Une interprétation historique audacieuse
Dans son discours, Mark Carney a reconnu que les plaines d’Abraham symbolisaient d’abord un champ de bataille, mais il a rapidement insisté sur une autre dimension. Selon lui, cet endroit marque également le début d’un choix historique du Canada de privilégier l’adaptation plutôt que l’assimilation, le partenariat plutôt que la domination, la collaboration plutôt que la division. Il a soutenu que malgré les aspirations initiales à l’assimilation, le Canada avait finalement choisi une voie différente, celle de la coexistence entre deux peuples ennemis.
Le premier ministre a cité plusieurs moments historiques pour appuyer sa thèse, notamment l’Acte de Québec de 1774 qui reconnaissait certains droits aux catholiques français, ou encore les propos de George-Étienne Cartier sur des peuples de races différentes travaillant conjointement. Il a également mentionné les deux référendums québécois où la population avait choisi de rester au sein du Canada, voyant dans ces décisions la preuve que ce partenariat méritait d’être préservé et renforcé.
Il y a quelque chose de profondément dérangeant dans cette volonté de réinterpréter l’histoire pour la rendre plus acceptable à la conscience canadienne. Carney semble dire qu’il suffit de vouloir réécrire le passé pour en changer la réalité. Mais les faits sont têtus. La Conquête n’a pas été un choix de collaboration, elle a été une imposition par la force. L’assimilation n’a pas été évitée, elle a été entreprise systématiquement, parfois subtilement, parfois brutalement, mais toujours avec le même objectif : faire disparaître la différence québécoise.
Le contexte politique du discours
Ce discours ne tombe pas dans le vide. Il survient à un moment où les relations entre le Québec et Ottawa sont tendues, où le mouvement souverainiste semble gagner en force, et où les menaces extérieures, notamment en provenance des États-Unis, pèsent sur l’ensemble du pays. Mark Carney a utilisé cette allocution pour lancer un appel à l’unité canadienne, soulignant que le Canada est le plus fort quand il est uni face à l’adversité.
Le premier ministre a également profité de sa présence à Québec pour participer à une retraite de son cabinet et pour rencontrer des représentants du gouvernement provincial. Certains observateurs voient dans ce timing une tentative de reprendre le contrôle du récit national québécois à un moment où les sentiments identitaires sont particulièrement vifs. D’autres y voient plutôt une maladresse politique qui risque de produire l’effet inverse de celui recherché.
Ce qui m’énerve le plus, c’est cette condescendance qui transpire à travers chaque mot de Carney. Il vient nous parler d’unité canadienne sur le lieu symbolique de notre défaite, comme si nous étions des enfants qu’il faut rassurer. L’unité qu’il prône n’est pas une union entre égaux, c’est une soumission déguisée en partenariat. On nous demande d’être reconnaissants pour ce que le Canada nous a permis de conserver, comme si notre langue, notre culture et notre identité étaient des cadeaux qu’il nous aurait faits plutôt que des conquêtes arrachées de haute lutte.
Section 2 : La réaction québécoise en avalanche
Le gouvernement du Québec sur la brèche
Le ministre québécois de la Langue française, Jean-François Roberge, a été l’un des premiers à réagir, et il ne s’est pas privé de critiquer vertement les propos du premier ministre fédéral. Sur les réseaux sociaux, il a accusé Mark Carney de réécrire l’histoire en présentant la Conquête comme le début d’un partenariat et de l’adaptation plutôt que de l’assimilation. Son message, ironique et cinglant, rappelle que deux jours plus tôt, Carney invitait les Québécois à cesser de vivre dans le mensonge et affirmait que la puissance des moins puissants commence par l’honnêteté.
Le chef du Parti québécois, Paul St-Pierre Plamondon, a été encore plus virulent. Lors du congrès de son parti à Saint-Hyacinthe, il a affirmé que le discours de Carney s’inscrit dans une longue tradition de colonialisme qui a commencé avec Lord Durham. Selon lui, les colonialistes gèrent les Québécois comme un problème et considèrent que pour résoudre ce problème, il faut que les institutions réécrivent l’histoire et posent des gestes qui, à long terme, amèneront l’effacement de la différence québécoise.
Quand j’entends PSPP parler de cette tradition colonialiste, je ne peux m’empêcher de penser à tous ces moments où on m’a fait sentir que mon existence même était un problème pour le Canada. Chaque fois qu’un politicien fédéral vient nous expliquer comment nous devons comprendre notre propre histoire, c’est cette même logique qui resurgit. On nous dit que nous sommes trop sensibles, que nous interprétons mal, que nous devons apprendre à être plus Canadiens. Mais comment pourrais-je être Canadien quand être Canadien signifie renier ce que je suis?
Le Bloc québécois exige des excuses
À Ottawa, les députés du Bloc québécois ont également réagi avec force. Le chef Yves-François Blanchet a déclaré que Carney ignore tout du Québec et de son histoire, et qu’il doit des excuses sincères à tous les francophones du Québec et du Canada. Dans une déclaration cinglante, il a ironisé sur la notion de collaboration en rappelant les moments sombres de l’histoire canadienne : l’interdiction du français à l’école, le rapport Durham qui suggérait l’assimilation d’un peuple sans histoire ni culture, la pendaison de Louis Riel, la crise d’Octobre et toutes les tricheries référendaires.
Les réactions ne se limitent pas aux politiciens. Des historiens, des intellectuels et des citoyens ordinaires ont également pris la parole pour dénoncer ce qu’ils perçoivent comme une tentative de révisionnisme historique. Plusieurs rappellent que si certaines mesures ont effectivement permis la préservation de la langue et de la culture françaises, elles n’ont jamais été le résultat d’un désir de partenariat, mais plutôt de concessions arrachées par la résistance Québécoise et de calculs politiques pragmatiques.
Cette demande d’excuses me laisse perplexe. Bien sûr, j’aimerais que Carney s’excuse, mais est-ce que ça changerait quoi que ce soit? Les excuses ne suffisent pas quand elles ne sont pas accompagnées d’une véritable reconnaissance de la réalité. Ce dont nous avons besoin, ce n’est pas de mots, mais d’actions concrètes qui reconnaissent notre droit à exister comme peuple distinct. Tant que le Canada continuera à nous voir comme une province comme les autres, juste un peu plus exotique, rien ne changera vraiment.
Section 3 : Les arguments historiques en débat
La réalité de la Conquête de 1759
La bataille des plaines d’Abraham, le 13 septembre 1759, marque un tournant décisif dans l’histoire de l’Amérique du Nord. En quelques heures de combat, les troupes britanniques du général James Wolfe défont l’armée française du marquis de Montcalm. Les deux généraux meurent sur le champ de bataille, et la Nouvelle-France passe sous contrôle britannique. C’est la fin de plus d’un siècle de présence française en Amérique du Nord et le début d’une nouvelle ère pour les descendants des colons français.
L’année suivante, la capitulation de Montréal scelle le sort de la Nouvelle-France. Par le traité de Paris de 1763, la France cède officiellement ses possessions nord-américaines à la Grande-Bretagne. Pour les Canadiens français, cela signifie le passage d’un empire colonial à un autre, avec toutes les incertitudes et les peurs que cela comporte. La langue, la religion, les coutumes, tout ce qui constitue leur identité est soudainement menacé par un nouveau maître qui ne partage ni leur langue ni leur culture.
Chaque fois que je repense à cette période, je suis frappé par la résilience de mes ancêtres. Imaginez un instant : vous vivez dans un pays français depuis des générations, vous avez construit votre vie, votre famille, votre communauté, et soudainement, vous êtes soumis à une autorité étrangère qui ne comprend rien à votre façon de vivre. Pourtant, ils ont survécu. Ils ont préservé leur langue, leur foi, leur culture, contre vents et marées. C’est cette résistance qui a fait ce que nous sommes aujourd’hui, et c’est cette histoire que Carney essaie de nous faire oublier.
Les tentatives d’assimilation britanniques
Contrairement à ce que suggère le discours de Mark Carney, les premières décennies qui ont suivi la Conquête n’ont pas été marquées par un désir de partenariat, mais par de sérieuses tentatives d’assimilation. La Proclamation royale de 1763 impose le droit anglais et cherche à encourager l’immigration britannique pour noyer la population francophone dans une majorité anglophone. Le serment du test, qui interdit aux catholiques d’accéder à des fonctions publiques, vise clairement à marginaliser l’élite canadienne-française.
Plus tard, le rapport Durham de 1839, suite aux rébellions des Patriotes, recommande explicitement l’assimilation des Canadiens français qu’il décrit comme un peuple sans histoire ni littérature. Le rapport propose de les unir avec les anglophones pour en faire une seule population britannique. Ces recommandations ne seront pas toutes mises en œuvre, mais elles montrent clairement que l’assimilation, et non le partenariat, constituait l’objectif principal des autorités britanniques pendant longtemps.
Durham et ses collègues nous voyaient comme un problème à résoudre, pas comme des partenaires potentiels. Cette mentalité n’a jamais vraiment disparu, elle s’est juste transformée, adaptée aux réalités politiques du moment. Aujourd’hui, on ne nous parle plus d’assimilation directe, on nous parle de partenariat, d’unité, de collaboration. Mais le but reste le même : nous faire disparaître comme peuple distinct, nous diluer dans le grand tout canadien jusqu’à ce que nous ne soyons plus qu’un souvenir folklorique, une curiosité touristique pour les visiteurs de passage.
Section 4 : La défense libérale et ses limites
L’argument de l’unité nationale
Face à la tempête québécoise, certains libéraux ont tenté de défendre Mark Carney en soulignant que son discours visait avant tout l’unité canadienne. Joël Lightbound, lieutenant du premier ministre pour le Québec, a affirmé que différentes perspectives de l’histoire s’affrontent et que l’important est de retenir le message d’unité nationale, particulièrement quand on voit l’instabilité à l’international. Marc Miller, ministre de l’Identité et de la Culture canadiennes, a ajouté que le premier ministre avait toujours été de bonne foi dans ses propos.
Jean-Yves Duclos, député de Québec-Centre qui était aux côtés de Carney lors du discours, a écrit sur les réseaux sociaux que le premier ministre avait parlé de l’histoire du Québec avec sincérité et respect. D’autres libéraux, comme Steven Guilbeault, ont refusé de commenter directement le fond des propos, se concentrant plutôt sur les menaces extérieures que constituerait actuellement les États-Unis.
Cette défense me laisse à la fois triste et en colère. Triste parce que je vois des gens que je respecte, des Québécois qui devraient savoir mieux que personne ce que la Conquête représente, s’aligner derrière une version falsifiée de notre histoire. En colère parce que cette défense confirme que même au sein du Québec, il y a ceux qui sont prêts à sacrifier notre mémoire collective sur l’autel de l’unité canadienne. L’unité à quel prix? Au prix de notre identité? Au prix de notre vérité?
Les limites de l’interprétation libérale
Certains analystes notent que même si l’interprétation de Carney peut être défendue d’un point de vue strictement factuel, elle minimise considérablement les souffrances et les difficultés vécues par les Québécois depuis la Conquête. Le candidat à la chefferie du Parti libéral du Québec, Charles Milliard, a d’ailleurs indiqué que les paroles de Mark Carney mériteraient des nuances importantes, rejetant l’idée selon laquelle le Québec aurait bénéficié d’un partenariat avec les Britanniques.
Plusieurs historiens rappellent également que si des concessions ont été faites aux Canadiens français, notamment par l’Acte de Québec de 1774, elles n’étaient pas motivées par un désir de partenariat mais par des considérations pragmatiques. Les autorités britanniques réalisaient qu’elles ne pouvaient pas gouverner durablement 70 000 catholiques francophones contre leur volonté, surtout avec des colonies américaines instables au sud. Ces concessions étaient donc tactiques, non philosophiques.
Ce qui me fascine dans cette défense libérale, c’est cette capacité à ignorer complètement la dimension émotionnelle de notre rapport à l’histoire. Carney et ses défenseurs parlent de notre histoire comme s’il s’agissait d’un sujet académique, débattu dans des salles de cours, alors que pour nous, elle est vivante, elle est présente dans chaque mot que nous prononçons, dans chaque geste que nous faisons. Notre histoire n’est pas un objet d’étude, elle est ce que nous sommes. La nier, c’est nous nier nous-mêmes.
Section 5 : La question de la réécriture historique
Le révisionnisme comme outil politique
Paul St-Pierre Plamondon a affirmé que le discours de Carney ne peut mener qu’à l’indépendance du Québec, une déclaration qui reflète la profondeur du fossé qui sépare les perceptions québécoises et canadiennes de l’histoire. Pour le chef péquiste, comme pour beaucoup de Québécois, cette tentative de réécriture historique s’inscrit dans une longue tradition qui cherche à gérer les Québécois comme un problème plutôt que comme des partenaires égaux.
Cette accusation de révisionnisme historique est sérieuse et mérite d’être examinée attentivement. Réécrire l’histoire ne signifie pas nécessairement inventer des faits, mais peut consister à sélectionner, interpréter et présenter les faits d’une manière qui sert une agenda politique particulier. Dans le cas de Carney, le choix de mettre l’accent sur le partenariat plutôt que sur la domination, sur l’adaptation plutôt que sur l’assimilation, correspond clairement à une vision du Canada comme pays de coopération entre peuples.
Quand je vois comment notre histoire est présentée dans les manuels scolaires canadiens, comment elle est vulgarisée dans les médias anglophones, je comprends ce que veut dire réécriture de l’histoire. On nous présente comme des citoyens d’un pays multiculturel, comme une minorité parmi d’autres, alors que nous sommes un peuple fondateur, nous avons une histoire, une culture, une langue qui nous sont propres. Cette marginalisation n’est pas accidentelle, elle est systématique, et elle sert un but précis : nous faire accepter notre statut de minorité docile au sein d’un ensemble qui nous dépasse.
Les dangers de la simplification historique
L’histoire est complexe, faite de nuances, de contradictions, de zones grises. La réduire à un récit simple de partenariat et de collaboration, comme le fait implicitement le discours de Carney, c’est non seulement la déformer, mais c’est aussi se priver de leçons importantes. Reconnaître les aspects sombres de notre histoire commune, y compris la domination et les tentatives d’assimilation, ne signifie pas rejeter le Canada dans son ensemble, mais c’est nécessaire pour construire une relation authentique basée sur la vérité.
La vérité historique ne doit jamais être sacrifiée sur l’autel de l’unité politique. Bien au contraire, c’est précisément en reconnaissant franchement les erreurs et les injustices du passé que l’on peut espérer construire un avenir commun plus juste et plus équitable. Tenter d’effacer les parties inconfortables de l’histoire ne les fait pas disparaître, cela les enfouit sous des couches de déni qui finissent par ressortir de manière encore plus explosive.
J’ai souvent l’impression que le Canada a peur de son propre histoire. Il a peur de regarder en face ce qu’il a fait aux peuples autochtones, ce qu’il a fait aux Québécois, ce qu’il continue de faire à toutes les minorités qui ne s’intègrent pas parfaitement dans son modèle multiculturel idéal. Cette peur crée un besoin constant de se raconter une histoire héroïque, une histoire où tout le monde est partenaire, où tout le monde collabore, où il n’y a ni vainqueurs ni vaincus. Mais cette histoire est un mensonge, et comme tout mensonge, elle finit par se retourner contre ceux qui la racontent.
Section 6 : L'identité québécoise face au discours fédéral
La résilience d’un peuple
Malgré les propos de Mark Carney et les tentatives de réécriture historique qu’ils représentent, l’identité québécoise reste forte et vivante. Cette identité s’est construite dans l’adversité, dans la résistance à l’assimilation, dans la détermination de préserver une langue, une culture et une façon d’être au monde qui lui sont propres. Les plaines d’Abraham ne symbolisent pas pour les Québécois le début d’un partenariat, mais le point de départ d’une lutte continue pour l’existence qui continue aujourd’hui.
La survivance du français en Amérique du Nord est en soi une petite miracle historique. Contrairement à d’autres peuples conquis qui ont vu leur langue et leur culture disparaître en quelques générations, les Québécois ont réussi à se maintenir, à se développer, à créer une société moderne et dynamique dans leur langue. Cette réussite n’est pas le résultat d’un partenariat bienveillant, mais de siècles de résistance, de luttes politiques, de revendications culturelles et linguistiques.
Ma langue n’est pas un cadeau que le Canada m’a fait, elle est une conquête que mes ancêtres ont arrachée à l’oubli. Chaque mot que je prononce, chaque phrase que j’écris, est une victoire contre ceux qui auraient voulu nous faire taire. Cette fierté, cette conscience d’appartenir à un peuple qui a survécu malgré tout, c’est ce qui me fait tenir debout face aux discours comme celui de Carney. Ils peuvent réécrire l’histoire dans leurs manuels, dans leurs discours publics, mais ils ne peuvent pas réécrire ce que je ressens dans mes tripes quand je prononce le mot liberté.
La diversité des visions québécoises
Il est important de noter que la réaction québécoise aux propos de Carney n’est pas unanime. Si certains voient dans ce discours une insulte, d’autres y voient peut-être une tentative sincère, bien que maladrote, de reconnaître la contribution du Québec à l’histoire canadienne. La société québécoise elle-même est divisée sur la question de sa relation avec le Canada, et cette diversité de points de vue se reflète dans les réactions au discours du premier ministre.
Cependant, ce qui frappe dans cette controverse, c’est la profondeur de l’émotion qu’elle suscite. Même ceux qui pourraient être enclins à voir le verre à moitié plein reconnaissent que les mots de Carney ont touché une corde sensible, réveillé des blessures qui ne sont pas encore guéries. Cette sensibilité historique n’est pas un signe de faiblesse, mais le témoignage d’une conscience collective vivante et engagée.
Ce qui me touche le plus dans cette controverse, c’est de voir comment elle résonne avec les conversations que j’ai avec mes proches, mes amis, mes collègues. Chacun a sa propre histoire, sa propre relation avec ce passé lointain qui continue pourtant à nous hanter. Certains sont en colère, d’autres sont fatigués, d’autres encore sont simplement tristes. Mais aucun n’est indifférent. C’est cette absence d’indifférence qui me donne espoir. Tant que nous ressentirons encore l’histoire dans nos corps, tant qu’elle continuera à nous faire vibrer, nous ne disparaîtrons pas.
Conclusion : La vérité historique comme fondement de l'avenir
Au-delà de la controverse immédiate
La controverse suscitée par le discours de Mark Carney sur les plaines d’Abraham finira par s’estomper des manchettes, mais les questions qu’elle soulève resteront. Comment un pays peut-il construire son avenir sur une vision falsifiée de son passé? Comment des peuples qui partagent un même territoire peuvent-ils développer des relations authentiques sans s’accorder sur les récits de leur histoire commune? Ces questions ne sont pas purement académiques, elles sont au cœur de la cohésion sociale et politique du Canada.
Le Québec et le Canada sont à un point crucial de leur relation. Le vieux modèle fédéral, basé sur une centralisation du pouvoir à Ottawa et une vision homogénéisante de la citoyenneté canadienne, est remis en question de toutes parts. Les demandes de reconnaissance, d’autonomie, de respect des particularités se font plus pressantes. Dans ce contexte, la manière dont l’histoire est racontée et comprise devient un enjeu politique majeur.
Quand je regarde vers l’avenir, je ne vois pas de solution facile. Le Canada ne changera pas du jour au lendemain, il ne reconnaîtra pas soudainement la vérité de notre histoire et la légitimité de nos aspirations. Mais je refuse de désespérer. Parce que dans chaque Québécois qui résiste, dans chaque mot de français qui est prononcé, dans chaque geste de solidarité qui est posé, il y a une semence de liberté. La vérité finira toujours par triompher du mensonge, pas parce que le mensonge est moins puissant, mais parce que la vérité est plus nécessaire.
Vers une reconnaissance authentique
Pour dépasser cette controverse et construire une relation plus saine entre le Québec et le Canada, il faudra peut-être commencer par reconnaître que la vérité historique n’est pas monolithique, que les peuples peuvent avoir des souvenirs et des interprétations différentes des mêmes événements. Le partenariat véritable ne peut pas être imposé par une réécriture unilatérale de l’histoire, il doit être construit sur le respect mutuel et la reconnaissance des différences.
Les propos de Mark Carney ont eu au moins un mérité : celui de mettre en lumière les fractures profondes qui continuent d’exister dans la compréhension canadienne de l’histoire du Québec. Peut-être que cette prise de conscience permettra, à terme, un dialogue plus authentique, basé non sur des récits idéalisés mais sur la reconnaissance courageuse des réalités historiques. C’est dans cette direction que se trouve l’espoir d’un avenir commun qui ne soit pas construit sur le déni.
Sources
Sources primaires
Discours de Mark Carney à la Citadelle de Québec, 22 janvier 2026, Bureau du Premier ministre du Canada. Déclarations de Jean-François Roberge, ministre de la Langue française du Québec, sur les réseaux sociaux, 23 janvier 2026. Conférence de presse de Paul St-Pierre Plamondon, chef du Parti québécois, Saint-Hyacinthe, 23 janvier 2026. Déclarations de Yves-François Blanchet, chef du Bloc québécois, Ottawa, 24 janvier 2026.
Sources secondaires
Article de Radio-Canada, Accusé de réécrire l’histoire de la Conquête, Carney est défendu par certains libéraux, 24 janvier 2026. Article de Le Quotidien, Mark Carney s’inscrit dans une tradition de colonialisme, selon PSPP, 23 janvier 2026. Article de Radio-Canada, Mark Carney accusé de déformer l’histoire des plaines d’Abraham, 23 janvier 2026. Article du Montreal Gazette, Carney’s Plains of Abraham remarks show historic error: Roberge, 23 janvier 2026.
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svp arrêter d’écrire des articles fleuves plein de répétitions, plus je vous lis moins je vous lis, de la bouillie pour chat pleine de blablas