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Une rhétorique guerrière

Le discours de Trump au Detroit Economic Club mardi a été marqué par une rhétorique particulièrement belliqueuse et sans compromis. Le président a déclaré que « à partir du 1er février, nous ne ferons aucun paiement aux villes sanctuaires ou aux États ayant des villes sanctuaires, parce qu’ils font tout leur possible pour protéger les criminels aux dépens des citoyens américains et cela favorise la fraude et le crime et tous les autres problèmes qui en découlent ». Cette déclaration a été suivie d’un post Truth Social mercredi matin qui reprenait la même menace avec des termes encore plus durs, qualifiant les juridictions sanctuaires de « centres de protection criminelle corrompus » et affirmant qu’elles ne font que « favoriser le crime et la violence ».

Trump a explicitement déclaré que si les États veulent ces villes sanctuaires, ils devront les payer eux-mêmes, transférant ainsi le fardeau financier du gouvernement fédéral vers les États et les municipalités. Lorsqu’on lui a demandé quels types de financements seraient affectés à partir du 1er février, Trump a répondu de manière évasive : « Vous verrez. Ce sera significatif ». L’absence de détails concrets quant à la nature exacte des coupes budgétaires envisagées ajoute à l’incertitude et à l’anxiété des autorités californiennes, qui doivent se préparer à tous les scénarios possibles.

Ce qui me frappe dans cette rhétorique, c’est la manière dont Trump déshumanise systématiquement les immigrants, les réduisant à des « criminels » et à des menaces pour la sécurité publique. C’est une stratégie politique classique, mais cela n’en reste pas moins dérangeant de voir un président américain utiliser ce genre de langage pour justifier des mesures qui pourraient avoir des conséquences dévastatrices sur des millions de personnes innocentes. La violence de ses mots, cette insistance sur le crime et la dangerosité, cache en réalité une politique cynique qui vise à diviser le pays et à mobiliser sa base électorale en stigmatisant les plus vulnérables.

L’élargissement de la cible

Cette nouvelle offensive représente une escalade significative par rapport aux menaces précédentes de Trump. Initialement, le président ciblait spécifiquement les villes et municipalités qui adoptaient des politiques de sanctuaire. Cette fois-ci, il étend sa menace aux États entiers qui abritent ces juridictions, ce qui représente un changement d’ampleur considérable. Cette approche vise clairement à multiplier la pression sur les gouvernements étatiques en menaçant de couper des financements vitaux pour des programmes qui n’ont rien à voir avec l’immigration.

La stratégie semble être d’utiliser les fonds fédéraux comme levier pour contraindre les États et les municipalités à abandonner leurs politiques de sanctuaire et à coopérer pleinement avec les autorités fédérales en matière d’application des lois sur l’immigration. Cependant, cette approche soulève des questions constitutionnelles majeures sur les limites du pouvoir présidentiel et sur la séparation des pouvoirs entre le gouvernement fédéral et les États. Le sénateur Alex Padilla (D-Calif.) a clairement exprimé cette préoccupation : « Laissez-moi être clair : le Congrès — pas la Maison Blanche et pas Donald Trump — détient le pouvoir de la bourse ».

Je ne peux m’empêcher de penser que cette escalade est le signe d’une désespération politique. Trump semble penser que faire planer la menace d’une catastrophe financière sur des États entiers va les forcer à plier. C’est une vision du pouvoir brutal et simpliste qui ignore complètement la complexité du système fédéral américain. Ce qui m’inquiète particulièrement, c’est que cette stratégie pourrait créer un précédent dangereux où les futurs présidents, quel que soit leur parti, pourraient utiliser les fonds fédéraux comme arme pour forcer les États à adopter des politiques qu’ils désapprouvent. C’est la porte ouverte à une forme de chantage politique systématique qui pourrait miner gravement le système fédéraliste américain.

Sources

Sources primaires

Los Angeles Times, California, L.A. brace for Trump’s new threats to cut funds over immigration stance, 14 janvier 2026. NBC News, Trump threatens to cut off funds to sanctuary cities and their states starting next month, 14 janvier 2026. Reuters, Trump threatens funding for states over sanctuary cities as clashes intensify in Minneapolis, 14 janvier 2026.

Sources secondaires

Stateline, Democrats shrug as Trump threatens sanctuary cities again with February funding cutoff, 14 janvier 2026. ABC7 News, Bay Area could lose billions if Trump cuts funding to sanctuary cities, attorney general Rob Bonta says unlawful, 14 janvier 2026. Associated Press, via NBC News et Reuters, janvier 2026.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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