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Quand la peur gèle les cœurs

credit : saviezvousque.net (image IA)

Imaginez un instant le froid mordant, l’obscurité quasi permanente de l’hiver polaire et une communauté isolée du reste du monde. C’est dans ce décor hostile, aux confins de la Norvège, que s’est joué l’un des drames les plus sombres de l’histoire européenne. Entre 1620 et 1663, une folie meurtrière s’est emparée de la région du Finnmark, menant à l’exécution brutale de 91 personnes.

Ce n’était pas juste de la justice, c’était une mécanique implacable. Une machine à broyer alimentée par la superstition, la violence d’État et, disons-le franchement, une bonne dose de manipulation sociale. Tout a commencé par une tragédie en mer, un soir de Noël, qui a transformé la douleur en une chasse aux sorcières d’une violence inouïe.

Le naufrage de Noël 1617 : le point de bascule

credit : saviezvousque.net (image IA)

Tout commence à Noël 1617. Dans les villages de pêcheurs de Vardø et Kiberg, la vie est rude, rythmée par les caprices de la mer de Barents. Ce jour-là, une tempête d’une violence soudaine s’abat sur la côte. Le bilan est catastrophique : près de la moitié de la population masculine du village est emportée par les flots. Des pères, des fils, des maris… disparus en un instant.

Pour les habitants, une telle catastrophe ne pouvait pas être naturelle. C’était trop soudain, trop cruel. Comme le souligne le Smithsonian Magazine, ce drame a servi de détonateur. Dans ces contrées reculées, la frontière entre le réel et le surnaturel était, comment dire… plutôt poreuse. L’historienne Liv Helene Willumsen nous rappelle d’ailleurs qu’à l’époque, une croyance tenace circulait en Europe : on pensait littéralement que l’enfer se cachait sous la glace du Grand Nord.

Les regards se sont tournés vers les minorités, notamment les Sami, souvent associés à la magie et au mystère. On cherchait un coupable, quelqu’un à blâmer pour cette météo maudite. La douleur du deuil s’est mutée en suspicion, et c’est là que l’horreur a véritablement commencé.

L’engrenage judiciaire et les vagues de terreur

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Dès le lendemain du drame, la machine se met en branle. La justice royale, sous l’influence des décrets du roi Christian IV, décide de serrer la vis. C’est un gouverneur écossais, un certain John Cunningham, qui va orchestrer cette répression à partir de 1620. Inspiré par les chasses aux sorcières qu’il avait connues dans son Écosse natale, il utilise le traumatisme du naufrage pour justifier l’injustifiable.

Les procès se sont déroulés en trois grandes vagues de panique. La première, lancée en 1621, a fait douze victimes. Parmi elles, Elsebe Knudsdatter. Son histoire fait froid dans le dos : sous la torture, elle a fini par avouer avoir noué des « nœuds magiques » pour déchaîner les vents. Elle sera brûlée vive. C’est terrible de penser que ces aveux étaient simplement le fruit de la souffrance physique.

La folie reprend entre 1652 et 1653, ciblant cette fois une prétendue « féminité perverse ». Mais le pire survient peut-être lors de la dernière vague, en 1662-1663, qui culmine avec vingt exécutions. L’horreur atteint alors un nouveau stade : on s’en prend aux enfants. Ingeborg Iversdatter, une jeune fille, avouera – sans doute terrifiée – s’être transformée en chat pour danser avec le diable le soir de Noël. Comme le rapporte Life in Norway, la peur avait fini par contaminer l’innocence même de l’enfance.

Conclusion : Du bûcher à la lumière du souvenir

credit : saviezvousque.net (image IA)

Heureusement, toutes les fièvres finissent par retomber. L’intensité des poursuites s’essouffle vers la fin du XVIIᵉ siècle. L’exécution d’Anders Poulsen, un chamane Sami, en 1692, marque la fin symbolique de cette période noire. L’Europe entrait doucement dans le siècle des Lumières, et la rationalité commençait enfin à repousser les ombres de la superstition.

Pourtant, il aura fallu attendre longtemps, très longtemps, pour que la Norvège regarde ce passé en face. Ce n’est qu’en 2011 qu’un mémorial a été inauguré à Vardø, le Steilneset Memorial. C’est une œuvre poignante conçue par l’architecte Peter Zumthor et l’artiste Louise Bourgeois. Imaginez une longue galerie de tissu, suspendue face à la mer, ponctuée de 91 ampoules. Chaque petite lumière éclaire une plaque racontant l’histoire d’une victime, avec des textes rédigés par Liv Helene Willumsen. C’est une façon, je suppose, de redonner un visage et une dignité à ces vies volées par la folie des hommes.

Selon la source : science-et-vie.com

Ce contenu a été créé avec l’aide de l’IA.

Ce naufrage de Noël qui a ouvert les portes de l’enfer en Norvège

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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