Un parti républicain en pleine dissonance
Les commentaires de Don Bacon ne sont pas isolés. D’autres figures importantes du Parti républicain ont également exprimé leurs réserves, voire leur opposition, aux projets de Trump sur le Groenland. Le sénateur Mitch McConnell, chef de file républicain au Sénat, a lancé un avertissement sévère sur le sol du Sénat, déclarant que la saisie du Groenland serait « un acte de suicide stratégique sans précédent pour l’Amérique et son influence mondiale ». Il a ajouté que cela serait « plus désastreux pour l’héritage du président que le retrait d’Afghanistan ne l’a été pour son prédécesseur ».
Le sénateur Chuck Grassley, un pilier du Parti républicain de l’Iowa, a également pris position en faveur de la diplomatie plutôt que de l’acquisition forcée. Il a souligné que les objectifs de sécurité nationale devaient être atteints par la négociation et non par l’achat ou l’invasion. Ces divergences au sein du camp conservateur témoignent d’une profonde inquiétude face aux risques que fait courir la politique étrangère de Trump aux alliances traditionnelles des États-Unis.
Vous savez ce qui est fascinant dans cette histoire ? C’est de voir des républicains de la vieille école, des gens qui ont toujours soutenu Trump même dans ses pires délires, se lever enfin et dire « stop, là ça ne va plus ». C’est comme s’il y avait une ligne rouge, un point de non-retour que même les plus loyalistes ne peuvent franchir. L’invasion d’un allié de l’OTAN est apparemment ce point de bascule. Ce qui me terrifie, c’est qu’il faille en arriver à envisager l’invasion d’un pays ami pour que certains réalisent enfin à quel point la situation est devenue dangereuse.
La législation pour bloquer une invasion
Don Bacon a franchi un pas supplémentaire en cosponsorant une loi à la Chambre des représentants visant à empêcher toute action militaire contre les pays et territoires de l’OTAN, y compris le Groenland. Cette législation, dont Bacon est le seul républicain cosponsor, interdirait l’utilisation de fonds fédéraux pour une telle invasion. Le représentant du Nebraska a déclaré que cette loi « ne devrait pas être nécessaire », mais qu’il se sentait obligé de faire une déclaration montrant que les républicains désapprouvent l’approche de Trump.
Cette initiative législative rare — un républicain s’alliant aux démocrates pour restreindre les pouvoirs d’un président de son propre parti — souligne la gravité de la situation. Elle démontre que même au sein du congrès, il existe une reconnaissance du danger que représenterait une telle action pour les relations internationales des États-Unis et pour la stabilité de l’alliance atlantique.
Il faut du courage pour faire ce que fait Bacon là. S’aligner avec les démocrates contre son propre président, dans ce climat politique polarisé, c’est presque un acte de trahison aux yeux de la base trumpienne. Et pourtant, c’est exactement ce que devrait faire tout législateur qui a un minimum de conscience morale et de compréhension de ce que sont les alliances internationales. Le fait que ce soit exceptionnel, anormal, presque choquant qu’un républicain s’oppose à Trump sur un point aussi fondamental, ça en dit long sur l’état de déliquescence de notre démocratie.
Section 3 : L'opinion publique massivement hostile
Des sondages éloquents
Les intentions trumpiennes sur le Groenland se heurtent à une opposition massive de l’opinion publique américaine. Un sondage Reuters/Ipsos réalisé mi-janvier révèle que seulement 17% des Américains approuvent les efforts de Trump pour acquérir le Groenland. Plus inquiétant encore pour la Maison Blanche, des majorités substantielles de démocrates et de républicains s’opposent à l’utilisation de la force militaire pour annexer l’île.
Les chiffres sont particulièrement révélateurs : seuls 4% des Américains, dont environ un républicain sur dix et pratiquement aucun démocrate, considèrent que ce serait une « bonne idée » pour les États-Unis d’utiliser la force militaire pour prendre possession du Groenland. À l’inverse, 71% pensent que ce serait une mauvaise idée, dont neuf démocrates sur dix et six républicains sur dix. Ces données démontrent que le projet trumpien est politiquement toxique, même au sein de sa propre base électorale.
Ces chiffres me réconcilient un peu avec le peuple américain, honnêtement. Quand vous voyez à quel point les discours politiques ont pu devenir délirants ces dernières années, avoir la confirmation que la grande majorité des gens, quelle que soit leur affiliation politique, rejettent cette folie belliqueuse, ça fait du bien. Ça prouve qu’il y a encore des limites, qu’il y a encore un sens commun partagé par-delà les clivages partisans. Ce qui me désespère, c’est que malgré cette opposition majoritaire, le président continue sur sa lancée comme si de rien n’était.
Les craintes pour l’OTAN et les alliances européennes
Le même sondage révèle que 66% des répondants, dont 91% des démocrates et 40% des républicains, s’inquiètent des efforts américains pour acquérir le Groenland et des dommages potentiels pour l’alliance OTAN et les relations avec les alliés européens. Le Danemark a averti que l’utilisation de la force militaire marquerait « la fin de l’OTAN », une perspective qui terrifie de nombreux observateurs et responsables politiques des deux côtés de l’Atlantique.
Cette inquiétude transpartisane reflète une conscience accrue de l’importance des alliances internationales dans un monde multipolaire où les États-Unis ne peuvent plus agir de manière unilatérale sans conséquences graves. L’élargissement potentiel du conflit à d’autres territoires ou alliés de l’OTAN constitue un scénario cauchemardesque que de plus en plus d’Américains semblent rejeter fermement.
L’OTAN, c’est plus qu’un traité militaire, c’est le pilier sur lequel repose l’ordre international depuis 1949. Détruire ça sur un coup de tête, parce que le président a décidé qu’il voulait un territoire arctique supplémentaire, c’est d’une irresponsabilité criminelle. Ce qui me glace, c’est la légèreté avec laquelle certains discutent de la fin de l’alliance atlantique. Comme si c’était juste un ajustement politique, une ligne à corriger dans un programme. Ils ne réalisent pas, ou ne veulent pas réaliser, que ce qu’ils sont en train de briser, ça a pris des décennies à construire et qu’on ne pourra jamais vraiment reconstruire.
Section 4 : Les arguments de la Maison Blanche
La justification de la sécurité nationale
La Maison Blanche n’a pas reculé face à la critique. La porte-parole Anna Kelly a défendu la position présidentielle en affirmant que Donald Trump « n’a pas été élu pour préserver le statu quo » et qu’il est « un leader visionnaire qui génère toujours des idées créatives pour renforcer la sécurité nationale américaine ». Elle a ajouté que de nombreux prédécesseurs du président avaient reconnu la logique stratégique d’acquérir le Groenland, mais que seul Trump avait eu le courage de le poursuivre sérieusement.
L’administration a insisté sur l’argument géostratégique : avec le Groenland sous contrôle américain, l’OTAN deviendrait « beaucoup plus redoutable et efficace » et les Groenlandais seraient « mieux servis » s’ils étaient protégés des menaces modernes dans la région arctique par les États-Unis. Cette rhétorique impérialiste, présentée comme une protection bienveillante, reflète une vision de la puissance américaine qui heurte de front le principe de souveraineté des nations.
Cette notion de « leader visionnaire » qui a des « idées créatives », on me l’a déjà servie à toutes les sauces. C’est devenu un euphémisme pour dire que le président fait n’importe quoi sans réfléchir aux conséquences. La créativité en politique étrangère, ce n’est pas inventer de nouvelles façons d’envahir des pays amis, c’est trouver des solutions diplomatiques aux problèmes complexes. Et cette prétention à vouloir « protéger » les Groenlandais comme s’ils n’étaient pas capables de décider pour eux-mêmes, c’est du paternalisme colonial pur et dur. On dirait que les leçons de l’histoire n’ont jamais été apprises.
Les coûts astronomiques d’une telle acquisition
Les experts soulignent également les aspects économiques d’un tel projet. Selon NBC News, l’achat du Groenland pourrait coûter aux États-Unis jusqu’à 700 milliards de dollars — soit plus de la moitié du budget annuel du département de la Défense. Cette somme colossale représente un investissement massif qui nécessiterait des coupes drastiques dans d’autres programmes essentiels ou une augmentation des impôts.
Les coûts ne sont pas seulement financiers. Une invasion militaire entraînerait des pertes humaines inévitables, des dommages environnementaux catastrophiques dans une région déjà vulnérable au changement climatique, et une rupture durable avec les alliés européens qui pourrait coûter bien plus cher à long terme que n’importe quelle acquisition territoriale. L’analyse coût-bénéfice, lorsqu’elle est faite de manière réaliste, penche résolument contre une telle aventure.
700 milliards de dollars. Sept cent milliards. C’est à s’en rendre fou quand on y pense. Dans un moment où on ne cesse de nous dire qu’il n’y a pas d’argent pour la santé, pour l’éducation, pour l’infrastructure, pour le climat, soudain on en trouve 700 milliards pour acheter une île qui ne veut pas être achetée. C’est le summum de l’absurde politique. Et ce n’est même pas mentionné que tout cet argent serait en pure perte si le Groenland se révoltait contre l’occupation, ce qui est quasiment garanti. On pourrait littéralement investir cette somme dans des énergies renouvelables pour le climat et on en aurait bien plus pour notre argent.
Section 5 : La perspective d'une destitution
Un précédent historique
Donald Trump a déjà été destitué deux fois par la Chambre des représentants, mais acquitté par le Sénat dans les deux cas. En 2019, il a été destitué pour obstruction au Congrès et abus de pouvoir. En 2021, il est devenu le premier président à être destitué deux fois, accusé d’« incitation à l’insurrection » suite à l’attaque du Capitole du 6 janvier 2021. Ces expériences précédentes ont créé une jurisprudence politique, mais aussi une certaine fatigue au sein de la classe politique face aux procédures de destitution.
Cependant, la situation actuelle est qualitativement différente. Une invasion d’un allié de l’OTAN constituerait une violation flagrante du droit international et de la Constitution américaine, qui confère au Congrès le pouvoir de déclarer la guerre. Cette particularité pourrait donner une assise juridique plus solide à une nouvelle procédure de destitution, particulièrement si des républicains comme Don Bacon se joignaient à l’effort.
Deux destitutions, ça en fait beaucoup pour un seul président. Mais là, on parle de quelque chose de différent, de plus grave, de plus systémique. Ce n’est plus juste une question de politique intérieure, d’abus de pouvoir domestique. C’est une remise en cause fondamentale de ce que les États-Unis sont censés représenter dans le monde. C’est attaquer le cœur même de notre système d’alliances qui a maintenu la paix relative depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Si ça ne justifie pas une destitution, je ne sais pas ce qui le ferait.
Les conséquences d’une destitution potentielle
Bacon lui-même a prédit que si Trump passait à l’acte et envahissait le Groenland, « ce serait la fin de sa présidence ». Cette prédiction audacieuse reflète une conviction croissante au sein du Parti républicain qu’une telle action serait politiquement insoutenable et pourrait provoquer une rupture irrémédiable entre le président et son propre parti. Une destitution dans ces circonstances aurait des répercussions profondes sur le paysage politique américain.
La procédure elle-même polariserait encore davantage un pays déjà divisé, mais elle pourrait aussi créer un précédent important sur les limites du pouvoir présidentiel en matière de politique étrangère. Enfin, elle affecterait durablement la crédibilité internationale des États-Unis, quelle que soit l’issue finale. Le coût politique d’une telle crise serait donc incalculable, non seulement pour Trump lui-même mais pour l’ensemble du système politique américain.
La fin de sa présidence, ce serait sans doute le moindre des problèmes. La vraie question, c’est ce qui resterait de l’Amérique après ça. Si on en arrive à destituer un président pour avoir essayé d’envahir un allié, ça prouvera que nos garde-fous constitutionnels fonctionnent encore, c’est une forme de rédemption. Mais les dégâts collatéraux seraient immenses. La confiance brisée, les alliances ternies, le prestige érodé — ça ne se reconstruit pas en un mandat, ni en deux. On vit un moment historique, et pas dans le bon sens du terme.
Section 6 : La position du Groenland et du Danemark
Une opposition unanime
Les réactions du Groenland et du Danemark ont été d’une fermeté absolue. Le Premier ministre groenlandais Jens-Frederik Nielsen a déclaré à la presse que le Groenland « ne veut pas être possédé par les États-Unis », qu’il « ne veut pas être gouverné par les États-Unis » et qu’il « ne veut pas faire partie des États-Unis ». Cette triple négation, formulée lors d’une conférence de presse à Copenhague le 13 janvier, laisse peu de place à l’interprétation.
Le gouvernement de coalition du Groenland a également publié une déclaration officielle affirmant qu’il « ne peut accepter » une prise de contrôle américaine « d’aucune manière que ce soit ». Cette position unanime des autorités groenlandaises, transcendant les clivages politiques internes, souligne le rejet profond de toute idée d’annexion par la population de ce territoire autonome qui jouit d’une large autonomie politique depuis 1979.
Ce qui est frappant, c’est la clarté absolue de cette position. Trois fois « ne veut pas », formulé sans ambiguïté aucune, sans diplomatie excessive, sans la langue de bois qu’on attend habituellement des déclarations officielles. Le Groenland a compris qu’il devait être extrêmement clair parce qu’il faisait face à quelqu’un qui ne comprend pas les nuances. C’est triste à dire, mais il faut parfois en arriver à ce niveau de crudité pour se faire entendre quand on a affaire à quelqu’un qui refuse d’écouter quoi que ce soit qui contredit ses désirs.
Les enjeux pour la relation transatlantique
Le Danemark, allié historique des États-Unis depuis la Seconde Guerre mondiale, se trouve dans une position extrêmement délicate. En tant que membre fondateur de l’OTAN et partenaire stratégique de Washington, Copenhague doit naviguer entre la préservation de son alliance américaine et la défense de l’intégrité territoriale du Royaume danois dont le Groenland fait partie. Le ministre des Affaires étrangères Lars Lokke Rasmussen a maintenu une position ferme malgré les pressions américaines.
Après des réunions avec le vice-président JD Vance et le secrétaire d’État Marco Rubio à Washington, Rasmussen a déclaré qu’un « désaccord fondamental » persistait. Il a ajouté que les responsables américains n’avaient pas réussi à changer la position du Groenland et du Danemark, et que le président avait ce « souhait de conquérir le Groenland ». Cette impasse diplomatique constitue l’un des plus graves crises entre les deux pays depuis des décennies.
Je pense à l’histoire danoise, à la façon dont ce petit pays a résisté à l’occupation nazie pendant la Seconde Guerre mondiale, à son engagement constant pour la démocratie et les droits humains. Aujourd’hui, ils se retrouvent dans la position absurde de devoir défendre leur territoire contre leur propre allié, leur partenaire historique. L’ironie est à couper le souffle. Les États-Unis qui se posent en défenseurs de la liberté face à la Russie et à la Chine, mais qui menacent d’envahir un allié démocratique. C’est Orwellien dans sa purest forme.
Section 7 : Les implications géopolitiques plus larges
Le précédent dangereux pour l’ordre international
Une invasion américaine du Groenland créerait un précédent extrêmement dangereux pour l’ordre international basé sur des règles. Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, l’acquisition territoriale par la force a été largement rejetée comme un principe de droit international. Les États-Unis, en tant que puissance mondiale et promoteur de cet ordre basé sur des règles, ont traditionnellement défendu ce principe. Une violation flagrante de ce principe par Washington lui-même affaiblirait considérablement sa crédibilité morale et politique.
Cet acte pourrait encourager d’autres puissances à poursuivre leurs propres ambitions territoriales, invoquant le précédent américain. La Chine en Asie, la Russie en Europe de l’Est, d’autres acteurs dans différentes régions pourraient utiliser cet exemple pour justifier leurs propres actions expansionnistes. Le résultat serait un monde plus instable, plus dangereux, où la loi de la force remplacerait progressivement le droit international comme régulateur des relations entre États.
C’est ce qui m’effraie le plus au fond. Pas seulement l’acte lui-même, mais tout ce qui viendrait après. L’effondrement de l’ordre international que nous avons construit laborieusement depuis 1945. Si les États-Unis, la puissance qui a écrit les règles du jeu moderne, décide unilatéralement que ces règles ne s’appliquent plus quand ça ne l’arrange pas, alors tout s’écroule. On retourne à l’époque de la Realpolitik brutale, des alliances purement transactionnelles, de la conquête par la force. Ce n’est pas juste une crise passagère, c’est potentiellement la fin d’une époque.
La compétition pour l’Arctique
Le Groenland se trouve au cœur d’une compétition géopolitique croissante pour l’Arctique. Le changement climatique, qui fait fondre les glaces de la région, ouvre de nouvelles routes maritimes et rend accessibles des ressources naturelles considérables. La Russie a déjà intensifié sa présence militaire dans l’Arctique, construisant de nouvelles bases et modernisant sa flotte de brise-glaces. La Chine, bien que n’étant pas un pays arctique, a déclaré avoir des « intérêts » dans la région et cherche à y accroître son influence.
Dans ce contexte, la tentative américaine de prendre le contrôle du Groenland peut être vue comme une tentative de contrebalancer ces ambitions rivales. Cependant, la méthode proposée — une invasion ou une acquisition forcée — risque de précipiter exactement le type de confrontation que les États-Unis prétendent vouloir éviter. Une approche cooperative avec le Danemark, le Groenland et d’autres pays arctiques aurait sans doute été plus appropriée et plus susceptible de réussir à long terme.
L’Arctique est devenu ce nouveau terrain de jeu des grandes puissances, ce nouveau Far West où tout est à prendre. On voit la même logique extractiviste, impérialiste, qui a détruit tant d’autres régions de la planète maintenant s’appliquer à l’une des dernières zones sauvages du monde. Et les populations locales, comme les Inuits du Groenland, sont traitées comme des pions sur un échiquier, leur avis, leurs droits, leur dignité comptant pour rien dans les calculs stratégiques des grandes puissances. C’est écoeurant, vraiment, cette capacité infinie à reproduire les mêmes schémas de domination partout dans le monde.
Conclusion : un moment de vérité pour l'Amérique
Les choix qui définiront une nation
La crise du Groenland représente un moment de vérité pour les États-Unis et leur système démocratique. Un élu républicain envisageant la destitution de son propre président pour cause de projet d’invasion d’un allié de l’OTAN constitue un signal d’alarme sans précédent sur l’état de la politique américaine. Les choix faits dans les semaines et mois à venir définiront non seulement l’héritage de l’administration Trump, mais aussi l’avenir des relations internationales des États-Unis et la crédibilité de son engagement envers les alliances et le droit international.
Les institutions démocratiques américaines — le Congrès, les médias, la société civile — font face à un test crucial. Pourront-elles contenir les impulsions les plus dangereuses de l’exécutif ? Les garde-fous constitutionnels fonctionneront-ils comme prévu ? La réponse à ces questions déterminera si les États-Unis restent une puissance démocratique responsable ou s’ils basculent vers un modèle impérialiste prédateur.
Je regarde tout ça avec un mélange d’anxiété profonde et d’un étrange espoir. L’anxiété, c’est évident — la peur de voir tout ce que l’Amérique a représenté de meilleur se défaire sous nos yeux. Mais l’espoir, ça vient de voir qu’il y a encore des gens comme Don Bacon, des républicains prêts à dire « stop », des institutions qui résistent encore, une opinion publique qui n’a pas perdu toute capacité de discernement. Ce n’est peut-être pas la fin de la démocratie américaine. Ce peut être, paradoxalement, son épreuve ultime, celle qui prouvera qu’elle est capable de se corriger elle-même.
L’avenir des alliances transatlantiques
Quelle que soit l’issue de cette crise, les relations entre les États-Unis et leurs alliés européens seront durablement affectées. La confiance, une fois brisée, ne se restaure pas facilement. Les partenaires européens de l’Amérique commenceront inévitablement à remettre en question la fiabilité de Washington comme allié, particulièrement si Trump ou un successeur idéologique similaire reste au pouvoir. Cette méfiance accrue pourrait conduire à une Europe plus autonome en matière de défense et de sécurité, une évolution qui pourrait être à la fois nécessaire et saine pour l’équilibre géopolitique mondial.
La crise du Groenland pourrait ainsi marquer un tournant historique, non seulement dans la politique américaine mais dans l’architecture globale des alliances occidentales. L’ère d’une hégémonie américaine incontestée pourrait toucher à sa fin, remplacée par un monde multipolaire plus complexe mais potentiellement plus équilibré. Ce serait une transformation douloureuse pour beaucoup d’Américains habitués à la prédominance de leur pays sur la scène mondiale, mais peut-être aussi une opportunité de repenser les fondements d’un ordre international plus juste et plus durable.
Alors oui, c’est effrayant. C’est terrifiant même de voir comment tout peut se défaire si rapidement. Mais dans la peur, il y a aussi une clarté. On voit maintenant plus clairement ce qui compte vraiment. Les alliances qui nous protègent. Les institutions qui nous limitent. Le courage de quelques-uns à dire non quand tout le monde dit oui. La dignité des petits pays à décider de leur propre destin. L’Arctique qui fond, le monde qui change, et nous qui devons choisir comment nous y adaptons. Le Groenland n’est pas juste une île lointaine. C’est un miroir. Et ce qu’il nous renvoie, c’est l’image de ce que nous sommes devenus — et peut-être, tout juste peut-être, de ce que nous pourrions redevenir si nous avons le courage de choisir la sagesse plutôt que la force, la coopération plutôt que la domination. L’histoire nous regarde. Elle attend de voir ce que nous allons faire.
Sources
Sources primaires
The Independent, « Republican says he would ‘lean toward’ impeaching Trump if he invades Greenland », 15 janvier 2026
USA Today, « GOP congressman splits with Trump over Greenland, calls it ‘buffoonery’ », 15 janvier 2026
Reuters, « Just one in five Americans support Trump’s efforts to acquire Greenland, Reuters/Ipsos poll finds », 15 janvier 2026
Sources secondaires
Omaha World-Herald, entretien avec le représentant Don Bacon, 14 janvier 2026
NBC News, analyse du coût d’acquisition du Groenland, janvier 2026
Déclarations du Premier ministre du Groenland Jens-Frederik Nielsen, conférence de presse à Copenhague, 13 janvier 2026
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