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Une stratégie d’intimidation

Les menaces de Trump concernant le Groenland ne sont pas nouvelles, mais elles ont pris une tournure particulièrement agressive ces derniers jours. Samedi dernier, le président américain a annoncé l’imposition de tarifs douaniers supplémentaires de 10% à partir du 1er février contre plusieurs pays européens dont le Danemark, la Suède, la France, l’Allemagne, les Pays-Bas, la Finlande, la Norvège et le Royaume-Uni. Ces mesures punitives visent explicitement à forcer le Danemark à céder la souveraineté sur le Groenland, un territoire autonome de 57 000 habitants intégré au royaume danois en 1953. L’argument avancé par Trump selon lequel le Danemark ne serait pas capable de protéger l’île contre la Russie ou la Chine a été rejeté avec fermeté par les dirigeants européens, qui soulignent que l’OTAN assure déjà la sécurité de la région.

La réponse militaire danoise n’a pas tardé. Des soldats danois ont débarqué lundi à Kangerlussuaq, dans l’ouest du Groenland, dans le cadre de l’exercice militaire Arctic Endurance, une manœuvre qui prend une signification particulière dans ce contexte de tensions. Trump a tenté de minimiser cette deployment, affirmant qu’il ne s’agissait pas d’une force militaire significative, alors même que l’OTAN avertit le Danemark depuis vingt-cinq ans concernant la menace russe dans l’Arctique. Le Premier ministre britannique Keir Starmer a rappelé que le Danemark était un allié proche qui s’était battu « épaule contre épaule » avec le Royaume-Uni, y compris « à un coût humain réel », faisant référence aux 43 soldats danois morts en Afghanistan.

C’est fou de voir à quel point un homme peut devenir obsessionnel au point de menacer des pays entiers pour un territoire qui ne lui appartient pas. Le Groenland, ce n’est pas une propriété immobilière qu’on peut acheter au plus offrant. C’est une terre avec une population, une culture, une histoire. Comment peut-on sérieusement envisager de forcer 57 000 personnes à changer de nationalité contre leur gré ? C’est d’un autre âge, ça ressemble à du colonialisme pur et dur, et le pire c’est que certains aux États-Unis semblent trouver ça normal.

L’Europe se mobilise

L’Union européenne a réagi avec une rapidité inhabituelle aux menaces américaines. Les dirigeants européens prévoient un sommet d’urgence jeudi à Bruxelles pour discuter des options de réponse, incluant un paquet de tarifs sur 93 milliards d’euros d’importations américaines qui pourrait entrer en vigueur automatiquement le 6 février après une suspension de six mois. L’instrument anti-coercition, un mécanisme de défense commerciale jamais utilisé jusqu’à présent, pourrait être activé pour limiter l’accès des entreprises américaines aux marchés publics, aux investissements ou aux activités bancaires dans l’UE. Le chancelier allemand Friedrich Merz a déclaré qu’une dispute commerciale n’était pas souhaitée mais que l’Europe était capable de répondre si elle était confrontée à des tarifs jugés déraisonnables.

Les réactions des dirigeants européens ont été particulièrement virulentes. Le ministre britannique des Affaires étrangères Yvette Cooper a affirmé que les menaces tarifaires de Trump constituaient une manière inacceptable de traiter des alliés. Le chef de la diplomatie européenne Kaja Kallas a déclaré que le continent n’était pas intéressé par un conflit avec les États-Unis mais qu’il « tiendrait bon ». Le Premier ministre du Groenland, Jens-Frederik Nielsen, a quant à lui insisté sur le fait que son territoire ne se laisserait pas mettre sous pression : « Nous ne nous laisserons pas faire. Nous restons fermes sur le dialogue, le respect et le droit international », a-t-il déclaré sur Facebook.

C’est rassurant de voir l’Europe se montrer aussi unie face à ce genre de provocation. Pendant trop longtemps, les pays européens ont accepté les caprices américains sans trop réagir. Là, on sent que quelque chose a changé. Les dirigeants réalisent qu’ils ne peuvent plus laisser Trump dicter sa loi sans conséquences. C’est peut-être le début d’une nouvelle ère où l’Europe osera enfin affirmer ses propres intérêts, même si ça risque de coûter cher. Parfois, il faut savoir payer le prix de la dignité.

Sources

Sources primaires

Tommy Christopher, « Trump Makes Stunning Denial as Reporter Confronts Him Over Unhinged Letter in Dead-of-Night Gaggle », Yahoo News/Mediaite, 20 janvier 2026.

Ivana Kottasová et Christian Edwards, « Trump ties failure to win Nobel Peace Prize to efforts to acquire Greenland in message to Norway », CNN, 19 janvier 2026.

John Irish et Nora Buli, « Trump links Greenland threat to Nobel Peace Prize snub, EU prepares to retaliate », Reuters, 20 janvier 2026.

Sources secondaires

Kaja Kallas, déclarations du chef de la diplomatie européenne sur la réponse de l’UE aux menaces américaines, janvier 2026.

Keir Starmer, déclarations du Premier ministre britannique sur la crise du Groenland, janvier 2026.

Jens-Frederik Nielsen, déclarations du Premier ministre du Groenland, 17 janvier 2026.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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