Un océan fantôme sous la poussière

Imaginez des plages de sable fin, le bruit des vagues… Bon, calmez-vous, on parle de Mars, donc oubliez tout de suite les cocktails et les cocotiers. Surtout que dans le coin, il fait un froid de canard. Pourtant, c’est bien l’image qui ressort d’une étude fascinante publiée le 24 février 2025 dans la prestigieuse revue PNAS.
Tout part du rover chinois Zhurong, le petit baroudeur de la mission Tianwen-1. Ce qu’il a trouvé là-haut pourrait bien bouleverser tout ce qu’on croyait savoir, ou du moins ce qu’on supposait, sur le passé humide de la planète rouge. On parle ici de nouvelles données qui pointent vers des formations sédimentaires assez parlantes. L’article, initialement mis en lumière le 25 février 2025, suggère que oui, un océan a peut-être bien clapoté à la surface.
Utopia Planitia : rivières ou océan géant ?

Alors, qu’est-ce qu’ils ont vu exactement ? Les chercheurs sont formels : ils ont identifié de « vastes dépôts ». Et pas n’importe lesquels, puisqu’ils ressemblent étrangement à nos sédiments côtiers terrestres. Ça se passe dans le sous-sol du sud d’Utopia Planitia. C’est une plaine immense, vraiment immense, qui s’étend sur quelque chose comme 3 200 kilomètres dans l’hémisphère nord de Mars.
Pour l’équipe scientifique, c’est le signe qu’une « grande masse d’eau » a stagné là. Mais attention, c’est là que ça se corse un peu. L’idée d’un océan martien, c’est un peu la pomme de discorde dans les labos depuis des années. C’est controversé, c’est le moins qu’on puisse dire. Tout le monde, ou presque, s’accorde à dire qu’il y a eu de l’eau liquide, c’est un fait désormais avéré. Mais sous quelle forme ? Jusqu’ici, les réseaux de vallées et les roches qu’on avait sous la main nous racontaient plutôt l’histoire de rivières, pas forcément d’une mer immense.
Cependant, les chercheurs soulignent que le manque de preuves concrètes avait toujours forcé la communauté à rester prudente sur cette fameuse « hypothèse océanique », même si les basses terres du nord semblaient être le candidat idéal pour accueillir toute cette flotte.
Le radar qui voit sous le sable

C’est ici que ça devient technique, mais restez avec moi. Selon l’étude, ces nouvelles images orbitales changent la donne : elles permettent de cartographier l’étendue possible de ces eaux, qui auraient pu recouvrir carrément « un tiers de la surface martienne« . Rien que ça. Le Dr Benjamin Cardenas, qui bosse à l’Université de Penn State et a co-signé cette recherche, a raconté au Guardian comment ils ont procédé.
En gros, Zhurong a été envoyé se balader spécifiquement dans le sud d’Utopia Planitia. Pourquoi là ? Parce que c’est juste à côté des zones où des « paléolittoraux ont été cartographiés à partir de données satellites ». Une fois sur place, le rover a dégainé son radar à pénétration de sol. C’est un outil redoutable. « En général, le radar détecte même les changements subtils dans la taille des sédiments », précise ce spécialiste.
Le verdict du Dr Cardenas est sans appel. La structure qu’ils ont trouvée est simple, certes, mais elle raconte une histoire complexe : il devait y avoir « des marées, des vagues, une rivière à proximité ». Et surtout, tout ce petit monde aquatique devait être actif pendant une « période de temps prolongée ». On n’est pas sur un petit ruisseau éphémère. Et pour ceux qui douteraient encore, il précise que ça ne ressemble ni à des volcans, ni à des dunes façonnées par le vent, qui sont pourtant monnaie courante là-bas.
Conclusion : Le berceau de la vie martienne ?

Au-delà de la géologie, c’est la question de la vie qui revient nous titiller. Si cette découverte se confirme, elle ne fait pas qu’étayer l’hypothèse de l’océan ; elle nous donne une piste sérieuse pour chercher des traces biologiques. Benjamin Cardenas fait un parallèle intéressant avec notre propre maison : sur Terre, c’est souvent à l’interface entre l’eau et la terre, sur la plage donc, que la vie a pointé le bout de son nez pour la première fois.
Alors, la Planète Rouge a-t-elle abrité la vie à une époque donnée ? C’est bien possible. Pour le chercheur, ce site serait en tout cas « un endroit idéal pour envoyer une mission de suivi à la recherche de signes de vie passée ». Qui sait ce qu’on trouvera sous le sable la prochaine fois ?
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Mars : et si on avait enfin trouvé la plage (sans les cocotiers) ?
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