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Un projet aux objectifs flous et au coût exorbitant

Le Conseil de la paix annoncé par Donald Trump à Davos est présenté comme une organisation internationale destinée à résoudre les conflits mondiaux, avec un focus initial sur la reconstruction de Gaza après deux années de guerre dévastatrice entre Israël et le Hamas. Cependant, les détails de cette initiative restent extrêmement vagues et suscitent de nombreuses interrogations de la part de la communauté internationale. Les pays membres permanents sont censés contribuer une somme de 1 milliard de dollars pour financer les opérations de ce conseil, une exigence financière qui a immédiatement refroidi l’enthousiasme de nombreux alliés traditionnels des États-Unis. Le Canada, par la voix de son ministre des finances, François-Philippe Champagne, avait d’ailleurs clairement indiqué qu’il n’avait pas l’intention de payer cette somme astronomique pour rejoindre une organisation dont la structure et le fonctionnement demeurent incertains.

La charte proposée pour ce Conseil de la paix omet curieusement toute mention spécifique au territoire palestinien de Gaza, alors même que la reconstruction de cette région est présentée comme l’objectif principal de l’initiative. Cette omission suggère que les ambitions de Trump dépassent largement le cadre du conflit israélo-palestinien et visent peut-être à créer une structure concurrente aux Nations Unies, dont le président américain a souvent critiqué l’inefficacité. Le fait que Trump se serait lui-même désigné président à vie de ce conseil soulève également d’importantes questions sur sa gouvernance et son impartialité. Les observateurs s’interrogent sur la compatibilité de cette initiative avec les principes du droit international et la Charte des Nations Unies, notamment en ce qui concerne la souveraineté des nations et le respect des résolutions de l’ONU.

Il y a quelque chose de profondément ironique à voir Trump proposer un Conseil de la paix alors que ses propres méthodes diplomatiques relèvent plus de l’intimidation que de la négociation constructive. Demander aux nations de payer 1 milliard de dollars pour participer à une organisation dont on ne connaît ni les règles ni les objectifs réels, c’est de l’arrogance à son paroxysme. Et puis ce président à vie, vraiment ? On croirait revenir aux pires heures de l’autocratie. Ce n’est pas un outil de paix, c’est un instrument de pouvoir personnel. Comment peut-on sérieusement envisager résoudre des conflits complexes en excluant les principaux acteurs internationaux et en imposant des conditions financières discriminatoires ?

Une adhésion sélective qui divise la communauté internationale

La liste des pays qui ont accepté de rejoindre le Conseil de la paix de Trump révèle une géographie étonnante et significative de l’influence américaine sous cette nouvelle administration. Environ 35 nations sur les 60 invitées ont déjà signé pour rejoindre cette initiative, incluant des puissances régionales du Moyen-Orient comme Israël, la Turquie, l’Égypte, l’Arabie saoudite et le Qatar, mais aussi des pays aussi divers que l’Argentine, la Biélorussie, le Maroc, le Vietnam, le Pakistan, le Kazakhstan, l’Ouzbékistan, le Kosovo, la Hongrie, la Jordanie, l’Indonésie et bien d’autres. Cette mosaïque de nations reflète des calculs politiques complexes et souvent contradictoires, certains pays cherchant probablement à se rapprocher de Washington à des fins de sécurité ou économique, tandis que d’autres voient dans cette initiative une opportunité de contourner les structures internationales traditionnelles qui leur sont moins favorables.

En revanche, les alliés historiques et traditionnels des États-Unis ont majoritairement rejeté l’invitation. Le Royaume-Uni, la France et l’Italie ont tous indiqué qu’ils ne rejoindraient pas pour l’instant ce Conseil de la paix. La France a soulevé des préoccupations spécifiques quant à la conformité de certains éléments de l’initiative avec la Charte de l’ONU, suggérant que cette structure pourrait violer les principes fondamentaux du droit international. Aucun des autres membres permanents du Conseil de sécurité des Nations Unies — la Chine, la France, la Russie et le Royaume-Uni — n’a confirmé sa participation pour l’instant. Cette absence flagrante des grandes puissances mondiales, à l’exception des États-Unis eux-mêmes, remet sérieusement en question la légitimité et l’efficacité de cette nouvelle organisation internationale. Le Conseil de la paix risque de devenir un club sélectif plutôt qu’une véritable plateforme de résolution des conflits, ce qui pourrait en fait exacerber les tensions plutôt que de les apaiser.

Le problème Vladimir Poutine

L’une des controverses majeures entourant le Conseil de la paix concerne l’invitation étendue au président russe Vladimir Poutine, une figure largement mise au ban de la communauté internationale depuis l’invasion à grande échelle de l’Ukraine en 2022. Le président russe a indiqué qu’il envisageait sérieusement de rejoindre cette initiative, ce qui a provoqué l’inquiétude de nombreux observateurs et gouvernements occidentaux. La présence potentielle de Poutine aux côtés de Trump dans cette structure créative soulève d’importantes questions sur les priorités géopolitiques de cette administration américaine et sur sa volonté de récompenser des comportements qui contreviennent aux principes fondamentaux de l’ordre international. Les sanctions imposées à la Russie suite à son agression en Ukraine sont toujours en vigueur, et de nombreux pays occidentaux refusent toute normalisation avec le régime de Moscou tant que le conflit persiste.

Cette invitation à Poutine contraste violemment avec l’exclusion du Canada, un allié historique et un partenaire commercial majeur des États-Unis. Le message envoyé par cette administration semble clair : les alliances traditionnelles fondées sur des valeurs communes et des intérêts partagés sont moins importantes que les arrangements transactionnels avec des régimes autoritaires qui peuvent servir les objectifs immédiats de la politique étrangère américaine. Le Royaume-Uni a d’ailleurs explicitement cité ses préoccupations concernant la participation de Poutine comme l’une des raisons de son refus de rejoindre le Conseil de la paix. Cette approche selective de la diplomatie risque d’isoler davantage les États-Unis de leurs partenaires traditionnels et de fragiliser les institutions multilatérales qui ont contribué à maintenir la paix et la stabilité depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale.

C’est là que le bât blesse vraiment. Voir Trump inviter Poutine, l’homme qui a violé la souveraineté ukrainienne et causé des milliers de morts, tout en excluant le Canada, un allié fidèle et respectueux du droit international, c’est une insulte à l’intelligence et aux principes. Ça en dit long sur les priorités de cette administration : les relations de pouvoir brutales comptent plus que les alliances fondées sur des valeurs. Comment peut-on prétendre œuvrer pour la paix quand on s’allie avec ceux qui brisent les règles du jeu international ? C’est non seulement hypocrite, c’est dangereux. Ça envoie un message terrifiant aux agresseurs potentiels : continuez à violer le droit international, et vous serez accueillis à bras ouverts.

Sources

Sources primaires

NDTV – Trump Withdraws Invitation To Mark Carney To Join Board Of Peace – 23 janvier 2026 – https://www.ndtv.com/world-news/us-president-donald-trump-withdraws-invitation-to-canadian-prime-minister-mark-carney-for-gaza-board-of-peace-10846746

CBC News – Trump says he’s withdrawing invitation for Carney to join his Gaza Board of Peace – 22 janvier 2026 – https://www.cbc.ca/news/politics/trump-board-of-peace-canada-uninvited-carney-letter-9.7057437

The Guardian – Trump withdraws invitation for Canada to join his global board of peace – 22 janvier 2026 – https://www.theguardian.com/us-news/2026/jan/22/trump-withdraws-invitation-canada

BBC News – Trump withdraws Canada’s invite to join Board of Peace – 23 janvier 2026 – https://www.bbc.com/news/articles/cn7jjp8gl0jo

Sources secondaires

Channel News Asia – Trump revokes Canada’s invitation to join Board of Peace – 23 janvier 2026 – https://www.channelnewsasia.com/world/board-peace-donald-trump-mark-carney-5877961

Global News – Canada absent from Trump’s Board of Peace founding membership – 23 janvier 2026 – https://globalnews.ca/news/11624551/canada-absent-trump-board-of-peace-membership/

POLITICO – Trump disinvites Canada from Gaza Board of Peace – 22 janvier 2026 – https://www.politico.com/news/2026/01/22/trump-disinvites-canada-gaza-board-of-peace-00743279

US News & World Report – Trump says he is withdrawing Canada’s invitation to Board of Peace – 22 janvier 2026 – https://www.usnews.com/news/world/articles/2026-01-22/trump-says-he-is-withdrawing-canadas-invitation-to-board-of-peace

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