Une victime qui refuse de se taire
E. Jean Carroll, journaliste et chroniqueuse américaine, a accusé Donald Trump de l’avoir agressée sexuellement dans les années 1990 dans un grand magasin de Manhattan. Au lieu de répondre par des poursuites judiciaires classiques, Trump a choisi de multiplier les attaques publiques contre elle, la qualifiant de menteuse, affirmant qu’elle n’était « pas son type » et suggérant qu’elle inventait cette histoire pour vendre des livres. Ces déclarations répétées, diffusées largement dans les médias traditionnels et sur les réseaux sociaux, ont constitué une campagne de diffamation systématique contre Carroll.
La réponse d’E. Jean Carroll a été implacable : elle a porté plainte pour diffamation, transformant les attaques de Trump en preuves judiciaires contre lui. Le procès qui s’est ensuivi a révélé l’étendue des dégâts causés par la campagne de diffamation de l’ancien président. Carroll a témoigné avoir reçu des centaines de menaces de mort, perdu son emploi de plusieurs décennies chez Elle magazine et été exclue des plateformes médiatiques qui l’employaient auparavant. Les jurés ont été particulièrement sensibles à cette démonstration concrète des dommages réels causés par les mots de Trump.
Il y a quelque chose de profondément juste dans cette victoire d’E. Jean Carroll. Pendant trop longtemps, les femmes qui osaient dénoncer les agressions de puissants se retrouvaient elles-mêmes harcelées et discréditées par des systèmes conçus pour protéger les abuseurs. Carroll a non seulement trouvé le courage de parler, mais elle a aussi eu la force de se battre pendant des années contre un adversaire infiniment plus puissant qu’elle. Son procès n’est pas seulement une victoire personnelle, c’est un message envoyé à tous ceux qui pensent pouvoir intimider les victimes en leur faisant taire. Les mots ont des conséquences, et Trump apprend cette leçon à ses dépens.
Un verdict sans précédent
En janvier 2024, un jury de New York a condamné Donald Trump à verser 83,3 millions de dollars à E. Jean Carroll pour diffamation. Ce montant exceptionnel comprenait 65 millions de dollars de dommages-intérêts punitifs, une somme destinée non seulement à compenser Carroll mais surtout à punir Trump et à l’empêcher de recommencer. Les juges ont souligné le caractère « extraordinaire et sans précédent » de la campagne de diffamation menée par l’ancien président, qui a continué ses attaques même pendant le procès, allant jusqu’à déclarer qu’il continuerait à diffamer Carroll « mille fois ».
En septembre 2025, la Cour d’appel des États-Unis pour le deuxième circuit a confirmé ce verdict, rejetant l’appel de Trump et soulignant que le degré de répréhensibilité de sa conduite était « remarquablement élevé, peut-être sans précédent ». La décision des juges a été particulièrement sévère : « Carroll a été soumise à un harcèlement continu et prolifique à la suite de ces déclarations, y compris une multitude de menaces de mort et d’autres menaces de blessures physiques. » Cette confirmation en appel signifie que Trump a désormais épuisé ses recours ordinaires et doit faire face à la réalité financière de sa condamnation.
83 millions de dollars. C’est le prix à payer pour des années d’insultes et de mensonges. Certains diront que c’est beaucoup d’argent, d’autres pas assez. Mais ce qui compte vraiment, c’est le symbolique de cette condamnation. Elle dit clairement que personne, même pas l’ancien président des États-Unis, n’a le droit de détruire la réputation et la vie d’une personne sans conséquences. C’est une victoire pour la décence et le respect mutuel. Trump a peut-être pensé que l’argent le protégerait, mais il découvre aujourd’hui que même sa fortune colossale a des limites.
Section 2 : La stratégie juridique contre les médias
Une offensive tous azimuts
Paradoxalement, alors que Trump fait face à des condamnations pour diffamation, il a lancé sa propre vague de poursuites contre les médias qu’il juge hostile à son égard. En septembre 2025, il a déposé une plainte de 15 milliards de dollars contre le New York Times et quatre de ses journalistes, les accusant d’avoir nuit à sa réputation commerciale et personnelle. Cette plainte s’inscrit dans une stratégie plus large de harcèlement juridique contre les grands médias américains, incluant ABC, CBS et le Wall Street Journal.
Cette offensive juridique contre la presse représente un changement significatif par rapport à la première présidence de Trump. Bien qu’il ait toujours critiqué les médias, il n’avait pas alors utilisé les tribunaux de manière aussi systématique pour les faire taire. Les poursuites actuelles sont accompagnées d’une utilisation agressive du pouvoir régulatoire de l’administration Trump, qui a bloqué l’accès des médias traditionnels à la Maison Blanche et au Pentagone, et convaincu le Congrès de supprimer 1,1 milliard de dollars de financement fédéral pour les médias publics sur les deux prochaines années.
C’est une tactique aussi vieille que l’autoritarisme lui-même : quand la critique devient trop forte, on essaye de la faire taire par la force juridique. Trump ne cherche pas la justice, il cherche le silence. Il veut intimider les journalistes pour qu’ils n’osent plus le critiquer, créer un climat de peur dans les rédactions. C’est une attaque directe contre la liberté de la presse, pilier fondamental de toute démocratie. Ce qui est particulièrement inquiétant, c’est que cette stratégie semble fonctionner : certains médias commencent déjà à s’autocensurer par peur de représailles. C’est exactement ce que Trump veut.
Des règlements qui encouragent la poursuite
Ce qui rend la stratégie de Trump particulièrement efficace, c’est que plusieurs grands médias ont choisi de régler ces affaires plutôt que de se battre en justice. ABC, par l’intermédiaire de sa société mère Disney, a versé 16 millions de dollars pour régler un procès concernant des déclarations inexactes de George Stephanopoulos. De même, CBS, propriété de Paramount Global, a payé le même montant pour un litige concernant l’édition d’une interview avec l’ancienne vice-présidente Kamala Harris.
Ces règlements, bien que financièrement modestes pour des conglomerats médiatiques de cette taille, envoient un message dangereux : ils suggèrent que les médias peuvent être intimidés financièrement. Paramount Global a d’ailleurs réglé l’affaire alors qu’elle cherchait l’approbation réglementaire pour sa vente à Skydance Media, ce qui a immédiatement été accordée après le règlement. Cette corrélation temporelle a alimenté les spéculations sur un possible marchandage entre l’administration Trump et les grandes entreprises médiatiques.
16 millions de dollars. C’est ce que Disney et Paramount ont payé pour acheter la paix. C’est une somme dérisoire pour ces entreprises, mais le symbolique est effrayant. En acceptant de payer, ces entreprises ont admis implicitement que Trump peut leur faire payer le prix de leur indépendance éditoriale. C’est une prime offerte à l’intimidation. Chaque dollar versé encourage Trump à continuer sa campagne de harcèlement juridique. Les médias qui choisissent de se battre, comme le New York Times ou le Wall Street Journal, méritent notre respect. Ce sont eux qui défendent la liberté de la presse, pas ceux qui préfèrent payer pour se taire.
Section 3 : Les conséquences financières et politiques
Une fortune sous pression
Les condamnations successives de Donald Trump dans des affaires de diffamation commencent à peser lourdement sur sa fortune personnelle. Les 83,3 millions dus à E. Jean Carroll représentent déjà une somme considérable, même pour un homme dont la fortune est estimée à plusieurs milliards de dollars. Les experts juridiques préviennent que d’autres condamnations pourraient suivre, notamment si Trump continue à utiliser les réseaux sociaux pour attaquer ses adversaires malgré les interdictions judiciaires.
Le problème est que ces sommes ne sont pas seulement théoriques : elles peuvent être effectivement recouvrées. Si Trump ne paie pas, les créanciers peuvent commencer à saisir ses actifs personnels à travers le pays, y compris en mettant des hypothèques sur ses propriétés immobilières. Jusqu’à présent, Trump a évité de payer en versant des dépôts auprès des tribunaux pendant le processus d’appel, mais avec la confirmation du verdict en appel, cette stratégie ne peut plus durer indéfiniment. Ses avocats devront bientôt soit payer, soit trouver une nouvelle solution juridique pour retarder l’inévitable.
Il y a quelque chose de poétique dans cette situation. Trump a construit sa carrière sur l’apparence de richesse, sur les tours dorées et les jets privés, sur l’image de l’homme d’affaires invincible. Mais aujourd’hui, cette même richesse devient son talon d’Achille. Chaque dollar qu’il doit payer pour ses insultes est une blessure à son ego, un rappel brutal qu’il n’est pas intouchable. On peut se demander ce qui restera de l’empire Trump une fois que tous les créanciers auront été payés. Les tours dorées pourraient bien devenir dorées sur le papier seulement. La justice a commencé à défaire patiemment ce que Trump a bâti sur des décennies d’arrogance.
Un coût politique potentiel
Bien que les condamnations financières soient lourdes, le coût politique pour Trump pourrait être encore plus élevé. Les sondages montrent que ses attaques constantes contre les médias et le système judiciaire ont consolidé sa base électorale, mais ont aussi aliéné une partie importante de l’électorat modéré. La perception de Trump comme un homme qui pense être au-dessus des lois devient de plus en plus difficile à défendre, même pour ses partisans les plus fidèles.
De plus, les ressources financières consacrées à payer ces condamnations sont des ressources qui ne peuvent pas être utilisées pour sa campagne politique ou ses entreprises. Les dons politiques qui servaient traditionnellement à financer les campagnes électorales pourraient devoir être détournés pour payer les dommages-intérêts, affaiblissant ainsi sa capacité à se battre politiquement. Les opposants politiques de Trump ont d’ailleurs commencé à utiliser ces condamnations comme arguments pour souligner son manque de jugement et son instabilité.
C’est là que se trouve la véritable ironie : Trump a utilisé sa fortune comme outil politique, payant pour influencer les élections et financer ses campagnes. Aujourd’hui, c’est cette même fortune qui l’empêche de mener une campagne efficace. Chaque million versé à E. Jean Carroll ou à d’autres victimes est un million de moins pour les publicités politiques, les rallies et l’organisation électorale. Ses ennemis politiques n’ont pas eu besoin de le détruire : il l’a fait lui-même, par son arrogance et son manque de retenue. La justice fait le travail que les démocrates n’ont jamais réussi à accomplir.
Section 4 : Le précédent juridique historique
Un retour à l’époque Roosevelt
Les poursuites en diffamation de Donald Trump marquent un retour à une époque que l’on croyait révolue de la politique américaine. Selon le Washington Post, Theodore Roosevelt, qui a été président de 1901 à 1909, a été le dernier président américain à avoir poursuivi quelqu’un pour diffamation. En 1912, il a porté plainte contre l’éditeur d’un petit hebdomadaire du Michigan qui l’avait accusé d’avoir été ivre à plusieurs reprises lors de sa campagne infructueuse pour un troisième mandat.
Cependant, la différence fondamentale entre les approches de Roosevelt et de Trump réside dans leur attitude envers la justice. Lors de son procès, Roosevelt a déclaré au tribunal : « Je ne suis pas entré dans cette poursuite pour l’argent. Je ne suis pas entré avec un but vindicatif. J’ai atteint mon but, et je suis content. » Roosevelt cherchait avant tout à rétablir sa réputation et à obtenir des excuses publiques, pas à ruiner financièrement son adversaire. Cette approche contraste radicalement avec la stratégie punitive de Trump, qui cherche systématiquement à infliger des dommages financiers maximum.
Il y a plus d’un siècle, Theodore Roosevelt a montré comment un président peut défendre son honneur avec dignité et respect pour la justice. Aujourd’hui, Trump montre exactement le contraire. Il transforme les tribunaux en champs de bataille politiques, utilisant les poursuites comme arme d’intimidation plutôt que comme moyen de justice. C’est une trahison de l’esprit du système judiciaire américain, qui est conçu pour protéger les faibles contre les forts, pas l’inverse. Roosevelt doit se retourner dans sa tombe en voyant comment son héritage est utilisé pour justifier des pratiques contraires à tout ce en quoi il croyait.
La question de l’immunité présidentielle
L’un des arguments juridiques les plus controversés soulevés par Trump dans ses appels concerne l’immunité présidentielle. Ses avocats ont fait valoir que les déclarations faites pendant sa présidence devraient bénéficier d’une protection spéciale, arguant que la Cour suprême a élargi l’immunité présidentielle dans une décision récente. Cet argument représente une tentative radicale de redéfinir les limites de la responsabilité présidentielle, avec des implications potentiellement dangereuses pour la démocratie américaine.
Les juges d’appel ont rejeté cet argument sans équivoque, soulignant que l’immunité présidentielle ne protège pas les déclarations diffamatoires privées. Dans leur décision, ils ont noté que « le degré de répréhensibilité de la conduite de M. Trump était remarquablement élevé, peut-être sans précédent », ce qui rendait l’application de l’immunité présidentielle d’autant plus inappropriée. Ce rejet renforce le principe selon lequel même les présidents doivent répondre de leurs actes devant les tribunaux, une pierre angulaire de l’État de droit.
L’argument de l’immunité présidentielle est typique de la pensée de Trump : je suis le président, donc je peux faire ce que je veux. C’est la mentalité d’un tyran, pas d’un démocrate. Heureusement, les juges ont eu le courage de rejeter cette absurdité. L’immunité présidentielle existe pour protéger les présidents lorsqu’ils agissent dans l’intérêt du pays, pas pour leur donner un permis de harceler et d’intimider. Si Trump avait réussi à faire valoir cet argument, il aurait ouvert la porte à une ère d’impunité totale pour les présidents, un cauchemar pour la démocratie américaine. Les juges qui ont rejeté cet argument méritent notre gratitude.
Section 5 : L'impact sur les victimes de diffamation
Un précédent encourageant pour les victimes
La victoire d’E. Jean Carroll et les autres poursuites réussies contre Trump envoient un message puissant à toutes les victimes de diffamation : il est possible de se battre et de gagner contre des adversaires puissants. Pendant des années, les personnes victimes de campagnes de diffamation systématiques se sont senties impuissantes face à des adversaires disposant de ressources financières et juridiques quasi illimitées. Les condamnations de Trump démontrent que la justice peut triompher même contre les plus puissants.
Ce précédent pourrait encourager d’autres victimes à porter plainte, notamment celles qui ont été ciblées par des politiciens, des célébrités ou des entreprises utilisant des stratégies de diffamation similaires. Les avocats spécialisés dans la diffamation rapportent déjà une augmentation des demandes de consultation depuis les verdicts contre Trump. Ce changement d’attitude suggère que la peur de représailles financières ou juridiques commence à reculer face à la conviction que la justice peut effectivement être rendue.
Enfin, les victimes ont un espoir. Pendant trop longtemps, les riches et les puissants ont pu détruire des vies par leurs mots sans jamais avoir à répondre de leurs actes. E. Jean Carroll a brisé ce cercle vicieux. Sa victoire n’est pas seulement personnelle, elle est collective. Elle dit à chaque personne qui a été calomniée, diffamée, détruite par des mensonges : vous n’êtes pas seule, et vous pouvez gagner. C’est peut-être la conséquence la plus importante et la plus positive de toute cette affaire. La justice n’est pas seulement pour ceux qui ont les moyens de se l’offrir, elle est pour tous, y compris pour ceux qui ont été réduits au silence par l’intimidation.
Les défis persistants pour les victimes
Malgré ce précédent encourageant, les défis pour les victimes de diffamation restent considérables. Les poursuites en diffamation sont longues, coûteuses et émotionnellement épuisantes. E. Jean Carroll a dû témoigner sur des expériences traumatisantes pendant des années, faire face à des attaques publiques constantes et supporter la pression médiatique intense qui accompagne tout procès impliquant une figure publique. La plupart des victimes n’ont pas les ressources nécessaires pour survivre à une telle épreuve.
De plus, les défendants puissants comme Trump disposent souvent d’équipes juridiques capables de retarder les procédures pendant des années par des manœuvres procédurales complexes. Même lorsque les victimes gagnent finalement, le processus d’appel peut s’étendre sur des années, prolongeant la souffrance et les frais juridiques. Pour beaucoup, le coût financier et émotionnel d’une telle bataille reste prohibitif, ce qui signifie que la plupart des cas de diffamation restent impunis.
La victoire d’E. Jean Carroll est magnifique, mais elle ne doit pas masquer la réalité : pour chaque victime qui peut se battre, il y en a des milliers qui ne le peuvent pas. Les tribunaux sont le terrain de jeu des riches, et c’est un problème que la condamnation de Trump ne résout pas. Nous avons besoin d’une réforme du système juridique pour rendre la justice accessible à tous, pas seulement à ceux qui ont les moyens de se battre pendant des années. E. Jean Carroll a gagné, mais combien d’autres ont abandonné faute de ressources ? C’est la question que nous devrions tous nous poser.
Section 6 : Le rôle des médias et de l'opinion publique
Une responsabilité accrue pour les journalistes
Les condamnations de Trump et sa propre offensive juridique contre les médias placent les journalistes dans une position particulièrement précaire. D’un côté, les verdicts contre Trump montrent que les journalistes qui sont victimes de diffamation peuvent obtenir justice. De l’autre, les poursuites de Trump contre les médias créent un climat de peur et d’autocensure qui menace directement la liberté de la presse.
Les rédactions américaines se retrouvent face à un dilemme difficile : continuer à couvrir Trump de manière critique et risquer des poursuites coûteuses, ou s’autocensurer pour éviter des problèmes juridiques. Ce dilemme est exacerbé par le fait que certaines entreprises médiatiques, comme Disney et Paramount, ont déjà choisi de régler plutôt que de se battre, envoyant un message ambivalent sur leur engagement envers le journalisme indépendant.
Le journalisme est en danger en Amérique, et Trump en est le catalyseur. Il utilise les tribunaux comme arme de destruction massive contre la liberté de la presse. Les journalistes qui osent le critiquer risquent non seulement leur carrière mais aussi la survie financière de leur entreprise. C’est une situation que l’on s’attendait à voir dans des régimes autoritaires, pas dans la plus grande démocratie du monde. Les entreprises médiatiques qui choisissent de payer le silence sont complices de cette destruction de la liberté d’expression. Nous avons besoin de médias courageux, pas de médias qui se couchent devant l’intimidation.
L’évolution de l’opinion publique
Paradoxalement, les condamnations de Trump semblent avoir peu d’impact sur son soutien populaire. Sa base électorale continue à le voir comme une victime d’un système judiciaire biaisé, transformant chaque condamnation en preuve de persécution politique. Cette dynamique illustre la polarisation extrême de la société américaine, où les faits et les décisions judiciaires sont interprétés à travers des lentilles idéologiques plutôt qu’objectives.
Cependant, l’impact sur l’opinion publique modérée pourrait être différent. Les sondages suggèrent que les attaques constantes de Trump contre les médias et le système judiciaire commencent à lasser même certains électeurs indépendants. La répétition incessante des mêmes accusations de complot et de persécution finit par perdre son efficacité, créant une forme de fatigue politique qui pourrait affecter son soutien à long terme.
La politique américaine est devenue un terrain de bataille où la réalité elle-même est contestée. Trump a réussi à convaincre ses partisans que toute critique, toute condamnation, toute décision de justice contre lui fait partie d’un complot. C’est une vision du monde parallèle, déconnectée de la réalité. Ce qui est terrifiant, c’est que cette vision a ses propres médias, ses propres « faits », sa propre réalité. Les condamnations de Trump ne changent rien pour ses partisans. Elles renforcent même leur conviction qu’il est persécuté. Comment une démocratie peut-elle fonctionner quand une grande partie de la population ne croit plus aux faits ?
Section 7 : Les leçons à tirer de cette saga
Les limites de la communication agressive
L’histoire de Donald Trump et de ses procès en diffamation offre une leçon importante sur les limites de la communication agressive comme stratégie politique. Bien que cette approche ait fonctionné pendant un certain temps pour mobiliser la base électorale de Trump et dominer le cycle médiatique, elle a fini par se retourner contre lui de manière spectaculaire. Les mots ont des conséquences juridiques, et même les personnes les plus puissantes ne peuvent pas ignorer indéfiniment les lois sur la diffamation.
Cette leçon ne s’applique pas seulement à Trump, mais à tous les politiciens et personnalités publiques qui utilisent des stratégies de communication similaires. Les réseaux sociaux ont créé l’illusion que l’on peut dire n’importe quoi sans conséquences, mais les tribunaux rappellent régulièrement que cette illusion est fausse. La liberté d’expression n’est pas une liberté sans limites, et les victimes de diffamation ont des droits qui doivent être respectés.
Pendant des années, Trump a prêché que tout est permis dans la politique et la communication. Il a montré comment l’insulte, le mensonge et la diffamation peuvent être des outils politiques efficaces. Aujourd’hui, il paie le prix de cette leçon. Les mots ont des conséquences, et personne n’est au-dessus des lois. C’est une leçon que d’autres politiciens, de tous bords, feraient bien de retenir. La politique ne doit pas être une course à l’insulte la plus basse, à la diffamation la plus vicieuse. Nous pouvons avoir des débats passionnés sans nous détruire mutuellement. Trump a montré le chemin vers l’abîme, et c’est maintenant à nous de revenir vers une politique plus digne.
L’importance de la résilience des victimes
La victoire d’E. Jean Carroll met en lumière l’importance cruciale de la résilience des victimes face aux campagnes de diffamation. Carroll a dû faire face à des années d’attaques publiques, de menaces de mort et de destruction de sa carrière, mais elle a refusé de se taire ou de se laisser intimider. Sa résilience a finalement été récompensée, mais elle représente aussi une inspiration pour toutes les victimes qui luttent contre des campagnes similaires.
Cependant, il est important de reconnaître que cette résilience ne devrait pas être nécessaire. Les victimes de diffamation ne devraient pas avoir à endurer des années de souffrance pour obtenir justice. Les systèmes juridiques et sociaux doivent être renforcés pour protéger les victimes plus rapidement et plus efficacement, plutôt que de dépendre de leur capacité à survivre à des années d’abus.
E. Jean Carroll est une héroïne, une femme d’un courage extraordinaire qui a refusé de se laisser broyer par la machine Trump. Mais nous ne devrions pas avoir besoin d’héroïsme pour obtenir justice. Les victimes ne devraient pas avoir à être des guerriers pour survivre à la diffamation. Elles devraient pouvoir compter sur un système juridique qui les protège rapidement et efficacement. Le courage d’E. Jean Carroll est inspirant, mais ce n’est pas une solution systémique. Nous devons construire une société où les victimes n’ont pas besoin d’être extraordinaires pour obtenir justice ordinaire.
Conclusion : La justice finit toujours par gagner
Un moment de vérité
Les procès en diffamation de Donald Trump représentent un moment de vérité pour la démocratie américaine. Ils posent des questions fondamentales sur les limites de la liberté d’expression, la responsabilité des personnalités publiques, et la capacité du système juridique à protéger les citoyens contre les puissants. Les réponses à ces questions façonneront l’avenir de la politique américaine pour les années à venir.
Pour Trump, ces procès marquent la fin d’une époque où ses mots semblaient impunis. Les condamnations successives montrent que même les plus puissants doivent répondre de leurs actes devant les tribunaux. C’est une leçon d’humilité brutale pour un homme qui a passé sa vie à croire qu’il était au-dessus des règles qui s’appliquent aux autres. Sa fortune peut être réduite, sa réputation ternie, son héritage compromis.
Les tribunaux ont parlé, et ils ont dit clairement : personne n’est au-dessus de la loi. C’est un principe que la démocratie américaine a défendu pendant des siècles, et que Trump a tenté de saper avec ses attaques constantes contre la justice. Il a perdu, et c’est une bonne chose pour l’Amérique. Mais cette victoire ne doit pas nous endormir. Trump a montré les faiblesses de notre système, les fissures par lesquelles l’autoritarisme peut s’infiltrer. Il est de notre responsabilité de réparer ces fissures, de renforcer nos institutions, de protéger notre démocratie contre ceux qui voudraient la détruire. La justice a gagné cette fois, mais la bataille pour la démocratie continue.
L’avenir de la politique américaine
Les leçons tirées de la saga de Trump en diffamation façonneront l’avenir de la politique américaine. Les politiciens futurs devront réfléchir soigneusement avant de lancer des campagnes de diffamation contre leurs adversaires. Les médias devront trouver un équilibre entre leur rôle de chiens de garde de la démocratie et la nécessité de se protéger contre des poursuites abusives. Le public devra apprendre à distinguer entre la critique légitime et la diffamation destructive.
Pour l’instant, Trump continue de se battre dans les tribunaux, utilisant chaque ressource juridique disponible pour retarder l’inévitable. Mais chaque nouvelle condamnation renforce le message que les mots ont des conséquences. La justice peut être lente, parfois trop lente, mais elle finit toujours par gagner. Pour Trump, qui a passé sa carrière à contourner les règles, cette leçon est peut-être la plus douloureuse de toutes.
Demain sera un autre jour, avec de nouvelles batailles, de nouvelles crises, de nouvelles menaces contre notre démocratie. Trump disparaîtra peut-être un jour de la scène politique, mais les problèmes qu’il a révélés resteront. Nous devons être vigilants, engagés, déterminés à défendre les valeurs qui font de l’Amérique une démocratie. La justice a gagné aujourd’hui, mais elle ne gagnera que si nous continuons à nous battre pour elle chaque jour. C’est notre responsabilité, à chacun d’entre nous. Trump a perdu, mais la bataille pour l’âme de l’Amérique continue.
Sources
Sources primaires
BBC News – « Defamation defeat a double-edged sword for Trump » – 27 janvier 2024
PBS NewsHour – « Appeals court upholds E. Jean Carroll’s $83.3 million defamation judgment against Trump » – 8 septembre 2025
NPR – « Trump files $15 billion defamation lawsuit against ‘New York Times' » – 16 septembre 2025
Sources secondaires
The Conversation – « Trump lawsuits seek to muzzle media, posing serious threat to free press » – 2025
Al Jazeera – « Trump loses defamation liability appeal in E Jean Carroll case » – 30 décembre 2024
NPR – « Trump’s BBC lawsuit: A botched report, BritBox, and porn » – 17 décembre 2025
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