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Pal Jonson s’élève contre les exagérations américaines

Le ministre suédois de la Défense, Pal Jonson, a fermement réfuté les allégations de Trump lors d’une interview accordée au Daily Telegraph, qualifiant les déclarations présidentielles américaines d’exagération manifeste selon les évaluations de sécurité réalisées par les pays nordiques pour la région. Si vous affirmez que le Groenland est inondé de navires russes et chinois, c’est une exagération d’après les évaluations que nous menons pour la région, a déclaré Jonson, soulignant que les services de renseignement scandinaves ne disposent d’aucune preuve corroborant cette présence navale massive que Trump décrit avec une telle insistance. Cette prise de position publique est d’autant plus remarquable qu’elle émane d’un pays qui, comme la plupart des nations européennes, a considérablement augmenté ses dépenses militaires depuis l’invasion de l’Ukraine par la Russie.

Jonson a précisé que si une augmentation du nombre de navires de recherche chinois dans l’Arctique avait effectivement été observée ces dernières années, l’ampleur de ces activités restait limitée et ne justifiait en aucun cas l’alarmisme déployé par l’administration américaine. Je ne pense pas qu’il faille exagérer: il s’agit principalement de navires de recherche, a-t-il expliqué, mettant en avant le caractère scientifique plutôt que militaire de ces opérations. La Suède, qui a récemment annoncé un investissement de 15 milliards de couronnes suédoises (environ 1,6 milliard de dollars) dans des systèmes de défense aérienne visant à protéger les civils et les infrastructures critiques, semble déterminée à faire preuve de prudence et de mesure dans son analyse de la menace arctique, contrastant singulièrement avec l’approche spectaculaire de Washington.

Il faut rendre hommage à la clarté et au courage de Pal Jonson qui ose dire publiquement ce que beaucoup de dirigeants européens pensent probablement en privé mais n’osent pas formuler aussi ouvertement de peur de froisser la superpuissance américaine. C’est rafraîchissant d’entendre un responsable politique s’appuyer sur des faits et des évaluations de sécurité objectives plutôt que de céder à la panique ou à la surenchère médiatique. Cette position suédoise me donne un certain espoir dans un moment où la rationalité semble souvent avoir déserté le débat géopolitique international. Il y a quelque chose de réconfortant à voir un petit pays nordique tenir tête à la rhétorique débridée de l’administration Trump, comme si la raison pouvait encore l’emporter sur l’intimidation et la force brute.

Le consensus nordique contre la rhétorique américaine

La position de la Suède s’inscrit dans un mouvement plus large de contestation des allégations américaines au sein des pays nordiques. Lors d’une conférence annuelle sur la sécurité qui s’est tenie à Sälen dans le nord de la Suède, le Premier ministre suédois Ulf Kristersson a déclaré que son gouvernement était hautement critique de ce que les États-Unis sont en train de faire en ce qui concerne le Groenland et le Danemark, ajoutant que Washington devrait au contraire remercier le Danemark pour être un allié très loyal au fil des années. Cette déclaration marquante d’un dirigeant européen, traditionnellement mesuré dans ses propos diplomatiques, témoigne du degré de frustration qui s’accumule chez les alliés de l’Amérique face à ce qui est perçu comme une remise en cause injustifiée de l’ordre international fondé sur des règles.

L’Allemagne a également fait entendre sa voix à travers son ministre des Finances et vice-chancelier Lars Klingbeil, qui a souligné que les principes du droit international s’appliquaient à tous, y compris aux États-Unis, en référence aux menaces de Trump de s’emparer du Groenland. Il revient uniquement au Danemark et au Groenland de décider de l’avenir du Groenland, a affirmé Klingbeil, insistant sur le respect obligatoire de la souveraineté territoriale et de l’intégrité des frontières. Le gouvernement allemand a réitéré son soutien inconditionnel à Copenhague et Nuuk à l’approche de réunions cruciales à Washington, positionnant Berlin comme un rempart contre ce qui est considéré comme une violation potentielle des normes internationales qui régissent les relations entre États depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale.

Ce qui me frappe le plus dans cette réaction nordique coordonnée, c’est le sentiment que nous assistons à un moment historique où l’Europe commence véritablement à se débarrasser de sa dépendance psychologique vis-à-vis de l’Amérique. Pendant des décennies, les pays européens ont accepté sans broncher le leadership américain, même quand ses décisions étaient controversées ou contreproductives. Mais là, quelque chose a cassé. La ligne rouge a été franchie. Et quand je vois l’Allemagne, la Suède, le Danemark, la France et la Norvège parler d’une seule voix pour défendre la souveraineté d’un petit territoire arctique contre l’hyperpuissance américaine, je ressens une forme de fierté et d’espoir que je n’avais pas ressentie depuis longtemps. C’est comme si l’Europe redécouvrait sa colonne vertébrale, sa capacité à dire non, à tracer des limites, à refuser d’être traitée comme une vassale docile. C’est puissant, c’est nécessaire, et c’est probablement le début d’une nouvelle ère dans les relations transatlantiques.

Sources

Sources primaires

TASS, « Swedish defense minister refutes Trump’s statements about Russian threat to Greenland », 15 janvier 2026. https://tass.com/world/2071965

The Independent, « Trump accused of exaggerating Russian threat to Greenland as European troops arrive », 15 janvier 2026. https://www.the-independent.com/news/world/europe/trump-greenland-russia-china-nato-b2900970.html

BBC, « Trump says US needs to ‘own’ Greenland to prevent Russia and China from taking it », 10 janvier 2026. https://www.bbc.com/news/articles/c78vj5n7jg3o

Sources secondaires

Yahoo/RFI, « Sweden, Germany critical of US rhetoric on Greenland and Denmark », 11 janvier 2026. https://ca.news.yahoo.com/sweden-germany-critical-us-rhetoric-171320720.html

The Arctic Institute, « Trump & Greenland: Is There Logic in the Chaos? », janvier 2026. https://www.thearcticinstitute.org/trump-greenland-logic-chaos/

Chatham House, « US intentions towards Greenland threaten NATO’s future. European countries are not helpless », janvier 2026. https://www.chathamhouse.org/2026/01/us-intentions-towards-greenland-threaten-natos-future-european-countries-are-not-helpless

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