Certaines vies ressemblent moins à des biographies qu’à des romans d’aventures improbables. L’histoire de Sir Adrian Carton de Wiart appartient résolument à cette catégorie, marquée par un courage implacable, un humour noir et un mépris total de la sécurité personnelle. Sa réputation s’est développée à travers des extrêmes qui auraient mis fin à la plupart des carrières à plusieurs reprises. Chaque chapitre révèle une personnalité aussi intrépide que peu conventionnelle. Poursuivez votre lecture pour découvrir l’homme qui se cache derrière la légende.
1. Rumeurs d'illégitimité royale
Des rumeurs ont suivi Adrian tout au long de sa vie : était-il secrètement le fils illégitime du roi Léopold II ? Né à Bruxelles le 5 mai 1880, la rumeur s’est amplifiée après le divorce de ses parents en 1886 et son départ soudain pour l’Angleterre. Adrian lui-même a rejeté ces ragots avec humour, attribuant son esprit sauvage à son « sang mêlé » plutôt qu’à sa lignée royale.
2. Identité falsifiée pour s'enrôler
Oxford semblait trop ennuyeux pour un jeune homme de 19 ans avide d’aventure. C’est ainsi qu’en 1899, Adrian a tout simplement menti sur son âge, s’est fait appeler « Trooper Carton » et s’est enrôlé dans la seconde guerre des Boers en prétendant avoir 25 ans. Son père était furieux lorsqu’il l’a découvert, mais il a finalement renoncé à empêcher son fils de poursuivre son projet téméraire.
3. Les premières blessures en Afrique du Sud
La guerre des Boers a failli mettre fin à sa vie en 1900, lorsque des balles lui ont transpercé l’estomac et l’aine. Son rétablissement en Angleterre n’a pas entamé son enthousiasme : il est retourné en Afrique du Sud en 1901 et a obtenu le grade de sous-lieutenant.
4. Naturalisation au cours du service
Après avoir combattu pendant huit ans pour la Grande-Bretagne, Adrian officialisa son engagement le 13 septembre 1907 en prêtant serment d’allégeance au roi Édouard VII. Le soldat d’origine belge avait besoin de la citoyenneté britannique pour progresser dans sa carrière, même s’il voyait les choses différemment. Il plaisanta en disant qu’il « devenait officiellement britannique juste à temps pour avoir encore plus d’ennuis », avec son humour ironique habituel.
5. Mariage aristocratique
La comtesse Friederike Fugger von Babenhausen était issue de la royauté bancaire autrichienne et, en 1908, elle épousa Adrian. Ensemble, ils eurent deux filles, et ce mariage lui permit d’entrer dans les cercles de chasseurs d’élite européens.
6. Leadership au Somaliland
La guerre dans le désert contre les forces de Mohammed Abdullah Hassan en 1914 a placé Adrian à la tête du Somaliland Camel Corps. Il a coordonné les troupes sous une chaleur brutale dans des positions fortifiées comme Shimber Berris, prouvant ainsi son génie tactique.
7. Perte d'un œil et d'une oreille
Deux balles ont frappé Adrian au visage lors de la campagne de Somaliland à Shimber Berris en 1914-1915. Son œil gauche et une partie de son oreille ont été détruits, mais il se serait soi-même recousu avant d’être évacué. Ces blessures défigurantes ne l’ont guère ralenti et il a repris du service remarquablement rapidement par la suite.
8. Distinction de l'Ordre du service distingué
Sa bravoure au Somaliland a valu à Adrian la Distinguished Service Order le 15 mai 1915. Cette distinction récompensait son leadership contre les forces derviches avant que le front occidental de la Première Guerre mondiale ne fasse appel à lui. Mais cette reconnaissance ne signifiait pas grand-chose pour lui : il l’aurait qualifiée de « simple broutille », préférant le combat réel.
9. Rejet de la prothèse oculaire
Les yeux de verre agaçaient profondément Adrian après qu’il eut perdu les siens en 1915. Il jeta la prothèse irritante par la fenêtre d’un taxi et opta plutôt pour son célèbre cache-œil noir. Le look « pirate élégant » devint emblématique, et il plaisantait en disant que cela « lui évitait de voir les mauvais côtés » lorsque les gens lui posaient des questions à ce sujet.
10. Auto-amputation des doigts
Des éclats d’obus ont mutilé la main gauche d’Adrian lors de la deuxième bataille d’Ypres en 1915, mais le chirurgien a refusé l’amputation immédiate. Sans anesthésie ni autorisation, il a simplement amputé lui-même ses doigts blessés sur place.
11. La Croix de Victoria à la Somme
La plus haute distinction militaire britannique a été décernée à Adrian pour ses actions les 2 et 3 juillet 1916 à La Boisselle. À la tête des charges sous un feu dévastateur en tant que lieutenant-colonel temporaire, il a rallié les troupes malgré les pertes croissantes autour de lui. La citation a salué son « courage remarquable ».
12. Survivre à une blessure au crâne
Une balle a transpercé l’arrière du crâne d’Adrian à la Somme en 1916, mais a miraculeusement évité sa moelle épinière et son cerveau. C’est par pure chance qu’il a survécu, selon son serviteur, qui a été témoin de cette survie impossible. Adrian a plus tard plaisanté en disant que la balle « avait dû se perdre dans son crâne épais », avec son humour autodérisoire habituel.
13. Blessures multiples pendant la Première Guerre mondiale
Huit blessures distinctes ont marqué le service d’Adrian pendant la Première Guerre mondiale, au cours des batailles les plus sanglantes du front occidental. Blessures à la hanche à Passchendaele en 1917, blessures à la jambe à Cambrai, blessures à la cheville et à l’oreille à Arras en 1918… la liste ne cessait de s’allonger.
14. Commandement de brigade près de l'armistice
Trois jours seulement avant la fin de la guerre, Adrian a été promu brigadier général le 8 novembre 1918. Il est arrivé à cheval, avec son cache-œil et sa manche vide, pour inspecter les troupes dans ces derniers instants surréalistes. Les soldats l’auraient salué comme une « légende » tandis qu’il souriait en pensant que la guerre était presque terminée.
15. Rôle de la mission militaire polonaise
La Grande-Bretagne envoie Adrian en Pologne de 1919 à 1921, où il joue le rôle de conseiller pendant les conflits chaotiques avec la Russie soviétique et les États voisins. Il rencontre Józef Piłsudski et tente des négociations de paix qui échouent pour la plupart en raison de tensions géopolitiques insurmontables. Les deux dirigeants se lient d’amitié autour d’un cigare et partagent leur mépris pour les politiciens lors de leurs réunions diplomatiques.
16. Captivité lors d'un accident d'avion en Lituanie
Un accident d’avion survenu en 1920 au-dessus du territoire lituanien a valu à Adrian une brève détention pendant la guerre polono-soviétique. Les gardes se sont laissés charmer par ses histoires sans fin pendant qu’il attendait sa libération diplomatique. Tout cet incident n’était « qu’un détour », plaisantait-il avec son imperturbable flegme caractéristique tout au long de cette épreuve.
17. Défense des trains contre la cavalerie
La cavalerie rouge soviétique a chargé le train d’observation d’Adrian en 1920, mais il les a repoussés seul avec son revolver. Un œil et une main ne l’ont pas empêché de tirer avec précision sur les cavaliers au galop avant de tomber et de se précipiter à nouveau à bord.
18. Retraite dans un domaine polonais
Quinze années de chasse quotidienne ont occupé Adrian pendant sa retraite, de 1924 à 1939, dans l’immense domaine polonais du prince Radziwiłł. Les marais de Pripet offraient des zones humides plus vastes que l’Irlande pour ses activités, lui permettant de rester en forme jusqu’à ce que l’invasion soviétique mette fin à cette idylle.
19. Rappel en Pologne pendant la Seconde Guerre mondiale
À 59 ans, Adrian n’était pas dispensé de ses fonctions lorsque la Grande-Bretagne l’a rappelé en juillet 1939 alors que la guerre menaçait à nouveau. À la tête de la mission militaire en Pologne, il a plaidé avec succès en faveur de l’évacuation de la flotte, mais ses conseils de retraite ont été ignorés.
20. Capture d'un crash d'avion en Méditerranée
En avril 1941, l’avion d’Adrian s’est abîmé en mer Méditerranée au large de la Libye. Il a nagé jusqu’au rivage, inconscient, pour se retrouver face à ses ravisseurs italiens. Pendant son emprisonnement à Castello di Vincigliata, de 1941 à 1943, il a tenté cinq évasions, dont une à travers un tunnel creusé pendant sept mois, et est resté libre pendant huit jours, déguisé en paysan italien.