Emmanuel Macron tranche, les menaces tombent
Emmanuel Macron a réagi avec une rapidité et une fermeté remarquables. Samedi soir, sur le réseau X, le président français a qualifié les menaces tarifaires de Donald Trump d' »inacceptables ». Une déclaration qui marque une rupture avec la traditionnelle diplomatie feutrée de l’Élysée face à Washington. « Les menaces tarifaires sont inacceptables et n’ont pas leur place dans ce contexte », a-t-il écrit, ajoutant que « les Européens y répondront de façon unie et coordonnée si elles étaient confirmées ». Le ton est donné : la France ne pliera pas, et elle ne sera pas seule.
Dans sa déclaration, le chef de l’État français a insisté sur les principes fondateurs de la politique étrangère hexagonale. « La France est attachée à la souveraineté et à l’indépendance des Nations, en Europe comme ailleurs. Cela préside à nos choix. Cela fonde notre attachement aux Nations unies et à notre Charte », a-t-il rappelé. Une référence directe au droit international que les États-Unis semblent prêt à balayer d’un revers de main.
J’ai rarement vu une telle détermination dans les mots d’un président français face aux États-Unis. C’est comme si Macron avait enfin compris que la patience a ses limites. Ce « inacceptable » est un mot qu’on attendait depuis longtemps. La France, en prenant la tête de cette réaction, envoie un message clair : le temps de la soumission est terminé.
Les instruments de riposte européens prêts à l’emploi
Si Washington croit que l’Europe va plier sous la menace tarifaire, il se trompe lourdement. L’entourage d’Emmanuel Macron a précisé que l’Union européenne dispose d' »instruments robustes » pour répondre à ces pratiques. Les sources citent notamment « les instruments de défense commerciale » et « l’instrument anti-coercition », des outils négociés et adoptés sous présidence française du Conseil de l’UE. Le dimanche 18 janvier, les ambassadeurs des Vingt-Sept se réuniront d’urgence à Bruxelles. Antonio Costa, président du Conseil européen, et Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, ont souligné que « des droits de douane affaibliraient les relations transatlantiques et représenteraient un risque de spirale dangereuse vers le bas ».
C’est là qu’on voit si l’Europe est capable d’être plus qu’un marché commun. Pendant des décennies, on a entendu dire que l’Europe était impuissante face aux États-Unis. Aujourd’hui, avec ces instruments de défense commerciale, Bruxelles dispose des clés pour faire mal à Washington si nécessaire. Trump, avec ses menaces à l’emporte-pièce, vient de donner à l’Europe l’occasion de les utiliser.
Section 3 : L'unité européenne face à l'intimidation
Des capitales européennes qui disent non
La réaction française n’est pas isolée. À travers l’Europe, les capitales ont réagi avec une fermeté surprenante. Le Premier ministre britannique, Keir Starmer, a qualifié les menaces de Trump de « totalement erronées ». « Appliquer des droits de douane à des alliés au nom de la sécurité collective des alliés au sein de l’OTAN est totalement erroné », a-t-il déclaré. Le Premier ministre suédois, Ulf Kristersson, a été tout aussi catégorique : « Nous ne nous laisserons pas intimider ». « Seuls le Danemark et le Groenland décident des questions qui les concernent », a-t-il ajouté. Même tonalité à Berlin, où le gouvernement fédéral a indiqué que les pays européens décideraient « ensemble » des mesures appropriées à prendre.
Il y a quelque chose de presque émouvant à voir cette unité européenne renaître sous la pression. Le Royaume-Uni qui soutient le Danemark, la Suède qui refuse de s’intimider, l’Allemagne qui parle de réponse collective. C’est comme si le choc de la menace avait fait disparaître les divisions habituelles. Trump a peut-être fait l’erreur de croire que l’Europe était divisible. Il a tort.
La Scandinavie en première ligne
La Scandinavie, région la plus directement concernée par la question groenlandaise, a été particulièrement prompte à réagir. Le ministre des Affaires étrangères danois, Lars Lokke Rasmussen, a fait part de sa « surprise » face aux menaces de Trump, tout en rappelant que « l’objectif du renforcement de la présence militaire au Groenland est précisément d’accroître la sécurité dans l’Arctique ». En Norvège, le chef de la diplomatie, Espen Barth Eide, a déclaré que « nous ne pensons pas que la question des douanes ait sa place dans ce contexte ». Le président finlandais, Alexander Stubb, a appelé à « privilégier le dialogue et des règles communes », rappelant que « les droits de douane nuiraient aux relations transatlantiques et pourraient entraîner une spirale néfaste ».
Les pays scandinaves ont une longue tradition de diplomatie prudente. Voir la Norvège, membre de l’OTAN et allié fidèle des États-Unis, s’opposer aussi ouvertement à Washington est un signe fort. La Scandinavie comprend que si le Groenland tombe, ce sera le début d’un redécoupage de l’Arctique qui ne servira pas leurs intérêts.
Section 4 : Le Groenland, territoire convoité mais invendable
Une île stratégique au cœur de l’Arctique
Pour comprendre l’obsession de Trump pour le Groenland, il faut comprendre la géographie. Le Groenland, immense île de plus de deux millions de kilomètres carrés, est située à un carrefour stratégique entre l’Amérique du Nord, l’Europe et la Russie. Avec la fonte des glaces due au réchauffement climatique, de nouvelles routes maritimes s’ouvrent dans l’Arctique, rendant la position du Groenland encore plus précieuse. Washington y voit un point crucial pour son projet de bouclier antimissiles, le fameux « Dôme de cristal » dont Trump a parlé à plusieurs reprises. Mais le Groenland n’est pas un territoire vide. Avec ses 56 000 habitants, principalement Inuits, l’île dispose d’un statut d’autonomie au sein du Royaume du Danemark depuis 1979.
Il y a une ironie tragique dans cette histoire. Le Groenland, longtemps considéré comme le bout du monde, est devenu soudainement le centre du monde. Ses glaciers fondent, ses routes maritimes s’ouvrent, et soudain tout le monde veut le posséder. Trump parle de « sécurité » et de « minéraux critiques », mais au fond, c’est toujours la même histoire : une grande puissance qui veut ce qui appartient à quelqu’un d’autre.
Une population unie contre l’annexion
Les propos de Trump ont suscité une vague d’indignation au Groenland. Samedi 17 janvier, plusieurs milliers de manifestants se sont rassemblés à Nuuk, la capitale, et à Copenhague pour dire non aux ambitions américaines. À Nuuk, ville de 20 000 habitants, une foule immense a défilé sous le soleil d’hiver arctique. Noyée sous une forêt de drapeaux groenlandais, la foule scandait : « Le Groenland appartient aux Groenlandais ». Les pancartes étaient explicites : « Nous ne sommes pas à vendre », « Le Groenland est déjà grand ». Le Premier ministre groenlandais, Jens-Frederik Nielsen, a participé à la manifestation, déclarant : « Nous avons proué aujourd’hui que nous sommes forts ensemble ».
Ces images de Nuuk resteront gravées dans ma mémoire. Une petite ville arctique qui se lève contre la plus grande puissance mondiale. Les Groenlandais ne sont pas des pions sur un échiquier géopolitique, ce sont des gens avec une culture, une histoire, une identité. Trump les traite comme une propriété, ils répondent comme des êtres humains. Le tambour kilaut qui résonne dans les rues de Nuuk, c’est le son de la dignité.
Section 5 : Washington joue avec le feu
Les motivations de Trump
Pourquoi Donald Trump s’obstine-t-il sur le Groenland ? Les raisons invoquées par le président américain sont multiples. Il parle de « sécurité nationale », mentionnant le projet de bouclier antimissiles américain et la protection du Canada. Il évoque aussi les ressources naturelles du Groenland, notamment les « minéraux critiques » nécessaires aux technologies modernes. Et il ne cache pas ses ambitions géopolitiques : contrer l’influence russe et chinoise en Arctique. La question du Groenland n’est pas nouvelle pour les États-Unis. Washington a tenté à plusieurs reprises d’acheter l’île au Danemark, notamment en 1867, en 1946 et encore en 2019, sous la première présidence de Trump. Chaque fois, le Danemark a refusé.
Trump n’est pas seulement un businessman, c’est un homme qui ne supporte pas le refus. Sa vision du monde est simple : tout est à vendre, tout a un prix, et celui qui a le plus d’argent gagne. Le Groenland n’échappe pas à cette logique transactionnelle. Mais ce qu’il ne comprend pas, c’est que certaines choses n’ont pas de prix. La souveraineté, l’identité, la dignité d’un peuple, ça ne s’achète pas.
Les risques pour les relations transatlantiques
Les menaces de Trump constituent un tournant majeur dans les relations entre les États-Unis et l’Europe. Pour la première fois depuis la Seconde Guerre mondiale, Washington menace explicitement ses alliés européens de sanctions économiques pour obtenir une concession territoriale. C’est une rupture sans précédent dans l’histoire de l’alliance transatlantique. Sur le plan économique, une guerre commerciale entre les États-Unis et l’Europe serait catastrophique pour les deux parties. Les droits de douane américains toucheraient des secteurs clés de l’économie européenne, de l’automobile à l’aéronautique en passant par l’agriculture. Plus inquiétant encore, cette crise pourrait affaiblir l’OTAN à un moment où la Russie renforce sa présence en Arctique.
C’est comme si Trump avait décidé de dynamiter le pont transatlantique. Les relations entre l’Europe et les États-Unis ont traversé des crises, mais jamais Washington n’avait utilisé la menace économique comme arme de chantage contre ses alliés. L’OTAN est maintenant menacée par l’un de ses fondateurs. L’ironie est totale : l’administration américaine affirme défendre la sécurité collective, tout en attaquant les pays qui contribuent le plus à cette sécurité.
Section 6 : La Russie et la Chine, spectateurs intéressés
Moscou qui observe, Pékin qui calcule
La crise du Groenland ne se joue pas seulement entre les États-Unis et l’Europe. D’autres acteurs regardent avec intérêt ce qui se passe dans l’Arctique. La Russie, qui a considérablement renforcé sa présence militaire dans la région, observe attentivement l’évolution de la situation. Moscou voit dans le conflit une occasion de souligner l’hypocrisie occidentale. La Chine, pour sa part, a des ambitions croissantes en Arctique. Pékin a investi massivement dans les infrastructures groenlandaises. Les menaces américaines pourraient pousser le Groenland et le Danemark vers un rapprochement avec la Chine, ce que Washington cherche précisément à éviter.
La Russie et la Chine doivent se frotter les mains. Trump leur a offert le cadeau le plus précieux : la division de l’Occident. Pendant que Washington menace ses alliés, Moscou et Pékin renforcent leur coopération. C’est un désastre stratégique pour les États-Unis, et tout cela pour l’ego d’un homme.
Les risques d’une nouvelle guerre froide
La crise du Groenland s’inscrit dans un contexte plus large de tension entre grandes puissances. L’Arctique, longtemps considéré comme une zone de coopération internationale, devient progressivement un théâtre de compétition militaire et économique. La fonte des glaces ouvre de nouvelles routes commerciales et rend accessibles des ressources naturelles jusqu’ici inexploitées. Si les États-Unis persistent dans leur tentative d’annexion, le risque d’une confrontation directe avec d’autres puissances augmente. Le Groenland pourrait devenir le point de départ d’une nouvelle guerre froide, ou pire, d’un conflit armé.
L’Arctique était censé être une exception, une zone où les pays coopéraient malgré leurs différends. Tout cet édifice risque de s’effondrer sous la pression de l’avidité américaine. Le Groenland pourrait devenir la Sarajevo du XXIe siècle, l’étincelle qui embrase l’Arctique. C’est une perspective effrayante.
Section 7 : Les leçons de l'histoire
L’impérialisme n’a jamais fonctionné
L’histoire est remplie d’exemples de grandes puissances qui ont tenté d’annexer des territoires contre la volonté de leurs habitants. Rarement ces tentatives ont abouti à long terme. L’histoire de la décolonisation au XXe siècle montre que les peuples finissent toujours par reconquérir leur indépendance. Le Groenland, qui a déjà connu la colonisation danoise, ne se laissera pas coloniser par une nouvelle puissance. Les États-Unis eux-mêmes ont une histoire complexe avec le colonialisme et l’impérialisme. De l’annexion du Texas à la guerre hispano-américaine, en passant par l’annexion d’Hawaï, Washington a souvent utilisé la force pour étendre son territoire. Mais ces épisodes ont laissé des cicatrices profondes.
Il y a une leçon simple que Trump refuse d’apprendre : on ne peut pas forcer les gens à aimer être dominés. L’impérialisme finit toujours par échouer. Les peuples ont une mémoire collective, une volonté de liberté que l’argent et la force ne peuvent pas briser. Le Groenland ne sera pas le 51e État américain.
L’importance du droit international
La crise du Groenland met à l’épreuve le système de droit international qui s’est construit après la Seconde Guerre mondiale. La Charte des Nations unies consacre le principe de l’intégrité territoriale et de la souveraineté des États. En utilisant la menace économique pour forcer le Danemark à céder le Groenland, les États-Unis sapent les fondements de l’ordre international basé sur des règles. C’est particulièrement inquiétant de la part d’un pays qui s’est toujours présenté comme le défenseur de cet ordre. Si les grandes puissances peuvent ignorer le droit international quand cela les arrange, alors le système s’effondre.
Le droit international n’est pas parfait, mais c’est tout ce qui nous empêche de retourner à l’état de nature. Trump le traite comme un obstacle inutile. Si les États-Unis peuvent violer la souveraineté du Groenland, alors la Russie peut violer celle de l’Ukraine, la Chine peut violer celle de Taïwan. C’est le retour à la jungle.
Conclusion : L'heure du choix pour l'Europe
L’Europe à la croisée des chemins
La crise du Groenland représente un moment de vérité pour l’Europe. Face à l’intimidation américaine, l’Union européenne doit choisir entre soumission et autonomie. Les réactions des gouvernements européens jusqu’ici montrent une volonté de résister, mais le véritable test sera dans les jours et les semaines qui viennent. L’Europe saura-t-elle maintenir son unité face à la pression ? Aura-t-elle le courage de mettre en œuvre des mesures de rétorsion si les États-Unis passent aux actes ? Cette crise est aussi une opportunité pour l’Europe de repenser sa place dans le monde. Elle doit développer sa propre autonomie stratégique, renforcer ses capacités de défense, et définir une politique étrangère indépendante.
J’ai le sentiment que nous vivons un moment historique. L’Europe est à un tournant, et le chemin qu’elle choisira maintenant déterminera son avenir pour des décennies. Soumission ou autonomie ? Vassalité ou souveraineté ? Je crois que l’Europe peut le faire. La détermination de Macron, l’unité des pays scandinaves, la fermeté de Berlin montrent que l’Europe a changé. Elle n’est plus l’Europe docile de la Guerre froide.
Un espoir dans l’adversité
Malgré la gravité de la situation, il y a des raisons d’espérer. La réaction unie de l’Europe, la détermination du peuple groenlandais, la résistance internationale à l’intimidation montrent que le monde n’a pas abandonné les principes de souveraineté et de dignité. Les manifestations à Nuuk et Copenhague, les déclarations fermes des capitales européennes, la mobilisation de l’opinion publique internationale montrent que la communauté internationale refuse d’accepter le retour de l’impérialisme. Le Groenland deviendra peut-être le symbole d’une nouvelle résistance mondiale à l’hégémonie.
J’observe ce qui se passe avec une émotion contradictoire. D’un côté, l’angoisse de voir le monde glisser vers une nouvelle confrontation. De l’autre, l’espoir de voir des gens ordinaires se lever pour défendre leur dignité. Le Groenland, cette île isolée au milieu de l’océan Arctique, est devenue soudainement le centre du monde. Trump a voulu diviser, mais il a uni. Il a voulu dominer, mais il a suscité la résistance. La force ne vient pas de la taille de votre armée, elle vient de votre capacité à rester fidèle à vos principes.
Sources
Sources primaires
Déclaration d’Emmanuel Macron sur X, 17 janvier 2026
Publication de Donald Trump sur Truth Social, 17 janvier 2026
Communiqué conjoint d’Antonio Costa et Ursula von der Leyen, 17 janvier 2026
Communiqué de Keir Starmer, Premier ministre britannique, 17 janvier 2026
Déclaration d’Ulf Kristersson, Premier ministre suédois, 17 janvier 2026
Déclaration de Jens-Frederik Nielsen, Premier ministre groenlandais, 17 janvier 2026
Sources secondaires
Article TF1Info « Groenland : ‘Les menaces tarifaires sont inacceptables’, réagit Macron après les annonces de Trump » – Publié le 17 janvier 2026 à 22h37
Article BFMTV « Groenland: Emmanuel Macron estime que les ‘menaces tarifaires’ de Donald Trump ‘sont inacceptables' » – Publié le 17 janvier 2026 à 19h53
Live Le Monde « EN DIRECT, Groenland : Londres qualifie de ‘totalement déplacées’ les menaces tarifaires de Donald Trump » – Mis à jour le 18 janvier 2026
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