Pékin joue la carte de l’autonomie stratégique
Les médias d’État chinois ont saisi l’occasion de la visite de Mark Carney pour exhorter le Canada à se « affranchir de l’influence des États-Unis » et à développer une véritable « autonomie stratégique » dans sa politique étrangère, une rhétorique qui résonne étrangement avec les préoccupations canadiennes croissantes face à l’unilatéralisme américain. Le China Daily, le quotidien anglophone du gouvernement chinois, a publié des éditoriaux particulièrement virulents affirmant que si Ottawa continue de « soumettre sa politique envers la Chine à la volonté de Washington », ses efforts pour rétablir les liens avec Pékin seront « vains ». Cette stratégie de séduction s’accompagne d’une critique acerbe de l’alignement du Canada sur les politiques américaines anti-chinoises, présenté comme la cause principale des difficultés bilatérales des dernières années.
Le Global Times, autre organe de presse gouvernemental chinois, a renchéri en qualifiant le suivi aveugle du Canada des politiques américaines de « prix élevé payé » qui a finalement « éveillé le sens de l’autonomie stratégique d’Ottawa ». Cette rhétorique habilement orchestrée vise clairement à exploiter les fissures dans l’alliance traditionnelle entre le Canada et les États-Unis, profitant des tensions actuelles pour présenter la Chine comme une alternative viable et respectueuse de la souveraineté canadienne. Les experts chinois interviewés par les médias officiels soulignent que le malaise considérable que ressent actuellement le Canada à l’égard des États-Unis, notamment face aux menaces d’annexion et aux interventions militaires américaines dans les Amériques, crée une opportunité unique pour Pékin de développer des relations plus étroites avec Ottawa.
La Chine n’y va pas par quatre chemins. Elle voit le sang qui coule dans la relation canado-américaine et elle plonge pour en tirer le maximum. C’est du cynisme pur et dur. Pékin se présente comme le sauveur respectueux de la souveraineté canadienne alors qu’elle ne recule devant rien pour imposer sa propre vision du monde. C’est à rire… si ce n’était pas si grave. Les dirigeants chinois sont des maîtres dans l’art de la division, experts pour isoler leurs adversaires en leur promettant monts et merveilles. Et le Canada tombe dans le panneau comme un débutant. J’ai le cœur qui serre de voir mon pays ainsi manipulé, jouant le jeu d’un régime qui ne respecte ni les droits humains ni les règles internationales.
L’invitation chinoise à un rééquilibrage des alliances
Cui Shoujun, spécialiste de politique étrangère et de l’Amérique latine à l’Université Renmin de Chine, a formulé une question particulièrement provocatrice dans les médias d’État : « Si les États-Unis peuvent revendiquer le Groenland, pourraient-ils alors revendiquer le Canada ? » Cette interrogation habilement formulée vise à instrumentaliser les menaces d’annexion de Donald Trump pour exacerber les craintes canadiennes et présenter la Chine comme un partenaire plus respectueux des frontières et de la souveraineté nationale. Les experts chinois prédisent également que l’intervention américaine au Venezuela, qui a contraint le président Nicolás Maduro à se rendre à New York pour y être jugé, renforcera l’autonomie stratégique des pays d’Amérique latine, créant ainsi un précédent favorable aux ambitions chinoises dans l’hémisphère occidental.
Cependant, certains analystes chinois restent lucides quant aux limites de ce rapprochement potentiel. Zhu Feng, doyen de l’École d’études internationales de l’Université de Nankin, met en garde contre toute surestimation de l’importance de la visite de Mark Carney, rappelant que « le Canada est non seulement un voisin des États-Unis, mais aussi un allié ». Cette nuance importante souligne que la Chine comprend parfaitement que malgré les tensions actuelles, le Canada reste profondément ancré dans l’orbite américaine par des liens historiques, culturels et économiques impossibles à briser du jour au lendemain. Pékin semble donc adopter une approche progressive, cherchant à élargir progressivement ses zones d’influence plutôt que de provoquer une rupture brutale qui pourrait se retourner contre elle.
Cette rhétorique chinoise me donne des frissons. Utiliser les menaces trumpiennes pour effrayer le Canada et le pousser dans ses bras, c’est d’une machiavélisme terrifiant. Pékin joue sur toutes les peurs, toutes les insécurités, avec une précision chirurgicale. Et le pire, c’est que ça marche. Notre pays est tellement désorienté, tellement blessé par les attaques américaines, qu’il est prêt à écouter n’importe qui lui promettre un peu de respect et de considération. Mais à quel prix ? Le Canada va-t-il vraiment sacrifier ses valeurs, son histoire, ses alliances pour quelques contrats commerciaux avec un régime qui ne connaît que la realpolitik ?
Section 3 : La division canadienne face au dilemme stratégique
Les avertissements des victimes de la diplomatie chinoise
L’ancien diplomate Michael Kovrig, l’un des « deux Michael » détenus plus de 1000 jours en Chine pour des accusations d’espionnage sans fondement, a lancé un avertissement particulièrement poignant contre un trop grand rapprochement avec Pékin malgré les tendances impérialistes des États-Unis. Dans un courriel au Journal de Québec, Kovrig affirme que « nous devrions être extrêmement méfiants envers le Parti communiste chinois et son programme », soulignant que le fait que les États-Unis reculent également au chapitre de la démocratie « ne réduit en rien les dangers liés à la Chine ». Ce témoignage d’une victime directe de la diplomatie coercitive chinoise porte un poids particulier alors que le Canada s’engage dans un nouveau chapitre de ses relations avec Pékin.
Kovrig, aujourd’hui conseiller pour l’International Crisis Group, ne se berce pas d’illusions sur la nature du régime chinois. « Malheureusement, le fait que les États-Unis soient devenus peu fiables et imprévisibles ne rend pas la Chine meilleure en tant que partenaire », déclare-t-il avec une brutalité lucide. Selon lui, le Canada doit s’habituer au nouvel ordre mondial dicté par « trois grandes puissances agressives qui cherchent de plus en plus à s’imposer dans des sphères d’influence », une analyse qui place Pékin, Moscou et Washington dans la même catégorie de menaces potentielles. Son constat final est sans appel : « Aussi mal que les États-Unis se comportent sous Trump, c’est quand même beaucoup plus facile à gérer que la Chine ou la Russie. Le Canada a donc de la chance à cet égard. »
Merci Michael Kovrig de rappeler la réalité crue à un pays qui semble avoir perdu tout sens de la mesure. Voici un homme qui a passé près de trois ans dans les geôles chinoises, qui a souffert l’indicible pour le Canada, et aujourd’hui il doit supplier son propre gouvernement de ne pas commettre l’irréparable. C’est à pleurer. La mémoire est si courte en politique ! Les « deux Michael » n’ont même pas été libérés depuis trois ans que nous sommes déjà prêts à oublier ce que la Chine est capable de faire. L’otage diplomatique comme instrument de politique étrangère, c’est le visage réel de Pékin, pas les sourires officiels et les poignées de main protocolaires.
L’industrie automobile canadienne entre deux feux
Brian Kingston, président de l’Association canadienne des constructeurs de véhicules, a exprimé son inquiétude profonde concernant la portée de l’entente entre le Canada et la Chine au moment où le gouvernement Carney devrait concentrer ses efforts sur la révision de l’ACEUM. « L’économie canadienne, et notamment l’industrie automobile, est profondément intégrée à celle des États-Unis », insiste-t-il. « Le renouvellement de notre accord commercial trilatéral doit être notre priorité absolue, et poursuivre les échanges avec la Chine à l’heure actuelle compromet cet objectif. » Cette mise en garde émanant du secteur industriel lui-même souligne les risques économiques majeurs que court le Canada en choisissant de diversifier ses partenariats vers la Chine.
De son côté, Flavio Volpe, président de l’Association des fabricants de pièces automobiles, adopte une position plus nuancée mais tout aussi préoccupée. « Nous ne souhaitons pas qu’on ouvre la porte aux véhicules électriques chinois »,承认-t-il avant d’ajouter avec résignation : « Mais nous sommes là ». Il exprime l’espoir qu’Ottawa exigera que les véhicules chinois soient construits au Canada, une condition qui pourrait permettre de préserver certains emplois dans le secteur manufacturier tout en accédant aux technologies chinoises en matière de véhicules électriques. Cette divergence de points de vue au sein même de l’industrie automobile canadienne illustre le dilemme complexe auquel le pays fait face : entre la nécessité de diversifier ses marchés et le risque de compromettre son intégration économique avec les États-Unis.
L’industrie automobile canadienne est prise en étau entre deux mondes. D’un côté, les États-Unis, notre partenaire historique, mais de plus en plus exigeants et imprévisibles. De l’autre, la Chine, avec ses promesses de technologies et de marchés, mais aussi ses risques politiques et ses pratiques commerciales douteuses. Et au milieu, des milliers d’emplois, des familles entières qui dépendent de ces décisions géopolitiques prises dans les salons feutrés d’Ottawa et de Washington. C’est la réalité cruelle de la mondialisation : nos vies quotidiennes sont entre les mains de dirigeants qui jouent un jeu d’échecs dont nous sommes les pions.
Section 4 : Le calcul diplomatique du gouvernement Carney
Une stratégie de contournement face à l’hostilité américaine
Guy Saint-Jacques, ex-ambassadeur du Canada en Chine, croit que Mark Carney se sert de cette visite en Chine « pour améliorer sa position de négociation avec Donald Trump pour le renouvellement de l’accord de libre-échange en lui disant « regarde, on peut trouver d’autres marchés pour nos produits » ». Cette analyse suggère que le rapprochement avec Pékin serait avant tout un levier diplomatique destiné à renforcer la position canadienne dans les négociations avec Washington, plutôt qu’un véritable virage stratégique vers la Chine. Selon cette interprétation, Ottawa chercherait à démontrer qu’il dispose d’alternatives crédibles, augmentant ainsi son pouvoir de négociation face à un Administration Trump de plus en plus agressive dans ses exigences commerciales.
Cette stratégie de contournement s’inscrit dans un contexte où le Canada subit depuis près d’un an une guerre commerciale dévastatrice avec son principal partenaire, incluant l’imposition de droits de douane sur de nombreux produits canadiens et des menaces répétées d’annexion territoriale. Dans ce climat d’hostilité croissante, le gouvernement Carney a multiplié les efforts pour diversifier les marchés d’exportation du pays et réduire sa dépendance économique face à son voisin américain. La visite en Chine s’inscrit donc dans une série d’initiatives diplomatiques et commerciales visant à ouvrir de nouveaux horizons au Canada, y compris des pourparlers avec d’autres partenaires potentiels en Asie et en Europe.
C’est un jeu dangereux que joue Ottawa. Penser qu’on peut utiliser la Chine comme simple monnaie d’échange dans nos négociations avec Washington, c’est faire preuve d’une naïveté confondante. Pékin n’est pas un outil diplomatique qu’on sort de sa boîte quand ça nous arrange et qu’on range ensuite. La Chine a ses propres objectifs, sa propre stratégie, et elle n’hésitera pas à utiliser le Canada pour avancer ses propres intérêts géopolitiques. Nous pensons être les joueurs, mais je crains fort que nous ne soyons que les jouets dans ce grand jeu de puissance internationale.
Les concessions faites pour apaiser Pékin
La volonté d’Ottawa de ne pas heurter Pékin pendant la visite de Mark Carney s’est manifestée de manière concrète par le rappel précipité de deux députés libérales en voyage parrainé à Taïwan la semaine précédente. Marie-France Lalonde et Helena Jaczek ont été ramenées au pays en toute vitesse par le bureau du premier ministre lundi, afin d’éviter « toute confusion avec la politique étrangère du Canada, compte tenu du chevauchement avec l’engagement du premier ministre à Pékin ». Cette décision illustre les concessions que le Canada est prêt à faire pour apaiser son nouveau partenaire chinois, au risque de compromettre ses relations avec Taïwan, autre allié potentiel dans la région Asie-Pacifique.
Cette initiative de rétablissement des relations avec la Chine marque un changement radical par rapport à la politique de l’ancien gouvernement Trudeau, qui avait vu les relations bilatérales se détériorer progressivement depuis l’arrestation de la dirigeante chinoise Meng Wanzhou à la demande des États-Unis à la fin 2018. La détérioration s’était ensuite aggravée en 2024 lorsque le gouvernement Trudeau avait décidé de suivre l’exemple de Biden en imposant un droit de douane de 100% sur les véhicules électriques fabriqués en Chine, une mesure qui avait déclenché des représailles immédiates de Pékin sous forme de droits de douane sur certaines exportations canadiennes, notamment le canola, les fruits de mer et le porc.
Le rappel des députés de Taïwan me fait hurler de rage. Voilà le Canada qui sacrifie ses principes sur l’autel de l’opportunisme commercial. Taïwan est une démocratie vibrante, un allié naturel du monde libre, et nous l’abandonnons pour ne pas déplaire à Pékin. C’est une lâcheté absolue. Comment pouvons-nous prétendre défendre les droits humains et la démocratie quand nous sommes prêts à jeter une démocratie asiatique sous le bus pour quelques contrats commerciaux ? C’est une honte pour notre pays et une insulte à tous ceux qui croient en nos valeurs.
Section 5 : Les répercussions potentielles sur l'ACEUM
Un renouvellement compromis par le virage chinois
Le rapprochement entre le Canada et la Chine pourrait avoir un impact significatif sur les négociations à venir entre le Canada, les États-Unis et le Mexique en prévision de la révision de l’ACEUM en 2026. Les responsables américains ont clairement indiqué que les décisions du gouvernement Carney en matière de politique commerciale avec la Chine seraient prises en compte lors de ces négociations cruciales, laissant planer la menace de conséquences potentiellement graves pour l’économie canadienne si Ottawa persiste dans cette voie. Le représentant américain au commerce, Jamieson Greer, a particulièrement insisté sur le fait que le Canada pourrait « regretter » sa décision d’ouvrir ses marchés aux véhicules électriques chinois.
Les experts commerciaux soulignent que l’ACEUM représente le cadre commercial le plus important pour le Canada, avec près de 75% de ses exportations destinées au marché américain. Compromettre cet accord pour développer des relations avec la Chine pourrait donc avoir des conséquences économiques dévastatrices, particulièrement pour l’industrie automobile canadienne qui dépend étroitement de l’intégration nord-américaine. Brian Kingston de l’Association canadienne des constructeurs de véhicules a martelé ce point lors de ses déclarations publiques, insistant sur le fait que « poursuivre les échanges avec la Chine à l’heure actuelle compromet » la priorité absolue que devrait constituer le renouvellement de l’accord commercial trilatéral.
Là encore, on joue avec le feu sans même comprendre les risques. L’ACEUM, c’est l’épine dorsale de notre économie. C’est ce qui permet à des millions de Canadiens de travailler, de nourrir leurs familles, de vivre décemment. Et nous sommes prêts à compromettre tout ça pour quoi ? Pour quelques véhicules électriques chinois ? Pour la promesse vaporeuse de marchés futurs ? C’est de l’inconscience pure. Les États-Unis ne bluffent pas dans ce genre de négociation. Quand ils disent que le Canada va regretter, ils le pensent vraiment. Et ils ont les moyens de nous faire regretter, cruellement.
Le Mexique comme témoin privilégié et arbitre potentiel
Ironiquement, c’est le Mexique qui semble avoir obtenu le meilleur traitement commercial de la part de l’administration Trump dans ce contexte de tensions croissantes, soulignant l’asymétrie des relations entre les trois pays membres de l’ACEUM. Pendant que le Canada subit critiques et menaces pour son rapprochement avec la Chine, le Mexique semble avoir réussi à naviguer plus habilement entre les exigences américaines et ses propres intérêts commerciaux, démontrant une compréhension plus fine des dynamiques de pouvoir dans l’hémisphère nord. Cette divergence de traitement met en lumière les difficultés particulières du Canada à maintenir un équilibre entre ses relations historiques avec Washington et ses nouvelles ambitions asiatiques.
Les observateurs notent que le Mexique a pu bénéficier de sa position géographique et de sa plus grande flexibilité commerciale pour négocier des arrangements plus favorables avec l’administration Trump, alors que le Canada se trouve dans une position plus précaire en raison de sa dépendance économique plus extrême vis-à-vis du marché américain et de sa tentative simultanée de diversification vers la Chine. Cette situation crée une dynamique complexe où le Mexique pourrait se retrouver en position d’arbitre potentiel dans les négociations à venir, disposant d’un levier supplémentaire face à ses deux partenaires nord-américains.
C’est une amère ironie que de voir le Mexique, traditionnellement considéré comme le partenaire mineur de l’ACEUM, naviguer avec plus d’aisance dans ces eaux troubles que le Canada. Pendant que nous nous débattons entre Washington et Pékin comme un navire pris dans une tempête, le Mexique semble avoir trouvé le cap. Peut-être parce qu’ils ont compris depuis longtemps que la géopolitique ne se joue pas à coups de grands principes mais de réalismes calculés. Le Canada a encore beaucoup à apprendre de son voisin du sud en matière de diplomatie pragmatique.
Section 6 : Les perspectives d'avenir et les scénarios possibles
Un équilibre précaire entre autonomie et dépendance
Malgré les risques inhérents à sa stratégie de diversification, le gouvernement Carney semble déterminé à poursuivre son rapprochement avec la Chine, estimant que les gains potentiels en termes d’autonomie stratégique valent les risques économiques et politiques encourus. Les responsables canadiens ont indiqué s’attendre à ce que le voyage de Mark Carney permette des progrès en matière de commerce, mais sans nécessairement aboutir à une suppression définitive des droits de douane. Cette approche graduelle vise à trouver un équilibre entre la nécessité de développer de nouveaux marchés et le maintien de relations acceptables avec les États-Unis, un exercice d’équilibriste particulièrement délicat dans le contexte actuel.
Les experts notent cependant que la Chine reste lucide quant aux limites de ce rapprochement potentiel, compte tenu des craintes profondes des Canadiens face à la montée en puissance économique et militaire de Pékin, ainsi que de leurs liens historiques et culturels profonds avec les États-Unis. Les deux pays présentent également des divergences majeures concernant l’essor des exportations chinoises et la menace qu’elles représentent pour l’emploi dans leurs secteurs industriels, sans même parler des questions fondamentales de droits de la personne et du statut de Taïwan. Ces obstacles structurels suggèrent que le rapprochement canado-chinois restera limité dans sa portée et son intensité, quelle que soit la volonté politique d’Ottawa.
Je reste sceptique sur la capacité du Canada à trouver cet équilibre mythique entre autonomie et dépendance. L’histoire nous enseigne que dans les relations internationales, les demi-mesures mènent rarement au succès. Soit on s’engage résolument dans une nouvelle direction, soit on reste fidèle à ses alliances historiques. Le Canada veut avoir le beurre et l’argent du beurre : maintenir sa relation spéciale avec les États-Unis tout en séduisant la Chine. C’est une illusion dangereuse qui finira par nous coûter cher. Tôt ou tard, nous devrons choisir un camp, et plus nous attendrons, plus ce choix sera douloureux.
Les risques d’un isolement stratégique
L’un des scénarios les plus inquiétants pour l’avenir du Canada serait celui d’un isolement stratégique où le pays se retrouverait marginalisé à la fois par ses partenaires traditionnels occidentaux et par la Chine, incapable de satisfaire pleinement les exigences de l’un comme de l’autre. Ce scénario de pire cas se concrétiserait si Washington décidait de sanctions économiques sévères en réponse au rapprochement avec Pékin, tandis que la Chine, ayant obtenu ce qu’elle voulait, réduirait son engagement envers Ottawa. Le Canada se retrouverait alors dans une position de faiblesse extrême, n’ayant plus ni l’appui de son allié historique ni la protection de son nouveau partenaire asiatique.
Les stratèges militaires avertissent également que ce rapprochement pourrait avoir des implications pour la sécurité continentale, les États-Unis pouvant être moins enclins à partager des renseignements sensibles ou à coopérer étroitement en matière de défense avec un pays perçu comme s’alignant trop étroitement avec leur rival stratégique principal. Cette érosion potentielle de la coopération en matière de sécurité pourrait compromettre la protection du territoire canadien et la capacité du pays à faire face aux menaces émergentes dans un environnement international de plus en plus instable.
Ce scénario d’isolement me hante. Imaginez un Canada qui aurait aliené ses alliés traditionnels sans pour autant obtenir les gains espérés de son rapprochement avec la Chine. Un pays seul, vulnérable, exposé à toutes les tempêtes géopolitiques sans abri ni protecteur. C’est le cauchemar de tout stratège canadien, et pourtant nous marchons vers ce scénario avec une insouciance effrayante. Le Canada a toujours eu la chance de pouvoir compter sur ses alliances pour se protéger dans un monde hostile. Abandonner cette protection pour des chimères commerciales, c’est jouer avec l’avenir même de notre nation.
Conclusion : un tournant décisif pour l'avenir du Canada
Le moment de vérité approche
Le Canada se trouve aujourd’hui à un véritable carrefour de son histoire, confronté à des choix qui détermineront sa place dans l’ordre mondial pour les décennies à venir. L’avertissement sévère lancé par Washington concernant son rapprochement avec la Chine ne doit pas être pris à la légère : il représente une menace réelle de conséquences économiques et stratégiques potentiellement dévastatrices si Ottawa persiste dans sa voie actuelle. Le temps des demi-mesures et des équilibres précaires est révolu ; le Canada devra bientôt faire un choix clair entre son alliance historique avec l’Occident et une nouvelle orientation vers l’Asie, un choix qui aura des répercussions profondes sur son économie, sa sécurité et son identité nationale.
Les mois à venir seront cruciaux pour déterminer si la stratégie du gouvernement Carney portera ses fruits ou si elle se soldera par un isolement stratégique coûteux. Les négociations sur le renouvellement de l’ACEUM serviront de test décisif, révélateur de la capacité du Canada à naviguer entre les exigences contradictoires de ses partenaires américains et de ses ambitions chinoises. Le résultat de ces négociations aura des conséquences bien au-delà du commerce : il façonnera la relation fondamentale entre le Canada et les États-Unis pour une génération, définissant les limites de l’autonomie canadienne dans un monde dominé par les grandes puissances.
Nous approchons du moment de vérité, et je tremble pour mon pays. Le Canada se trouve à une croisée des chemins historique, et je crains fort que nos dirigeants ne comprennent pas la gravité du moment. Ce n’est pas une simple négociation commerciale, c’est le choix de notre place dans le monde qui est en jeu. Le Canada a toujours été fier de son indépendance et de sa capacité à naviguer entre les grandes puissances, mais cette fois-ci, les enjeux sont trop élevés pour le genre d’équilibriste diplomatique auquel nous nous livrons. Bientôt, il faudra choisir. Et ce choix définira qui nous sommes en tant que nation pour les générations à venir.
Les leçons à tirer de cette crise
Cette crise dans les relations canado-américaines offre au Canada l’occasion de réfléchir profondément à sa stratégie internationale et aux leçons à tirer de cette expérience. La première leçon est sans doute celle des limites de la diversification économique : dépendre à 75% d’un seul marché pour ses exportations constitue une vulnérabilité structurelle majeure que le pays aurait dû adresser bien plus tôt et de manière plus systématique. La seconde leçon concerne l’importance de la cohérence en politique étrangère : les changements brusques de positionnement, comme la volte-face sur la Chine après les avoir qualifiée de menace existentielle, érodent la crédibilité du pays et sapent la confiance de ses alliés.
Enfin, cette crise rappelle au Canada les réalités impitoyables de la géopolitique mondiale : dans un environnement international de plus en plus compétitif et conflictuel, les petits et moyens pays comme le Canada doivent naviguer avec une prudence extrême entre les grandes puissances, en comprenant parfaitement que chaque alliance ou partenariat comporte des obligations et des limites. L’avenir du Canada dépendra de sa capacité à tirer les leçons de cette crise actuelle et à développer une stratégie internationale plus cohérente, plus résiliente et plus adaptée aux réalités du XXIe siècle.
J’espère sincèrement que le Canada saura tirer les leçons de cette crise avant qu’il ne soit trop tard. Nous avons été trop naïfs, trop optimistes, trop confiants dans notre capacité à naviguer sans encombre dans des eaux dangereuses. Le monde a changé, et le Canada doit changer avec lui. Pas en abandonnant nos valeurs ou nos principes, mais en étant plus lucides, plus prudents, plus stratégiques dans nos choix internationaux. Notre pays a trop à offrir pour se permettre l’erreur de se retrouver isolé et marginalisé. L’avenir nous jugera sur les décisions que nous prenons aujourd’hui. Puissions-nous être à la hauteur de ce moment historique.
Sources
Sources primaires
El Norte, « Advierte EU a Canadá por su acercamiento con China », 22 janvier 2026, https://www.elnorte.com/advierte-eu-a-canada-por-su-acercamiento-con-china/ar3139779
La Presse, « Rapprochement avec la Chine : Washington met Ottawa en garde », 16 janvier 2026, https://www.lapresse.ca/actualites/politique/2026-01-16/rapprochement-avec-la-chine/washington-met-ottawa-en-garde.php
Journal de Québec, « Visite officielle de Mark Carney en Chine: l’un des « deux Michael » met en garde contre un trop grand rapprochement », 14 janvier 2026, https://www.journaldequebec.com/2026/01/14/lun-des-deux-michael-met-en-garde-contre-un-trop-grand-rapprochement-avec-la-chine
Sources secondaires
L’Actualité, « La Chine appelle le Canada à s’affranchir de l’influence des États-Unis », 13 janvier 2026, https://lactualite.com/actualites/la-chine-appelle-le-canada-a-saffranchir-de-linfluence-des-etats-unis/
Courrier International, « En froid avec les États-Unis, le Canada renoue avec la Chine », janvier 2026, https://www.courrierinternational.com/article/geopolitique-en-froid-avec-les-etats-unis-le-canada-renoue-avec-la-chine_239476
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