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Une menace invisible qui va plus vite que la mer

credit : saviezvousque.net (image IA)

On nous parle tout le temps de la montée du niveau de la mer. C’est le sujet numéro un quand on évoque le climat, n’est-ce pas ? Et c’est bien normal. Mais il y a quelque chose d’autre, de peut-être plus sournois encore, qui se passe littéralement sous nos chaussures sans qu’on y prête vraiment attention.

Imaginez des villes immenses comme Bangkok, Dacca, Le Caire ou Jakarta. Des millions d’âmes. Eh bien, ces endroits partagent un secret inquiétant : ils s’enfoncent. Et je ne parle pas de quelques millimètres sur un siècle. Non, le sol de ces deltas descend plus vite, beaucoup plus vite que l’océan ne monte.

C’est une réalité qui m’a frappé en lisant une étude majeure publiée dans la revue Nature ce 14 janvier 2026. Ce n’est pas une petite affaire marginale : cela bouleverse totalement la sécurité de centaines de millions de personnes. Il va falloir qu’on en discute sérieusement, car ignorer cette dynamique locale pour ne regarder que le changement climatique global, c’est un peu comme regarder l’horizon alors que le sol se dérobe sous nos pas.

Ce que les satellites nous disent : la terre s’affaisse à toute vitesse

Alors, regardons les chiffres, parce qu’ils donnent le vertige. Une équipe de chercheurs costauds — pilotée par l’université de Californie à Irvine, avec l’aide de Virginia Tech, Columbia et d’autres — a passé dix ans à éplucher des données. Ils ont utilisé les images radar du satellite européen Sentinel-1. La précision est bluffante : ils ont des mesures tous les 75 mètres, couvrant la période de 2014 à 2023. C’est une cartographie mondiale inédite, honnêtement, on n’avait jamais vu ça avec une telle résolution.

Le verdict ? Sur les 40 plus grands deltas de notre planète, 18 s’enfoncent à un rythme supérieur à la montée des eaux. Dans 38 d’entre eux, c’est plus de la moitié de la surface qui descend. Pire encore, pour 19 deltas, cet affaissement touche plus de 90 % du territoire. Vous vous rendez compte ?

Pour vous donner une idée de l’échelle, la montée du niveau marin global est estimée à environ 4 mm par an. Mais dans ces zones, la subsidence — c’est le mot savant pour l’affaissement — dépasse souvent cette valeur, avec des pics locaux bien plus élevés. Prenez le Chao Phraya en Thaïlande, le Brantas en Indonésie ou le fleuve Jaune en Chine. Là-bas, l’affaissement moyen atteint 8 mm par an. C’est le double de la hausse des océans ! Dans certains coins très localisés, ça dépasse même les 15 mm par an. C’est gigantesque.

Le professeur Leonard Ohenhen, de l’UC Irvine, explique très bien que cet effondrement domine souvent les autres facteurs. Au total, les chercheurs estiment qu’environ 460 000 km² de deltas s’enfoncent actuellement. C’est colossal. Ça représente entre 54 et 65 % de toute la surface deltaïque habitable sur Terre. Autant dire que ce n’est pas le moment de détourner le regard.

Pourquoi le sol s’effondre-t-il ? (Spoiler : c’est de notre faute)

credit : saviezvousque.net (image IA)

On pourrait croire que c’est la nature qui fait des siennes, mais… pas vraiment. L’analyse des chercheurs est formelle : les causes sont anthropiques. C’est un mot compliqué pour dire que c’est nous, les humains, qui provoquons ça. Ils ont étudié trois facteurs principaux avec un modèle d’apprentissage automatique : l’extraction d’eau souterraine, l’urbanisation et le manque de sédiments.

Le professeur Manoochehr Shirzaei de Virginia Tech a mis le doigt dessus : c’est le pompage des nappes phréatiques qui est le coupable numéro un. C’est logique, au fond. Imaginez le sol comme une éponge. Si vous pompez toute l’eau pour l’agriculture ou pour boire, l’éponge sèche et se ratatine. Le sol se compacte, perd du volume et s’enfonce. Et souvent, c’est irréversible.

Dans 35 % des deltas analysés, le lien est direct. Ajoutez à cela l’urbanisation. Quand on construit des tours en béton partout, ça pèse lourd, très lourd. Ça écrase le sol. Et qui dit plus de ville, dit plus de consommation d’eau, donc encore plus de pompage. C’est un cercle vicieux.

Il y a aussi l’histoire des sédiments. Normalement, les fleuves transportent de la terre qui vient combler l’affaissement naturel. Mais avec nos barrages et nos digues, on empêche ces sédiments d’arriver. Résultat : le sol descend, mais rien ne vient le remonter. Cela dit, ça dépend des régions. Le Mékong ou le Gange souffrent surtout du pompage, alors que le Mississippi, lui, pleure ses sédiments disparus.

L’inégalité face au désastre : les « Unprepared Divers »

credit : saviezvousque.net (image IA)

Ce qui me chiffonne le plus dans cette histoire, c’est l’impact humain. On parle de 500 millions de personnes qui vivent là. Parmi elles, 236 millions sont déjà dans des zones où le sol s’enfonce plus vite que la mer ne monte. C’est effrayant.

Regardez Bangkok : 94 % de la surface du delta du Chao Phraya s’enfonce à plus de 5 mm par an. Si on ajoute la montée de la mer, l’agglomération subit une élévation relative de l’eau de 12,3 mm par an. Les risques ? Inondations, submersion, et l’eau salée qui vient contaminer l’eau douce. Pour ceux qui vivent à moins d’un mètre d’altitude, c’est critique : 84 % d’entre eux sont dans ces zones à forte subsidence.

Et comme souvent, nous ne sommes pas tous égaux face au danger. L’étude a croisé ses données avec l’indice ND-GAIN, qui mesure la capacité d’adaptation des pays. Le constat est amer : 65 % des deltas sont dans des pays qui n’ont pas les moyens de se défendre. Les chercheurs les appellent les « Unprepared Divers » (les plongeurs non préparés). C’est le cas du Niger, du Gange ou du Mékong.

À l’inverse, des pays riches comme les États-Unis, la Chine ou les Pays-Bas ont des ressources. Le delta du Rhin–Maas, par exemple, a un système de gestion des crues incroyable. Mais attention, même eux ne sont pas invincibles. Le Mississippi a perdu 5 000 km² de terres depuis 1932, et le Pô en Italie souffre du sel. Comme le dit le professeur Robert Nicholls, la subsidence est souvent une menace bien plus immédiate que le climat global. Il va falloir s’adapter, et vite.

Conclusion

credit : saviezvousque.net (image IA)

Au final, cette étude du 14 janvier 2026 nous lance un avertissement clair. On ne peut plus se contenter de regarder les graphiques du réchauffement climatique en oubliant ce qui se passe localement. L’adaptation doit intégrer cette « élévation relative », sol compris.

Comme le souligne le professeur Ohenhen, c’est une menace gérable, mais pour l’instant, elle n’est pas assez prioritaire. Si on continue à pomper nos nappes sans réfléchir, on scie littéralement la branche — ou plutôt la terre — sur laquelle on est assis.

Selon la source : science-et-vie.com

Ce contenu a été créé avec l’aide de l’IA.

Oubliez la montée des océans : le vrai danger se cache sous nos pieds

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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