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Le passé colonial qui hante encore

Si Trump croit que le Groenland accueillera une domination américaine avec les bras ouverts, il se trompe lourdement. Le peuple groenlandais porte dans sa mémoire les cicatrices d’un autre domination. Celle du Danemark. En septembre 2023, la première ministre danoise Mette Frederiksen a présenté des excuses officielles. Pour quoi ? Pour une campagne de contrôle démographique qui a duré trois décennies, de 1960 à 1991. Pendant ces années, des médecins danois ont inséré des stérilets à des milliers de femmes et de filles inuit, certaines âgées de seulement 12 ans. Sans leur consentement. Souvent sans même qu’elles sachent ce qu’on leur faisait. Imaginez une fillette de 12 ans, qui ne comprend pas la langue de ceux qui l’examinent, qui ne sait pas pourquoi on lui fait mal, qui rentre chez elle changée pour toujours sans comprendre pourquoi. Ces femmes, aujourd’hui des aïeules, se souviennent encore.

Il y a quelques années, le Danemark a aussi présenté des excuses pour avoir arraché près de deux douzaines d’enfants à leurs familles dans les années 1950. Le but ? Les « rééduquer » à Copenhague, les rendre plus danois, moins inuit. Les enfants ont grandi en se demandant qui ils étaient vraiment. Certains ne reverront jamais leurs parents biologiques. Aujourd’hui, quand les sondages montrent qu’une majorité de Groenlandais soutiennent l’indépendance, on comprend pourquoi. Ils ne veulent pas de Copenhague. Mais ils ne veulent pas davantage de Washington. Ce qu’ils veulent, c’est de décider eux-mêmes de leur avenir. Une idée simple, apparemment incompréhensible pour ceux qui voient le monde à travers le prisme de la puissance brute.

Une autonomie encore fragile

Le Groenland a acquis son autonomie interne en 1979, puis son autogouvernement en 2009. Sur le papier, Copenhague ne gère plus que la défense et la politique étrangère. Le reste appartient à Nuuk. Mais l’autonomie ne signifie pas l’indépendance économique. L’île dépend encore massivement des subventions danoises, de l’aide au développement, des transferts budgétaires. Cette dépendance crée une tension permanente : comment devenir vraiment libre quand on a besoin de l’argent de son maître ? C’est le dilemme du Groenland. Et maintenant, dans ce contexte déjà fragile, Trump arrive avec sa proposition : lâchez Copenhague, prenez Washington. Le problème, c’est que Washington n’offre pas la liberté. Il offre un autre maître.

Ça me révolte, cette façon de traiter les peuples comme des objets qu’on peut échanger. « Tu ne veux plus de nous ? Pas grave, prenez-les, eux ils vous veulent bien. » C’est comme si on disait à une femme maltraitée par son père : « Ne t’inquiète pas, voici un mari qui te prendra en charge. » Ce n’est pas de la liberté, c’est de la servitude déguisée. Les Groenlandais ne cherchent pas un nouveau propriétaire. Ils cherchent à être enfin propriétaires d’eux-mêmes. Est-ce que c’est vraiment si difficile à comprendre ? Apparemment, oui.

Sources

Sources primaires

blank »>The Morning Dispatch – Will Trump Take Greenland? (15 janvier 2026)

blank »>CNN Politics – January 14, 2026 – Trump administration news (14 janvier 2026)

blank »>Reuters – Denmark and Greenland face Vance in high-stakes meeting (14 janvier 2026)

Sources secondaires

blank »>Center for Strategic and International Studies – Greenland, Rare Earths, and Arctic Security (2025)

blank »>Just Security – The North Atlantic Treaty and a U.S. Attack on Denmark (2026)

blank »>PBS NewsHour – Denmark apologises to Greenland’s Inuit victims of forced birth control (2023)

blank »>Verian Group – Opinion poll in Greenland, January 2025 (2025)

blank »>YouGov – Few Americans want to take over Greenland — most oppose covert operations, military action (2025)

Encadré de transparence du chroniqueur

Je ne suis pas journaliste, mais chroniqueur. Je suis analyste, observateur des dynamiques géopolitiques et commerciales qui façonnent notre monde. Mon travail consiste à décortiquer les stratégies politiques, à comprendre les mouvements économiques globaux, à anticiper les virages que prennent nos dirigeants. Je ne prétends pas à l’objectivité froide du journalisme traditionnel. Je prétends à la lucidité, à l’analyse sincère, à la compréhension profonde des enjeux qui nous concernent tous.

Ce texte respecte la distinction fondamentale entre faits vérifiés et commentaires interprétatifs. Les informations factuelles présentées dans cet article proviennent de sources officielles et vérifiables, notamment les communiqués gouvernementaux, les déclarations officielles des dirigeants politiques, les rapports d’agences de presse internationales reconnues telles que Reuters, CNN, Associated Press, Agence France-Presse, ainsi que les données d’organisations internationales et de think tanks reconnus comme le Center for Strategic and International Studies et Just Security.

Les analyses et interprétations présentées représentent une synthèse critique basée sur les informations disponibles. Mon rôle est d’interpréter ces faits, de les contextualiser, de leur donner un sens. Toute évolution ultérieure pourrait modifier les perspectives présentées ici.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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