Une réaction en chaîne au sein de l’administration
L’émergence de l’enquête criminelle plus tôt cette semaine a surpris et consterné les hauts fonctionnaires du gouvernement. À la Maison Blanche, les responsables se sont précipités pour calmer les marchés et rassurer les législateurs, essayant de prendre leurs distances avec l’enquête dirigée par Pirro. Trump a nié toute connaissance de l’enquête lors d’une interview avec NBC News dimanche, déclarant : Je ne sais rien de ça, mais il n’est vraiment pas très bon à la Fed, et il n’est pas très bon pour construire des bâtiments. Cette déniabilité plausible s’effondre quand on examine le contexte et la chronologie.
Même le secrétaire au Trésor de Trump, Scott Bessent, a exprimé sa frustration face à ce mouvement. Plusieurs sénateurs républicains ont également critiqué l’enquête, et l’un d’eux, le sénateur Thom Tillis de Caroline du Nord, a juré de retenir son vote pour tout candidat remplaçant Powell tant que l’enquête reste ouverte. Jusqu’à ce que cette affaire soit résolue, je ne considérerai personne, a déclaré Tillis mardi. Je ne considérerais même pas ma mère pour le poste dans les conditions actuelles. Cette résistance bipartite est rare dans l’ère Trump et témoigne de l’ampleur de l’erreur stratégique commise par Pirro et ses alliés.
C’est presque comique de voir comment cette opération a mal tourné. Trump voulait faire un exemple de Powell, mais c’est lui qui finit par avoir l’air désespéré et amateur. Les républicains eux-mêmes se détournent de cette mascarade. Tillis disant qu’il ne voterait pas pour sa propre mère ! C’est le genre de détail qui rend l’absurdité de la situation tangible. Les marchés financiers, ces entités si sensibles à la stabilité, ne sont pas dupes. Ils savent que lorsqu’on attaque l’indépendance de la Réserve fédérale, on attaque les fondations mêmes de l’économie américaine. Et tout ça parce que Trump a été frustré par des procureurs trop lents à son goût.
La stratégie de Pirro face au tollé
Pirro a déclaré lundi que son bureau avait tenté de contacter la Fed précédemment et avait été ignoré, nécessitant l’utilisation de procédures judiciaires, ce qui n’est pas une menace. Son bureau n’a pas répondu aux demandes de commentaires mardi. Mais lors d’une apparition sur Fox News mardi soir, Pirro a qualifié la réponse de Powell de vidéo folle et a défendu sa décision d’ouvrir l’enquête. Nous parlons d’un milliard de dollars de dépassements de coûts à Washington et de quelque chose qui relève purement de ma compétence en tant que procureur des États-Unis pour enquêter, a-t-elle affirmé, arguant que la citation à comparaître était nécessaire pour obtenir une réponse de Powell à sa demande d’enquête.
Si la Fed avait répondu, dit-elle, je ne serais pas assise là en ce moment. Cette justification fait fi du fait que Pirro n’a pas consulté ses supérieurs hiérarchiques avant de lancer une enquête d’une telle ampleur. De plus, les courriels envoyés par son bureau au personnel de la Réserve fédérale en décembre ne faisaient aucune mention explicite d’une enquête criminelle ni de la possibilité d’émettre une citation à comparaître concernant la rénovation de la Fed ou le témoignage de Powell à ce sujet. L’escalade rapide vers une citation à comparaître a alarmé les conseillers et alliés de Trump, qui ont remis en question à la fois la sagesse de poursuivre l’enquête criminelle et la probabilité que les procureurs trouvent des preuves substantielles de wrongdoing.
Pirro joue le rôle du procureur dur et impartial, mais personne n’est dupe. Sa justification est aussi creuse que son engagement envers la justice. Elle parle de dépassements de coûts comme si elle était motivée par une vertu budgétaire soudaine. C’est risible. Cette femme qui a passé des années à hurler sur Fox News, transformant chaque petit fait divers en crime capital contre l’Amérique, soudainement préoccupée par les dépassements de coûts ? C’est comme si un pyromane devenait pompier et prétendait être motivé par la sécurité publique. La vérité est beaucoup plus simple : elle veut plaire à Trump. Elle veut sa validation. Elle veut son pouvoir. Et elle est prête à sacrifier l’indépendance de la Réserve fédérale pour l’obtenir.
Section 3 : L'enquête contre Slotkin, l'intimidation systématique des opposants
Une vidéo qui dérange le président
Pirro n’a pas seulement ciblé Jerome Powell. Elle a également lancé une enquête contre la sénatrice Elissa Slotkin, démocrate du Michigan, ancienne analyste de la CIA et vétéran de trois tours en Irak. Slotkin a été l’une des six vétérans militaires démocrates présentés dans une vidéo de novembre exhortant les membres du personnel militaire à ne pas suivre les ordres illégaux. Trump avait qualifié les actions des législateurs de séditieuses à l’époque et avait déclaré qu’ils devraient faire face à un procès. Slotkin a confirmé mercredi qu’elle faisait l’objet d’une enquête fédérale pour sa participation à cette vidéo.
Dans une réponse vidéo à l’enquête, la démocrate du Michigan a déclaré que le président Donald Trump instrumentalisait le gouvernement fédéral contre ceux qui ne sont pas d’accord avec lui. Slotkin est le dernier participant à la vidéo à faire l’objet d’une enquête de l’administration. Pour être clair, c’est le playbook du président, a déclaré Slotkin. La vérité n’importe pas. Les faits n’importent pas, et quiconque n’est pas d’accord avec lui devient un ennemi, et il instrumentalise alors le gouvernement fédéral contre eux. C’est de l’intimidation légale et une intimidation physique destinée à vous faire taire. Ces mots résonnent avec une vérité brutale sur la méthode de Trump.
Quand j’écoute Slotkin, je sens cette authenticité qui vient de ceux qui ont vraiment servi leur pays. Elle a été en Irak, elle a risqué sa vie, elle connaît la valeur de l’engagement et du devoir. Et voilà qu’elle se retrouve dans la ligne de mire de l’administration Trump parce qu’elle a rappelé aux soldats leur obligation de désobéir aux ordres illégaux. C’est la définition même du devoir civique, et c’est criminalisé par un président qui se voit comme au-dessus des lois. L’ironie est presque poétique si elle n’était pas si terrifiante. Trump, qui a évité le service militaire, poursuit ceux qui ont servi.
Les conséquences personnelles pour Slotkin
Slotkin a raconté qu’après la réponse de Trump à la vidéo de novembre, les menaces contre elle et sa famille ont explosé. Nous avons reçu plus de 1000 menaces. Plus de 100 étaient crédibles et font l’objet d’une enquête, a-t-elle dit. Je suis passée sous protection 24/7 de la police du Capitole. J’ai reçu une menace d’attentat à la bombe chez moi. Mes parents ont été victimes de swatting au milieu de la nuit, et mes frères et sœurs ont eu des voitures de police placées dans leur allée, et maintenant Trump utilise ses nommés politiques au FBI et au ministère de la Justice pour donner suite à ses menaces.
Ces détails graphiques illustrent le coût réel de l’opposition politique dans l’ère Trump. Ce ne sont pas des abstractions politiques ou des débats parlementaires. Ce sont des familles vivant dans la peur, des législateurs sous protection constante, des menaces de mort qui deviennent monnaie courante. Slotkin a déclaré que la liberté d’expression vaut la peine d’être défendue. En ce moment, s’exprimer contre l’abus de pouvoir est la chose la plus patriotique que nous puissions faire, a-t-elle dit. Cette résistance face à l’intimidation représente ce qui reste de la dignité politique américaine.
Les menaces contre la famille de Slotkin me rendent physiquement malade. Le swatting n’est pas une blague. C’est une tactique terroriste conçue pour terroriser. Et ce qui est encore plus révoltant, c’est que Trump encourage activement ce genre de comportement par ses mots et ses actions. Il crée un environnement où l’intimidation devient normalisée, où le harcèlement des opposants politiques devient un sport national. Et Pirro est là, prête à utiliser le pouvoir du ministère de la Justice pour transformer cette atmosphère toxique en persécution légale. C’est la définition même de l’abus de pouvoir.
Section 4 : La réaction de Powell et l'unité bipartite contre l'enquête
Powell riposte publiquement
Jerome Powell a décidé de répondre publiquement après avoir reçu la citation à comparaître. Le président de la Réserve fédérale a publié une vidéo où il décrivait l’enquête comme sans précédent et comme une conséquence du fait que la Réserve fédérale fixe les taux d’intérêt en fonction de notre meilleure évaluation de ce qui servira le public, plutôt que de suivre les préférences du président. Cette déclaration directe et sans équivoque marque une rupture avec la tradition de discrétion qui entoure normalement la Réserve fédérale. Powell a choisi de se battre publiquement plutôt que de se soumettre en silence à cette intimidation.
La réponse rapide de Powell a déclenché une vague de soutien bipartite dans les cercles politiques et économiques. Une déclaration conjointe a été publiée lundi, signée par tous les anciens présidents de la Réserve fédérale encore en vie ainsi que par un groupe bipartisan d’anciens secrétaires au Trésor et de présidents du Conseil des conseillers économiques. Ce document sans précédent avertissait d’une tentative de utiliser des attaques judiciaires pour saper la Réserve fédérale. Cette unité rare entre démocrates et républicains illustre à quel point l’indépendance de la Fed est considérée comme une valeur fondamentale de l’économie américaine.
La vidéo de Powell est quelque chose que je n’aurais jamais cru voir. Le président de la Réserve fédérale, cette institution normalement si obscure et technocratique, se tenant devant les caméras pour dénoncer une persécution politique. C’est le moment où le rideau se lève et où tout le monde peut voir la réalité crue de ce qui se passe sous Trump. Et la réponse bipartite ! Des anciens présidents de la Fed des deux partis s’unissant contre cette attaque ! C’est un rappel puissant que même dans l’ère de la polarisation extrême, certaines valeurs restent universelles. L’indépendance de la banque centrale n’est pas un concept de gauche ou de droite. C’est un pilier de l’économie de marché.
Les conséquences potentielles pour l’économie
L’enquête de Pirro menace maintenant de compliquer le calendrier de confirmation d’un nouveau président de la Fed, une priorité de Trump pour stimuler son agenda économique. Jusqu’à présent, Bessent avait aidé à guider un processus de sélection pour le nouveau candidat de Trump à la tête de la Réserve fédérale, avant une annonce officielle dans les prochaines semaines. Mais l’enquête dirigée par Pirro jette désormais le doute sur l’insistance de l’administration selon laquelle elle respecte l’indépendance de longue date de la Réserve fédérale.
Alors que les marchés financiers restent volatils en raison de cette instabilité politique, certains responsables de Trump se sont ouvertement demandé si Powell déciderait maintenant de rester à la Réserve fédérale bien après la fin de son mandat de président. Jusqu’à présent, Powell n’avait aucune envie de rester, mais maintenant, je ne serais pas si rapide à le dire. Je pense qu’il pourrait vouloir le faire, en quelque sorte, juste par dépit, a déclaré un proche de Powell. Cette perspective, bien que spéculative, illustre les conséquences imprévues de l’approche agressive de Pirro et de Trump.
L’économie américaine, cette machine complexe et interconnectée, dépend de la confiance et de la stabilité. Chaque fois que Trump et ses alliés perturbent cette confiance, ils mettent en danger des millions de vies. Les taux d’intérêt, l’inflation, l’emploi, les investissements, tout cela est influencé par la perception que les marchés ont de la stabilité politique. Et quand vous avez un président qui poursuit le président de la Réserve fédérale parce qu’il ne baisse pas les taux assez vite, vous créez une incertitude qui peut avoir des conséquences catastrophiques. C’est comme jouer avec des allumettes dans une usine de munitions.
Section 5 : Le rôle de Bill Pulte dans cette machination
Un allié controversé de Trump
Les conseillers et alliés de Trump ont également pointé du doigt Bill Pulte, le haut responsable du logement, un critique virulent de Powell qui avait fait pression pour une enquête contre lui, notamment en présentant récemment à Trump une affiche recherché du président de la Fed. Pulte a nié son implication dans l’enquête sur Powell, et dans un communiqué, le directeur des communications de la Maison Blanche, Steven Cheung, a qualifié Pulte de l’un des conseillers les plus loyaux et importants du président. Bill Pulte est un patriote et a la pleine confiance du président Trump, a-t-il déclaré.
Cependant, des rapports contradictoires suggèrent que Pulte a joué un rôle central dans l’initiation de cette enquête. L’utilisation d’une affiche recherché dans la Maison Blanche illustre le niveau auquel la politique sous Trump est devenue un mélange toxique de populisme et de réalité télévisuelle. Pulte, comme d’autres alliés de Trump, semble comprendre que la clé du succès dans cette administration n’est pas la compétence ou l’intégrité, mais la capacité à flatter les instincts les plus vengeurs du président. Cette dynamique crée un environnement où les conseillers les plus extrêmes et les plus irresponsables sont récompensés.
Une affiche recherché pour le président de la Réserve fédérale ! On se croirait dans un film de western pour adolescents, sauf que les conséquences sont bien réelles. Pulte, cet homme qui semble plus à sa place dans une salle de rédaction de Fox News que dans un poste gouvernemental sérieux, incarne parfaitement ce que l’administration Trump est devenue : un club de fans où la loyauté aveugle prime sur la compétence. Ce n’est pas de la gouvernance, c’est du cosplay présidentiel. Et quand ces jeux d’enfants commencent à affecter l’économie mondiale, on comprend à quel point nous sommes en danger.
Les contradictions au sein de l’administration
Les démentis croisés de Trump et de Pulte concernant leur approbation de l’enquête révèlent les profondes divisions et le manque de coordination au sein de l’administration Trump. D’un côté, Pirro affirme agir de manière indépendante. De l’autre, Trump nie toute connaissance de l’enquête. Pendant ce temps, Pulte nie son implication tout en étant cité comme un acteur clé par d’autres sources. Ces contradictions ne sont pas accidentelles ; elles reflètent une administration décentralisée où différents camps se battent pour l’influence du président.
Cette structure chaotique crée un environnement où des actions impulsives comme l’enquête de Pirro peuvent être lancées sans consultation appropriée. Les hauts fonctionnaires du ministère de la Justice sont stupéfaits et agacés de ne pas avoir été consultés sur une investigation d’une telle importance. Ce manque de processus et de coordination n’est pas seulement inefficace, il est dangereux. Cela permet aux amateurs et aux idéologues comme Pulte et Pirro de lancer des initiatives qui peuvent avoir des conséquences économiques et politiques majeures sans que personne ne puisse les arrêter.
Le chaos de l’administration Trump n’est pas un bug, c’est une caractéristique. Trump aime le chaos. Il pense que la compétition entre ses conseillers le rend plus fort. Mais quand cette compétition se transforme en guerre par procuration entre les différentes branches du gouvernement, tout le monde en souffre. Les marchés financiers, les alliés étrangers, les Américains ordinaires, tous deviennent les otages involontaires des guerres intestines de Trump. Et Pirro, avec son désir désespéré de plaire, est devenue l’un des généraux les plus destructeurs de cette guerre.
Section 6 : La résistance bipartisan face aux excès de Trump
Les républicains prennent leurs distances
La réaction des républicains à l’enquête sur Powell a été particulièrement notable. Le sénateur Tillis, un républicain conservateur de Caroline du Nord, a pris position de manière particulièrement forte contre l’enquête. Sa déclaration selon laquelle il ne voterait même pas pour sa propre mère pour remplacer Powell tant que l’enquête reste ouverte est une condamnation cinglante de l’approche de Trump. Cette résistance républicaine n’est pas isolée ; plusieurs sénateurs du GOP ont exprimé leurs préoccupations, craignant que l’attaque contre l’indépendance de la Fed ne compromette la stabilité économique.
Cette rupture au sein du parti républicain est significative. Trump a longtemps exigé une loyauté absolue de ses partisans, punissant sévèrement ceux qui s’opposent à lui. Pourtant, même dans ce environnement intimidatoire, certains républicains sont prêts à défendre des principes fondamentaux comme l’indépendance de la Réserve fédérale. Cette résistance, bien que limitée, montre que tous les institutions et tous les principes ne se sont pas effondrés face à l’assaut de Trump. Il reste des lignes rouges que même les partisans les plus loyaux ne sont pas prêts à franchir.
Je suis surpris, pour être honnête. Après des années de soumission aveugle au sein du parti républicain, voir des sénateurs comme Tillis prendre position contre Trump est presque miraculeux. C’est comme voir une plante fleurir dans le désert. Cela me donne un espoir minime, fragile, mais réel. Peut-être que tous les principes n’ont pas été vendus. Peut-être que certains conservateurs comprennent encore que certaines institutions doivent rester au-dessus de la politique partisane. Tillis a pris un risque énorme en s’opposant à Trump, et ce mérite d’être reconnu, même si je suis en désaccord avec lui sur à peu près tout le reste.
L’unité des experts économiques
La déclaration commune signée par tous les anciens présidents de la Réserve fédérale et un groupe bipartisan d’anciens secrétaires au Trésor représente une unité rare dans la politique américaine contemporaine. Ces experts économiques, venant d’horizons politiques divers, se sont unis pour condamner l’enquête de Pirro. Leur avertissement concernant une tentative d’utiliser des attaques judiciaires pour saper la Réserve fédérale est sans équivoque et sans précédent.
Cette unité des experts économiques illustre à quel point l’indépendance de la Fed est considérée comme un pilier fondamental de l’économie américaine. Contrairement à de nombreux autres enjeux politiques qui divisent les experts, l’indépendance de la banque centrale fait consensus. Les conservateurs comme les libéraux comprennent que lorsque la politique empiète sur la politique monétaire, le résultat est presque toujours désastreux. Cette unité bipartite, même si elle ne suffit pas à arrêter Trump, représente au moins un rappel puissant de ce qui est en jeu.
Il y a quelque chose de poign dans cette unité. Les anciens présidents de la Fed, ces hommes et femmes qui passent leur vie à penser aux taux d’intérêt et à l’inflation, se retrouvant unis dans une déclaration politique. Ce n’est pas naturel pour eux. Ils préfèrent l’ombre technocratique aux feux de la rampe politique. Mais quand ils voient les fondations mêmes de l’économie américaine menacées, ils n’ont pas le choix de sortir de leur réserve. C’est un signe de la gravité de la situation. Quand les technocrates commencent à crier, tout le monde devrait écouter.
Section 7 : Les parallèles avec les régimes autoritaires
L’instrumentalisation de la justice
Ce qui se passe sous l’administration Trump n’est pas nouveau dans l’histoire. L’instrumentalisation du système judiciaire pour persécuter les opposants politiques est une caractéristique classique des régimes autoritaires. De la Turquie d’Erdogan à la Hongrie d’Orban, nous avons vu ce schéma se répéter encore et encore : un dirigeant arrive au pouvoir, commence à remettre en question les institutions indépendantes, utilise le système judiciaire comme une arme contre ses ennemis, et transforme progressivement la démocratie en un régime autoritaire.
Le cas de Pirro et Trump suit ce schéma avec une précision inquiétante. Trump exprime sa frustration que la justice ne poursuive pas ses ennemis assez vite. Pirro lance immédiatement des enquêtes contre les cibles favorites de Trump. Les opposants politiques comme Slotkin sont harcelés et intimidés. Les institutions indépendantes comme la Réserve fédérale sont attaquées. C’est le manuel de l’autoritarisme appliqué lettre par lettre dans la plus grande démocratie du monde.
Je ne veux pas être celui qui compare Trump à Hitler ou Mussolini. Ces comparaisons sont souvent exagérées et contre-productives. Mais je ne peux pas ignorer les parallèles. L’instrumentalisation de la justice, la persécution des opposants politiques, l’attaque contre les institutions indépendantes, tout cela ressemble dangereusement à ce que nous avons vu dans d’autres pays qui ont glissé vers l’autoritarisme. La différence, c’est que l’Amérique a des institutions plus solides et une tradition démocratique plus profonde. Mais même les institutions les plus solides peuvent s’effondrer si elles sont attaquées systématiquement.
La normalisation de l’intimidation
L’un des aspects les plus inquiétants de cette affaire est la normalisation de l’intimidation politique. Slotkin a reçu des milliers de menaces, y compris des menaces crédibles contre sa vie et celle de sa famille. Le swatting de ses parents a été rapporté comme un incident banal dans la couverture médiatique. Cette escalade de l’intimidation, du harcèlement en ligne aux menaces de mort physiques, représente une nouvelle norme dans la politique américaine.
Cette normalisation est particulièrement dangereuse car elle crée un environnement où l’opposition politique devient physiquement dangereuse. Les législateurs peuvent craindre non seulement pour leur carrière politique mais pour leur sécurité physique et celle de leur famille. Cette atmosphère de peur a un effet dissuasif puissant sur la démocratie. Comment peut-on avoir un débat politique libre et ouvert quand ceux qui s’expriment s’attirent des menaces de mort ?
Ce qui me terrifie le plus, c’est à quel point nous nous habituons à cette folie. Slotkin reçoit des menaces de mort, ses parents sont victimes de swatting, et c’est à peine rapporté comme une nouvelle secondaire. Nous sommes devenus blasés face à l’intimidation politique, comme si c’était juste une autre caractéristique du paysage politique américain. C’est la victoire ultime de Trump : il a normalisé l’inacceptable. Il a rendu l’intimidation politique banale. Et une fois que l’intolérable devient banal, tout devient possible.
Section 8 : Les leçons de cette crise
L’importance des institutions indépendantes
Cette crise souligne l’importance cruciale des institutions indépendantes dans une démocratie. La Réserve fédérale, le ministère de la Justice, le FBI, ces institutions ne sont pas des outils du pouvoir politique. Elles sont des gardiens de l’État de droit et de la stabilité économique. Lorsqu’elles sont instrumentalisées pour des buts politiques, tout le système commence à se décomposer. Les marchés deviennent volatils, les citoyens perdent confiance dans le gouvernement, et la démocratie elle-même est menacée.
La réaction bipartite contre l’enquête de Pirro montre qu’il reste un consensus fondamental sur l’importance de ces institutions indépendantes. Même dans une époque de polarisation extrême, certains principes restent universels. Ce consensus, bien que fragile, représente un espoir. Il montre que tous les Américains ne sont pas prêts à abandonner les fondements de leur démocratie.
Je crois profondément que les institutions sont la seule chose qui nous sépare du chaos. Les constitutions, les lois, les processus, les normes informelles, tout cet édifice que nous avons construit sur des siècles de démocratie. Trump et ses alliés comme Pirro sont en train de détruire cet édifice brique par brique. Ils ne comprennent pas que ces institutions ne sont pas là pour les gêner, mais pour les protéger. Ils ne voient que les contraintes immédiates sur leur pouvoir, pas la protection à long terme qu’elles offrent à tout le monde. C’est la myopie typique des autocrates.
Le rôle des médias et de la société civile
Les médias ont joué un rôle crucial dans cette crise en exposant les actions de Pirro et de Trump. Le Wall Street Journal, CNN, le New York Times, Politico, ces médias ont poursuivi l’histoire malgré les risques. Les organisations de la société civile ont également dénoncé l’instrumentalisation de la justice. Cette surveillance constante représente une partie importante du système de freins et contrepoids démocratique.
Cependant, le rôle des médias est menacé par les attaques constantes de Trump contre ce qu’il appelle les fake news. Pirro elle-même vient de Fox News, une chaîne qui a souvent servi de porte-voix pour les attaques de Trump contre les médias traditionnels. Cette dynamique crée un environnement dangereux où la vérité elle-même devient un enjeu politique. Sans une presse libre et vigoureuse, la démocratie ne peut pas survivre.
Les journalistes qui poursuivent ces histoires malgré les menaces et les attaques sont des héros inavoués de notre démocratie. Ils font le travail que la plupart d’entre nous n’osent pas faire. Ils posent les questions inconfortables, ils cherchent la vérité malgré les mensonges, ils tiennent le pouvoir responsable. Pirro, qui vient de ce milieu, devrait le savoir mieux que quiconque. Au lieu de cela, elle a choisi de devenir l’arme de destruction de la presse libre. C’est une trahison à la fois de son métier et de son pays.
Conclusion : L'Amérique à la croisée des chemins
Le moment de choisir
L’Amérique se trouve à un moment critique de son histoire. Les attaques contre les institutions démocratiques se multiplient. L’instrumentalisation de la justice devient systématique. L’intimidation des opposants politiques se normalise. Ces développements ne sont pas des accidents ou des excès passagers. Ils représentent une transformation fondamentale de la nature du gouvernement américain. La question que tous les Américains doivent se poser est simple : quel genre de pays voulons-nous être ?
Les choix que nous faisons maintenant détermineront l’avenir de la démocratie américaine pour les générations à venir. Nous pouvons accepter cette transformation vers un système où le pouvoir politique dicte la justice, ou nous pouvons résister et défendre les institutions qui nous protègent. Pirro et Trump représente un chemin, mais ce n’est pas le seul chemin possible. La résistance bipartite contre leurs excès montre qu’il reste un chemin alternatif.
Je ne peux pas m’empêcher de penser à l’histoire quand je regarde ce qui se passe en Amérique. Combien de pays ont traversé ce moment crucial ? Combien ont choisi la mauvaise direction ? L’Allemagne des années 1930, l’Italie des années 1920, l’Espagne des années 1930, l’Argentine des années 1970, la liste est longue et tragique. L’Amérique a toujours pensé qu’elle était différente, qu’elle était immunisée contre ces tendances autoritaires. Mais ce qui se passe maintenant prouve le contraire. Personne n’est immunisé. La démocratie est fragile et demande une vigilance constante.
L’espoir dans la résistance
Malgré tout, il reste des raisons d’espoir. La réaction bipartite contre l’enquête de Pirro montre que tous les Américains n’ont pas abandonné les principes démocratiques. Les menées courageuses de législateurs comme Slotkin, la résistance des experts économiques, le travail des médias qui continuent à faire leur travail malgré les attaques, tout cela montre que la démocratie américaine reste vivante.
L’histoire nous enseigne que les démocraties peuvent survivre à des moments de crise. Elles peuvent émerger plus fortes de ces épreuves. Mais cela demande de la vigilance, du courage et de la solidarité. Trump hurle et Pirro écoute, mais ils n’ont pas le dernier mot. Le dernier mot appartient aux Américains qui refusent d’abandonner leur démocratie. Dans ce moment sombre, cette résistance représente une lueur d’espoir.
Je crois en l’Amérique. Pas en l’Amérique mythologique de Trump, mais en l’Amérique réelle, complexe, imparfaite mais fondamentalement décente qui existe toujours. Je vois cette Amérique dans le courage de Slotkin, dans l’intégrité de Powell, dans le journalisme de ceux qui continuent à chercher la vérité. Cette Amérique est plus forte que Trump, plus forte que Pirro, plus forte que tous les autocrates qui essaieront de la détruire. Elle survivra parce qu’elle doit survivre. Parce que le monde ne peut pas se permettre de perdre ce bastion de la démocratie. Trump hurle, Pirro écoute, mais l’Amérique finira par leur répondre. Et cette réponse sera le son de la démocratie qui refuse de mourir.
Sources
Sources primaires
Talking Points Memo – Trump Yells and Jeanine Pirro Listens – 14 janvier 2026
CNN Politics – Frustration mounts inside White House over Pirro’s handling of Powell investigation – 13 janvier 2026
Politico – Slotkin says she is under investigation for November military video – 14 janvier 2026
Sources secondaires
Wall Street Journal – Trump blasted federal prosecutors at White House event – 13 janvier 2026
New York Times – Senator Says Prosecutors Are Investigating Her After Video About Illegal Orders – 13 janvier 2026
Fox Business – Pirro says Federal Reserve ignored US attorney outreach on Powell testimony – 13 janvier 2026
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