette nomination, alors nous aurons franchi un point de non-retour. Nous serons entrés dans une nouvelle ère où la politique monétaire sera soumise aux caprices du moment politique, avec toutes les conséquences catastrophiques que cela implique. J’espère contre tout espoir que le Sénat trouvera le courage de résister, de défendre une institution plus grande que les ambitions d’un homme. Mais j’ai peur.
Les scénarios économiques possibles
Les économistes élaborent divers scénarios sur la manière dont cette crise pourrait se résoudre et quelles en seraient les conséquences économiques à long terme. Dans le scénario optimiste, la pression politique et internationale forcerait l’administration à reculer, préservant l’indépendance de la Fed et permettant un retour progressif à la normale sur les marchés financiers. Ce scénario suppose que les républicains du Congrès, les marchés financiers et la communauté internationale parviennent à convaincre l’administration que les coûts économiques de son offensive dépassent largement les bénéfices politiques espérés.
Dans le scénario pessimiste, l’administration parviendrait à imposer sa volonté à la Fed, soit en forçant le départ de Powell soit en nommant un successeur docile, conduisant à une politisation croissante de la politique monétaire. Ce scénario pourrait se traduire par une inflation galopante, une volatilité financière extrême et une perte de confiance internationale dans le système économique américain. Entre ces deux extrêmes se trouve toute une gamme de scénarios intermédiaires, où l’indépendance de la Fed serait érodée progressivement sans être complètement abolie, créant une instabilité chronique et une incertitude permanente pour les investisseurs et les entreprises.
Ces scénarios me tournent dans la tête la nuit. Le pire n’est pas certain, c’est vrai. Le système a des mécanismes de défense, des contrepouvoirs qui peuvent freiner les pires excès. Mais quand je regarde l’histoire, quand je vois comment les institutions qui semblaient solides se sont effondrées dans d’autres contextes, je ne peux m’empêcher de craindre le pire. Et ce qui me terrifie le plus, c’est que même le scénario optimiste laisse des cicatrices. La confiance une fois ébranlée ne se rétablit jamais complètement. Même si la Fed survit à cette épreuve, elle sera marquée, affaiblie, et nous vivrons avec le souvenir que même cette institution sacrée a été attaquée, et qu’elle pourrait l’être encore.
Conclusion : Un moment de vérité pour l'économie mondiale
Les leçons de cette crise
La confrontation entre Trump et la Fed offre des leçons cruciales sur l’importance des institutions et les dangers de leur politisation. Cette crise nous rappelle que la prospérité économique durable repose sur des fondations institutionnelles solides qui protègent contre les excès du pouvoir politique et garantissent que les décisions économiques soient basées sur des preuves et des analyses objectives plutôt que sur des considérations de court terme. L’indépendance des banques centrales n’est pas une abstraction technique mais une protection concrète contre les dérives inflationnistes et les manipulations politiques qui ont dévasté de nombreuses économies par le passé.
Cette crise révèle également la fragilité de ces institutions, qui dépendent non seulement de leurs structures formelles mais aussi de conventions politiques et de la volonté des dirigeants politiques de respecter leurs limites. Le fait que des conventions qui semblaient intouchables soient aujourd’hui mises en cause illustre à quel point les normes politiques peuvent être érodées rapidement lorsque des dirigeants déterminés décident de les ignorer. Les leçons de cette crise seront particulièrement importantes pour les autres démocraties qui cherchent à construire et maintenir des institutions économiques robustes capables de résister aux pressions politiques tout en servant le bien public.
Quand je regarde ce qui se passe, je ne peux m’empêcher de penser que nous vivons un moment historique, l’un de ces moments qui définissent une époque. Ce n’est pas juste une crise économique, c’est une crise de notre conception même de la démocratie et de l’État de droit. Les institutions ne sont pas des organismes naturels qui se régénèrent automatiquement. Elles sont le produit de siècles d’efforts, de luttes, de compromis, d’apprentissages collectifs. Les démolir est l’affaire de quelques mois, quelques décisions brutales. Les reconstruire prend des générations. Et je crains que nous ne soyons en train de réaliser, trop tard, ce que nous avions et ce que nous sommes en train de perdre.
L’avenir de l’économie mondiale en balance
L’issue de cette confrontation aura des implications profondes non seulement pour l’économie américaine mais pour l’ensemble du système économique mondial. Les États-Unis ont longtemps occupé une position prééminente dans ce système, en partie grâce à la crédibilité de leurs institutions économiques et à la stabilité de leur monnaie. Si cette crédibilité est érodée, d’autres centres économiques pourraient émerger pour combler le vide, entraînant une redistribution du pouvoir économique et financier à l’échelle mondiale. Les investisseurs internationaux cherchent déjà activement des alternatives aux actifs américains, une tendance qui pourrait s’accélérer si la crise de la Fed se prolonge.
Les pays alliés des États-Unis observent cette crise avec inquiétude, conscients que leur propre prospérité économique est liée à la stabilité du système financier américain. Certains commencent déjà à envisager des mesures pour se prémunir contre les conséquences d’une éventuelle crise économique américaine, diversifiant leurs réserves de devises et cherchant à renforcer d’autres institutions internationales. Cette dynamique pourrait inaugurer une nouvelle ère de fragmentation économique mondiale, dans laquelle l’unité du système financier international est remplacée par des blocs régionaux concurrents, chacun cherchant à protéger ses intérêts face à l’incertitude.
Je repense à toutes ces leçons d’histoire que j’ai apprises sur les grandes crises économiques, sur la façon dont le monde a basculé d’un équilibre à un autre. Je pensais naïvement que ces leçons étaient du passé, que nous avions appris à construire des systèmes plus résilients. Mais ce qui se passe aujourd’hui me rappelle que l’histoire ne se répète pas toujours, elle rime parfois de manière cruelle. Ce qui me révolte le plus, c’est le gaspillage. Nous avions un système qui, malgré ses défauts, fonctionnait relativement bien. Nous avions des institutions qui, malgré leurs imperfections, protégeaient contre les pires excès. Et tout cela est en train d’être sacrifié sur l’autel des ambitions personnelles et des calculs politiques à court terme. C’est un gaspillage non seulement de ressources économiques mais de confiance, d’espoir, de l’idée même que nous pouvons construire quelque chose de durable ensemble.
Sources
Sources primaires
Rolling Stone France, Trump contre la Fed : le bras de fer fait flamber l’or, 13 janvier 2026
NPR, What to know about Trump’s ugly feud with the Federal Reserve, 13 janvier 2026
CNBC, ‘Sell America’ trade: Dollar drops, gold surges as Trump’s Fed pressure campaign raises fears about U.S. system, 12 janvier 2026
Politico, Dimon, Wall Street heavyweights rally around Powell, 13 janvier 2026
Fortune, Current price of gold as of January 13, 2026, 13 janvier 2026
Sources secondaires
Bloomberg, Gold Steadies After Surging on Worries Over Fed Independence, 12 janvier 2026
France Info, Analyse d’Emmanuel Cugny sur le conflit Trump-Fed, 13 janvier 2026
Yahoo Finance, Gold and Silver Storm to Records as Fed Hit With DOJ Investigation, 12 janvier 2026
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