Ce que les élus ont réellement dit
Le 18 novembre 2025, la sénatrice Slotkin publie une vidéo sur ses réseaux sociaux. Six démocrates s’y succèdent, tous avec un parcours militaire ou dans le renseignement. Le message est simple, direct, factuel : « Vous avez tous prêté serment de protéger et défendre cette Constitution », disent-ils aux membres des forces armées et des services de renseignement. « En ce moment, les menaces contre notre Constitution ne viennent pas seulement de l’étranger, mais d’ici même, chez nous. » Puis vient la phrase centrale, celle qui va déchaîner les enfers : « Nos lois sont claires. Vous pouvez refuser les ordres illégaux. Vous DEVEZ refuser les ordres illégaux. »
La vidéo ne nomme aucun ordre spécifique. Elle ne mentionne pas Trump par son nom. Elle se contente de rappeler ce que tout militaire apprend dès sa formation de base. L’arrêt United States v. Keenan de 1969 l’a établi clairement : « L’obéissance à un ordre légal est justifiée, mais celle à un ordre manifestement illégal ne l’est pas. » Le Code uniforme de justice militaire le confirme. Les membres des forces armées prêtent serment à la Constitution, pas au commandant en chef ni à quiconque dans la chaîne de commandement. Ces élus n’ont fait que rappeler cette réalité juridique. Mais dans l’Amérique de Trump 2.0, rappeler la loi quand elle déplaît au président équivaut apparemment à la haute trahison.
Vous savez ce qui me frappe le plus ? La banalité de ce qu’ils ont dit. « Vous pouvez refuser les ordres illégaux. » C’est dans tous les manuels de formation militaire. C’est enseigné à West Point, à Annapolis, à Colorado Springs. Le groupe The Steady State, qui rassemble plus de 300 experts en sécurité nationale, l’a confirmé : ces élus n’ont fait que « reformuler ce que chaque officier et soldat sait déjà ». Alors pourquoi cette fureur ? Pourquoi cette enquête ? La réponse est simple : parce que cette vérité juridique déplaît. Parce qu’elle suggère que certains ordres pourraient être illégaux. Et ça, apparemment, c’est intolérable.
Le contexte : des militaires sous pression
La vidéo n’est pas sortie de nulle part. En novembre 2025, l’administration Trump avait déployé la Garde nationale dans plusieurs villes américaines, parfois contre l’avis des gouverneurs locaux. Des frappes militaires avaient été ordonnées contre des bateaux soupçonnés de transporter de la drogue dans les Caraïbes et le Pacifique, tuant des personnes sans procès ni jugement. Le sénateur Kelly, interrogé sur Face the Nation, avait exprimé son inquiétude concernant des déclarations passées de Trump suggérant qu’il serait prêt à utiliser l’armée de manière illégale — notamment ses suggestions de tuer les familles de terroristes ou, selon un ancien secrétaire à la Défense, de faire tirer sur des manifestants dans les jambes.
Les six élus s’adressaient à des militaires qu’ils savaient être « sous une pression énorme », comme le dit Slotkin dans la vidéo. Ils leur rappelaient leurs droits, leur juraient qu’ils les soutenaient. « Nous savons que c’est difficile », disent-ils. « Mais que vous serviez à la CIA, dans l’Armée, la Marine, l’Armée de l’Air, votre vigilance est cruciale. » Ils terminent par une devise célèbre de la Marine : « Don’t give up the ship » — ne lâchez pas le navire. Une exhortation au courage, à la fidélité aux principes. Rien de plus. Rien de séditieux. Rien qui, dans n’importe quelle démocratie fonctionnelle, devrait valoir une enquête criminelle.
La réaction de Trump : menaces de mort et appels à la pendaison
« SEDITIOUS BEHAVIOR, punishable by DEATH! »
Deux jours après la publication de la vidéo, le 20 novembre 2025, Donald Trump explose sur Truth Social. « C’est un COMPORTEMENT SÉDITIEUX AU PLUS HAUT NIVEAU », écrit-il. « Chacun de ces traîtres à notre pays devrait être ARRÊTÉ ET JUGÉ. Leurs paroles ne peuvent pas rester sans réponse — Nous n’aurons plus de pays !!! Un exemple DOIT ÊTRE DONNÉ. » Quelques dizaines de minutes plus tard, un second message, plus court, plus brutal : « SEDITIOUS BEHAVIOR, punishable by DEATH! » Comportement séditieux, punissable de MORT. En lettres capitales. Sans nuance. Sans équivoque. Le président des États-Unis appelle publiquement à l’exécution de six élus du Congrès.
Trump ne s’arrête pas là. Il relaie un message d’un autre utilisateur qui écrit : « HANG THEM GEORGE WASHINGTON WOULD !! » — Pendez-les, George Washington l’aurait fait. Il multiplie les publications, accusant les élus de « trahison », réclamant leur emprisonnement. Son conseiller Stephen Miller surenchérit sur les réseaux : « Des élus démocrates appellent maintenant ouvertement à l’insurrection. » La machine à haine est lancée. En quelques heures, la sénatrice Slotkin reçoit plus de 1 000 menaces. La police du Capitole lui assigne une protection 24 heures sur 24. Une alerte à la bombe vise sa maison à Holly, Michigan. Ses parents sont « swattés » en pleine nuit — quelqu’un a appelé la police en prétendant qu’un crime violent était en cours chez eux.
Fermez les yeux une seconde. Imaginez que vous êtes les parents d’Elissa Slotkin. Vous dormez paisiblement. Et soudain, des policiers armés défoncent votre porte parce qu’un inconnu a appelé en disant qu’il y avait un meurtre chez vous. Parce que votre fille, une ancienne de la CIA, une élue du peuple, a osé rappeler que les militaires ont des droits. Voilà ce que fait la rhétorique présidentielle. Voilà ce que produisent les mots « punishable by DEATH » quand ils sortent de la bouche de l’homme le plus puissant du monde. Ce n’est pas de la politique. C’est de l’incitation à la violence. Et les conséquences sont bien réelles.
Les experts juridiques démontent l’accusation de sédition
Eric R. Carpenter, professeur de droit à l’Université internationale de Floride, est catégorique : « La sédition, c’est essayer de renverser le gouvernement par la force ou la violence. Dans cette vidéo, les élus disent simplement aux militaires de suivre la loi. Ils ne leur disent pas de renverser le gouvernement. » Victor M. Hansen, professeur à la New England Law de Boston et ancien officier du JAG de l’armée, abonde dans le même sens : « Les efforts de Trump pour qualifier ce discours légal de séditieux sont absurdes. Ces déclarations ne sont pas séditieuses et ne constituent aucune preuve de conspiration. »
Le droit fédéral définit la « conspiration séditieuse » comme le fait de conspirer pour « renverser, abattre ou détruire par la force » le gouvernement américain. La peine maximale est de 20 ans de prison — pas la mort, contrairement à ce qu’affirme Trump. Berit Berger, ancienne procureure fédérale, a expliqué sur CNN que la sédition « est un crime spécifique » qui « nécessite de plaider ou de planifier le renversement du gouvernement par la force ». Elle note que la sédition est rarement poursuivie et qu’il est « très difficile d’accuser quelqu’un de sédition sur la seule base de ce qu’il dit », car « les gens ont le droit de critiquer leur gouvernement, de dire des choses, même inflammatoires, que le gouvernement n’aime pas ».
L'enquête fédérale : quand le département de Justice cible l'opposition
Le FBI entre en scène
L’affaire aurait pu en rester aux tweets rageurs d’un président impulsif. Mais non. En décembre 2025, la division antiterroriste du FBI ouvre une enquête sur les six élus. L’agence demande des entretiens volontaires avec chacun d’entre eux. Une enquête du FBI pour « terrorisme » sur des membres du Congrès américain. Pour avoir cité le Code militaire. La nouvelle, révélée par le New York Times, provoque un choc. Mais ce n’est que le début. En janvier 2026, l’enquête monte d’un cran. Le bureau de Jeanine Pirro, procureure fédérale du district de Columbia nommée par Trump, contacte directement les élus pour demander des interrogatoires.
La sénatrice Slotkin apprend la nouvelle par un courriel envoyé au sergent d’armes du Sénat. « La semaine dernière, le bureau du procureur de D.C. a demandé à m’interroger à cause d’une vidéo de 90 secondes que le président Trump n’a pas aimée », déclare-t-elle publiquement le 14 janvier. « L’intimidation, c’est le but. Et ça ne marchera pas. » Les représentants Crow, Deluzio, Houlahan et Goodlander confirment avoir reçu des demandes similaires. Le bureau de Pirro refuse de « confirmer ou infirmer l’existence d’une enquête ». Mais les faits parlent d’eux-mêmes : cinq élus du Congrès sont désormais dans le collimateur de la justice fédérale pour avoir exercé leur liberté d’expression.
Je voudrais qu’on s’arrête une seconde sur ce qui se passe réellement. Le département de Justice des États-Unis enquête sur des membres du Congrès pour avoir dit quelque chose de vrai. Pas une opinion. Un fait juridique. Une réalité inscrite dans la loi depuis des décennies. C’est comme si on enquêtait sur quelqu’un pour avoir dit que le ciel est bleu. Sauf que là, les conséquences peuvent être la prison. Dix ans, selon la loi que Trump invoque. Et cette enquête est menée par une procureure nommée par le même président qui a réclamé leur exécution. Vous voyez le problème ? Vous sentez l’odeur de la dérive autoritaire ?
Le cas Mark Kelly : un astronaute menacé de rétrogradation
Le sénateur Mark Kelly fait face à un traitement particulier. En tant que capitaine retraité de la Marine, il reste soumis à certaines dispositions du Code militaire. Le secrétaire à la Défense Pete Hegseth a décidé d’exploiter cette vulnérabilité. Le 5 janvier 2026, Hegseth annonce avoir lancé une « procédure de détermination du grade de retraite » contre Kelly. En clair : le Pentagone cherche à lui retirer son grade de capitaine et à réduire sa pension. Hegseth lui adresse également une lettre de censure officielle, qui sera versée dans son dossier militaire permanent. L’accusation ? Avoir tenu des « déclarations séditieuses » et encouragé l’insubordination.
Kelly contre-attaque le 12 janvier en déposant une plainte de 46 pages devant un tribunal fédéral de Washington. Il y accuse Hegseth de violer le Premier amendement — la liberté d’expression — et la clause Speech or Debate de la Constitution, qui protège les élus pour leurs actes législatifs. « Pete Hegseth s’en prend à ce que j’ai gagné en 25 ans de service militaire », déclare Kelly. « Sa croisade inconstitutionnelle contre moi envoie un message glaçant à chaque ancien militaire : si vous parlez et dites quelque chose que le président ou le secrétaire à la Défense n’aime pas, vous serez censuré, menacé de rétrogradation, voire poursuivi. » Des experts juridiques militaires qualifient la tentative de Hegseth de « sans fondement légal » et « mort-née ».
Les implications constitutionnelles : une démocratie à l'épreuve
Le Premier amendement sous attaque
Au cœur de cette affaire se trouve une question fondamentale : un gouvernement peut-il punir des citoyens — y compris des élus — pour avoir exprimé des opinions qui lui déplaisent ? Le Premier amendement de la Constitution américaine est censé l’interdire. « Le Congrès ne fera aucune loi restreignant la liberté d’expression », dit-il. Les tribunaux ont interprété cette protection de manière large, incluant le droit de critiquer le gouvernement, même violemment, tant qu’on n’incite pas directement à la violence. Or, les six élus n’ont incité à rien. Ils ont rappelé un droit existant. Ils ont cité la loi. Et pour cela, ils font face à des enquêtes criminelles.
La représentante Houlahan a résumé l’enjeu : « Nous six sommes ciblés non pas parce que nous avons dit quelque chose de faux, mais parce que nous avons dit quelque chose que le président Trump et le secrétaire Hegseth ne voulaient pas qu’on entende. » La représentante Goodlander a ajouté qu’il était « triste et révélateur que le simple fait d’énoncer un principe fondamental du droit américain ait provoqué des appels à la violence de la part du président ». Elle a qualifié de « carrément dangereux » le fait que le département de Justice « me cible pour avoir fait mon travail ». Ces mots résonnent comme un avertissement. Quand dire la vérité devient un crime, que reste-t-il de la démocratie ?
Il y a une loi fédérale que Trump invoque pour justifier ces enquêtes. Elle cible quiconque « conseille, encourage, pousse ou tente de causer l’insubordination, la déloyauté, la mutinerie ou le refus de servir » chez un militaire. Peine maximale : 10 ans de prison. Mais comme l’a expliqué le professeur Dickinson de l’Université George Washington, cette loi exige une « intention très élevée » qui est « très difficile à prouver ». Les élus n’ont pas dit « désobéissez à Trump ». Ils ont dit « vous pouvez refuser les ordres illégaux ». C’est la différence entre encourager l’insubordination et rappeler un droit. Une différence que l’administration Trump semble incapable — ou refuse — de voir.
La séparation des pouvoirs en péril
Au-delà du Premier amendement, cette affaire met en cause la séparation des pouvoirs — le principe selon lequel les trois branches du gouvernement (exécutif, législatif, judiciaire) sont indépendantes les unes des autres. La plainte de Kelly argue que les actions de Hegseth « érodent la séparation des pouvoirs » en punissant un sénateur en exercice « par des procédures militaires pour son discours politique ». Si l’exécutif peut utiliser l’armée pour punir des élus qui le critiquent, que reste-t-il du contrôle parlementaire sur le Pentagone ?
La clause Speech or Debate de la Constitution accorde une immunité aux parlementaires pour leurs « activités législatives ». Kelly soutient que ses déclarations sur les ordres militaires relèvent de son rôle de sénateur siégeant à la commission des services armés. Critiquer la politique militaire de l’administration, c’est son travail. Le punir pour cela, c’est subordonner le Congrès à l’exécutif. « Si on permet au Pentagone de procéder, cela inverserait la structure constitutionnelle », dit la plainte, « en rendant les législateurs subordonnés à la discipline de l’exécutif ». Les Pères fondateurs doivent se retourner dans leurs tombes.
Les réactions : entre condamnation et silence complice
Les démocrates dénoncent une chasse aux sorcières
Le leader de la minorité au Sénat Chuck Schumer n’a pas mâché ses mots après les menaces de Trump en novembre : « Soyons parfaitement clairs : le président des États-Unis appelle à l’exécution d’élus. C’est une menace, et c’est mortellement sérieux. » Il a rappelé que « nous avons déjà vu ce qui se passe quand Donald Trump dit à ses partisans que ses opposants politiques sont des ennemis de l’État » — une référence au 6 janvier 2021. Le sénateur Ruben Gallego de l’Arizona, lui-même ancien Marine, a accusé Trump de ne pas comprendre l’armée : « Il pense que l’armée est un de ses petits jouets personnels. Elle n’est pas là pour protéger la Constitution. »
Les six élus concernés ont publié une déclaration commune : « Ce qui est le plus révélateur, c’est que le président considère qu’il est punissable de mort pour nous de reformuler la loi. Nos militaires doivent savoir que nous les soutenons alors qu’ils remplissent leur serment à la Constitution et leur obligation de ne suivre que les ordres légaux. » Ils ont appelé tous les Américains à « s’unir et condamner les appels du président à notre meurtre et à la violence politique ». Un appel qui semble être resté largement sans écho du côté républicain.
Ce qui me glace le sang, c’est le silence. Le silence assourdissant de la plupart des républicains. Oh, quelques-uns ont murmuré. Le sénateur Lindsey Graham a dit que Trump était « excessif » — tout en qualifiant la vidéo des démocrates de « méprisable ». Mais où sont les condamnations fermes ? Où sont les voix qui disent « non, on ne menace pas de mort des élus pour avoir cité la loi » ? Ce silence est une complicité. Chaque républicain qui se tait valide implicitement l’idée que critiquer le président peut valoir la mort. Et quand l’histoire jugera cette époque, elle jugera aussi ceux qui n’ont rien dit.
Les républicains entre malaise et justification
Du côté républicain, les réactions ont oscillé entre le malaise discret et la défense ouverte du président. Le sénateur Lindsey Graham, pourtant avocat militaire de réserve, a qualifié les propos de Trump d’« excessifs », mais a aussi jugé la vidéo démocrate « méprisable ». Le président de la Chambre Mike Johnson a évité de condamner les menaces de mort, préférant se concentrer sur ce qu’il a appelé un acte « extrêmement inapproprié de la part de soi-disant leaders du Congrès ». La porte-parole de la Maison-Blanche Karoline Leavitt a affirmé que Trump ne voulait pas « réellement » voir les élus exécutés — tout en maintenant que leur vidéo encourageait les militaires à « défier » le président.
Le secrétaire à la Défense Hegseth a qualifié les six élus de « Seditious Six » — les Six Séditieux — et a accusé leur vidéo de propager des informations « méprisables, imprudentes et fausses ». « ‘Capitaine’ Kelly sait exactement ce qu’il a fait, et il sera tenu responsable », a-t-il écrit sur les réseaux sociaux après le dépôt de la plainte de Kelly, ajoutant que le sénateur était « inquiet et grincheux ». Le porte-parole du Pentagone Sean Parnell a rejeté toute suggestion que des ordres illégaux aient été donnés : « Notre armée suit les ordres, et nos civils donnent des ordres légaux. Nous aimons la Constitution. Ces politiciens ont perdu la tête. »
Les enjeux pour l'avenir : un précédent dangereux
L’effet dissuasif sur la liberté d’expression
Au-delà des six élus directement visés, cette affaire envoie un message à tous les Américains. Si des vétérans décorés, des élus du Congrès, peuvent être enquêtés pour avoir cité la loi, qui est en sécurité ? Le sénateur Kelly l’a dit clairement : « Si Pete Hegseth réussit à me faire taire, alors lui et tous les secrétaires à la Défense qui viendront après auront licence de punir n’importe quel ancien combattant, de n’importe quelle tendance politique, pour ce qu’il dit. » Il a évoqué un scénario absurde mais logique : « Selon cette logique, un vétéran de la Seconde Guerre mondiale de 100 ans pourrait être convoqué et censuré ou traduit en cour martiale parce qu’il dit quelque chose avec lequel Pete Hegseth n’est pas d’accord. »
Les experts en droit militaire partagent cette inquiétude. Annie Morgan, avocate militaire de la défense, a qualifié la tentative de rétrogradation de Kelly de « manifestement motivée politiquement » et a averti qu’elle « sape la légitimité de la justice militaire ». Eugene Fidell, chercheur à la Yale Law School, a prédit que la démarche de Hegseth était « mort-née » juridiquement, mais a reconnu le dommage symbolique déjà causé. Car même si les tribunaux finissent par donner raison aux élus, le mal est fait. Le message a été envoyé : critiquer le pouvoir peut coûter cher. Très cher.
Vous savez ce qui me terrifie le plus ? Ce n’est pas l’enquête en elle-même. Les tribunaux finiront probablement par la rejeter. C’est le précédent. C’est l’idée que maintenant, en Amérique, le département de Justice peut être utilisé comme une arme politique. Que si vous déplaisez au président, vous pouvez vous retrouver sous enquête criminelle pour avoir dit quelque chose de vrai. Combien de gens vont désormais s’autocensurer ? Combien de lanceurs d’alerte vont garder le silence ? Combien de vétérans vont se taire plutôt que de risquer leur pension ? L’intimidation, comme l’a dit Slotkin, c’est le but. Et même si elle échoue contre ces six élus, elle aura réussi contre des milliers d’autres qui n’oseront plus parler.
La justice face à l’épreuve politique
La nomination de Jeanine Pirro comme procureure fédérale de Washington D.C. par Trump soulève des questions évidentes d’indépendance. Pirro, ancienne présentatrice de Fox News et fervente supportrice de Trump, se retrouve à enquêter sur des opposants politiques du président qui l’a nommée. L’apparence même d’impartialité est impossible. Les élus démocrates l’ont souligné : utiliser le département de Justice pour cibler des adversaires politiques est précisément ce que font les régimes autoritaires. C’est précisément ce que la Constitution américaine était censée empêcher.
Le procès de Kelly contre Hegseth sera un test crucial. Si les tribunaux valident les actions du Pentagone, ils ouvriront la porte à la punition de tout ancien militaire qui ose critiquer l’administration. Si, comme le prévoient la plupart des experts, ils les rejettent, ils affirmeront que même un président ne peut pas utiliser l’armée pour faire taire ses critiques. Mais dans tous les cas, le simple fait que cette question doive être tranchée par un tribunal est un signe de la fragilité des institutions américaines. Des garanties qu’on croyait inébranlables sont soudain remises en question. Et l’issue est loin d’être certaine.
Conclusion : Le prix de la vérité
Des vétérans qui refusent de se taire
Le 15 janvier 2026, les cinq élus sous enquête ont réaffirmé leur détermination. Slotkin a publié une vidéo de réponse : « L’intimidation, c’est le but. Et ça ne marchera pas. » Goodlander a déclaré qu’elle ne serait « pas intimidée » et continuerait à faire son travail. Deluzio a dénoncé « une campagne de harcèlement contre les rivaux politiques » de l’administration. Kelly, sur le parquet du Sénat, a juré de se battre : « Je ne me laisserai pas réduire au silence. Je ne reculerai pas. Et je ne laisserai pas le secrétaire à la Défense transformer notre armée en outil politique. » Ces mots résonnent comme un défi lancé à l’intimidation présidentielle.
Mais au-delà du courage individuel de ces élus, une question plane sur l’Amérique tout entière. Une question que chaque citoyen devrait se poser : dans quel pays vivons-nous quand rappeler la loi peut vous valoir la mort ? Quand des vétérans sont traités de traîtres pour avoir cité le Code militaire ? Quand le département de Justice devient une arme contre l’opposition ? Les Pères fondateurs ont créé un système de freins et contrepoids précisément pour empêcher ce genre de dérive. Aujourd’hui, ce système est mis à l’épreuve comme jamais. Et l’issue de cette épreuve déterminera si l’Amérique reste une démocratie — ou devient autre chose.
Je termine cet article avec un nœud dans l’estomac. Parce que ce que je viens de décrire n’est pas de la science-fiction. Ce n’est pas un roman dystopique. C’est l’Amérique de 2026. Des élus du peuple, des vétérans qui ont risqué leur vie pour leur pays, sous enquête pour avoir dit une vérité juridique. Un président qui appelle à leur exécution. Un secrétaire à la Défense qui tente de détruire leur carrière. Et un silence assourdissant de ceux qui devraient parler. « You can refuse illegal orders. » Vous pouvez refuser les ordres illégaux. Six mots. Six mots vrais. Six mots qui ont déclenché tout ça. Si dire la vérité est devenu un crime, alors quelque chose est mort en Amérique. Quelque chose d’essentiel. Et je ne sais pas si on pourra le ressusciter.
Encadré de transparence du chroniqueur
Je ne suis pas journaliste, mais chroniqueur. Je suis analyste, observateur des dynamiques politiques et des dérives du pouvoir. Mon travail consiste à décortiquer les événements, à contextualiser les faits, à nommer ce qui se passe quand d’autres préfèrent détourner le regard. Je ne prétends pas à l’objectivité froide du journalisme traditionnel. Je prétends à la lucidité, à l’honnêteté, à la défense des principes démocratiques qui permettent à des gens comme moi d’écrire librement.
Ce texte respecte la distinction fondamentale entre faits vérifiés et commentaires interprétatifs. Les informations factuelles proviennent de sources officielles et vérifiables : déclarations des élus concernés, documents judiciaires, publications sur Truth Social, reportages d’agences de presse internationales (AP, Reuters), et analyses d’experts juridiques reconnus. Les passages en italique représentent mon analyse personnelle et mes réactions émotionnelles face aux faits présentés.
Les analyses et interprétations présentées représentent une synthèse critique basée sur les informations disponibles. Toute évolution ultérieure — notamment les décisions de justice à venir — pourrait modifier les perspectives présentées ici.
Sources
Sources primaires
blank »>CBS News – 5 Democrats who advised service members to refuse illegal orders say they’re under investigation (15 janvier 2026)
blank »>NPR – Democrat Elissa Slotkin says she is under investigation for video on illegal orders (15 janvier 2026)
blank »>Washington Post – Democratic lawmakers say they’re under investigation for military orders video (14 janvier 2026)
blank »>The Hill – More Democratic lawmakers say they’re under investigation after illegal orders video (15 janvier 2026)
blank »>CBS News – Trump administration investigates 5 Democratic lawmakers over their video message to troops (15 janvier 2026)
Sources secondaires
blank »>CBS News – Sen. Mark Kelly sues Hegseth to block move to cut rank and pension over illegal orders video (12 janvier 2026)
blank »>CNN – Sen. Mark Kelly files lawsuit alleging Hegseth violated his rights (12 janvier 2026)
blank »>NBC News – Trump accuses Democrats of ‘seditious behavior, punishable by death’ (20 novembre 2025)
blank »>FactCheck.org – Experts Say Democratic Video Not ‘Seditious,’ As Trump Claims (25 novembre 2025)
blank »>Al Jazeera – Trump threatens Democrats with sedition charges (20 novembre 2025)
Axios – Trump says Democratic veterans committed sedition, suggests death penalty (20 novembre 2025)
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