Des profils divers mais unis dans leur message
Le cardinal Blase Cupich, archevêque de Chicago, est sans doute le plus connu des trois signataires. Né en Omaha, Nebraska, en 1949, il a été nommé archevêque de Chicago par le pape François en 2014 et créé cardinal en 2016. Cupich est largement considéré comme un représentant de l’aile progressiste de l’Église américaine, connu pour ses positions sur la réforme de l’Église et son engagement social. Son expérience pastorale et sa stature intellectuelle lui confèrent une influence considérable au sein de la hiérarchie ecclésiastique américaine.
Le cardinal Robert McElroy, archevêque de Washington, représente une autre voix importante de l’Église progressiste américaine. Né à San Francisco en 1954, il a servi dans divers diocèses de Californie avant d’être nommé archevêque de Washington en 2023. McElroy est connu pour ses écrits sur la doctrine sociale catholique et son engagement en faveur de la justice sociale. Sa nomination à Washington, le siège archiépiscopal le plus important des États-Unis, était considérée comme un signal fort du soutien du pape François à la ligne progressiste au sein de l’Église américaine.
Je m’arrête un instant sur ces parcours, ces vies consacrées au service d’une foi, d’une institution. Il y a quelque chose de fascinant dans cette diversité des origines, cette unité dans le message. Trois hommes, venant d’horizons différents, qui se retrouvent unis par une même inquiétude, une même conviction. C’est comme une mélodie qui se compose, harmonieuse malgré les dissonances du monde. Leurs noms résonnent comme des notes dans une partition qui s’écrit sous nos yeux.
Le cardinal Joseph Tobin : une voix pastorale
Le cardinal Joseph Tobin, archevêque de Newark, New Jersey, apporte une dimension pastorale importante à cette déclaration. Né à Detroit en 1952, Tobin est un membre de l’ordre des Rédemptoristes et a servi comme supérieur général de cet ordre avant d’être nommé archevêque d’Indianapolis en 2012, puis de Newark en 2016. Son expérience missionnaire dans plus de 70 pays comme prêtre rédemptoriste lui a donné une perspective globale sur les défis auxquels l’Église est confrontée à travers le monde.
Tobin est particulièrement bien placé pour comprendre les implications des politiques américaines sur les pays en développement. Son ministère l’a amené à travailler dans des contextes de pauvreté, de conflit et d’injustice, lui donnant une compréhension directe des conséquences des décisions politiques sur les populations les plus vulnérables. C’est cette expérience qui l’a poussé à s’inquiéter particulièrement des réductions de l’aide étrangère américaine, qu’il a qualifiées de préjudiciables pour les efforts de lutte contre la faim et les problèmes de santé dans le monde entier.
La vie de Tobin, ces années passées sur les terrains de la misère humaine, cela donne un poids particulier à ses mots. Ce n’est pas de la théorie, c’est du vécu. Quand il parle des conséquences des politiques américaines, il ne parle pas en abstrait, mais en connaissance de cause. Cette expérience du terrain, cette proximité avec la souffrance, c’est ce qui donne à sa voix cette crédibilité, cette résonance particulière. On sent que derrière chaque mot, il y a des visages, des histoires, des vies qui comptent.
Section 2 : Le discours du pape Léon XIV comme catalyseur
Une critique sans précédent de la politique de force
Le discours prononcé par le pape Léon XIV le 9 janvier devant le corps diplomatique accrédité auprès du Saint-Siège a constitué un moment décisif. Le pape, né aux États-Unis, a tenu un discours presque entièrement en anglais, un choix symbolique qui indiquait clairement que son message s’adressait particulièrement au gouvernement américain. Dans son allocution, Léon XIV a dénoncé le « zèle pour la guerre » qui se répand dans le monde, affirmant que le principe établi après la Seconde Guerre mondiale, qui interdisait aux nations d’utiliser la force pour violer les frontières des autres, avait été « complètement sapé ».
Le pape n’a pas nommé de pays spécifiques, mais le contexte était clair : le discours intervenait après l’opération militaire américaine au Venezuela, les menaces de l’administration Trump sur le Groenland et la poursuite de la guerre russe en Ukraine. Léon XIV a souligné que la paix n’est plus recherchée comme un don et un bien désirable en soi, mais plutôt à travers les armes comme condition pour affirmer sa propre domination. Cette critique directe de la logique de puissance qui guide certaines politiques étrangères a fourni le langage dont les cardinaux américains avaient besoin pour formuler leur propre déclaration.
Il y a quelque chose de poignant dans ce choix de l’anglais, comme si le pape s’adressait directement à l’âme de l’Amérique, à cette part d’elle-même qui semble s’être égarée. Ses mots résonnent comme un reproche, mais aussi comme un appel. L’appel à retrouver cette tradition de justice et de paix qui a fait la grandeur de l’Amérique. C’est un message qui transcende les frontières politiques, qui s’adresse à la conscience collective d’une nation.
L’héritage de la doctrine sociale catholique
Le discours du pape Léon XIV s’inscrit dans la longue tradition de la doctrine sociale de l’Église catholique, qui a toujours insisté sur la promotion de la paix, la justice internationale et la protection des droits humains. Cette doctrine, développée depuis l’encyclique « Rerum Novarum » du pape Léon XIII en 1891, a évolué pour répondre aux défis contemporains, mais ses principes fondamentaux restent les mêmes : la dignité humaine doit être au centre de toute politique, et la paix doit être construite sur la justice et le dialogue plutôt que sur la force.
Les cardinaux américains ont clairement indiqué que leur déclaration était inspirée par les enseignements du pape Léon XIV. Dans des entretiens accordés à l’Associated Press, le cardinal Cupich a expliqué que les signataires avaient été inspirés pour publier une déclaration après avoir entendu plusieurs autres cardinaux exprimer leur inquiétude lors d’une réunion au Vatican les 7 et 8 janvier. Le discours du pape leur a fourni le langage nécessaire, leur permettant de « faire cavalier » sur les mots du pape, comme l’a expliqué Cupich.
Cette continuité de la pensée catholique, cette fidélité à des principes séculaires, c’est ce qui donne à cette critique sa profondeur, sa légitimité. Ce n’est pas une prise de position politique opportuniste, mais l’expression d’une conviction profonde, ancrée dans une tradition de pensée qui a traversé les siècles. C’est comme si la sagesse des âges venait éclairer les troubles du présent, nous rappelant que les choix d’aujourd’hui ont des conséquences qui dépassent largement l’immédiateté politique.
Section 3 : L'intervention au Venezuela comme point de rupture
Une opération militaire contestée
L’opération militaire américaine au Venezuela, qui a abouti à la capture du président Nicolás Maduro, a constitué un point de bascule majeur dans les relations entre l’Église américaine et l’administration Trump. Bien que de nombreux Américains aient pu accueillir favorablement la nouvelle de la capture de Maduro, le mode opératoire de cette intervention a soulevé de sérieuses questions d’ordre juridique et moral. Les cardinaux ont souligné que les droits des nations à l’autodétermination paraissaient « fragiles » dans un monde marqué par des conflagrations croissantes.
Dans un entretien avec l’Associated Press, le cardinal Cupich a reconnu que la poursuite de Maduro pouvait être vue positivement, mais a critiqué la manière dont elle a été menée par une incursion militaire américaine dans un pays souverain. « Quand nous procédons de cette manière, qui est présentée comme disant : ‘Parce que nous pouvons le faire, nous allons le faire, la force fait le droit’, c’est un développement troublant », a-t-il déclaré. « Il y a l’état de droit qui devrait être suivi. »
Ces mots résonnent avec une force particulière. La force fait le droit… c’est une formule qui nous renvoie aux temps les plus sombres de l’histoire, à une époque où la violence régnait en maître absolu. Et aujourd’hui, nous semble-t-il, nous serions en train de revenir à cette logique primitive ? C’est effrayant, vraiment effrayant. L’État de droit, ce pilier de la civilisation, serait-il en train de s’effriter sous nos yeux ? Je suis frappé par cette ironie tragique : l’Amérique, cette nation fondée sur l’idée de l’état de droit, semble prête à l’abandonner quand cela l’arrange.
Les implications pour l’ordre international
L’opération au Venezuela a des implications qui dépassent largement ce seul pays. Elle remet en question les principes fondamentaux de l’ordre international établi après la Seconde Guerre mondiale, qui reposent sur le respect de la souveraineté des États et l’interdiction de l’utilisation de la force, sauf en cas de légitime défense ou d’autorisation du Conseil de sécurité des Nations Unies. En intervenant militairement au Venezuela sans ces justifications, l’administration Trump a créé un précédent dangereux qui pourrait être invoqué par d’autres puissances pour justifier leurs propres interventions.
Les cardinaux ont mis en garde contre cette érosion des normes internationales. Dans leur déclaration, ils ont affirmé que les événements au Venezuela, en Ukraine et au Groenland ont soulevé des questions fondamentales sur l’utilisation de la force militaire et le sens de la paix. Cette mise en garde s’inscrit dans une longue tradition de pensée catholique sur la « guerre juste », qui exige que toute utilisation de la force réponde à des critères stricts de légitimité, de nécessité et de proportionnalité.
L’ordre international, cet édifice fragile construit avec tant de peine après les horreurs de la Seconde Guerre mondiale, est-il en train de s’effondrer ? Chaque intervention non justifiée, chaque violation de la souveraineté, c’est une fissure dans ce mur de protection qui nous sépare du chaos. Et qui paiera le prix de cet effondrement ? Ce sont toujours les mêmes : les innocents, les faibles, ceux qui n’ont pas les moyens de se défendre. C’est cette injustice qui me révolte, cette violence qui se déguise en vertu.
Section 4 : La question du Groenland et les menaces expansionnistes
Une proposition qui défie le droit international
Les menaces de l’administration Trump d’acquérir le Groenland, territoire autonome du Danemark et membre de l’OTAN, ont constitué un autre élément majeur de préoccupation pour les cardinaux américains. Trump a argué à plusieurs reprises que les États-Unis avaient besoin de contrôler l’île riche en ressources pour leur sécurité nationale. Cette proposition défie non seulement le droit international, qui protège la souveraineté des États, mais aussi les alliances traditionnelles américaines, notamment avec le Danemark, membre fondateur de l’OTAN.
Dans leur déclaration, les cardinaux ont fait référence au Groenland comme l’un des exemples qui soulèvent des « questions fondamentales sur l’utilisation de la force militaire et le sens de la paix ». La proposition d’acquérir par la force ce territoire danois suggère une vision de la politique étrangère basée sur l’acquisition territoriale plutôt que sur la coopération internationale et le respect du droit. Cette vision contredit directement les enseignements de l’Église catholique sur la promotion de la paix et la justice internationale.
Le Groenland… ce territoire vaste et glacé, symbole d’une nature sauvage et préservée, serait-il devenu un objet de convoitise, une pièce sur un échiquier géopolitique ? Il y a quelque chose de presque absurde dans cette idée d’acquérir un territoire par la force au XXIe siècle, comme si nous étions revenus à l’époque des conquêtes coloniales. C’est comme si le progrès technologique s’accompagnait d’une régression morale, comme si notre capacité à détruire augmentait en même temps que notre sagesse diminuait.
Les conséquences pour les alliances transatlantiques
Les menaces sur le Groenland ont des implications qui dépassent largement ce territoire spécifique. Elles menacent les fondations mêmes de l’alliance transatlantique qui a sous-tendu la sécurité européenne depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Le Danemark, allié fidèle des États-Unis depuis des décennies, a été confronté à des menaces directes de son partenaire de l’OTAN. Cette rupture de confiance entre alliés traditionnels pourrait avoir des conséquences durables sur la stabilité européenne et mondiale.
Les cardinaux, dans leur sagesse, ont compris que cette approche de la politique étrangère ne menait qu’à l’isolement et au conflit. Leur déclaration appelle à une « politique étrangère vraiment morale » qui respecte et fait avancer le droit à la vie humaine, la liberté religieuse et l’amélioration de la dignité humaine dans le monde entier, notamment par l’assistance économique. Cette approche s’oppose radicalement à la logique d’acquisition et de domination qui semble guider certaines politiques actuelles.
Les alliances, ces liens tissés dans l’épreuve, fortifiés par le temps et la confiance commune, sont des trésors précieux dans un monde instable. Les briser pour des gains à court terme, c’est une folie, une véritable folie. C’est comme saper les fondations de sa propre maison pour en récupérer quelques briques. Je pense à ces générations qui ont construit ces alliances, qui ont sacrifié tant de choses pour maintenir la paix. Et maintenant, tout cela serait remis en cause par quelques décisions impulsives ? C’est heartbreaking, vraiment heartbreaking.
Section 5 : Les réductions de l'aide étrangère et leurs conséquences
Un recul de l’engagement humanitaire américain
Une autre préoccupation majeure exprimée par les cardinaux concerne les réductions drastiques de l’aide étrangère américaine initiées par l’administration Trump l’année dernière. L’USAID (United States Agency for International Development), l’agence américaine pour le développement international, a été considérablement réduite, l’administration affirmant que ses projets faisaient avancer un agenda libéral et représentaient un gaspillage d’argent. Cette réduction a eu des conséquences dramatiques sur des programmes vitaux dans le monde entier.
Le cardinal Tobin, qui a servi comme prêtre missionnaire dans plus de 70 pays, a exprimé sa profonde préoccupation face à ce recul de l’assistance américaine. « La philanthropie américaine fait une énorme différence dans tout, de la faim à la santé », a-t-il déclaré lors d’un entretien. Son expérience directe des réalités sur le terrain lui donne une perspective unique sur l’impact de ces réductions sur les populations les plus vulnérables.
L’aide étrangère, ces sommes qui sauvent des vies, qui construisent des écoles, qui soignent les malades, seraient-elles devenues superflues ? Il y a quelque chose de cruel dans cette logique, quelque chose d’inhumain. Quand je pense aux enfants qui ne seront pas vaccinés, aux familles qui n’auront pas assez à manger, aux communautés qui ne pourront pas se reconstruire après une catastrophe, je suis frappé par l’indifférence qui semble prévaloir. C’est comme si nous avions perdu notre capacité à empathiser, à nous mettre à la place des autres.
L’impact sur les programmes vitaux
Les réductions de l’aide étrangère affectent un large éventail de programmes vitaux, de la lutte contre la faim et la malnutrition aux soins de santé, en passant par l’éducation et le développement économique. Dans de nombreux pays, cette assistance représente une lifeline pour des millions de personnes qui dépendent de ces programmes pour leur survie et leur bien-être. Le retrait de cet aide a des conséquences immédiates et dévastatrices sur les populations les plus vulnérables.
Les cardinaux ont souligné que leur critique ne visait pas simplement à condamner l’administration, mais à encourager les États-Unis à retrouver leur stature morale dans le monde en poursuivant une politique étrangère guidée par l’éthique et recherchant le bien commun. « Nous n’endossons aucun parti politique ni aucun mouvement politique », a déclaré le cardinal Tobin. « Les fidèles dans les bancs et toutes les personnes de bonne volonté ont un rôle à jouer. »
Le bien commun… ces deux mots simples qui contiennent une vérité profonde, presque oubliée dans notre monde obsédé par l’intérêt individuel et le profit immédiat. Le cardinal Tobin nous rappelle que nous avons tous une responsabilité, que chacun de nous peut faire une différence. Ce n’est pas une tâche réservée aux gouvernants, c’est une vocation partagée par tous ceux qui croient en la dignité humaine. Cette pensée me donne un peu d’espoir, malgré tout.
Section 6 : La question morale au cœur de la politique étrangère
L’appel à une politique étrangère guidée par l’éthique
Au cœur de la déclaration des cardinaux se trouve un appel à redonner à la politique étrangère américaine une dimension morale qui semble s’être effritée au fil des années. Dans leur déclaration, les prélats ont averti que « le rôle moral de notre pays dans la confrontation avec le mal dans le monde, le soutien au droit à la vie et à la dignité humaine, et le soutien à la liberté religieuse sont tous remis en question ». Cette mise en garde suggère que l’absence de boussole morale dans la politique étrangère peut avoir des conséquences désastreuses.
Le cardinal McElroy a explicité cette préoccupation dans un entretien avec l’Associated Press : « La plupart des États-Unis et du monde sont à la dérive moralement en termes de politique étrangère », a-t-il déclaré. « Je crois toujours que les États-Unis ont un impact énorme sur le monde. » Cette reconnaissance de l’influence américaine mondiale rend d’autant plus important le rappel à une éthique internationale basée sur la dignité humaine et le bien commun.
La dérive morale… c’est une expression qui résonne avec une terrifiante exactitude. Je pense à ce navire qui s’éloigne de son cap, poussé par des courants invisibles, jusqu’à ce que le danger devienne évident. Mais est-il déjà trop tard ? Sommes-nous déjà si loin de notre cap moral que le retour sera impossible ? Cette question me hante. Il y a quelque chose de tragique dans cette prise de conscience collective que quelque chose ne va pas, quelque chose de profondément mal, et pourtant l’incapacité à changer de cap.
La condamnation de la guerre comme instrument de politique
L’un des passages les plus forts de la déclaration des cardinaux est leur condamnation explicite de l’utilisation de la guerre comme instrument de politique nationale. Ils écrivent : « Nous renonçons à la guerre comme instrument pour des intérêts nationaux étroits et proclamons que l’action militaire doit être vue uniquement comme une dernière solution dans des situations extrêmes, pas comme un instrument normal de politique nationale ». Cette affirmation s’oppose radicalement à l’approche qui semble prévaloir dans certaines sphères de l’administration actuelle.
Cette position s’inscrit dans la tradition de la doctrine de la « guerre juste » développée par l’Église catholique au fil des siècles. Selon cette doctrine, toute utilisation de la force doit répondre à des critères stricts de légitimité, de nécessité et de proportionnalité. La guerre ne peut jamais être considérée comme un instrument normal de politique, mais seulement comme un dernier recours quand toutes les autres options ont été épuisées et que le but est de rétablir la justice et la paix.
La guerre comme dernier recours… ces mots ont résonné à travers les siècles, répétés par des sages et des philosophes, par des généraux fatigués par les horreurs du combat, par des mères pleurant leurs fils. Et pourtant, à chaque génération, nous semblons devoir réapprendre cette leçon. Pourquoi cette difficulté à retenir cette vérité simple : la guerre n’est jamais une solution, seulement un aveu d’échec ? Je suis frappé par cette répétition tragique, cette incapacité à apprendre du passé.
Section 7 : Les réactions et les perspectives d'avenir
Le soutien de la conférence épiscopale américaine
La déclaration des trois cardinaux a reçu le soutien de la conférence des évêques catholiques des États-Unis. Chieko Noguchi, porte-parole de la conférence, a indiqué que son président, l’archevêque Paul Coakley, « soutient l’accent mis par les cardinaux sur les enseignements du pape Léon en ces temps ». Ce soutien suggère que les préoccupations exprimées par les cardinaux sont partagées plus largement au sein de la hiérarchie catholique américaine.
Ce consensus croissant au sein de l’Église américaine sur la critique de la politique étrangère de l’administration Trump est significatif. Il indique un malaise profond qui ne se limite pas à une frange progressiste de l’Église, mais qui touche l’ensemble de la hiérarchie. La question morale au cœur de la politique étrangère semble devenir un point de convergence pour des prélats qui, par ailleurs, pourraient avoir des divergences sur d’autres questions.
Il y a quelque chose de puissant dans cette unité, cette convergence des voix qui s’élèvent ensemble pour dire la vérité. C’est comme un chœur qui prend force et clarté, chaque voix s’unissant aux autres pour créer une mélodie qui résonne plus fort. Malgré les divisions qui peuvent exister au sein de l’Église, sur cette question fondamentale, il y a accord. Cela me donne un sentiment d’espoir, peut-être modeste, mais réel. Peut-être que la vérité finit toujours par triompher, même dans les moments les plus sombres.
L’absence de réponse de la Maison Blanche
La Maison Blanche n’a pas immédiatement répondu à la demande de commentaire de l’Associated Press sur la déclaration des cardinaux. Ce silence pourrait être interprété de plusieurs façons : peut-être que l’administration ne considère pas cette critique comme suffisamment significative pour mériter une réponse officielle, ou peut-être qu’elle hésite à s’engager dans un débat public avec des figures aussi respectées de l’Église catholique américaine.
Ce silence contraste avec la vigueur de la critique des cardinaux. Il suggère peut-être que l’administration actuelle est de moins en moins à l’écoute des voix critiques, même lorsqu’elles proviennent d’institutions traditionnellement respectées comme l’Église catholique. Cette distance entre le pouvoir politique et les voices de la société civile est préoccupante pour la santé démocratique et pour la capacité de la nation à se remettre en question.
Le silence… parfois c’est une réponse en soi, une absence qui en dit long. Quand le pouvoir refuse d’écouter, de dialoguer, de s’engager avec la critique, c’est le début de l’isolement, le début de la dérive. L’histoire nous enseigne que les régimes qui se coupent de la critique finissent par perdre leur chemin, leur légitimité. J’espère que ce n’est pas le cas ici, que l’administration sera capable d’entendre ces préoccupations, de se remettre en question.
Conclusion : Un appel à redécouvrir la boussole morale de l'Amérique
L’urgence de retrouver un cap éthique
La déclaration des trois cardinaux américains constitue un avertissement sérieux pour l’administration Trump et pour le pays dans son ensemble. Elle rappelle que la puissance sans morale est une recette pour le désastre, que l’influence sans éthique mène à l’isolement et au mépris. Les États-Unis, qui ont longtemps été considérés comme une lumière pour le monde, risquent de perdre cette stature s’ils abandonnent les principes moraux qui ont guidé leur politique étrangère pendant des décennies.
Le message des cardinaux est clair : l’Amérique a besoin de redécouvrir sa boussole morale, de renouer avec la tradition de justice et de paix qui a fait sa grandeur. Ce n’est pas simplement une question de politique, c’est une question d’identité nationale. La question est de savoir si l’Amérique veut être une nation qui impose sa volonté par la force ou une nation qui inspire par son exemple, qui sert le bien commun, qui respecte la dignité humaine partout dans le monde.
Quand je relis ces mots, quand je pèse la gravité de ce moment, je suis frappé par l’urgence qui émane de cette déclaration. C’est comme un cri lancé dans la nuit, un appel au réveil collectif. L’Amérique à la croisée des chemins, devant un choix qui définira son identité pour les générations à venir. Vais-je choisir la voie de la force, de la domination, du mépris ? Ou vais-je choisir la voie de la justice, de la paix, de la dignité humaine ? Ce choix n’est pas seulement politique, il est profondément moral, spirituel. Et il nous concerne tous, pas seulement les Américains, mais tous ceux qui croient en un monde meilleur.
La responsabilité de tous les citoyens
Le cardinal Tobin a rappelé une vérité importante : la responsabilité de promouvoir une politique étrangère morale n’appartient pas seulement aux gouvernants, mais à tous les citoyens. « Les fidèles dans les bancs et toutes les personnes de bonne volonté ont un rôle à jouer », a-t-il déclaré. « Ils peuvent faire valoir un argument de décence humaine fondamentale. » Cette affirmation nous rappelle que la démocratie exige la participation active de tous les citoyens dans le débat public.
Cet appel à l’action citoyenne est particulièrement pertinent dans le contexte actuel, où les défis mondiaux exigent des réponses basées sur des principes éthiques solides. Chaque citoyen a la responsabilité de s’informer, de réfléchir et de s’exprimer sur les questions de politique étrangère. La paix, la justice et la dignité humaine ne sont pas des abstractions, ce sont des réalités concrètes qui nécessitent notre engagement constant. C’est dans cet engagement que réside l’espoir d’un monde meilleur.
Et voilà la vérité ultime : le changement commence par chacun de nous, dans nos choix quotidiens, dans nos conversations, dans nos votes. Nous avons tous le pouvoir d’influencer le cours des choses, de faire entendre notre voix pour la justice et la paix. C’est peut-être modeste, mais c’est réel, c’est tangible. Cette pensée me donne de l’espoir, même dans les moments les plus sombres. L’humanité a traversé des épreuves bien pires et a su trouver la voie de la lumière. Nous le pouvons aussi.
Sources
Sources primaires
Déclaration commune des cardinaux Blase Cupich, Robert McElroy et Joseph Tobin, publiée le 19 janvier 2026. Discours du pape Léon XIV devant le corps diplomatique accrédité auprès du Saint-Siège, 9 janvier 2026.
Sources secondaires
Associated Press, « US Catholic cardinals urge Trump administration to embrace a moral compass in foreign policy », 19 janvier 2026. CBS News Chicago, « Cardinals of Chicago, D.C. and Newark release statement urging Trump to embrace moral compass in foreign policy », 19 janvier 2026. HotNews.ro, « Trei cardinali de rang înalt din SUA critică politica externă a administrației Trump », 19 janvier 2026.
Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.